Olli Rehn rencontre a l’ecrivain turc Orhan Pamuk qui sera juge

Agence France Presse
8 octobre 2005 samedi 10:49 AM GMT

Olli Rehn rencontre à Istanbul l’écrivain turc Orhan Pamuk qui sera jugé

ISTANBUL (Turquie) 8 oct 2005

Le commissaire européen à l’Elargissement Olli Rehn a rappelé que la
liberté d’expression était l’une des valeurs-clés de l’UE, à
l’occasion d’une rencontre samedi à Istanbul avec le célèbre
romancier turc Orhan Pamuk, qui doit prochainement être jugé.

“Tout pays qui souhaite intégrer l’UE doit partager cette valeur”, a
déclaré M. Rehn devant la presse après s’être rendu dans
l’appartement stambouliote d’Orhan Pamuk, dans le quartier
cosmopolite de Cihangir.

Ce déplacement s’est inscrit dans le cadre de la “partie privée” du
séjour du commissaire européen, à l’issue de la partie officielle de
sa visite en Turquie qui l’a mené à Ankara et à Kayseri (centre), a
précisé à l’AFP Jean-Christophe Filori, du cabinet de M. Rehn.

Au terme de leur entretien, Olli Rehn et Orhan Pamuk ont dit aux
journalistes avoir parlé de littérature.

“Nous avons parlé de littérature, des enfants, de la vie. Il m’a
remercié pour mes romans, je l’ai remercié pour ses efforts, pour
tout ce qu’il a fait pour la Turquie”, a expliqué le romancier.

Orhan Pamuk s’est félicité du lancement des négociations d’adhésion
de la Turquie à l’UE. “Je lui ai dit que c’était positif au plus haut
point”, a-t-il souligné.

Orhan Pamuk, qui recevra le 23 octobre à la Foire internationale du
livre de Francfort le prestigieux Prix de la paix des libraires
allemands, doit être jugé en décembre devant une cour d’Istanbul pour
“insulte délibérée à l’identité turque” en raison de ses propos
reproduits dans un magazine suisse sur le massacre des Arméniens en
1915 (jusqu’à 1,5 million de morts, selon les Arméniens).

Interrogé sur le fait de savoir s’il avait évoqué avec M. Rehn son
procès, l’écrivain a répondu : “nous n’avons pas parlé du procès
(mais) de la démocratie, des droits de l’Homme, de la liberté de
pensée”.

Très lu en Turquie où il a autant d’admirateurs que de détracteurs,
Orhan Pamuk s’est attiré les foudres des nationalistes turcs pour sa
défense des causes arménienne et kurde.

Le romancier, dont les oeuvres sont traduites en plus de vingt
langues, risque de six mois à trois ans de prison.

Son inculpation avait suscité les critiques de l’UE avec laquelle la
Turquie a entamé le 4 octobre des négociations d’adhésion.

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