La planete s’enflamme pour l’or noir

La Vie Financière
23 juillet 2004
La planète s’enflamme pour l’or noir;
Les majors non américaines (1859-1913)
Par Paul-Jacques Lehmann, professeur à l’université de Rouen.
Révolution technologique aux conséquences incalculables, l’invention
de l’ampoule à incandescence par Edison (1878) va porter un coup
fatal à la consommation de pétrole destiné à l’éclairage. Ce débouché
se tarira complètement avec la généralisation du gaz et de
l’électricité. Mais les progrès de la science fournissent à l’or noir
une seconde chance : il devient source d’énergie – carburant pour les
moteurs, combustible pour le chauffage domestique, utilisation
industrielle, matière première pour l’industrie chimique. Les
avancées de la technique vont en effet permettre l’utilisation de
deux huiles issues du raffinage : l’une légère, l’essence ; l’autre
lourde, le mazout, résidus que l’on était contraint, jusque-là, de
brûler pour s’en débarrasser.
Pendant la plus grande partie du XIXe siècle, c’est la vapeur
provenant du charbon qui propulse les véhicules. Depuis longtemps, on
cherche une nouvelle énergie moins chère et plus facile à utiliser.
En 1890, Peugeot vend deux voitures équipées du premier moteur à
essence, dit à explosion, breveté en 1883 par Daimler. Pendant plus
d’une décennie, l’achat d’automobiles reste l’apanage de quelques
privilégiés. La situation évolue à partir de 1905 quand Henry Ford,
un ancien de la Standard Oil, après avoir construit une voiture à
essence dans un petit atelier de Detroit, crée une entreprise pour
fabriquer des automobiles en série : son modèle T (pour tourisme)
sera vendu à 15 millions d’exemplaires. La consommation d’essence ne
cesse alors d’augmenter : en 1910, ses ventes dépassent pour la
première fois celles du kérosène, pour atteindre 5,8 millions de
tonnes en 1913, dont 190 000 tonnes en France, soit près de 30 % de
la consommation totale de pétrole.
On est également persuadé que le pétrole peut remplacer le charbon
comme combustible pour la navigation. La facilité d’utilisation des
huiles lourdes et leur faible coût finissent d’ailleurs par
convaincre les derniers récalcitrants de l’avantage du mazout. Les
camions, les locomotives, les automobiles se mettront aussi au fuel,
qui sera ensuite adapté au chauffage d’usines et d’habitations. La
pétrochimie fait également son apparition. Utilisée la première fois
pour fabriquer des pneus, son expansion sera continue dans de
multiples domaines (engrais, matières plastiques…).
Une production en constante augmentation
La production de pétrole passe de 10 millions de tonnes en 1890 à 51
millions en 1913 et intéresse de nombreux pays car la découverte de
gisements n’est plus limitée aux seuls Etats-Unis. En Amérique du
Sud, on exploite des puits au Mexique à partir de 1902, en Argentine
à partir de 1907, au Pérou et au Venezuela à partir de 1914. La
productivité s’améliore à tous les niveaux : dans la production, où
les systèmes de forage par rotation se substituent progressivement
aux systèmes par percussion ; dans le raffinage ; dans la
distribution, quand les pompes à main installées aux portes des
épiceries puis au bord des routes remplacent les bidons en fer-blanc.
On fonde déjà de grands espoirs sur les forages marins qui commencent
dans le golfe du Mexique et dans la mer Caspienne. La Russie devient
un grand pays producteur et Bakou la Titusville russe : sa population
passe de 5 000 habitants en 1850 à 100 000 en 1890. Les gisements de
la région de Groznyï, à 500 kilomètres, complètent la production. Des
raffineries y existent depuis 1823, mais des problèmes de transport
vers les centres de consommation en entravent l’expansion. En 1888,
le pays fournit 23 millions de barils de pétrole, soit 80 % de la
production américaine. Ses raffineries travaillent alors à pleine
capacité grce aux exportations dans toute l’Europe, où le
quasi-monopole mondial exercé par la Standard Oil est fortement
entamé.
Nobel et Rothschild précurseurs en Russie
Arrivé dans la région pour acheter du bois pour l’entreprise
d’armement créée par son père, Ludwig Nobel se prend de passion pour
le pétrole, s’installe en Russie et décide ses frères à y investir.
En 1887, la société Nobel est propriétaire de 40 % des terrains de la
région de Bakou, assure la moitié de la production pétrolière du pays
et gère deux cents raffineries. Elle s’est aussi spécialisée dans le
transport par bateau en vrac et par pipelines, percés dans la
montagne grce à l’emploi de la dynamite, inventée par Alfred Nobel.
Ainsi, l’oléoduc de 880 kilomètres entre Bakou et le port turc de
Batoum, annexé par la Russie en 1877, est achevé en 1893. L’Histoire
veut qu’à la mort de Ludwig, en 1888, de nombreux journaux annoncent
le décès d’Alfred et le critiquent en tant qu’inventeur de
l’explosif. Prenant ombrage de ces nécrologies, il lègue sa fortune à
une fondation pour l’instauration du fameux prix. Après la révolution
russe, les Nobel vendent la moitié de leur empire pétrolier à la
Standard Oil et sont expropriés pour le reste.
Les Rothschild jouent aussi un grand rôle dans l’histoire moderne du
pétrole russe. Appelés pour financer l’achèvement d’une ligne de
chemin de fer permettant de transporter le pétrole de Bakou à Batoum,
ils créent en 1886 la Compagnie pétrolière de la Caspienne et de la
mer Noire (Bnito) et deviennent le deuxième producteur russe. Ils
signent des accords avec les Nobel pour s’assurer la première place
mondiale des exportations vers l’Extrême-Orient.
De Shell à Royal Dutch
Quand les Rothschild veulent s’implanter en Asie, ils signent un
accord avec un négociant, Marcus Samuel, qui obtient pour neuf ans
l’exclusivité de la vente du pétrole de la Bnito en Extrême-Orient.
Il achète des entrepôts à Singapour pour stocker le liquide. Lui
aussi est persuadé que c’est le coût du transport qui fera la
différence. Il a donc créé un nouveau type de navires-citernes lui
permettant, grce à un système de nettoyage à la vapeur, de
transporter indifféremment du pétrole en vrac de Bornéo en Russie, ou
de Russie en Extrême-Orient, et des denrées d’Asie (thé, riz, coton)
en Europe. L’un de ses bateaux, le Murex, est le premier à emprunter,
en 1892, le canal de Suez. En 1902, 90 % du pétrole transitant par le
canal lui appartiennent. En 1897, il change le nom de sa société, qui
devient la Shell (en anglais, « coquille ») Transport & Trading,
société de nationalité britannique.
En 1895, Samuel obtient une concession de 80 kilomètres carrés à
l’est de Bornéo, dans une région difficilement accessible. La
production débute en avril 1898. Une autre société, la Compagnie
royale pour l’exploitation des puits de pétrole des Indes
néerlandaises, se trouve depuis 1890 dans la région, à Sumatra, où
des puits sont exploités depuis 1871, et distribue le pétrole sous la
marque Crown Oil. Totalement intégrée elle aussi, la Royal Dutch doit
son succès à sa proximité des lieux de consommation de pétrole en
Extrême-Orient, ce qui lui épargne le coût du transport depuis les
Etats-Unis et la Russie. En décembre 1900, au décès de son fondateur,
Auguste Kessler, un nouveau dirigeant est nommé en Extrême-Orient,
Henry Deterding. D’une famille pauvre, c’est par son métier de
banquier qu’il a connu la société pétrolière, quand il a été amené à
la sortir de graves difficultés financières. Dorénavant à la tête de
l’entreprise, il n’a de cesse de combattre la Standard. Il achète les
principaux producteurs des Indes néerlandaises et cherche à s’allier
avec la Shell, annihilant les nombreuses tentatives de la société de
John Rockefeller de s’approprier les deux entreprises.
Un accord commercial est signé en 1901, suivi en 1907 de la
constitution du groupe Royal Dutch-Shell, holding qui détient les
deux compagnies d’exploitation, dans une proportion de 60 % pour la
première et de 40 % pour la seconde, toujours valable de nos jours.
Henry Deterding en devient le directeur général, puis le président
quand Samuel lui cède sa place. Les Rothschild rejoignent les deux
associés pour former l’Asiatic Petroleum Company, avant de leur
vendre, en 1912, leurs intérêts en Russie. Payés en actions, ils
deviennent les actionnaires principaux de la Royal Dutch. Le groupe
s’impose progressivement en Europe, avant de tenter, avec succès, sa
chance au Mexique, au Venezuela et même aux Etats-Unis.
L’Anglo-Persian de William Knox d’Arcy
Les recherches de pétrole débutent en Perse en 1872, mais restent
longtemps infructueuses. En 1901, le shah accorde, pour une durée de
soixante ans, une concession de pétrole sur les trois quarts du pays
à un avocat canadien d’origine française, William d’Arcy, qui a fait
fortune en découvrant une mine d’or en Australie. La prospection ne
donne aucun résultat pendant deux ans et son coût se révèle vingt
fois plus élevé que prévu. William d’Arcy, à court de trésorerie,
soutenu par le gouvernement britannique, s’associe à la Burmah Oil
Company, créée en 1886 par un groupe écossais afin d’assurer
l’exploitation du pétrole birman, pour former l’Anglo-Persian Oil
Company, qui deviendra en 1935 l’Anglo-Iranian Oil Company puis, en
1954, la British Petroleum. William d’Arcy est nommé directeur de la
société. La recherche se poursuit dans un environnement difficile :
le shah est renversé ; le pays est partagé entre la Russie et
l’Angleterre. Lassés, les dirigeants de la société envoient, de
Londres, début mai 1908, un télégramme au responsable de
l’exploitation lui enjoignant de tout arrêter. Se produit alors un
coup du destin : le destinataire du télégramme ne le divulgue pas et
ne tient pas compte de l’injonction. Deux semaines plus tard, le 26
mai 1908, le pétrole jaillit au-dessus du derrick du puits
Masjid-I-Suleiman. D’autres gisements sont découverts dans le pays.
Un pipeline de plus de 200 kilomètres est construit à travers le
désert jusqu’à Abadan, où une raffinerie est édifiée.
Bien que la distribution de son brut soit assurée par la Royal Dutch,
la situation financière de l’Anglo-Persian reste préoccupante.
L’Amirauté britannique va la sauver. Depuis le début du siècle,
beaucoup de ses responsables sont convaincus qu’une guerre contre
l’Allemagne est inéluctable et que la victoire se décidera sur les
mers. La modernisation de la flotte, indispensable, passe par la
conversion au mazout de la propulsion des navires. Il faut donc à
l’Angleterre une source sûre d’approvisionnement en pétrole.
L’arrivée de Churchill comme premier lord de l’Amirauté en 1911
précipite les choses alors que les relations entre l’Anglo-Persian et
la Royal Dutch se détériorent. Ne voulant pas que le pétrole dont le
pays a tant besoin tombe entre les mains d’intérêts néerlandais à un
moment où les Pays-Bas soutiennent l’Allemagne, le gouvernement
britannique apporte les fonds indispensables à l’Anglo-Persian. Il en
prend le contrôle à 51 % en 1913 et la Royal Navy devient le
principal client de l’Anglo-Persian.
La Turkish Petroleum de Calouste Gulbenkian
L’Empire ottoman, en pleine crise, commence à intéresser les
compagnies pétrolières. Alors que les sociétés américaines sont quasi
absentes de cette région, pourtant promise à un avenir radieux, les
compagnies britanniques et allemandes sont toutes-puissantes en Asie
mineure. C’est dans ce contexte que commence à s’imposer Calouste
Gulbenkian, Arménien né en 1863 dans une riche famille de négociants.
Après ses études, cet ingénieur des mines rentre en Russie, où il se
passionne pour le pétrole. A la suite du massacre des Arméniens, il
s’enfuit en Egypte en 1896, puis s’établit à Londres, où il vend du
pétrole russe et procure de nombreux contrats à la Royal Dutch-Shell.
Naturalisé anglais en 1902, conseiller financier du gouvernement turc
à Londres, il devient directeur d’une banque, dont il détient 30 % du
capital et qui est actionnaire à 50 % de la Turkish Petroleum Company
– créée grce à ses bons offices en 1911 – aux côtés de la Royal
Dutch-Shell et de la Deutsche Bank, chacune à hauteur de 25 %. En
1914, un accord anglo-allemand donne à l’Anglo-Persian 50 % de la
Turkish Petroleum Company. L’Anglo-Persian et la Shell abandonnent
chacune 2,5 % des bénéfices à Gulbenkian, qui devient « Monsieur 5 %
» ! Les signataires s’engagent à ne pas s’intéresser à la production
pétrolière dans l’Empire ottoman (sauf en Egypte et au Koweït), en
dehors de leur participation dans la Turkish Petroleum Company. Cet
arrangement est le point de départ de la lutte future pour le pétrole
au Moyen-Orient.
-> -> ->Dates clés
1886
– Création de la Compagnie pétrolière de la Caspienne et de la mer
Noire par les Rothschild.
1897
– Naissance de la Shell Transport & Trading britannique dont les
premiers navires-citernes vont jusqu’en Extrême-Orient.
1903
– Création de l’Anglo-Persian Oil Company, ancêtre de la British
Petroleum.
1905
– Henry Ford crée sa première usine de construction d’automobiles.
1907
– Création de la Royal Dutch-Shell.
1908
– Le pétrole jaillit en Iran, alors que l’Anglo-Persian avait décidé
d’arrêter les forages.
Des indépendants aux Etats-Unis
-Aux Etats-Unis apparaissent des indépendants, nom donné aux sociétés
sans lien avec la Standard Oil et qui seront à l’origine de la
découverte de la plupart des futurs gisements. Deux entrent
rapidement dans la cour des « grands ». Le premier est la Guffey
Petroleum Company, du colonel Guffey, un pros- pecteur à l’origine de
l’exploitation du premier puits au Texas, le 10 janvier 1901, près de
Spindletop. Andrew W. Mellon, sidérurgiste et banquier, prend une
participation de 40 % dans la société, qui est transformée en Gulf
Oil Company. En 1906, Guffey signe un accord avec Samuel qui vient de
s’installer dans la région. Royal Dutch-Shell lui garantit de lui
transporter, pendant vingt ans, une quantité minimale de pétrole,
destinée à l’Amirauté britannique. C’est le début de l’installation
de Royal Dutch-Shell dans tous les Etats producteurs des Etats-Unis.
Mellon, mécontent de cet accord, se sépare alors de Guffey, tout en
conservant la Gulf. Devenu secrétaire d’Etat au Trésor après la
guerre, il imposera sa société comme concessionnaire de gisements au
Venezuela, aux côtés de la Shell. Le deuxième indépendant est la
Texas Fuel Company, de Joseph Cullinan, un ancien de la Standard,
raffineur et distributeur sous le nom de Texaco et qui dispose de ses
propres pipelines.
A la déclaration de la Première Guerre mondiale, les majors sont déjà
constituées. On ne cessera plus de les retrouver au travers de
tractations, de conflits, d’accords qui vont décider de la conduite
économique et politique du monde.
From: Baghdasarian

