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L’Equipe, France
19 février 2005

” C’était New York ou rien “;
YOURI DJORKAEFF a signé avec les MetroStars et part jouer aux
Etats-Unis.

Comme nous l’annoncions dès hier, Youri Djorkaeff part jouer aux USA.
Il a signé avec les New York MetroStars. Hier après-midi, dans les
salons du Hilton Arc de Triomphe, en compagnie de son nouveau
président Nick Sakiewicz, fou de joie, il a raconté avec délectation,
l’histoire de son dernier transfert. Puis, dans l’intimité du bar, il
a fait partager son bonheur de vivre une dernière et merveilleuse
aventure.

” COMMENT VIVEZ-VOUS ce transfert à New York ?

– Maintenant, il va falloir traverser l’Atlantique pour venir me
voir. Vous n’avez pas fini de me supporter, d’écrire pour vous
demander si je suis un neuf, un dix ou un neuf et demi. Partir là-bas
me tenait tellement à coeur. Et pas seulement pour le foot. Je suis
au début de ma carrière ! Je me remets d’ailleurs à la disposition du
sélectionneur (Il rit.).

C’est l’aboutissement d’une collaboration qui dure depuis trois ans.
C’est une destination qui me va bien, un choix de vie, une drôle
d’aventure. Et je suis assez jeune, je dis ça entre guillemets, pour
pouvoir le faire.

– Quand partez-vous ?

– Je pars dimanche rejoindre l’équipe en stage en Équateur et le 2
avril, je débuterai le Championnat au Giant Stadium (contre les Rio
Salt Lake). C’est un stade mythique de 82 000 places. Celui des
Yankees. Le club n’a jamais remporté le Championnat (la Major League
Soccer). Ça serait bien de le gagner pour une première année.

– On avait entendu parler de Saint-Gratien, du Qatar. Qu’en était-il
?

– Pour moi, c’était New York ou rien d’autre. C’est un choix sportif
mais c’est surtout un choix de vie. J’étais prêt à arrêter du jour au
lendemain parce que j’avais fait le tour.

– Comment votre famille a-t-elle réagi ?

– C’est la première fois en vingt ans de carrière que je leur
demandais leur avis. Ils sont tous partants. Pourtant, ce n’est pas
évident pour mes enfants. Ils sont bien à Monaco.

– Que savez-vous de la MLS ?

– Bob Bradley, l’entraîneur est venu passer trois-quatre jours avec
moi à Manchester en décembre. Sur ce qu’il m’a dit, c’est très,
disons, enthousiaste. Ça court de partout. La mentalité est très
américaine. Parfois le jeu va trop vite. Ils ont besoin d’un joueur
d’expérience, qui sente le jeu. Et puis, l’esprit est neuf là-bas, il
n’y a pas d’affaires. Aujourd’hui, nous sommes dans un système où
tout est beau quand ça va bien. Mais il n’y a plus de respect dans la
profession.

” Je termine avec le 10, la boucle est bouclée ”

– Vous êtes-vous déjà rendu sur place ?

– Je suis allé voir par moi-même en décembre. Ils m’ont tout montré.
Le stade, les bureaux. J’ai rencontré tout le monde, de l’entraîneur
à la secrétaire. Le tour du propriétaire, quoi. J’ai été reçu par la
Ligue. C’est un Championnat qui n’a que dix ans d’existence et qui
est encore dans les starting-blocks. Il y avait dix équipes l’année
dernière, douze cette saison, quatorze la prochaine. On peut compter
sur vingt millions de pratiquants dans le pays ce qui constitue un
potentiel énorme. Après la Coupe du monde 1994 (aux États-Unis), tout
le monde pensait que ça allait démarrer mais ça s’est mal passé et il
y a eu quelques expériences malheureuses comme avec Matthäus. Mais
j’ai pu discuter avec un gars comme Klinsmann qui a joué au Los
Angeles Galaxy et qui a eu un discours très positif.

– Ça ne va pas vous faire drôle de jouer dans un stade clairsemé ?

– Le club est en train de construire son propre stade. Il sera prêt
dans deux ans. C’est à la Ligue d’aller vers les gens pour leur
donner envie d’aller au stade. Et puis, il y a une grosse communauté
française et une grosse communauté arménienne.

– Est-ce à cause de ce contact avec New York que vous n’avez signé
que trois mois avec Blackburn ?

– Il fallait que je reste en forme.

– La Major League Soccer a-t-elle prévue de communiquer sur votre
image ?

– Avant de parler d’image, j’essaie déjà, pour l’instant, d’avoir mes
papiers d’immigration.

– Vous imaginiez terminer ainsi ?

– Pour ceux qui ont l’habitude de me côtoyer, ça ne doit pas être si
surprenant.

– Vous allez habiter en centre-ville, comme d’habitude ?

– J’ai trouvé de beaux endroits à Manchester, à Kaiserslautern.
Alors, à New York, je ne me fais pas trop de souci. On va s’installer
près de Central Park. Pour quelqu’un qui aime la ville, ça fait
“kiffer”.

– Vous allez jouer avec le numéro 10 alors que vous portiez depuis de
longues années le 6. Y a-t-il une raison ?

– C’est symbolique. J’ai commencé avec le 10. Je termine avec le 10.
La boucle sera bouclée. ”

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