Genocide Armenien: Richard Mallie “Profondement Decu”

GENOCIDE ARMENIEN: RICHARD MALLIE “PROFONDEMENT DECU”
Agence France Presse
19 mai 2006 vendredi
Le depute des Bouches-du-Rhône Richard Mallie (UMP) s’est declare
vendredi “profondement decu” de ne pas avoir pu voter la proposition
de loi socialiste reprimant la negation du genocide armenien.
Co-auteur d’une proposition de loi identique, le depute “pensait
arriver a la fin d’un long combat en faveur de la communaute
armenienne”.
Il s’en prend au president du groupe socialiste qui “en inscrivant
trois textes a l’ordre du jour, savait qu’il compromettait fortement
les chances de la proposition de loi d’etre votee, car le temps
imparti a la seance se deroulait de 9h30 a 13h00”.
Le sarkozyste Patrick Devedjian (UMP) a accuse de son côte vendredi le
gouvernement et le president de l’Assemblee Jean-Louis Debre d’avoir
“deliberement” empeche le vote sur ce texte, qui selon lui, aurait
ete adopte.
La proposition de loi socialiste fait de la negation du genocide
un delit punissable d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros
d’amende. Son vote eventuel ne pourra pas desormais intervenir avant
la prochaine session parlementaire a l’automne.
–Boundary_(ID_JJ+kq+BNHDIqSeP7JL3CVg) —

Genocide Armenien : Devedjian Denonce Une Manoeuvre

GENOCIDE ARMENIEN : DEVEDJIAN DENONCE UNE MANOEUVRE
Agence France Presse
19 mai 2006 vendredi
Patrick Devedjian (UMP) a accuse vendredi le gouvernement et le
president de l’Assemblee nationale Jean-Louis Debre d’avoir sabote
le debat sur la proposition de loi socialiste reprimant la negation
du genocide armenien, pour empecher son adoption.
“Le debat aurait dû commencer a 09H30 il a commence a 12H15 et il
a dure trois-quarts d’heure”, a-t-il dit sur Europe 1 en jugeant ce
procede “scandaleux”.
Selon M. Devedjian, qui a des origines armeniennes, “on a suspendu
(la seance) parce qu’il y avait une majorite massive presente dans
l’hemicycle qui aurait vote le texte sur tous les bancs”. “On
a deliberement agi pour que les deputes ne puissent pas voter”,
a-t-il insiste.
Il a ajoute que Jean-Louis Debre, qui presidait la seance et l’a levee
avant la fin du debat et le vote, et le gouvernement “ne souhaitaient
pas que ce texte soit soumis au vote, parce qu’ils savaient qu’il
serait vote”.
Le depute des Hauts-de-Seine, conseiller de Nicolas Sarkozy a l’UMP,
a qualifie de “pur fantasme” de penser que le vote d’un tel texte
allait penaliser les echanges commerciaux avec la Turquie.
La proposition de loi PS vise a completer la loi de 2001 par laquelle
la France reconnaît le genocide armenien. Elle fait de la negation
du genocide un delit punissable d’un an d’emprisonnement et de 45.000
euros d’amende.
–Boundary_(ID_TBtx/a/9hk5ONmdvOaE/ug)- –

ASEEMBLEE: Remous Autour Du Projet De Loi Punissant La Negation DuGe

ASEEMBLEEI: REMOUS AUTOUR DU PROJET DE LOI PUNISSANT LA NEGATION DU GENOCIDE ARMENIEN
Dominique Garraud
Charente Libre
19 mai 2006
La discussion sur la proposition de loi visant a sanctionner penalement
la negation du genocide armenien n’a pu aboutir a un vote hier,
tant les debats etaient houleux
A 13h petantes, Jean-Louis Debre suspend les debats et renvoie
a une date ulterieure la poursuite de l’examen de la proposition
de loi socialiste visant a sanctionner penalement la negation du
genocide armenien. Des tribunes du public pleines a craquer des cris
jaillissent: le vote!, le vote!.
Venus nombreux, les Armeniens sont furieux et tentent de manifester
dans l’enceinte de l’Assemblee. Une delegation emmenee par deux
deputes pro-ameniens demande a etre recue par le President de
l’Assemblee Nationale pour protester contre sa decision de ne pas
faire passer au vote a l’issue de la discussion generale. Jean-Louis
Debre refuse. Ainsi a ete provisoirement enterre un texte qui avait
declenche un tolle chez les historiens et genait le gouvernement a
cause du risque de deterioration des relations avec la Turquie qui
nie tout genocide.
Lors de l’adoption en 2001 de loi reconnaissant le genocide armenien,
Ankara avait deja annule plusieurs contrats avec la France. Et la
semaine dernière, le Premier ministre turc avait directement averti
des chefs d’entreprise francais que l’adoption du nouveau texte
entrainerait des sanctions commerciales.
Soumise a la faveur d’une niche parlementaire, la proposition
socialiste a ete examinee après un autre texte d’origine parlementaire
qui a permis a Jean-Louis Debre de jouer la montre en laissant les
orateurs, et notamment ceux du gouvernement, s’exprimer longuement. La
proposition ne pourra representee, au mieux, qu’en novembre prochain ;
avec des clivages qui depassent les classiques oppositions partisanes.
A l’opposition d’une majorite de deputes UMP pourraient se joindre
des voix socialistes comme celle de Jack Lang qui voit dans cette
proposition une derive electoraliste pas très heureuse et de nature
a renforcer en Turquie le camp de ceux qui freinent la reflexion
sur l’Histoire.
Plusieurs reserves
sur l’opportinute du texte
Le President du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault s’est dit lui-meme
reserve sur l’opportunite de ce texte approuve par Francois Hollande. A
l’UMP, plusieurs deputes dont Eric Raoult et Herve Mariton (proche
de Dominique de Villepin) etaient en faveur de la proposition de loi.
Au cours du debat, plusieurs deputes se sont etonnes de voir renaître,
sous une autre forme, la polemique nee sur l’inscription dans la loi
sur le rôle positif de la colonisation francaise. Loin des debats
d’historiens, la seance d’hier a confirme des considerations bien
plu s terre a terre. Sous les huees des deputes, dont l’UMP Patrick
Devedjian, le ministre des Affaires etrangères Philippe Douste-Blazy a
mis en garde contre les consequences politiques serieuses que pourrait
avoir un geste inamical a l’egard de la Turquie.
Et, comme par hasard, les deputes les plus actifs en faveur d’un
nouveau texte se trouve nt pour la plupart dans des circonscriptions
a forte concentration armenienne. Forte d’une population estimee
a 500.000 personnes, la communaute armenienne est toujours très
courtisee a l’approche des echeances electorales.
GRAPHIQUE: Des Armeniens ont manifeste nombreux hier a proximite de
l’Assemblee Nationale. Le vote qu’ils souhaitaient n’a pas eu lieu *
photo AFP.
–Boundary_(ID_sQoc9KQDeNw/uh1X1rt32A)–

Genocide Armenien: La Proposition De Loi Enterree

GENOCIDE ARMENIEN: LA PROPOSITION DE LOI ENTERREE
La Nouvelle Republique du Centre Ouest
19 mai 2006
L’Assemblee nationale a enterre jeudi une proposition de loi socialiste
reprimant la negation du genocide armenien de 1915, après des incidents
et une bataille procedurière autour de ce texte sensible.
L’examen du texte, qui avait commence dans la confusion, a ete
interrompu sans etre acheve et son vote reporte sine die sous les cris
de colère de plusieurs dizaines de partisans de la cause armenienne
masses dans les tribunes du public.
La proposition de loi vise a completer par un volet penal la loi
du 29 janvier 2001 par laquelle la France reconnaît le genocide
armenien. Elle fait de la negation du genocide un delit punissable
d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.
–Boundary_(ID_YVGEnoK9sA3kDm07wzJEGg)- –

Un Debat Tronque Sur Le Genocide Armenien

UN DEBAT TRONQUE SUR LE GENOCIDE ARMENIEN
GORCE Bernard
La Croix , France
19 mai 2006
ASSEMBLEE. Les deputes PS et UMP se sont rejete la responsabilite
d’un debat inabouti sur le genocide armenien.
Les lois memorielles ne reussissent decidement pas aux
parlementaires. Après l’article polemique sur le rôle “positif”
de la colonisation, le genocide armenien de 1915 a provoque hier de
serieux remous dans l’hemicycle. A 13 heures, après que le president de
l’Assemblee nationale Jean-Louis Debre eut leve la seance, des dizaines
de partisans de la cause armenienne qui avaient pris place dans les
tribunes ont scande “le vote, le vote” et chante la Marseillaise. Les
deputes ont quitte leurs rangs dans la confusion.
“Comedien!”, lancait le depute UMP Eric Raoult a Francois Hollande venu
a la rescousse de ses troupes qui criaient au scandale. La confusion
allait durer un quart d’heure jusqu’a ce que les gendarmes evacuent
dans le calme les tribunes.
L’Assemblee nationale venait de consacrer une heure de debats a une
proposition de loi deposee par les socialistes visant a penaliser la
negation du genocide armenien reconnu officiellement par la France
en 2001. Le texte veut etendre au genocide armenien les peines
prevues par la loi Gayssot de 1990 qui permet de sanctionner de cinq
ans de prison et 45 000 Euro d’amende les auteurs de publications
contestant la realite de la Shoah. Sur le fond, cette proposition de
loi divise les deputes aussi bien a droite qu’a gauche. Le depute UMP
du Maine-et-Loire Marc Laffineur s’est fait l’echo du recent mouvement
de protestation des historiens contre les menaces qui pèsent sur la
liberte de la recherche. “Ce n’est pas a la loi d’ecrire l’histoire”,
a-t-il rappele.
Plusieurs parlementaires ont, a l’inverse, denonce l’actuelle
montee des entreprises negationnistes des reseaux turcs en France
pour justifier le vote du texte. Elue socialiste du Rhône, Martine
David a rappele les recentes manifestations contre l’edification d’un
memorial armenien a Lyon. Au nom des relations avec la Turquie, le
ministre des affaires etrangères Philippe Douste-Blazy a, quant a lui,
mis en garde les deputes sur les consequences que le vote du texte
pourrait avoir sur “les interets de la France”. Mais c’est moins la
bataille des arguments qui est a l’origine du derapage d’hier que le
contexte dans lequel a ete amene le debat. La proposition de loi a
ete inscrite a l’ordre du jour des seances de mardi et jeudi reserve
aux socialistes. Au total, le groupe PS avait depose trois textes
et, très tôt, il est apparu que le temps imparti a la discussion
de la proposition de loi sur le genocide armenien serait largement
insuffisant pour aboutir a un vote. Dès lors, socialistes et deputes
de l’UMP n’ont cesse de s’accuser de manoeuvres dilatoires.
Le president de l’Assemblee, Jean-Louis Debre, a tente de sauver les
apparences avec les presidents de groupe. Avec l’acceleration du vote
d’une proposition de loi sur… les pouvoirs du Parlement! “On est
ridicule”, s’est emporte le depute UMP Jerôme Charrier qui a prefere
quitter l’hemicycle. À midi, quand le genocide armenien est enfin
aborde, le temps de parole est finalement ramene a cinq minutes par
personne pour deux orateurs par groupe. “C’est du sabotage”, lance des
tribunes une femme. Une petite heure plus tard, l’examen du texte est
suspendu, et renvoye a une seance ulterieure. Les milieux armeniens
risquent d’attendre longtemps.
–Boundary_(ID_gMM/nyO0izxbPfs8yR6Cug) —
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Patrick Devedjian : “Un Desastre Pour Le Parlement”

PATRICK DEVEDJIAN : “UN DESASTRE POUR LE PARLEMENT”
Le Figaro, France
19 mai 2006
LE FIGARO.- Etes-vous surpris par l’issue du debat de ce matin ?
PATRICK DEVEDJIAN.- Je ne pensais pas qu’on oserait aller jusque-la.
La comedie que nous venons de vivre consistait a faire traîner les
debats en longueur pour eviter un vote sur la proposition de loi. La
manoeuvre a ete organisee de concert par le president du groupe
socialiste et une partie de la droite, manifestement en service
commande. C’est un desastre pour le Parlement, qui devient le seul
lieu où il semble interdit de debattre des preoccupations des Francais.
Le gouvernement a lui aussi avance des arguments de fond pour justifier
son hostilite… Le gouvernement etait represente par le ministre
des Affaires etrangères, qui a explique qu’il ne fallait pas faire
de la peine a la Turquie en adoptant cette proposition de loi.
Je suis choque qu’il ait utilise l’argument des relations commerciales,
qui est non seulement immoral, mais faux. Dois-je rappeler que le
genocide armenien a fait environ un million et demi de victimes ? De
surcroît, l’economie de marche n’obeit pas aux ordres d’Ankara :
en 2001, le Parlement francais a adopte une loi reconnaissant le
genocide armenien, et la Turquie a menace d’adopter des mesures de
retorsion. Or, l’annee suivante, nos exportations vers la Turquie ont
fait un bond de 32% Et que repondez-vous aux historiens, qui ont eux
aussi fait part de leur opposition au texte ?
L’histoire n’est pas la propriete privee des historiens. Le genocide
n’est pas seulement un fait historique, c’est aussi un concept
juridique defini par le Code penal francais. Le Parlement est a sa
place en disant le droit. Pour autant, je suis favorable a ce que la
recherche historique reste a l’abri de toute poursuite. Le problème que
nous devons affronter, c’est celui du negationnisme turc qui s’exprime
aujourd’hui sans pudeur en France. L’intervention du legislateur est
indispensable pour eviter des affrontements communautaires.
–Boundary_(ID_KKyusVNxyVf1in6Teh zIYg)–
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Genocide Armenien : La Proposition De Loi Attendra

GENOCIDE ARMENIEN : LA PROPOSITION DE LOI ATTENDRA
Guillaume Perrault
Le Figaro, France
19 mai 2006
“J’AI HONTE d’etre francaise ! C’est une mascarade indigne.” La jeune
etudiante d’origine armenienne, venue de Marseille pour assister au
vote des deputes sur la proposition de loi PS sanctionnant la negation
du genocide armenien, doit reprimer ses larmes. Le president de
l’Assemblee, Jean-Louis Debre, a leve la seance vers 13 h 5, alors que
l’examen du texte n’etait pas acheve et pouvait encore se poursuivre
pendant au moins une demi-heure. Les quarante deputes de tous bords
presents dans l’hemicycle – en majorite acquis a la proposition de
loi controversee – n’ont donc pu se prononcer par un vote.
Et Jean-Louis Debre a ensuite confirme que l’examen du texte
ne devrait pas reprendre avant le mois de novembre, date de
la prochaine seance reservee aux propositions de loi PS. Dès
que le president de l’Assemblee eut leve la seance, deux cents
Francais d’origine armenienne, presents dans les tribunes, ont
crie a pleins poumons dans l’hemicycle : “le vote !, le vote !”,
avant d’entonner la Marseillaise et d’etre peu a peu evacues sans
brutalite. Ainsi s’est achevee une seance confuse et penible pendant
laquelle les deputes PS, leurs homologues UMP, Jean-Louis Debre et
le gouvernement se sont accuses mutuellement de “jouer la montre”
pour que l’Assemblee n’ait pas a assumer un vote sur cette delicate
question. La matinee avait mal commence. L’examen de deux textes
inscrits a l’ordre du jour d’une autre seance reservee au groupe
socialiste, mardi dernier, avait pris beaucoup de retard. La fin de
ces debats a donc eu lieu hier de 9 h 30 a midi, empietant sur le
temps initialement imparti au texte sur le genocide armenien. Après
plusieurs incidents de seance, Jean-Marc Ayrault a mis les pieds dans
le plat a 11 h 30 : “je demande que l’on reporte le debat sur le
genocide armenien a la prochaine niche parlementaire, en novembre,
faute de temps suffisant pour l’examiner”. “Quelle hypocrisie !,
retorque Philippe Pemezec (UMP, Hauts-de-Seine). Vous avez inscrit
trois textes a l’ordre du jour que vous maîtrisez pour etre sûr que
le troisième ne puisse aboutir”. Francois Rochebloine (UDF, Loire)
accuse alors le gouvernement de faire traîner les debats en longueur :
“le garde des Sceaux, qui d’habitude parle vite, semblait ce matin
determine a prendre tout son temps”. Jean-Marc Ayrault change ensuite
soudain d’avis et – après s’etre entretenu avec Jean-Louis Debre –
“demande que la proposition de loi sur le genocide armenien soit
bien examinee”. Protestations de tous bancs La discussion tant
attendue s’engage enfin a midi. Le ministre des Affaires etrangères,
Philippe Douste-Blazy, engage les hostilites avec les deputes : “le
texte qui vous est soumis serait considere, qu’on le veuille ou non,
comme un geste inamical par la très grande majorite du peuple turc,
assure l’hôte du Quai d’Orsay. Cela ne pourrait manquer d’avoir des
consequences politiques serieuses et d’affaiblir notre influence
non seulement en Turquie, mais dans l’ensemble de la region”. Les
protestations fusent sur tous les bancs. “Nous voulons dire aux Turcs,
sans porter le moindre jugement, qu’une nation ne s’affaiblit pas en
reconnaissant son passe”, repond Didier Migaud (PS, Drôme).
“En 2005, la faculte de medecine d’Istanbul a demande le rapatriement
de la depouille du docteur Behaeddine Chakir, ideologue du genocide,
pour lui faire des obsèques officielles !”, rencherit Roland Blum
(UMP, Bouches-du-Rhône). Alors que la discussion parlementaire bat
son plein, Jean-Louis Debre lève brutalement la seance et quitte
l’hemicycle avec une rare celerite.
–Boundary_(ID_MMsXhDEXeMJlm1qomtxjfA)- –
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Le Genocide Hante Toujours Les Armeniens

LE GENOCIDE HANTE TOUJOURS LES ARMENIENS
Fabrice Node-Langlois
Le Figaro, France
19 mai 2006
À EREVAN, dans les journaux et a la television, on a sans doute
davantage qu’a Paris evoque la proposition de loi visant a penaliser
la negation du genocide armenien. Lavrenti Barsegyan, le directeur du
Musee du memorial du genocide, etait très favorable a ce texte. Comme
pour nombre de ses compatriotes, l’interet principal de ce debat
etait selon lui d’accentuer la pression sur la Turquie pour qu’elle
reconnaisse le genocide de 1915-1917 qui a fait 1,5 million de morts,
selon les Armeniens. C’est d’ailleurs la reaction d’Ankara, jugee
disproportionnee, qui a renforce l’attention des Armeniens pour cet
episode francais.
Dimanche dernier, dans une interview au quotidien Hurriyet, le premier
ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait en effet menace Paris de
sanctions commerciales si le texte etait adopte. Creer des lois pour
repondre aux negationnistes Construit en 1965 sur une colline qui
domine Erevan, le memorial plonge le visiteur dans une ambiance qui
rappelle Yad Vashem, le memorial de la Shoah a Jerusalem. L’ Adagio
d’Albinoni, diffuse par les haut-parleurs, invite au recueillement
devant la flamme du souvenir, protegee du vent par un cercle de
monolithes gris. Dans le musee souterrain visite par 250 000 personnes
par an, documents a profusion et photos de tetes plantees sur des
pics ou de corps decharnes dans les deserts d’Anatolie et de Syrie
offrent autant de “preuves irrefutables de la barbarie turque”. Artem
Ohandjanian, historien et realisateur de films sur le genocide, venu de
Vienne visiter le memorial, estime qu’il est indispensable de creer des
lois “pour repondre aux negationnistes en application de la Convention
internationale de 1948 sur les genocides”. La diaspora armenienne –
400 000 a 500 000 personnes en France sur 6 millions dans le monde –
n’est pas etrangère au texte examine hier a Paris. Giro Manoyan en
revendique carrement la paternite, au nom de la branche francaise de
son parti, Dashnak, la “federation revolutionnaire armenienne”. Membre
de l’internationale socialiste, lie au PS francais, Dashnak participe
a la coalition gouvernementale a Erevan. “S’il n’y avait pas de loi
en France punissant la negation de la Shoah, nous n’aurions pas
pousse ce texte sur le genocide armenien”, explique cet imposant
barbu ne au Liban et eleve au Canada. Un enjeu europeen Selon un
diplomate occidental a Erevan, “pour la diaspora armenienne, issue de
ce traumatisme, l’histoire s’est arretee en 1915”. Il sous-entend que
les forces vives d’Armenie sont moins obnubilees par le sujet. Ce sont
“les negociations sur l’adhesion de la Turquie a l’UE qui ont refait
du genocide un enjeu europeen, politique et mediatique”, observe
pour sa part Giro Manoyan. Aujourd’hui, le president armenien Robert
Kotcharian souhaite la reprise des relations avec la Turquie, sans
exiger de prealable sur la reconnaissance du genocide ni revendiquer
de territoires. En revanche, la reconnaissance internationale du
genocide est un des objectifs de sa politique etrangère. “Bien sûr
que le genocide n’est pas une obsession quotidienne”, commente Levon
Kazaryan, redacteur en chef adjoint du journal russophone Goloss,
repute pour l’attention qu’il accorde au drame de 1915. “Le chômage
est le gros problème immediat, ainsi que les bas salaires. Le salaire
minimum est a 30 euros et certains retraites ne touchent que 15
euros par mois.” Mais ce genocide, “il est en nous, profondement”,
rajoute sa collègue Zara Guevorguian, une journaliste de 37 ans. Sur
le campus renove de l’Universite francaise d’Armenie, la plus grande
a l’etranger, avec 700 etudiants, la future elite du pays a suivi
les debats autour de la proposition de loi francaise. “Ici, j’ai ete
forme pour etre ouvert, constructif”, commente Armen. A 30 ans, il
termine un mastère d’affaires internationales tout en dirigeant une
entreprise americaine de marketing. “Mais pour construire l’avenir,
il ne faut pas oublier l’histoire.” C’est dans son pays pauvre et
enclave, saigne par l’emigration – la population, 2,9 millions de
personnes, diminuera encore cette annee de 0,19% – qu’Armen voit son
avenir. Comme ses camarades de fac plus jeunes, Arpine, Guevorg ou
Zohrab, tous quadrilingues (armenien, russe, anglais et francais),
il souhaite un rapprochement avec le voisin turc. Mais quand ils
regardent au loin le majestueux cône enneige du mont Ararat –
5 160 m- qui semble flotter dans la brume au-dessus de l’horizon,
les blessures se rouvrent. La montagne mythique où se serait echoue
Noe, a 50 km d’Erevan, est de l’autre côte de la frontière turque,
fermee. Et pour tous, elle est l’Armenie.
–Boundary_(ID_Gh5lDGqi/saKkF18W9OSVA) —

Course De Lenteur A L’Assemblee A Propos Du Genocide Armenien

COURSE DE LENTEUR A L’ASSEMBLEE A PROPOS DU GENOCIDE ARMENIEN
Patrick Roger
Le Monde, France
19 mai 2006
Memoire Proposition De Loi
C’EST une sorte de course contre la montre qui devait decider, jeudi 18
mai, du sort de la proposition de loi deposee par le groupe socialiste
de l’Assemblee nationale visant a sanctionner la negation du genocide
armenien (Le Monde du 2 mai). Pas sûr, en effet, que le temps imparti
a cette seance d’initiative parlementaire suffise a faire voter le
texte. Et le president de l’Assemblee nationale, Jean-Louis Debre,
defavorable a cette proposition, et qui a decide de presider lui-meme
la seance, entend veiller a ce que les debats traînent suffisamment
en longueur pour l’eviter.
Dans ses deux ” niches ” parlementaires des mardi 16 mai et jeudi
18 mai, le PS a, en effet, demande l’examen de trois propositions de
loi. La matinee de mardi n’a pas suffi a terminer la discussion de la
première, portant sur l’insertion des jeunes dans l’emploi. M. Debre,
qui avait deja pris les renes de cette seance, a laisse tout le temps
necessaire aux orateurs pour developper leurs arguments. Le ministre
delegue a l’emploi, Gerard Larcher, a pris pas moins de cinquante
minutes pour repondre aux intervenants.
Au cours de la seance de jeudi matin, outre la fin de l’examen du texte
sur l’insertion, etaient inscrites une proposition du socialiste Paul
Quilès (Tarn) elargissant les pouvoirs du Parlement et celle sur la
negation du genocide armenien. Le president du groupe socialiste,
Jean-Marc Ayrault, a demande par lettre rectificative, mercredi
après-midi, d’inverser l’ordre de passage des deux textes.
M. Debre a refuse.
La proposition visant a penaliser la negation du genocide de 1915
soulève pourtant d’ardents debats. Qui traversent l’ensemble des
forces politiques et divisent aussi bien le PS que l’UMP. Oppose, au
depart, a l’idee de soumettre ce texte a la discussion, le president
du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a dû se ranger a la demande
du premier secretaire du PS, Francois Hollande, qui en avait fait la
promesse a ses homologues armeniens. Nombre de deputes socialistes
restent neanmoins reserves sur cette initiative. Jack Lang, depute du
Pas-de-Calais, y voit ” une derive electoraliste pas très heureuse,
qui va renforcer en Turquie le camp de ceux qui freinent la reflexion
sur l’Histoire “. ” Je voudrais ne pas voter ce texte “, ajoute-t-il.
” QUESTION SENSIBLE ”
Du côte de l’UMP, les clivages ne sont pas moins marques. Une centaine
d’elus du groupe, emmenes notamment pas Richard Mallie et Roland
Blum, deputes des Bouches-du-Rhône, où vit une forte communaute
armenienne, ont cosigne une proposition de loi identique a celle
du PS. Ils souhaitent, en debat, joindre leurs suffrages a ceux de
leurs collègues socialistes, mais aussi de l’UDF et du PCF, egalement
favorables a cette proposition. Le groupe UMP, majoritairement,
a estime qu’il n’appartient pas au legislateur de s’immiscer dans
ce qui relève de l’Histoire. Le debat sur le ” rôle positif ” de la
colonisation a laisse des traces douloureuses.
L’Elysee, de plus, a ouvertement critique cette initiative. Mercredi,
l’entourage de Jacques Chirac en a appele a l'” esprit de
responsabilite ” sur cette ” question sensible “. Le chef de l’Etat
s’est entretenu de ce sujet, recemment, avec le premier ministre
turc, Recep Tayyip Erdogan, qui menacait la France de sanctions
commerciales en cas d’adoption du texte. Le ministère du commerce
exterieur a adresse a chaque depute un document recensant les contrats
industriels en cours ou en projet en Turquie qui risqueraient d’etre
remis en question. ” Un lobbying très mal vecu par les deputes “,
denonce M. Mallie, qui ne desespère pas d'” une heureuse surprise “.
–Boundary_(ID_xG8ruKI8UQhqKuoBlGiz5A)–

=?UNKNOWN?Q?=22Genocide_Armenien=22=3A_Un?= Debat Qui=?UNKNOWN?Q?Inq

“GENOCIDE ARMENIEN”: UN DEBAT QUI INQUIèTE LES MILIEUX D’AFFAIRES FRANCAIS
Claude Fouquet
Les Echos
19 mai 2006
Un simple sursis mais un bol d’air salutaire pour les milieux
d’affaires. En decidant hier de reporter a l’automne l’examen de
la proposition de loi socialiste visant a penaliser la negation du
“genocide armenien” de 1915, l’Assemblee nationale n’a fait que gagner
du temps. Et laisse Ankara sur sa faim: “Notre attente est que le
renvoi de la proposition de loi devant l’Assemblee nationale francaise
lors de sa prochaine session soit abandonne”, a ainsi indique dans
un communique publie hier le ministère turc des Affaires etrangères.
Côte francais, c’est plutôt le soulagement. Car les milieux d’affaires,
tout en multipliant ces dernières semaines les contacts avec leurs
homologues turcs, prenaient très au serieux les menaces de retombees
economiques exprimees notamment par le Premier ministre Recep
Tayyip Erdogan. Ainsi, selon nos informations, c’est dans l’attente
de l’examen de la proposition de loi que la Turquie fait traîner
sa reponse concernant l’appel d’offres pour le projet de tunnel
ferroviaire – Marmarai – sous le Bosphore. “Un projet de quelque 815
millions d’euros pour lequel Alstom s’est avere etre le meilleur lors
de l’appel d’offres”, expliquait hier aux “Echos” un proche du dossier.
A Bercy, où on fulmine en evoquant une proposition de loi qui risque de
mettre a mal les relations economiques entre les deux pays, on attend
de voir dans quel climat se deroulera la visite, toujours a l’ordre
du jour, que Christine Lagarde, ministre du Commerce exterieur, doit
effectuer a la mi-juin. Il sera alors possible d’evaluer le risque
reel de voir se fermer la porte du 5e debouche commercial francais
hors Union europeenne (avec 4,7 milliards d’euros d’exportations).
Des appels turcs au boycott
Car, meme s’ils ont sans doute la main un peu lourde, les
services de Bercy ont fait leurs comptes: les contrats en cours
de negociation representent 14 milliards d’euros. Sur ce total, “4
milliards concernent le domaine militaire avec notamment la fourniture
d’helicoptères et 10 milliards sont des contrats civils”. Parmi eux, il
y a notamment deux projets concernant la traversee du Bosphore: outre
le projet Marmarai, celui d’un 3e pont sur le Bosphore qui interesse
Bouygues et Vinci, des opportunites de ventes d’Airbus et des espoirs
pour Areva suite a la volonte d’Ankara de relancer son nucleaire civil.
Sur le sol turc, l’inquietude des entreprises francaises est reelle.
Et ce d’autant plus que, comme le rappelle l’un d’eux, “l’image de
la France est degradee depuis le vote concernant l’adhesion de la
Turquie a l’Europe”. Alstom, Accor ou Danone auraient ainsi tire la
sonnette d’alarme auprès de leurs interlocuteurs turcs et francais
suite a differents appels turcs au boycott de produits francais.
L’un de ces appels, diffuse sur Internet, a meme suscite une certaine
inquietude a l’ambassade de France a Ankara. Donnant la liste des 37
marques francaises diffusees en Turquie, ce site met a la disposition
des internautes un modèle de lettre a adresser aux deputes francais
et les coordonnees mail de ces derniers. Preuve, selon un diplomate,
qu’il ne s’agit pas d’un travail d’amateur.
La proposition de loi
Completer la loi de 2001: le texte examine hier par les deputes vise a
completer par un volet penal la loi du 29 janvier 2001 par laquelle la
France reconnaît le “genocide armenien”.Amende: il fait de la negation
du genocide un delit punissable d’un an d’emprisonnement et de 45.000
euros d’amende.Division: la question divise le Parlement au-dela
du clivage gauche-droite, certains elus UMP y etant par exemple
favorables, tandis que Jean-Marc Ayrault, president du groupe PS a
l’Assemblee, est oppose a cette proposition socialiste…
–Boundary_(ID_6jSmMpZCqWs6FOrCZ7uW 4w)–