Jazz a Vannes. Quart de siecle et swing total

Le Télégramme
24 juillet 2004
Jazz à Vannes. Quart de siècle et swing total
Petit à petit, le jazz a fait son nid sous le tilleul du jardin de
Limur à Vannes.
Arrivé en 1980 aux services de la ville de Vannes, Jean-Philippe
Breton, directeur de l’animation culturelle, est aussitôt chargé par
le maire de l’époque d’organiser de nouvelles manifestations
estivales. L’oreille initiée au jazz, il connaît un jardin, intimiste
et chaleureux, idéal pour un moment de swing : Limur.
Pour sa première édition, sur deux jours, « Jazz à Vannes » s’offre
Eddy Louiss en tête d’affiche. Le Jazz group de Bretagne fait presque
tout le reste : des premières parties aux animations de rue…
De grands noms
Un quart de siècle plus tard, le Jazz Group de Bretagne est toujours
là, fidèle parmi les fidèles. Et Eddy Louiss est de retour, avec
trois autres musiciens et amis de Claude Nougaro : Maurice Vander,
Luigi Trussardi et Bernard Lubat. Sous le tilleul qui avait abrité le
poète toulousain en 1987, ils joueront pour la première fois
l’hommage qu’ils veulent lui rendre.
Bien d’autres grands noms de renommée internationale ont fait escale
sur les rives du Golfe : Stéphane Grapelli, Didier Lockwood, Dee Dee
Bridgewater, Gilberto Gil, Michel Petruciani, Lucky Peterson… et
bien d’autres.
« Mais nous ne voulons pas programmer uniquement des têtes d’affiche.
A travers des soirées à thème, nous cherchons un équilibre entre
références et découvertes », explique Jean-Philippe Breton. Cette
année, Vannes mise ainsi sur Tigran Hamasyan, jeune pianiste
arménien, et sur Sonian Cat-Berro, nouvelle voix du jazz hexagonal.
Populaire
« Notre ambition est de faire découvrir une musique vivante »,
poursuit le directeur du festival. Alors pour amener le grand public
au jazz, le festival s’est toujours investi dans la rue.
Cette année, six fanfares feront swinguer le port et le coeur
historique de la ville. La cour de l’hôtel de Limur accueillera aussi
pendant trois après-midi les tremplins jazz et blues des Jeunesses
musicales de France. Un spectacle lui aussi gratuit qui a trouvé son
public depuis 15 ans.
En un quart de siècle, inventant régulièrement de nouveaux
rendez-vous, Vannes démontre que le jazz est une musique populaire.
Lundi, près de 3.000 personnes sont d’ailleurs attendues devant
l’hôtel de ville pour une ouverture gratuite et cuivrée. Un cadeau
inauguré pour les 20 ans auquel les festivaliers ont pris goût. Le
swing, c’est tenace et contagieux.
GRAPHIQUE: Photo, Legende: Le festival Jazz à Vannes est ouvert aux
nouvelles expériences musicales. Il accueille ainsi « Erik Truffaz
group » en tête d’affiche jeudi soir. (Ph. DR)

Les Chypriotes, ces Californiens d’Orient

Le Figaro
24 juillet 2004
Les Chypriotes, ces Californiens d’Orient;
PAROLES D’EUROPÉENS Suite de notre série : Chypre. Dans cette île
déchirée entre Turcs et Grecs, seuls ces derniers profiteront de
l’Union
Nicosie : Laure Mandeville
Ils chantent à pleine voix : Mario le barde, penché sur sa guitare,
torse moulé dans un tee-shirt bleu marine, avec son faux air de Jack
Lang, ses cheveux bouclés et son air rieur. Ses deux amis assis à la
même table, devant une bouteille de vin local à la robe vermeille et
au goût trop sucré ; et puis leurs voisins de tablée, une famille de
citadins chypriotes venus fêter la réussite de leur fille à ses
examens d’entrée à l’université. La mère, petit bout de femme
rondelette, nez en patate, cheveux roux teints remontés dans le cou,
vient carrément se planter à côté du chanteur, en criant à tue-tête.
Un fonctionnaire du ministère de la Défense, passablement éméché, se
lance dans une grande fresque géopolitique sur les raisons de la
division de l’île, partagée entre Turcs et Grecs. A Chypre, la
politique hante les conversations, presque autant que le football !
De plus en plus disert au fur et à mesure qu’il boit, Mario le
guitariste, avocat de profession, se met à fulminer contre
«l’incompétence» des politiciens locaux «qui étouffent les petits
métiers libéraux», avant d’entonner une joyeuse ballade grecque…
Nadia et Dalia, jolies filles d’Ukraine et de Lituanie qui font la
plonge en cuisine, sortent de leur antre pour jouir de la scène. Cela
leur fait du bien à l’me, cette exubérance méditerranéenne, qui
tranche avec la nostalgie noyée de vodka et de slavitude de leurs
terres natales.
L’air est doux. De drôles de parasols suspendus en hauteur forment
une voûte de tissu qui cache les étoiles et couvre la terrasse de
cette petite taverne, nichée au coeur de la vieille ville de Nicosie,
capitale de l’île. «Ce qui nous caractérise, c’est le sens de la fête
!» , lance la femme rousse, en se dandinant d’aise. A l’exception des
mythiques nes chypriotes, de plus en plus rares, qui se mettent à
braire au petit matin dans les montagnes du Troodos, en même temps
que les cloches des monastères vous invitent à matines, ce sont les
tavernes et les cafés de Chypre qui révèlent le mieux «l’me»
éternelle de cette île carrefour de Méditerranée orientale.
C’est ici, aux terrasses des «kafejnas», petits cafés peuplés
d’hommes basanés sirotant de l’ouzo en jouant au trictrac, qu’on vous
interpelle pour vous inviter gentiment à «faire une pause». Pour
chanter, boire, fumer (les non-fumeurs sont rares) ; se gorger de
viandes grillées et de drôles de bonbons jaune clair au nectar de
raisin et aux amandes. Pour parler aussi. Evoquer l’histoire de
l’île, joyau de Méditerranée marqué par les invasions successives, de
l’ordre grec à la colonisation britannique, en passant par les
Romains, Byzance, la botte musclée des Lusignan de France, et bien
sûr la tutelle de l’Ottoman…
C’est sous les tonnelles que l’on vient rêver, immobile, à
l’orientale. Posée aux portes du Moyen-Orient, à quelques encablures
des côtes turques au nord et des côtes libanaises au sud-est, Chypre,
l’île grecque remplie de vestiges de la splendeur hellénique, semble
avoir été touchée par «le sommeil» des Orientaux d’Anatolie et leur
potentiel de contemplation. N’est-elle pas «un paradis naturel, au
milieu duquel se dresse l’arbre de l’oisiveté» ?, s’émerveille
l’écrivain britannique Lawrence Durrell dans les années 50, dans son
beau livre Citrons acides, alors que montent déjà les troubles de
l’indépendance arrachée à l’Angleterre en 1960.
Le problème est que cet hédonisme presque philosophique que l’on hume
toujours à l’ombre des parasols ne reflète plus bien la réalité d’un
pays que l’invasion turque de 1974 a coupé en deux, bouleversant tous
les repères. D’un seul coup, un beau jour, il y a trente ans, c’est
tout le quotidien de deux peuples qui a basculé, à la faveur de ce
qu’il faut bien appeler une véritable épuration ethnique. En quel
ques heures à peine, sans prendre le temps de faire une valise,
parfois même en chaussettes, quelque 190 000 Grecs chypriotes ont dû
fuir vers le Sud, abandonnant leurs maisons et leurs vergers pleins
d’agrumes, tandis que des dizaines de milliers de Turcs chypriotes
migraient au Nord.
Brusquement, ces deux communautés habituées à cohabiter depuis des
siècles ne se sont plus parlé. Si Turcs et Grecs de Chypre portent
toujours au coeur la même déchirure, la même balafre que symbolise
physiquement l’affreux mur de barbelés qui traverse l’île, s’ils
continuent de rêver à haute voix de «réunification», leurs routes ont
divergé économiquement, politiquement et mentalement. Le mur a bien
été rouvert aux habitants, il y a an, lançant une grande vague de
week-ends de «pèlerinage» dans les maisons perdues. Yannis
Hadjiloukas, un Grec de Nicosie, a retrouvé la sienne amputée d’un
étage et occupée par des bergers de Turquie…
«C’était triste, a-t-il raconté, je n’ai pas retrouvé une seule
photographie, un seul livre qui m’appartienne…» Loin de rapprocher
les communautés, ces contacts ont dans l’ensemble créé une tentation
de repli, surtout dans la jeunesse du Sud, qui n’a pas connu
l’avant-1974. «On a peur d’eux, et eux de nous», résume Marina, la
quarantaine, Grecque chypriote du Sud, qui n’est pas contre une
fédération à condition qu’elle maintienne deux administrations
séparées. «Nos instituteurs nous enseignent une vision nationaliste
de l’histoire, qui nourrit la haine», renchérit Karene Voskeritchian,
jeune Arménienne de Limassol.
Les Chypriotes du Sud craignent aussi de devoir «payer pour les
Turcs», vu l’immense différence de niveau économique. C’est qu’en
trente ans, tandis que la République autoproclamée de Chypre Nord,
sous tutelle turque, non reconnue par la communauté internationale,
sombrait, telle une Belle au bois dormant, dans une léthargie
débilitante – dont le seul avantage a été de préserver le littoral de
l’assaut des promoteurs immobiliers -, Chypre Sud se lançait à corps
perdu dans le tourisme et la modernité galopante. Bétonnant ses côtes
avec une ardeur dont on ne voit toujours pas la fin. Le résultat est
là : un pays arriéré transformé en Californie orientale, avec son
boom économique impressionnant, son chômage quasi inexistant, son
taux d’équipement high-tech très avancé… et hélas, une dégradation
de l’environnement tout aussi spectaculaire. Dopée par l’arrivée des
élites libanaises fuyant la guerre, dans les années 80, Chypre Sud
s’est aussi muée en place financière, dont le statut offshore a
attiré les nouveaux Russes après l’effondrement du communisme.
Les pauvres paysans chypriotes grecs déracinés sont devenus riches.
«La plupart des familles ont quatre voitures, des maisons à étages,
des résidences secondaires, des ordinateurs, des téléphones mobiles
et des motos pour les enfants… C’est le syndrome des nouveaux
riches qui ne savent quoi faire de leur argent», explique Ka rene.
Limassol, sur la côte sud. La laideur des immeu bles cons truits à
grande vitesse, sans réflexion sur le devenir de ce port, est
choquante. C’est à peine si on aperçoit la mer violette, entre les
cubes de béton qui bordent les plages. Même les lauriers roses et les
bougainvilliers semblent faire la moue, comme s’ils avaient du mal à
trouver leur place, entre les gratte-ciel des banques et les
fast-foods bon marché. L’ambiance est américaine, le civisme en
moins. Les immenses avenues sont impossibles à traverser sans risquer
de se faire écraser par les 4 X 4 lancés à grande vitesse. Pourtant,
jadis, la ville était belle, avec son bord de mer crénelé de belles
maisons vénitiennes et ottomanes.
Le père du photographe arménien Robert Voskeritchian, arrivé sur
l’île après le génocide arménien de 1915, en avait fait de nombreux
clichés que le fils garde précieusement dans ses archives. «Les
Chypriotes veulent se venger de la perte de leurs terres, en
consommant et en construisant clinquant, sur du sable», note un
observateur français. Cette perte d’identité est selon lui «la clé
psychanalytique» qui permet d’expliquer la fuite en avant. «Le
problème des Chypriotes est qu’ils n’ont jamais été maîtres de leur
destin, vu l’importance géostratégique de l’île. Ils se sont vu
donner une fausse indépendance par les Britanniques, qui ont gardé
une toute petite portion du territoire et ouvert la porte de l’île à
la Turquie», renchérit le photographe Voskeritchian, tandis que ses
yeux vifs lancent des éclairs. L’Arménien de Limassol est loin d’être
seul à détester les Britanniques, mais la culture anglo-saxonne n’en
est pas moins omniprésente, surtout dans une jeunesse vivant au
rythme des tubes anglo-américains et des séries d’outre- Atlantique
montrées en boucle sur la télévision locale.
A Limassol, au fast-food de Goodies, toujours plein à craquer, les
jeunes Chypriotes ventripotentes, nombril à l’air, mangent des frites
et des burgers en tapotant sur leurs portables dernier cri. Malgré
les drapeaux grecs qui pavoisent les immeubles officiels, la Grèce
continentale, si aimée des aînés qui voulaient s’y rattacher, perd du
terrain. «Comme aux Etats-Unis, la mentalité est matérialiste. Les
enfants sont pourris gtés, leurs parents leur donnent tout», affirme
Karene, Arménienne de 19 ans, qui a reçu une éducation beaucoup plus
exigeante. Les tensions qui en découlent sont nombreuses. Les jeunes
exigent beaucoup, mais délaissent leurs vieux, devoir pourtant sacré
dans cette société méditerranéenne. On se marie toujours très tôt,
mais le taux de divorce connaît une croissance exponentielle.
Les parents s’inquiètent aussi beaucoup d’une libéralisation des
moeurs galopante. Ainsi Yannis Hadjiloucas est-il obligé de laisser
sa fille de 16 ans aller en boîte après minuit, car c’est l’heure à
laquelle ouvrent désormais les discothèques de cette île festive où
il fait toujours beau. Pourtant, la société «garde une vraie
cohésion, un vrai réseau familial», tempère le Français Jean-
Bertrand Dubart, installé dans l’île depuis seize ans. L’Eglise,
premier investisseur, reste un ciment national important. Le taux
élevé de diplômés de l’enseignement supérieur, qui atteint 60%, donne
de bonnes armes aux jeunes générations qui entrent dans l’Europe.
Avisés, les Chypriotes comprennent d’ailleurs tout l’intérêt de
s’ouvrir à l’Union, même s’il ne s’agit pas «de leur identité
naturelle», beaucoup plus orientale. Ils savent que pour sortir du
système politique clanique, pour casser le poids du Parti communiste
(30% des votes) et des syndicats, pour secouer la torpeur
bureaucratique et imposer une cure d’austérité, Chypre a besoin de ce
mariage de raison. L’ampleur des trafics de drogue, qui prolifèrent à
travers la Turquie et les réseaux des Grecs pontiques de l’ex-URSS,
les inquiète. Enfin, les Chypriotes grecs se demandent si l’Europe,
en imposant des visas, pourra les aider à faire face aux nouveaux
envahisseurs qui déferlent. Ni croisés ni janissaires du sultan, ces
«intrus» ont de longues jambes interminables, des yeux bleus en
amande, et portent… des minijupes. Ce sont les redoutables femmes
slaves de l’ex-URSS, à l’éclatante beauté, qui par milliers, prennent
mari dans l’île. Le nombre de mariages mixtes, affirme la presse
locale, a pris la forme d’un phénomène de société, pour le grand
déplaisir des jeunes femmes chypriotes. Mais Chypre la convoitée en a
vu d’autres… Lundi : les Maltais

Tehran: Iran Begins Building 140 Km Gas Pipeline To Armenia: Report

Tehran Times
July 24 2004
Iran Begins Building 140 Km Gas Pipeline To Armenia: Report
TEHRAN (IRNA) – Iran has begun building a 140-km-long gas pipeline to
Armenia, said the Itar-Tass news agency monitored.
The two countries signed an agreement on the project worth around 120
million US dollars in May, when Iranian Oil Minister Bijan Namdar
Zanganeh visited Yerevan.
Under its provisions, Iran will be supplying 36 billion cubic meters
of natural gas to Armenia annually from 2007 through to 2027.
Itar-Tass, citing OPEC sources in Vienna, said that the pipeline
might be used to ship Iranian gas to Georgia, Ukraine and farther on
to Europe in the future.
The news agency said the sources had got the news from Armenian
ambassador to Tehran, Gegam Garibjian.
To make the whole scheme possible, a 550-kilometer-long section of
the pipeline will be laid at the floor of the Black Sea, stretching
from the Georgian port of Supsa to Feodosiya in the Crimea, it said.
According to the same sources, the project is estimated to cost about
five billion US dollars.
Forecasts suggest that once the project is implemented, the Iranian
gas supplies to Europe may reach 60 billion cubic meters a year, of
which Ukrainian imports will likely account for 10 billion cubic
meters.
Tehran has already a multi-billion-dollar contract with neighboring
Turkey to supply gas for 25 years.
The gas flow was launched in December 2001 via a 2,577-kilometer
pipeline, running from the northeastern city of Tabriz to Ankara,
which supplies gas from southern Iran near the Persian Gulf.
The contract has been a boon to Iran’s bid to become a sustainable
gas supplier to Turkey and Europe.
Looking for alternative markets, Tehran has also held talks with the
Persian Gulf littoral states and the Central Asian nations for the
sale of gas.
The country sits on the second largest proven gas reserves of the
world after Russia, which has been a headache for Iran by getting
into, what is feared to be, an unnecessary and costly competition.

Bilateral Jealousy Hinders development of Political-Economic Relns.

Bilateral Jealousy Hinders development of Political-Economic Relations
Azg/am
24 July 2004
On July 22 Georgian Foreign Minister in his interview to the
journalists in the airport before leaving for Tbilisi, said that the
two countries should act as a united region in the relations with the
EU.
The official Yerevan is likely to be concerned about the position
Georgia has undertaken in the relations with EU. Tbilisi authorities
spare no efforts for emphasizing their country’s importance among the
three Caucasian countries, their devotion to Europe.
Salome Zurabishvili’s statement is likely to please the Armenian
side. In the airport Vartan Oskanian explained what it means “to act
as united region.” “It is really desirable, as the European
structures want that too. Unfortunately, there are problems in our
region and Azerbaijan is the only obstacle for being united. But we
will try to coordinate our cooperation with Georgia inthe best way. If
Azerbaijan wishes, it can join us”, Oskanian said.
Zurabishvili met with RA President, RA Prime Minister and RA NA
Chairman, besides meeting with her colleague. She evaluates her first
visit to Armenia positively. “We are determined to deepen our economic
relations. The political relations are very good, but they need to be
deepened too,” Zurabishvili said.
Vartan Oskanian also evaluates the visit of Georgian Foreign Minister
to Armenia positively.
There are two main blocks in our relations: business cooperation,
economic issues that will be discussed more thoroughly during the
visit of RA prime Minister to Tbilisi in the course of the
inter-governmental sitting. Duringthis visit we were more concentrated
on the conceptual issues, projects and programs. Regional issues,
general processes of our cooperation were touched upon. We discussed
railroad, gas pipeline, oil pipeline and transportation, transit
programs in general, as well as the Armenian-Georgian cooperation
within the framework of TRANSECA. There are certain agreements, but
according to the foreign minister, at present, there are no results
yet. We agreed to deepen cooperation and coordinate our activities in
other issues, particularly, in the European direction,” Oskanian said.
On June 14 Yerevan, Baku and Tbilisi joined “Larger Europe. New
Neighbors” EU initiative that envisages new level of relations between
the Caucasian countries and the EU. As we stated already, Tbilisi
tries to leave behind its two neighbors. Supposedly, Yerevan is
concerned about Georgia-NATO relations. The three Caucasian countries
cooperate with NATO on equal level within the framework of
“Partnership for Peace” program. The probable fast entry of Georgia to
NATO, the Georgian authorities often talk about, may cause dividing
lines in the Caucasus.
The integration into the European structures will be discussed during
the meeting of Zurabishvili with Andranik Margarian. “Emphasizing
Armenia=80=99 and Georgia ‘s determination in the European integration
issues, the sides pointed out the big possibilities for cooperation,
especially, taking into account the involvement of the Caucasian
countries into “New Neighbors” EU program,” writes the pres release of
RA President’s Press Office.
Robert Kocharian and Salome Zurabishvili stated that the level of the
bilateral economic relations doesn’t keep in line with the real
possibilities and intentions of the two countries. Kocharian
emphasized the importance of the economic cooperation issues and
intergovernmental committee’s activities. Let’s remind that RA Prime
Minister will leave for Georgia on July 25-27. Kocharian emphasized
“the high level of the Armenian-Georgian relations that are based on
mutual trust and friendship of the two peoples” during the meeting
with Zurabishvili.
Notwithstanding the fact that the Armenian-Georgian relations are
called friendly, there are many complicated issues in the
Tbilisi-Yerevan relations. The existence of a common border causes
some complications in the relations, as usual. In this respect, the
Armenian-Georgian relations can be no exceptionto the rule. On the
other hand, the relations between the two peoples lack mutual
trust. The lack of trust in the relations of the two countries is
conditioned by different, sometimes contradicting vectors in their
foreign policies. Very often Georgia is considered as a territory
divided in many parts that hinder the Armenian-Russian relations. In
its turn, Georgia considers Armenia as “Russia’s backdoor” and the
Russian soldiers located in Armenia as destabilizing factor for the
whole region.
Many other issues existing between Armenia and Georgia can be pointed
out. The most undesirable one among them is the mutual mistrust of
the common Armenian and Georgian towards each other. No one tried to
hold a poll to find out how much the Armenians mistrust the Georgians,
but a year ago, as a result of a poll, the Georgians found out that
they mistrust the Armenians most of all among their neighbors.
By Tatoul Hakobian

Armenia’s FM Meets With Thai MPs

ARMENIA’S FM MEETS WITH THAI MPs
YEREVAN, JULY 23. ARMINFO. Armenia’s Foreign Minister Vardan Oskanyan
met today with members of the Thailand-Armenian friendship group of
the Thai parliament.
The sides discussed the prospects and the ways of development of
Armenian-Thai parliamentary ties as well as the practical aspect of
Armenian-Thai cooperation. Oskanyan said that the visit will give a
new quality to Armenian-Thai friendly relations.

4,453 Cases of Lease of Immovable Property Recorded in Armenia

4,453 CASES OF LEASE OF IMMOVABLE PROPERTY RECORDED IN ARMENIA
YEREVAN, JULY 23. ARMINFO. A total of 4,453 cases of lease of
immovable property were recorded in Armenia in the first half of 2004,
a 61.8% increase as against the first half of 2003, and a 28.4%
increase as against the second half of 2003.
The press service of the RA State Registry of Immovable Property
reported that 39.1% of the deals were effected by legal entities. In
the first half of 2004, 344 flats, 133 private houses, 1,292 social
facilities and 138 production facilities, as well as one garage and
2,534 land units, were rented in Armenia.

55.5% Increase in Number of Deals with Immovable Property Recorded

55.5% INCREASE IN NUMBER OF DEALS WITH IMMOVABLE PROPERTY RECORDED
YEREVAN, JULY 23. ARMINFO. A total of 45,953 deals with immovable
property were recorded in Armenia in the first half of 2004, which is
8.8% more than in the corresponding period of 2003.
According to the information reported by the RA State Registry of
Immovable Property, 19,061 deals (41.5%) were alienation, 16.7%
primary registration, 9.7% lease, 7.6% pledge, 0.5% privatization,
8.3% inheritance, and 15.7% other types. As against the first half of
2003, a 40.1% increase in the number of alienation transactions, which
influence the market most of all, was recorded in the first half of
2004, and a 3.2% increase as against the second half of 2003. In the
first half of 2004, 39.6% of alienation deals were recorded in
Yerevan. During the period under review, 67.3% of 6,613
purchase-and-sale deals involved flats. As against the corresponding
period of last year this index increased by 15.7%, and decreased by
17.7% as against the second half of 2003.

$10 to 30mln to be Invested in “Dvin” Hotel

10 TO 30MLN. USD TO BE INVESTED IN “DVIN” HOTEL
YEREVAN, JULY 23. ARMINFO. 10 to 30mln. USD are to be invested in the
Yerevan “Dvin” hotel during the first five years, the representative
of the “Caucasian Communication Group” CJSC, which purchased the hotel
this summer, Andreas Ghukasyan told a press conference.
He accounted for the difference of the cost of the investment program
by possible fluctuations of prices for building materials during this
period. Ghukasyan pointed out that a five-star hotel complex will be
constructed on the basis of the “Dvin” hotel. He pointed out that a
specialized operators will be engaged in external management of the
hotel. According to the project, 200 rooms are to be designed instead
of the current 289. The work is to get under way this year, and the
contractor will be selected as a result of a tender. Since 2001 the
hotel has not regularly worked.
Meanwhile, the confrontation between the hotel personnel and its new
owners goes on. Ghukasyan reported that by January 1, 2004, the
hotel’s debts had amounted to 417mln. AMD (about 800,000 USD), arrears
of wages totaling 138mln. AMD. However, Ghukasyan said that 70mln. AMD
of this sum are also groundlessly claimed to be arrears of wages, but
the new owners are not going to pay them. It is noteworthy that 111
hotel staff members applied to courts and most of the claims were
satisfied. According to Ghukasyan, the former management was
deliberately accumulating arrears of wages, and the new owners intend
to appeal the court verdicts. Seventy-nine staff members have already
been dismissed. Ghukasyan reported that the “Caucasian Communication
Group” CJSC is an Armenian resident and was founded by individuals who
are Russian and Armenian citizens.

Azerbaijanis Rally Against Armenia in Moscow

AZERBAIJANIS RALLY AGAINST ARMENIA IN MOSCOW
YEREVAN, JULY 24. ARMINFO-TURAN. Representatives of the Azerbaijani
Diaspora in Moscow held a rally yesterday in “Teatralnaya” square on
the occasion of “the 11th anniversary of Azerbaijani Aghdam region’s
occupation by Armenia.”
According to TURAN, the action was initiated by the Movement for
Azerbaijan. The rally participants demanded that OSCE Minsk Group
refuses from double standards as well as fulfillment of the four
relations of the UN Security Council on release of the occupied
territories of Azerbaijani. They also urged for Armenian President
Robert Kocharyan’s “transfer to the international court for
organization of ethnic purge in Karabakh.”
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress