Karabakh hands over POW to Azerbaijan

Karabakh hands over POW to Azerbaijan
Mediamax news agency
19 Jul 04

Yerevan, 19 July: The Nagornyy Karabakh Republic State Commission for
Prisoners and Missing Persons handed over serviceman Aydin Huseynov to
the Azerbaijani side today at 1510 local time [1010 gmt] in the Agdam
sector of the contact line between the Nagornyy Karabakh and
Azerbaijani armed forces.
Aydin Huseynov, a 19-year-old from Baku, was arrested on 30 June this
year by NKR defence army servicemen in the eastern sector of the NKR
state border when he crossed the demarcation line.
Huseynov was handed over by decision of the NKR authorities with the
mediation of the Stepanakert representative office of the
International Committee of the Red Cross [ICRC], after the Azerbaijani
side’s agreement to accept their serviceman was received at the end of
last week, Mediamax’s special correspondent reports from Stepanakert.
ICRC representatives regularly visited Huseynov throughout his time in
the NKR and were given unfettered access to the Azerbaijani
serviceman.

En visite =?UNKNOWN?B?4A==?= Paris,Erdogan plaide =?UNKNOWN?Q?l=27ad

Le Figaro, France
19 juillet 2004
TURQUIE La visite du premier ministre turc s’inscrit dans une
campagne d’opinion visant à préparer les Français à l’entrée à terme
de ce pays dans l’Union européenne
En visite à Paris, Erdogan plaide l’adhésion d’Ankara à l’UE
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, entame aujourd’hui
une visite officielle de trois jours en France. Il doit évoquer la
candidature de son pays à l’UE avec les plus hautes autorités de
l’État et les dirigeants des principaux partis politiques français.
Luc de Barochez
En déroulant pendant trois jours le tapis rouge pour le premier
ministre turc, les autorités françaises veulent inciter une opinion
publique réticente à admettre le caractère à leurs yeux inéluctable
de l’adhésion turque à l’Union européenne (UE).
Le président Jacques Chirac a été on ne peut plus clair lorsqu’il
s’est exprimé pour la dernière fois sur le sujet, le 28 juin au
sommet de l’Otan à Istanbul. Pour lui, l’entrée de la Turquie dans
l’UE est non seulement «souhaitable» mais aussi «irréversible». Si
l’on suit le président de la République, il ne resterait plus qu’à
fixer les modalités de l’adhésion, aux termes de négociations qui
seront «lentes et difficiles».
On n’en est pas là. Les négociations ne sont pas censées commencer
lors de la visite du premier ministre Erdogan. Pour l’instant, la
balle est dans le camp de Bruxelles. La France attend, comme la
Turquie, le verdict de la Commission européenne. Celle-ci doit
publier en octobre un rapport indiquant dans quelle mesure Ankara
s’est conformée aux critères politiques, juridiques et économiques
édictés par l’UE pour ses élargissements successifs. Le Conseil
européen des chefs d’État et de gouvernement devra alors décider, en
décembre, de l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie.
L’essentiel dans l’immédiat, selon les autorités françaises, est de
vérifier si toutes les mesures annoncées par Ankara entrent bien en
vigueur et si elles sont correctement appliquées.
Dans cette perspective, la visite d’Erdogan s’inscrit dans une
campagne d’opinion visant à préparer les Français et les autres
peuples d’Europe à l’entrée à terme dans l’Union d’un pays pauvre,
comptant 70 millions d’habitants presque tous musulmans, et dont le
territoire est majoritairement situé en Asie. Le premier ministre
turc doit être reçu à Matignon aujourd’hui et à l’Élysée demain. Le
président du Sénat, Christian Poncelet, organisera un dîner en son
honneur et le président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré,
un déjeuner. Erdogan s’entretiendra avec le président sortant de
l’UMP, Alain Juppé, mais aussi avec le premier secrétaire du Parti
socialiste, François Hollande, et le président de l’UDF, François
Bayrou. Il doit rencontrer les députés de la commission des affaires
étrangères, les chefs d’entreprise du Medef, et les représentants de
la communauté turque à Paris.
Pour Jacques Chirac, ni les doutes sur le caractère européen de la
Turquie, ni la difficulté de digérer un pays aussi grand, ni les
différences culturelles, ni le refus turc de reconnaître la réalité
du génocide des Arméniens, ni la poursuite de l’occupation militaire
du nord de Chypre ne constituent des obstacles insurmontables. A
Istanbul, le président de la République a insisté sur les nombreuses
raisons qui militent à son avis pour l’adhésion de la Turquie.
Il a souligné «la vocation européenne très ancienne» de ce pays et
mis en avant l’intérêt «politique et économique» de l’Europe à
compter en son sein «une Turquie stable, démocratique et moderne, qui
a fait le choix de la laïcité depuis 1923». Aiguillonnée par la
perspective de l’adhésion, la Turquie a accompli des «efforts
considérables» en faveur du respect des droits de l’homme, de l’État
de droit et de l’économie de marché. Elle peut «servir d’exemple» aux
pays arabes et contribuer ainsi à stabiliser tout le Proche-Orient.
Dans les jours qui viennent, ce sera au tour d’Erdogan de prouver aux
Français que son gouvernement sera à la hauteur du défi.

La Turquie, une =?UNKNOWN?Q?id=E9e?= neuve pour l’Union

Le Figaro, France
19 juillet 2004
La visite à Paris du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui
débute aujourd’hui, relance le débat sur la candidature d’Ankara
La Turquie, une idée neuve pour l’Union
PAR DOMINIQUE REYNIÉ*
Le 7 mai dernier, le Parlement turc amendait la Constitution dans le
but de permettre l’ouverture des négociations avec l’Union européenne
: suppression des cours de sûreté de l’Etat, suppression de toute
référence à la peine de mort, pour en rendre le retour impossible
après son abolition en août 2002, proclamation de l’égalité entre les
sexes, adoption d’un nouveau Code civil, mise en place d’une nouvelle
formation pour les juges, reconnaissance de la prééminence des
traités internationaux sur la loi nationale. Des droits inédits ont
été accordés aux Kurdes, on commence à débattre très librement de la
question arménienne… Il se passe quelque chose en Turquie. Les
racines de cette transformation sont certes anciennes, mais ses
manifestations les plus spectaculaires sont présentes. L’ardent désir
d’intégrer notre Union est le moteur de cette accélération et ce ne
sera pas le moindre de nos mérites que d’en être la cause principale,
dans le droit-fil de l’esprit de réconciliation et de pacification
qui présidait à la naissance de l’Europe nouvelle, au lendemain de la
Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, quelques-uns contestent le destin européen de la Turquie
au nom de la géographie. L’argument, si souvent entendu, ou bien
n’est pas sérieux ou bien n’est pas honnête. Au nom de quelle règle
la proportion continentale du territoire turc (5%) est-elle jugée
insuffisante ? Quel est le seuil nécessaire ? Et pourquoi ne pas
retenir qu’un cinquième des Turcs vivent sur cette partie de leur
territoire ? Et pourquoi la Turquie serait-elle en Asie quand Chypre
vient d’entrer dans l’Union, tandis qu’elle est plus à l’Orient
qu’Ankara ? N’avons-nous pas une frontière commune avec la Turquie
depuis 1981, par la Grèce, et n’en aurons-nous pas une nouvelle en
2007, avec la Bulgarie ? Avec la Turquie dans l’Union, nous dit-on,
nous aurons des frontières avec l’Iran, comme si cela devait
souligner le caractère étrange de cette candidature. Lorsque les
Européens possédaient leurs empires coloniaux, ils savaient pourtant
voir plus grand et cela n’étonnait pas les Français d’avoir trois
départements en Algérie. Serait-ce de l’amnésie ? De même,
aujourd’hui, les Européens ne paraissent pas perturbés par cette
frontière commune avec le Brésil que nous devons à la Guyane, autre
département français. En fait, nul ne l’ignore, la géographie cache
mal la crainte inspirée par l’idée d’accueillir parmi nous un pays
musulman. Mais que ferons-nous des 12 millions d’Européens musulmans
? Quel sera l’avenir des Bosniaques, des Albanais et des Macédoniens
contre lesquels l’argument géographique ne pourra rien non plus. Au
fond, le problème de la Turquie n’est pas d’être un pays musulman,
mais d’être un «grand» pays musulman, ce qui n’est pas discutable,
même si, membre de l’Union, il ne représenterait pas plus de 15% de
la population totale.
C’est donc l’islam qui nous inquiète. Ce n’est pas sans raison. Il y
a aujourd’hui dans le monde un incontestable problème musulman. Trop
souvent, cette religion se montre sous un jour rétrograde,
oligarchique, tyrannique et violent. Mais nous savons pourtant que la
plupart des musulmans ne sont ni des fondamentalistes ni des
terroristes. Très simplement, dans leur grande majorité, ils aspirent
à la sécurité et à la prospérité. Nous savons aussi que le XXIe
siècle sera chaotique, voire catastrophique, si nous ne parvenons pas
à résoudre cette épineuse question. La Turquie est à ce jour une
pièce maîtresse de la solution, peut-être la seule, si bien que les
Européens ont en main la clé d’un monde stabilisé, pacifié et
progressiste. En effet, la Turquie est un pays musulman à proprement
parler incomparable. Seul pays musulman membre de l’Otan, depuis
1952, et membre fondateur de l’OCDE en 1961, la Turquie est installée
dans une laïcité originale depuis plus de quatre-vingts ans, dotée
d’institutions représentatives, habituée au multipartisme, où les
femmes votent depuis 1934, 10 ans avant les Françaises et 46 ans
avant les Portugaises. On y trouve une classe moyenne importante, un
patronat dynamique, des élites bien formées, des universités
prestigieuses, qui ne compensent cependant pas un grave déficit en
matière d’éducation, une société civile en voie d’émancipation et une
pratique originale de l’islam, multiple, privatisée et de plus en
plus souvent individualisée.
Maintenant que l’empire soviétique s’est effondré, pouvons-nous
oublier que, dès 1945, la Turquie s’est engagée, à nos côtés, dans la
lutte contre le communisme ? Membres de l’Otan dès 1952, les Turcs
ont ainsi payé le plus lourd tribut en vies humaines pendant la
guerre de Corée, après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Pouvons-nous oublier que la Turquie est l’un des plus fidèles alliés
d’Israël ? C’est en Turquie que trouveront refuge les juifs chassés
d’Espagne par Isabelle la Catholique. C’est en Turquie que trouveront
refuge des milliers de juifs européens fuyant le nazisme. En ce
domaine, l’Europe est débitrice et force est de constater qu’elle a
plus de leçons à recevoir qu’à donner. Dès 1948, la Turquie
reconnaîtra l’Etat d’Israël. C’est dans le ciel turc que peuvent
s’entraîner les pilotes israéliens. De même, les deux pays partagent
leurs équipements portuaires pour recevoir leurs marines de guerre.
L’eau, dont manque cruellement Israël, est fournie, chèrement, par la
Turquie, tandis que des entreprises israéliennes participent à
l’irrigation du sud-est de l’Anatolie, clé du développement de cette
région pauvre et donc, indirectement, l’une des clés du problème
kurde comme de l’islamisme radical qui sévit localement.
Pays exceptionnel encore lorsque, en 2002, la victoire du Parti de la
justice et du développement (AKP) nous offrait le premier exemple
historique d’un parti de culture musulmane accédant au pouvoir par la
voie démocratique. L’AKP a été soutenu par un électorat
qu’exaspéraient les dévaluations et les problèmes de corruption mais
aussi persuadé qu’il est le plus capable de réussir les profondes
réformes nécessaires à l’ouverture des négociations. Loin d’être un
«parti islamique» ou «islamiste», l’AKP est une sorte de parti
musulman-démocrate, qui fait songer à nos partis
chrétiens-démocrates, malgré quelques éléments radicaux comme l’on en
trouve dans toutes nos démocraties. L’AK est un parti libéral sur le
plan économique et franchement proeuropéen, à la différence des
islamistes du RP, ou Refah, parti fondé en 1983 et dissous en 1998
pour non-respect de la laïcité.
Au lendemain de la victoire de l’AK, Abdullah Gül, l’actuel ministre
des Affaires étrangères, déclarait : «Notre ambition est de montrer
au monde entier qu’un pays peuplé de musulmans peut aussi être
démocrate, transparent, moderne et peut aussi coopérer avec le reste
du monde.» Les partis musulmans-démocrates ne sont pas nombreux. Un
seul à ce jour a pu accéder au pouvoir par la voie électorale. Est-il
juste, est-il conforme à notre intérêt de compromettre les chances de
succès de cet islam moderne et pro-occidental unique au monde ?
Aujourd’hui, en Turquie, l’ouverture des négociations est une cause
partagée par la société civile tout entière. Elle dépasse les
clivages politiques internes. C’est toute la Turquie démocratique qui
place ses espoirs dans l’ouverture des négociations.
* Professeur des Universités à l’Institut d’études politiques de
Paris. Dernières publications : Les Européens en 2004, Paris, 2004,
Editions Odile Jacob/Fondation Robert Schuman et La Fracture
occidentale. Naissance d’une opinion européenne, Paris, 2004,
Editions de La Table Ronde.
demain, deuxième et dernier volet de cette tribune.

=?UNKNOWN?Q?Op=E9ration_=ABMains_propres=BB_=E0?= Istanbul

Le Figaro, France
19 juillet 2004
Dès son élection en 2002, Erdogan avait promis de s’attaquer
réellement à la corruption
Opération «Mains propres» à Istanbul
Istanbul : de notre correspondante M.-M. M.
[19 juillet 2004]
L’arrogance d’Alaattin Çakici, le puissant parrain turc arrêté la
semaine dernière en Autriche, a au moins le mérite de mettre au grand
jour ce qui n’était jusque-là qu’un secret de Polichinelle :
l’existence des liens occultes qui, pendant de longues années, se
sont noués, souvent pour le pire, entre certains cercles du pouvoir
politique turc et ceux du grand banditisme.
Aux policiers qui, après l’avoir intercepté, lui demandaient de
descendre de son véhicule, le parrain a d’abord adressé ses
félicitations, avant de s’étonner, tout de même assez naïvement, de
s’être ainsi fait prendre, lui qui croyait voyager incognito, protégé
par son passeport établi au nom de Faik Meral, un ancien membre du
MIT, les services secrets turcs, où il semblait avoir de nombreux
amis.
Placé en garde à vue au lendemain de l’arrestation de Çakici, Faik
Meral aurait livré certains aveux à la police, confirmant la
participation de son protégé à des opérations menées au sein des
services secrets, notamment sur le territoire français, à la fin des
années 1980, contre l’Asala, l’Armée secrète arménienne de libération
de l’Arménie. Militant de l’extrême droite turque, membre des
ultranationalistes Loups gris, Alaattin Çakici a le profil exact de
ces hommes de main qui ont d’abord rendu de nombreux services
occultes avant de devenir des amis encombrants mais difficiles à
écarter, car sans scrupule.
Alaattin Çakici a ainsi pu commettre de nombreux forfaits en se
jouant de la police et des lois grce à ses puissantes relations :
meurtrier de sa propre femme, d’un ancien associé et de trois autres
personnes, il n’a purgé jusqu’à ce jour que 5 années de prison au
total, jouant à saute-mouton avec les frontières et n’hésitant pas à
s’en prendre physiquement à un journaliste qui suivait ses affaires
d’un peu trop près.
Le parrain turc se croyait intouchable, protégé au plus haut sommet
de l’Etat qu’il n’a pas hésité cependant à déstabiliser, en révélant
notamment ses liens avec l’entourage de l’ancien premier ministre
Mesut Yilmaz.
Arrêté en France, en 1998, pour falsification de passeport, et jugé à
huis clos en raison des menaces de mort qui pesaient sur sa personne,
Alaattin Çakici avait déclaré avoir des liens avec les services
secrets turcs ainsi que certains dirigeants politiques de son pays.
Il n’avait pas hésité à donner des noms, notamment celui de Mesut
Yilmaz, avec qui il prétendait s’être entretenu par téléphone «au
moins une douzaine de fois», ce que l’ancien premier ministre a
toujours démenti.
Il n’empêche que cet éminent homme politique ainsi que son ministre
de l’Economie de l’époque, Gunes Taner, sont maintenant accusés de
malversations dans le cadre de la cessation au privé de la Türkbank,
vendue dans des conditions douteuses à un homme d’affaires lié au
milieu turc.
Ce genre de scandale, qui suscite une attention particulière en
raison de la notoriété des personnes impliquées, n’est pas rare en
Turquie. Selon un rapport de la chambre de commerce d’Ankara, le
crime organisé est impliqué dans une centaine de secteurs de
l’économie du pays et le marché noir brasse un chiffre annuel de 48
milliards d’euros. Dans le même temps, les faillites bancaires, qui
se sont multipliées ces dernières années, ont coûté cher à l’Etat
qui, pour protéger les déposants, garantit les dépôts et a dépensé
environ 35 milliards d’euros pour assainir le secteur et couvrir les
pertes.
Dès son élection en 2002, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan
avait promis de faire de la lutte contre la corruption l’une de ses
priorités. Au début de cette année, à l’occasion d’un autre gros
scandale bancaire, celui de la banque Imar, il avait mis en garde
tous ceux qui refuseraient désormais de respecter les règles.
Mercredi dernier, le Parlement turc lui a apporté son soutien en
décidant, à une très large majorité, d’envoyer Mesut Yimaz et son
ancien ministre Gunes Taner devant la Haute Cour de justice où ils
devront répondre notamment des accusations de corruption et d’abus de
pouvoir. Et s’expliquer sur leurs peu recommandables
fréquentations…
A la veille de cette décision parlementaire qualifiée d’«historique»
par plusieurs journaux turcs, les députés avaient déjà voté en faveur
de la comparution devant la Haute Cour de deux anciens ministres de
l’Energie, Cumhur Ersumer et Zeki Çakan. Ce dernier est accusé
d’avoir trahi les intérêts de l’Etat en réduisant le prix du gaz
naturel exporté, lors d’un contrat passé avec la Russie.
Toutes ces mises en accusation ressemblent fort à une opération
«mains propres» en Turquie. Et les nouveaux dirigeants du pays n’ont
pas l’air de vouloir perdre de temps. Dès le lendemain de
l’arrestation d’Alaattin Çakici, le ministre de la Justice, Cemil
Cicek a demandé son extradition «aussi rapide que possible».
La nouvelle harmonisation pénale qui vient définitivement de faire
disparaître la peine de mort de la Constitution turque devrait
faciliter les démarches entre l’Autriche et la Turquie et permettre
que le parrain soit enfin jugé pour tous ses crimes.

Erdogan fait campagne en France pour=?UNKNOWN?Q?l=27adh=E9sion_de_la

Edicom, Suisse
19 juillet 2004
M. Erdogan fait campagne en France pour l’adhésion de la Turquie à
l’Union européenne
par Christine Ollivier
PARIS (AP) – Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a entamé
lundi une visite officielle en France de trois jours destinée à
convaincre une classe politique réticente du bien fondé d’une
éventuelle adhésion de son pays à l’Union européenne.
»Nous souhaitons que tout le soutien que nous a apporté la France, et
notamment par l’intermédiaire du président Chirac, dans ce dossier
européen se poursuive à l’avenir», a expliqué lundi M. Erdogan à
l’issue d’un entretien d’une heure avec le Premier ministre
Jean-Pierre Raffarin à Matignon.
La Commission européenne doit rendre début octobre un rapport
évaluant les progrès accomplis par la Turquie dans le domaine des
droits de l’homme et des libertés publiques. Sur cette base, les 25
Etats-membres doivent décider en décembre de fixer ou non une date
pour commencer des négociations d’adhésion, qui pourraient durer
plusieurs années.
Promue candidate au sommet d’Helsinki de 1999, la Turquie est engagée
dans un processus d’intégration continu depuis 1963. Le gouvernement
turc a réalisé depuis quelques années des efforts considérables pour
se conformer aux «critères de Copenhague», en abolissant par exemple
la peine de mort. Mais son dossier est freiné par des infractions en
matière de droits de l’Homme, un poids institutionnel de l’armée jugé
trop lourd et la question de la reconnaissance du génocide arménien
de 1915.
Lors du sommet de l’OTAN à Istanbul fin juin, Jacques Chirac avait
jugé «irréversible» à terme l’adhésion de la Turquie à l’Union
européenne, même si elle ne devrait pas intervenir selon lui avant 10
ou 15 ans. Une opinion que ne partage pas sa majorité: l’UMP comme
l’UDF sont résolument hostiles à l’adhésion d’Ankara, alors que la
gauche la soutient. Prudemment, Jacques Chirac a déclaré attendre les
conclusions de la Commission.
»Nous étudierons avec la plus grande attention le rapport de la
Commission cet automne et nous souhaitons une prise de position du
conseil en décembre sur cet important sujet», a simplement déclaré
lundi Jean-Pierre Raffarin.
De son côté, M. Erdogan a insisté auprès de son homologue français
sur «tous les pas que nous avons fait pour pouvoir nous conformer aux
critères de Copenhague». Les deux hommes ont également évoqué les
dossiers bilatéraux, et notamment la coopération en matière
industrielle, aéronautique, de transport, d’énergie, ou culturelle.
»Nous avons fait le point de plusieurs projets de coopération
industrielle qui sont en voie de finalisation», a expliqué M.
Raffarin.
Quelque 400.000 Turcs vivent en France, selon M. Erdogan, alors que
480.000 touristes français se sont rendus en Turquie l’an dernier.
Ils pourraient être 600.000 cette année.
Le Premier ministre turc doit déjeuner mardi avec Jacques Chirac,
avant de rencontrer successivement les députés de la Commission des
Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’ancien président de
l’UMP Alain Juppé mardi, puis le Premier secrétaire du Parti
socialiste François Hollande et le président de l’UDF François Bayrou
mercredi. AP

Aztag: Extrait de l’interview de Ben Kiernan

“Aztag” Daily Newspaper
P.O. Box 80860, Bourj Hammoud,
Beirut, Lebanon
Fax: +961 1 258529
Phone: +961 1 260115, +961 1 241274
Email: [email protected]
Extrait de l’interview de Ben Kiernan par Khatchig Mouradian du journal «
Aztag Daily »
Le 10 juin 2004.
Aztag – Quelles sont quelques-unes des caractéristiques communes aux
génocides arménien et cambodgien ?
Ben Kiernan – En 1919, une Cour d’Istanbul a déclaré Enver Pacha,
l’ex-ministre de la Guerre « Jeune Turc », coupable de « crime de massacre »
pendant le Génocide arménien. Suite à ce jugement, et en l’absence de
condamnation, Enver se rendit en Asie Centrale. Le 1er septembre 1920, Enver
fit sensation au Congrès des Peuples de l’Est à Bakou, en Azerbaidjan
soviétique. Enver exprima son regret d’avoir combattu aux côtés des «
Impérialistes d’Allemagne que je hais et que je maudis, exactement comme je
hais et maudits ceux de Grande Bretagne ». Mais il prit soin de justifier
son alliance lors de la Première Guerre Mondiale : « Nous nous sommes rangés
aux côtés de l’Allemagne qui avait consenti à nous laisser vivre. Les
Impérialistes allemands nous ont habitués à parvenir à leurs fins
malhonnêtes ; mais notre but était seulement de préserver notre
indépendance. Les sentiments qui nous guidaient…n’étaient pas des sentiments
impériaux. » Il dit qu’il « reconnaissait » maintenant que l’Azerbaidjan
devait appartenir à son propre peuple ». Mais Enver ne mentionna pas
l’Arménie. Il déguisa son chauvinisme génocidaire en un désir de vivre et de
laisser vivre, chérissant l’indépendance nationale ; et même en solidarité
internationale, comme lorsqu’il fit l’éloge de son armée turque pour avoir
aidé à renverser le tsar.
Dans ce discours, Enver a fourni d’autres indications intéressantes sur sa
philosophie politique. Sa célèbre armée turque, dit-il, « tirait toute sa
force de la classe rurale ». Tout en dénonçant l’impérialisme, il
spécifiait: « A mon avis, tous ceux qui cherchent à enrichir ceux qui ne
travaillent pas devraient être détruits ». Et il prédisait que « Le monde
oriental » qu’il définissait comme « tous les peuples opprimés » allait «
anéantir les monstres impérialistes
et capitalistes ». Enver plus tard conduisit plusieurs milliers de troupes
contre le régime soviétique, dans le but déclaré de « chasser les Européens
et de créer le grand Etat Musulman d’Asie Centrale ».
Pol Pot aurait bien reconnu cet amalgame de paysannisme, de violence de
`classe’ et de racisme du tiers-monde. Enver rejetait la notion de tout
peuple ami opprimé en Europe, même en dehors de la construction européenne
elle-même, « l’Orient ». L’enfermement ironique d’Enver dans une idéologie
occidentale était tout à fait comparable à celle de Pol Pot. Tous deux
justifiaient leurs campagnes racistes de destruction par une lutte de
classe, tous deux décrivaient leur expansionnisme militariste comme une
auto-défense nationale, et tous deux décrivaient avec romantisme la
paysannerie de leur pays, alors qu’ils avaient réussi à détériorer
spectaculairement ses conditions de vie.
Enver fut condamné par contumace, et fut plus tard tué au cours d’un combat
contre les forces soviétiques. Pol Pot mourut en 1998 sans avoir eu à
affronter une sanction légale. Mais le Cambodge et les Nations Unies étaient
d’accord l’an dernier pour établir un tribunal spécial pour juger les
crimes des dirigeants Khmers Rouges survivants. Le commandant militaire de
Pol Pot, Mok, et son chef de la Sécurité, Deuch sont tous deux incarcérés à
Pnom Penh dans l’attente de leur procès.
Aztag – Vous avez joué un rôle décisif en révélant des milliers de documents
sur le régime Khmer Rouge. Dans la cas du Génocide des Arméniens une
documentation détaillée est bien plus difficile à obtenir à cause de
l’inaccessibilité des archives ottomanes. Que pouvez-vous dire des
difficultés auxquelles vous avez été confronté lorsque vous avez essayé de
déterrer la vérité ?
Ben Kiernan – « Vous êtes stupide » avait dit à Deuch ex-Commandant des
Khmers Rouges à la prison de Tuol Sleng, le député de Pol Pot Nuon Chea,
après avoir appris que Deuch n’avait pas réussi à détruire les archives de
la prison avant de s’envoler de Phnom Penh en 1979. Deuch était resté à
l’arrière pendant plusieurs heures après l’entrée des forces vietnamiennes
dans la ville le 9 janvier, mais au lieu de brûler les archives il avait
préféré s’assurer que les derniers prisonniers soient tués. Plus de 100 000
pages de preuves tombèrent entre les mains des Vietnamiens et furent bientôt
à la disposition des chercheurs. Un `Musée du Génocide de Tuol Sleng’ fut
créé, avec les archives de la « Bureaucratie de Mort » khmère rouge. Un
journaliste britannique, Anthony Barnett se rendit au Cambodge début 1980,
et rapporta une grosse pile de photocopies que nous avons présentées en
couverture du magazine londonien New Statesman du 2 mai 1980. Quand un autre
journaliste montra les copies de ces documents au beau-frère de Pol Pot Ieng
Sary, il fut pris au dépourvu et admit qu’ils étaient authentiques. Cette
affirmation fut aussitôt controversée par un aide Khmer Rouge anonyme, dans
une lettre non signée à la « Far Eastern Economic Review ». Dix ans plus
tard, un autre dirigeant Khmer Rouge, Son Sen, lut la Convention sur le
Génocide, et souligna les passages qui pourraient être utilisés pour le
poursuivre, y compris la définition de ce crime et les paragraphes
spécifiant : « qu’il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre, (le
génocide) est un crime qui tombe sous la loi internationale ». En 1996, le
programme sur le Génocide cambodgien de l’Université de Yale découvrit 100
000 autres pages de documents secrets, les archives de Santebal, gérées par
Son Sen.
Quelques mois plus tard, Ieng Sary se livra au gouvernement cambodgien et
forma son propre `Centre de Documentation’ pour défendre son rapport. Pol
Pot assassina Son Sen l’année suivante et mourut lui-même en 1998. Mais Ieng
Sary pouvait encore être jugé par le futur tribunal des Nations Unies.
Les preuves contre eux sont fortes. Un document manuscrit, daté du 17 avril
1978, comporte une liste de noms de parents ou d’associés d’un prisonnier
nommé San Eap. Un commandant de secteur envoya la liste au `Comité 870′ un
terme rappelant la période royale, utilisé par Pol Pot. Utilisant de même un
pseudo personnel `Angkar’ (`l’Organisation’) Pol Pot griffonna sur la lettre
de couverture avec un gros crayon rouge : `A/k 19/4/78 Faire suivre’ (taam
daan). C’était un ordre d’arrêter ceux qui étaient nommés dans la liste.
Les dirigeants Khmers Rouges se sentirent mal à l’aise lors de la
publication de tels rapports internes incriminatoires. Jamais ils ne
se seraient imaginés qu’un jour leurs arrêts de mort, signés, seraient
rendus publics sur le Web. Peut-être qu’une telle possibilité servira de
référence à d’éventuels génocideurs. Leur incapacité à dénier leur génocide
prive les auteurs d’une arme puissante contre la mémoire de leurs victimes.
Aztag – Ces dernières années, vous avez écrit un certain nombre d’articles
relatifs au Génocide arménien. Quand avez-vous commencé à faire des
recherches sur ce génocide et à le comparer aux autres cas de crimes de
masse ?
Ben Kiernan – J’ai commencé ces recherches sur le Génocide arménien en 1989,
après 15 années de recherches sur le Cambodge. J’ai lu l’ouvrage de Ronald
Suny sur l’histoire sociale du génocide arménien avant de lire d’autres
études de dirigeants Jeunes Turcs et de leur idéologie. Au début, j’ai fait
un parallèle entre la destruction du royaume médiéval arménien en 1375, et
celle du royaume de Champa de l’Asie du sud en 1471. Au 20ème siècle, la
population musulmane Chame, sans Etat, au Cambodge, devint une principale
victime des Khmers Rouges, exactement comme les Arméniens devinrent victimes
des Jeunes Turcs.
J’ai aussi trouvé de troublantes similitudes entre Pol Pot, Enver Pacha et
quelques autres dirigeants du génocide, y compris des connexions marginales
avec la royauté. Le dirigeant nazi Heinrich Himmler était le filleul et
l’homonyme d’un prince bavarois. Enver Pacha avait épousé une fille du
sultan ottoman. La s`ur de Pol Pot et sa cousine étaient respectivement
l’épouse du prince consort et la seconde épouse du roi khmer. Plusieurs
auteurs de génocides modernes ont partagé des origines géographiques
marginales. Hitler et d’autres dirigeants nazis comme Kaltenbrunner étaient
d’origine autrichienne. Enver et d’autres dirigeants Jeunes Turcs comme
Talaat et le Dr. Nazim venaient des communautés minoritaires turques de
l’Europe de l’Est. Les dirigeants Khmers Rouges Son Sen et Ieng Sary
venaient d’une minorité cambodgienne du Vietnam.
Quoique la Révolution française ait influencé à la fois les Jeunes Turcs et
les Khmers Rouges, et que ces derniers fussent communistes, les deux régimes
étaient aussi racistes et expansionnistes, comme les Nazis.
Ben Kiernan
Khatchig Mouradian
Traduction Louise Kiffer
Source :
10 juin 2004
(Ben Kiernan est professeur d’histoire et directeur du programme d’études du
Génocide à l’Université de Yale
Il est spécialiste de l’histoire de l’Asie du sud, et le meilleur du monde
occidental pour le Cambodge.
Il est l’auteur de plusieurs livres sur ce sujet.)

www.aztagdaily.com/Interviews/Interviews.htm/
www.yale.edu/gsp/

Sukhoi, Sibir Ink $1Bln Jet Contract

The Moscow Times
Tuesday, July 20, 2004. Page 5.
Sukhoi, Sibir Ink $1Bln Jet Contract
By Lyuba Pronina
Staff Writer
Sukhoi Aviation has reached an agreement with No. 2 domestic carrier
Sibir for a $1 billion acquisition of 50 regional jets that Sukhoi
develops jointly with Boeing, the companies said in a joint statement
Monday.
“This is more than a memorandum of understanding,” Sukhoi deputy
general director Vadim Razumovsky said at the Farnborough
International Air Show that opened in England on Monday. “We will sit
down and in a short period of time outline the contract, its schedule
and financing,” he said, adding that he expects the deal to be firmed
up later this year.
Razumovsky said that Sibir has opted for the 95-seater version of
Sukhoi’s Russian Regional Jet family with the catalogue price of $26.2
million per jet. Delivery of the aircraft will start in 2007.
Sukhoi’s revenues were $1.5 billion last year, mainly from the export
of its fighter jets.
“[Agreement with Sibir] will allow us to fully launch the programs of
the new family of Russian regional aircraft in the near future,”
Sukhoi general director Mikhail Pogosyan said in the joint statement.
Sukhoi, which began the RRJ program in 2001, was waiting for a launch
order to get the program off the ground.
Flag carrier Aeroflot, which is soon due to announce a tender for 50
regional jets, in 2001 signed a memorandum of understanding for 30
RRJs that has not been formalized into a contract.
“I hope that Sukhoi’s promises about aircraft characteristics and
delivery schedules will be fulfilled, we needed regional aircraft
yesterday,” said Sergei Koltovich, head of fleet planning for
Aeroflot.
He said the listed price of $26 million is high and will make it
difficult for an airline to turn a profit, especially in Russia, with
low domestic yields.
Aeroflot is looking for jets at half that price.
Sibir spokesman Ilya Novokhatsky said that Sibir has yet to identify
the sources of financing, which will most likely come in the form of
loans.
Russia’s fastest-growing airline, Sibir has a fleet of 52 Tupolevs and
Ilyushins, which last month and this month have been supplemented by
two Airbus 310s formerly operated by Aeroflot.
In the past Sibir has been critical of the domestic aircraft industry
and its programs, including the RRJ, for the lack of immediate
availability and economic efficiency.
A source in the aviation industry said Monday that the agreement is a
trump card for Sibir, which is trying to get preferential treatment
from the administration in Novosibirsk, where the jet will be
produced, in the upcoming sale of the state’s 51 percent stake in
Novosibirsk’s airport, one of Sibir’s bases.
Sibir declined to comment on this.

Erdogan =?UNKNOWN?B?4A==?= Paris pour promouvoir la candidature turq

Schweizerische Depeschenagentur AG (SDA)
Service de base francais
19 juillet 2004
Développement Erdogan à Paris pour promouvoir la candidature turque à
l’UE
Paris (ats/afp) Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a
entamé lundi une visite officielle en France. Il entend promouvoir
auprès des dirigeants français la candidature de son pays à l’Union
européenne, un sujet qui divise la classe politique de l’Hexagone.
M. Erdogan a été reçu par son homologue français Jean-Pierre Raffarin
pour un entretien au cours duquel la question de l’adhésion de la
Turquie à l’UE a été abordée.
“Dans ce domaine, nous souhaitons bien entendu que tout le soutien
que la France nous a apporté, et notamment par l’intermédiaire du
président (Jacques) Chirac, se poursuive à l’avenir”, a déclaré M.
Erdogan, lors d’un point de presse avec M. Raffarin à l’issue de
l’entretien.
Critères de Copenhague
“Sur les questions européennes, le premier ministre turc m’a présenté
tous les efforts de réformes engagés par son pays pour répondre aux
critères de Copenhague définis par l’Union européenne”, a indiqué M.
Raffarin.
M. Erdogan devait être reçu mardi par le président Chirac pour un
déjeuner de travail et il devait aussi s’entretenir avec les
dirigeants des principaux partis politiques français.
La Commission européenne doit remettre en octobre sa recommandation
sur l’ouverture de négociations d’adhésion avec la Turquie, que
décideront ou non les dirigeants européens en décembre. La Turquie a
obtenu le statut de candidat à l’UE en 1999.
Réformes démocratiques
“Nous étudierons avec la plus grande attention le rapport de la
Commission cet automne et souhaitons une prise de position du Conseil
en décembre sur cet important sujet”, a dit à ce propos le premier
ministre français.
Estimant avoir rempli les conditions politiques pour ouvrir ces
négociations, le gouvernement de M. Erdogan, qui dirige un parti issu
de la mouvance islamiste, a fait passer au parlement plusieurs
réformes démocratiques.
La question de l’entrée dans l’UE de la Turquie, pays musulman mais
laïque de plus de 70 millions d’habitants, divise profondément les
opinions européennes et les partis politiques français.
“Irréversible”
Le président Chirac juge “irréversible” la marche d’Ankara vers l’UE.
Il estime que “la Turquie a une vocation européenne, historique, très
ancienne”, même si son parti, l’Union pour la majorité présidentielle
(UMP), s’est prononcé contre une adhésion.
A la différence des partis de droite, le Parti socialiste, premier
parti d’opposition en France, est favorable au principe de l’entrée
de la Turquie dans l’UE. Mais il conditionne l’ouverture de
négociations d’adhésion à la reconnaissance par ce pays du génocide
arménien de 1915, sous l’empire ottoman.
La communauté arménienne de France, avec 450 000 personnes, est la
plus importante d’Europe occidentale. Elle a obtenu en 2001 la
reconnaissance par le parlement français du génocide arménien, un
terme rejeté catégoriquement par Ankara.
Economie aussi au menu
Lors de sa visite, M. Erdogan doit également évoquer les relations
économiques entre les deux pays. La compagnie Turkish Airlines se
prépare à acheter près de 50 avions de ligne, notamment moyen et long
courrier, pour renouveler sa flotte. Le consortium aéronautique
européen Airbus et l’américain Boeing sont en lice.

Ankara veut convaincre Paris

La Nouvelle République du Centre Ouest
20 juillet 2004
Ankara veut convaincre Paris
La Turquie, pays musulman de près de 70 millions d’habitants,
doit-elle entrer dans l’Union européenne ? Face à une classe
politique française divisée, le Premier ministre, Recep Tayyip
Erdogan plaide, depuis hier, son dossier à Paris.
Une copieuse délégation turque est arrivée, hier, à Paris, pour
promouvoir sa candidature à l’Union européenne. A sa tête, le Premier
ministre, Recep Tayyip Erdogan, un islamiste récemment converti.
Alors que Berlin, Londres et Madrid sont plutôt favorables, Paris
reste un obstacle sur la route d’Ankara à Bruxelles, en raison de la
division de la classe politique sur le sujet.
On se souvient que l’UMP, début avril, avait pris une position très
ferme contre cette entrée. Au lendemain des résultats catastrophiques
des régionales, Alain Juppé avait alors cherché à enlever aux
souverainistes et à l’UDF un thème qui, croyait-on, serait majeur.
Quitte à se mettre en porte-à-faux avec le président de la
République, qui, lui, a toujours estimé que ce pays musulman avait
vocation à rejoindre l’Ancien Continent. Cette opposition sur la
politique étrangère, entre un Président et le principal parti qui le
soutient, n’a pas d’antécédent sous la Ve République !
Finalement, la Turquie n’est apparue dans aucun pays d’Europe comme
un enjeu lors des dernières européennes. La gauche n’a pas eu envie
de se focaliser sur un thème qui la divisait. Tout en accusant la
droite d’agiter un épouvantail, elle a semblé embarrassée. Oui, mais
pas tout de suite, car les conditions ne sont pas réunies : tel était
le sentiment du PS, rappelé par François Hollande.
« Avec l’entrée de la Turquie, l’Europe sera hétérogène et
s’affaiblira », avait affirmé François Bayrou au nom de l’Europe
chrétienne et fédérale. Le président du MPF, Philippe de Villiers,
avait sorti, au nom de l’identité de la France, un slogan « Non à la
Turquie » qu’il voulait faire breveter pour en garder l’exclusivité
sur ses affiches. Le Pen était opposé par le seul fait que 70
millions de musulmans auraient, d’un coup, accès à l’Europe.
Quant aux Verts, ils avaient été, de loin, les plus favorables. «
L’Europe, avait dit Gérard Onesta, vice-président du Parlement
européen, n’est pas un club chrétien. Elle compte d’ailleurs déjà
quinze millions de musulmans en son sein. En acceptant la Turquie, on
lui évite de sombrer dans le fondamentalisme, et on jette un pont. En
la rejetant, on revient à la politique stupide du bloc contre bloc. »
Une position réaffirmée hier par Daniel Cohn-Bendit, qui voit là une
occasion de tendre la main à un pays musulman, tout en l’obligeant à
devenir réellement démocratique.
La question turque reviendra sur le tapis d’ici quelques mois,
puisque la Commission européenne va remettre, en octobre, une
recommandation pour dire si le processus d’adhésion mérite d’être
engagé, et c’est le Conseil européen qui en décidera le 10 décembre.
Qu’on le veuille ou non, la candidature turque a été considérée comme
recevable au sommet d’Helsinki de 1999, alors qu’elle bénéficie,
depuis 1963, du statut de membre associé. Son adhésion à l’Otan ne
date pas d’hier : 1952.
Si l’on s’en tient à l’histoire, la Turquie s’est trouvée mêlée à la
nôtre. Le sultan a participé régulièrement aux renversements de
stratégies et aux partages du monde. François Ier n’a-t-il pas essayé
de s’allier avec le Soliman Ier le Magnifique pour contrarier
l’influence de Charles Quint ?
« On pourrait presque dire que l’Europe est enfant de la Turquie »,
remarque Denis Badré, dans son livre L’Attente d’Europe. « Saint Paul
nous a familiarisés avec Tarse, saint Nicolas était évêque de Myra,
en Lycie, et Thalès résidait à Milet. Nos enfants les croient
français, tant ils se sont approprié leur image. Nicée est connu
comme un concile que nous revendiquons comme nôtre. Grce à Homère,
la guerre de Troie fait partie de notre patrimoine culturel européen.
»
Pays musulman, la Turquie est devenue un État laïc quand Mustapha
Kemal a proclamé la République, le 29 octobre 1923. Il a alors aboli
le sultanat, mis fin à l’islam comme religion d’État et introduit
l’alphabet latin à la place des caractères arabes. Les femmes turques
ont eu le droit de vote en 1934, avant les Françaises !
La reconnaissance du génocidearménienen question
Pendant des dizaines d’années, la Turquie a servi de sentinelle de
l’Ouest face à l’empire soviétique. Elle a verrouillé la mer Noire.
Les États-Unis y ont installé des bases aériennes. La géographie
l’incline plutôt vers l’Asie, puisqu’elle n’a que 5 % de son
territoire en Europe. Mais c’est sur cette partie que s’est
développée Byzance, devenue, sous le nom de Constantinople, une
métropole européenne. Sainte-Sophie a été la plus grande église de la
chrétienté. Une tradition fait mourir la Vierge Marie à Éphèse.
Seulement, la Turquie soulève quelques difficultés. Forte aujourd’hui
de 70 millions d’habitants, elle pourrait en compter 85 millions en
2025, ce qui la ferait dépasser l’Allemagne. Si elle dispose d’un
système parlementaire multipartite, sa vie politique n’est pas encore
stabilisée.
En 1997, elle a eu un gouvernement islamiste qui a été démissionné
sous la pression de l’armée, considérée ici comme la gardienne d’une
laïcité qu’Atatürk lui a confiée. La répression contre les
nationalistes kurdes n’est pas encore éteinte. Et, surtout, il y a la
question de la non-reconnaissance du génocide arménien. Deux tiers de
ce peuple de l’Empire ottoman, en 1915 et 1916, ont subi un
anéantissement planifié.
« La Turquie s’en tient à un négationisme d’État », souligne
l’historien Yves Ternon, qui demande aux États de l’Union européenne
de se souvenir de cette exigence éthique. Si les Français ne sont que
39 % à être favorables à l’entrée de la Turquie dans l’Europe, ils
passeraient à 45 % s’il y avait reconnaissance de ce génocide.
Un jour viendra, peut-être, où la Turquie saura ne pas nier son passé
pour devenir un État musulman modéré, respectueux des libertés et des
droits humains. Elle répondrait alors à tous les critères et
deviendrait ce fameux pont avec l’Asie.
GRAPHIQUE: Image: Byzance, sous le nom de Constantinople, devait
devenir une métropole européenne.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Beaucoup de =?UNKNOWN?Q?r=E9formes?= restent =?UNKNOWN?B?4A==?=entre

La Nouvelle République du Centre Ouest
20 juillet 2004
Beaucoup de réformes restent à entreprendre
La Turquie, a estimé récemment un rapport du Parlement européen, a
fait beaucoup de progrès pour remplir les critères dits de
Copenhague, sur l’adhésion à l’Union européenne, mais beaucoup de
réformes sont encore à entreprendre pour arriver à un État de droit.
Les eurodéputés critiquent l’influence exagérée de l’armée dans la
vie quotidienne, le recours à la torture et aux mauvais traitements
par les policiers, la violence exercée sur les femmes, les
intimidations envers les défenseurs des droits de l’homme, les
discriminations à l’égard des autorités religieuses, le manque de
liberté syndicale, les discriminations contre les Kurdes, la
persécution des partis politiques comme HADEP et DEHAP.
La Turquie vient de montrer sa bonne volonté sur deux points. Le
Parlement européen s’était insurgé de la peine de quinze ans de
prison infligés à Leyla Zana, inculpée le 6 novembre 1992 pour s’être
exprimée en langue kurde lors de l’inauguration de l’Assemblée
nationale turque. Sous la pression, celle-ci vient d’être remise en
liberté, en compagnie de trois autres députés. La Cour de sécurité de
l’État a, par ailleurs, été abolie.
En outre, la Turquie avait été priée d’autoriser d’autres langues que
le turc dans l’enseignement et les médias, et en particulier le
kurde. Elle vient d’obtempérer. La télévision d’État TRT vient de
briser un tabou en lançant la diffusion de deux émissions en
kurmandji et zaza, deux dialectes kurdes. C’est un début. La
réouverture du séminaire orthodoxe chrétien Halki, fermé depuis 1972,
est aussi un signe de bonne volonté.
Le Parlement réclame également l’abandon du système prévoyant des
peines réduites pour « les crimes d’honneur », commis pour des
raisons liées à une coutume ou une tradition, soulignant que ceux-ci
devraient être considérés comme des meurtres au premier degré. Les
élus européens protestent contre l’utilisation de l’histoire comme
moyen d’inculquer à la jeunesse des sentiments de haine raciale.
S’agissant de la question arménienne, le Parlement européen n’insiste
pas trop, « compte tenu des sensibilités turques », mais lance un
avertissement à la suite d’une approche très partiale du problème
présenté dans les écoles. « Pourquoi, dit la résolution, la Turquie
gaspillerait-elle le soutien dont elle dispose actuellement au sein
de l’Union ? »
Il reste deux mois à ses dirigeants pour tenir les promesses de « la
mise aux normes ».
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress