Pour ou contre la Turquie dans l’Union?
par Demetz Jean-Michel
L’Express
31 mai 2004
La question divise les politiques et les citoyens de l’Europe. A
quelques jours d’un scrutin qui a relancé le débat, à quelques mois
de la décision des Vingt-Cinq sur l’ouverture de négociations avec
Ankara, L’Express propose des clefs pour comprendre. Sereinement
La Turquie a-t-elle vocation à entrer dans l’Union européenne?
Brutalement, l’échéance approchant, cette nouvelle question d’Orient
fait irruption dans le débat électoral. C’est en décembre, en effet,
que les Vingt-Cinq devront décider s’ils sont prêts à ouvrir un
calendrier de négociations pour l’adhésion du candidat turc. Une
perspective à l’horizon 2015-2020, hissée au rang de grande cause
nationale en Turquie, où l’actuel gouvernement, venu de l’islam
politique mais qui s’affirme converti à la laïcité, ne ménage pas
ses efforts pour réformer à marche forcée un modèle républicain
hérité d’Atatürk, plus proche de la démocratie autoritaire que de la
démocratie libérale. Les citoyens de l’Union européenne, eux, sont
divisés. Hostiles en Autriche et en France, réservés aux Pays-Bas et
en Allemagne. Souvent, ils ignorent que leurs dirigeants ont déjà admis
cette “vocation à rejoindre l’Union”, il y a cinq ans, à Helsinki. Les
droites française et allemande sont, en principe, contre, mais pas
les droites espagnole et italienne. La gauche est plus favorable,
sous réserve d’inventaire des progrès démocratiques, mais certaines
personnalités, comme l’ancien ministre des Affaires étrangères
(PS) Hubert Védrine, y sont opposées. Tony Blair, Gerhard Schröder,
Jacques Chirac, Silvio Berlusconi soutiennent cette candidature.
Pays charnière, entre Méditerranée et Asie centrale, terre composite,
avec des écarts de revenus de cinq à un entre la région d’Istanbul
et le Sud-Est anatolien, et une condition féminine inégale – “La
Turquie, c’est à la fois le Danemark et le Pakistan”, avait dit un
jour l’ancien président Demirel – la Turquie suscite les passions et
attise les peurs. Parce que le débat actuel, tel qu’il est engagé,
n’échappe pas à la mauvaise foi et renvoie à la source même du projet
européen, il convient d’examiner sereinement une candidature qui peut
être un risque comme une chance pour l’Union. Donner des clefs à ses
lecteurs pour mieux aborder ce dossier complexe, telle est l’ambition
de L’Express en présentant et analysant les éléments de la controverse.
La Turquie peut-elle invoquer la géographie pour revendiquer son
appartenance à l’Europe? Non, pour les opposants à la candidature
d’Ankara. “Le Bosphore ne coule pas au milieu de l’Anatolie”,
a tonné VGE. A leurs yeux, la Turquie d’Europe – la Thrace et la
rive nord d’Istanbul, 3% du territoire total (779 000 km2) mais
20% de la population (Istanbul compris), ne compte pas. En outre,
une Turquie dans l’Union repousserait notre frontière extérieure
jusqu’à celle de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, de l’Arménie et de
la Géorgie… Elle poserait la question des républiques du Caucase,
déjà membres du Conseil de l’Europe. “C’est comme si la France
demandait d’adhérer à l’Union africaine!” raille l’ancien ministre
Hubert Védrine. Et pourquoi pas aussi le Maghreb ou le Liban, où le
génie grec fait naître Europe? D’ici à un demi-siècle, “la vocation
de l’Union est de regrouper tous les territoires qui entourent les
rives de la Méditerranée”, plaide déjà Dominique Strauss-Kahn (PS)
dans un récent rapport remis à Romano Prodi. En feignant d’oublier
que le traité de Maastricht sur l’Union européenne précise, comme
auparavant le traité de Rome, que “tout Etat européen peut demander
à devenir membre de l’Union” (art. O). Ce qui qualifie, en droit,
la Turquie, même si les partisans de son adhésion préfèrent rappeler
que c’est le contrat sur les valeurs politiques communes qui fonde
la construction européenne.
La Turquie peut-elle invoquer l’Histoire? Pont physique entre
l’Europe et l’Asie, la Turquie occupe aussi ce rôle de carrefour
dans l’Histoire. Les civilisations ionienne et hellénistique se
sont épanouies sur les rivages du territoire actuel de la Turquie,
quinze siècles avant l’arrivée des premiers peuples turcs, comme
en témoignent, par exemple, les collections du musée archéologique
d’Antalya, complaisamment présentées au touriste sous l’étiquette d’
“antiquités turques”. Face au péril parthe, Rome fait régner la
paix de l’Empire sur une région déjà zone tampon. “Empire romain
d’Orient”, l’Empire byzantin revendiquera, jusqu’à son agonie,
cette filiation. Après la chute de Constantinople, en 1453, les
sultans ottomans prendront soin, à leur tour, de s’inscrire dans
la tradition du basileus. Mehmed II, “le Conquérant”, apprend la
philosophie grecque, envoie sa flotte recueillir les juifs expulsés
d’Espagne par les “Rois Catholiques”, commandite des artistes de la
Renaissance italienne comme Matteo de Pasti ou le médailliste Costanzo
di Ferrara. Ces mêmes tableaux, il est vrai, que son fils Bayezid
II vendra, en même temps qu’il fera recouvrir les fresques érotiques
peintes pour son père. L’islam s’installe à Constantinople. Pourtant,
ni Bayezid ni ses successeurs ne portent atteinte au cosmopolitisme de
la ville, où continuent à vivre Grecs, Arméniens, Vénitiens, Slaves. Et
les sultans, pour se prémunir contre d’éventuelles intrigues des
familles ottomanes rivales, prennent pour épouses des Balkaniques
ou des Italiennes, dont certaines influent sur la vie politique,
à l’égal d’une Catherine de Médicis. Leurs favoris seront albanais,
arméniens ou serbes. L’islam turc est influencé par les Lumières. A
la fin du XVIIIe siècle, les sultans sont tentés, eux aussi, par le
despotisme éclairé. Des officiers turcs sont envoyés en formation dans
la France de Louis XVI. Un mouvement de réformes, quoique timide, se
dessine, le Tanzimat. Le virage occidental s’accélère à la fin du XIXe
siècle avec les Jeunes-Turcs, qui, sous l’influence du positivisme
du Français Auguste Comte, laïcisent l’enseignement, au même moment
que la IIIe République. Mais c’est Mustafa Kemal Atatürk, fondateur
de la Turquie moderne, qui imprime le changement radical. Ce natif de
Salonique (aujourd’hui en Grèce) suit un principe: “La civilisation,
c’est l’Occident, le monde moderne dont la Turquie doit faire partie
si elle veut survivre” (cité dans La Turquie en Europe, de Turgut Ozal,
Plon). Le feutre remplace le fez. L’Etat devient totalement laïque. Le
dimanche se substitue au vendredi comme jour férié. L’alphabet arabe
est remplacé par l’alphabet latin. Le nouveau Code civil est calqué
sur celui de la Suisse. Il interdit la polygamie et la répudiation,
et consacre l’égalité juridique entre hommes et femmes, lesquelles,
dès 1934 – soit dix ans avant la France – ont le droit de vote.
Pendant toute l’époque ottomane, l’empire est un acteur du concert
européen. Au XIXe siècle ne le surnomme-t-on pas “l’homme malade
de l’Europe”? Les puissances chrétiennes peuvent faire front contre
lui – lors de la bataille navale de Lépante, en 1571 – ou l’intégrer
dans le jeu de l’équilibre continental (François Ier et l’alliance
avec Soliman contre les Habsbourg; la France et la Grande-Bretagne
pendant la guerre de Crimée contre la Russie). La Sublime Porte, dont
l’avancée est arrêtée sous les murs de Vienne, en 1683, est présente
dans l’Europe balkanique. Pendant quatre siècles. Dans toute la région,
la cuisine ou la musique sont marquées par cette influence turque.
L’Europe doit-elle être un “club chrétien”? L’expression est de
l’ancien chancelier Helmut Kohl. Pour le chrétien-démocrate Jean-Louis
Bourlanges, “l’identité européenne est née de la conjonction des
héritages judéo-chrétien et gréco-romain” – ce qui exclut les
terres d’islam. Le caractère musulman de la population turque fait
peur. S’il faut en croire Alexandre del Valle, La Turquie dans l’Europe
(ed. des Syrtes), cela en fait rien de moins qu’ “un cheval de Troie
islamiste”. La stratégie proeuropéenne des actuels dirigeants d’Ankara,
issus du courant islamiste, viserait, selon lui, à “subvertir les
valeurs occidentales et à pénétrer l’Union européenne pour mieux mettre
fin à l’expérience d’essence occidentale et européenne par excellence
que fut le kémalisme”. A l’appui de cette thèse, une mesure récente
comme le vote d’une loi, ce mois-ci, levant les restrictions pesant
jusqu’alors sur l’accès à l’université des élèves diplômés des lycées
religieux (imam hatip), soupçonnés par une large partie de l’opinion
et par l’armée d’être un vivier de futurs cadres islamistes destinés
à noyauter l’appareil d’Etat. Ou la volonté affichée du gouvernement
d’autoriser le port du foulard islamique à l’université et dans la
fonction publique – vue sur place comme une liberté de choix souhaitée
par 2 Turcs sur 3, selon les sondages.
Les partisans de l’adhésion rappellent, eux, que l’Europe compte déjà
en son sein 12 millions de citoyens de confession musulmane, “plus que
les Belges et autant que les Hollandais”, selon le mot de l’eurodéputé
Daniel Cohn-Bendit. Et que, sur le continent, deux pays, la Bosnie
et l’Albanie, ont une population à majorité musulmane. A l’heure où
Al-Qaeda tente de mobiliser la rue musulmane contre l’Occident, Jacques
Chirac, partisan, “par conviction profonde”, de l’adhésion, souligne
un point indiscutable: “Refuser, pour des raisons d’ordre ethnique
ou religieux, la Turquie serait faire le jeu de ceux qui prônent le
choc des civilisations.” L’Europe ne pourra gagner sa lutte contre le
terrorisme islamiste sans allié dans le monde musulman. “Sans être un
modèle, une Turquie dans l’Union aidera à la contagion des idées et
valeurs démocratiques dans l’espace arabe”, estime le député allemand
(Verts) Cem Ozdemir, d’origine turque. Comme un cheval de Troie de
l’Occident, en somme…
Au coeur du débat, une question ouverte: savoir si l’islam des
Turcs – qui boivent du vin et dont la composante alévie refuse
une interprétation littérale du Coran – a véritablement réusi sa
sécularisation, comme, en son temps (et ce n’est pas si ancien),
le protestantisme, puis le catholicisme. Si oui, les actuels
dirigeants politiques turcs, qui se présentent comme des “démocrates
conservateurs” héritiers d’un mouvement réformiste lancé voilà deux
siècles, seraient alors à l’islam ce que les chrétiens-démocrates
sont au christianisme. La laïcité turque, l’alliée naturelle de la
république française. Et l’islam, réconcilié avec la démocratie.
Sinon, cette mue ne serait qu’un vernis qui pourrait, demain, si
l’armée, gardienne de la laïcité, relâchait son contrôle, s’écailler
sous le grattoir d’un islam rigoriste prêt à la régression.
La Turquie est-elle une démocratie? C’est le point sur lequel devra
se prononcer la Commission européenne, cet automne, en vérifiant
si Ankara respecte ou non les “critères de Copenhague” édictés
en 1993: stabilité des institutions démocratiques, Etat de droit,
respect des droits de l’homme, protection des minorités. Longtemps
la Turquie fut une démocratie sous surveillance, sous la tutelle du
pouvoir militaire – pilier de l’ “Etat profond”. Face au chaos né
du choc des extrêmes de droite et de gauche, les généraux, à la tête
d’une armée de 650 000 soldats, n’hésitaient pas à faire sortir les
chars, comme, dernièrement, en 1980. Ou à donner un coup d’arrêt à un
gouvernement islamiste, conformément au principe de laïcité affirmé
dans la Constitution. La dernière fois, c’était en 1997, le Conseil
de sécurité nationale rendait public, au nom de la défense de la
laïcité, un mémorandum en dix-huit points devant lequel s’inclinait
le gouvernement du Premier ministre islamiste Erbakan.
Cette période-là est-elle révolue? A coups de paquets de réformes
adoptées depuis trois ans par le Parlement, les institutions turques
connaissent, à un rythme soutenu, un sacré nettoyage qui bluffe même
les sceptiques. Un Programme national pour la reprise de l’acquis
communautaire a été élaboré. La Constitution a été amendée: les
libertés publiques (liberté de la presse, liberté d’association,
liberté d’expression, droits des inculpés et des détenus) y sont
renforcées. L’usage de la langue kurde (prénoms kurdes, radios et
télévisions kurdes) devient autorisé. Les traités internationaux
l’emportent désormais sur la loi turque en cas de contradiction. Le
débat public s’ouvre doucement, qu’il s’agisse du rôle de l’armée ou
de la question arménienne. La peine de mort – plus appliquée depuis
1984 – a été abolie. Le carcan policier est desserré. L’heure est à la
tolérance zéro à l’égard de la torture. Les pouvoirs des militaires
ont été réduits au Conseil national de sécurité, comme ils devraient
l’être, ces jours-ci, dans un huitième paquet, au sein d’institutions
où les centurions siégeaient, tels le Conseil de l’audiovisuel
ou le Conseil de l’éducation. Une procédure pénale ordinaire se
substitue aux cours de sûreté de l’Etat. Si cette révision des textes
s’avérait insuffisante, le ministre turc des Affaires étrangères a
déjà prévu de rencontrer, en juin, à Bruxelles, le commissaire chargé
de l’Elargissement, Günter Verheugen, pour lui demander d’indiquer
les carences et oublis éventuels. La Grande Assemblée nationale – le
Parlement turc – siégera tout l’été pour voter les dernières révisions.
Il y a les textes et il y a la pratique. C’est l’écueil principal.
Comment convaincre une administration conservatrice de s’adapter au
changement? Comment s’assurer que la police, le système pénitentiaire,
la justice appliqueront vite les nouvelles règles? Et sur l’intégralité
du territoire, à Istanbul comme en Anatolie orientale? Il est permis
de douter.
Cet automne, Bruxelles tranchera donc, avec un “rapport approfondi,
équitable et objectif, a assuré le commissaire Verheugen. Tout dépendra
des capacités propres de la Turquie à appliquer en droit et en fait”
les critères démocratiques. Conscients des lacunes possibles, les
diplomates turcs cherchent déjà une échappatoire en soulignant
que la Commission, en avril, a donné son feu vert à l’ouverture
de négociations avec la Croatie, tout en reconnaissant que, si les
critères de Copenhague n’étaient pas pleinement respectés, le “seuil
critique” était atteint…
Les Turcs sont-ils trop nombreux? Aujourd’hui, ils sont près de 70
millions. D’ici à deux décennies, la population pourrait se stabiliser
entre 85 et 100 millions, selon les experts. L’Allemande Angela Merkel,
l’enfant chérie de la CDU, opposante déclarée à la candidature turque,
s’alarme du poids politique qui en découlerait: “100 députés turcs
au Parlement européen! Cette vague conservatrice changerait le
débat en profondeur.” Une large part de l’opinion allemande craint
une immigration massive. En écho, un autre sceptique, l’eurodéputé
britannique (conservateur) James Elles, soulève un ultime argument:
“A 25, on va déjà avoir du mal. Il nous faut du temps pour digérer
cet élargissement, ou bien le système implose!”
Les Turcs sont-ils trop pauvres? Selon le PIB par habitant, la Turquie
est au niveau de la Bulgarie et de la Roumanie, soit un tiers de
la moyenne européenne. Son économie souterraine – le marché noir
– est hors de proportions (de 40 à 60% du PIB) pour une économie
développée. La corruption y est répandue. Près de la moitié des
femmes, dans l’Est, sont encore analphabètes. La structure bancaire
est fragile. Au Tusiad, le syndicat patronal turc, en pointe dans le
combat pour l’adhésion, nul ne nie les faits. Mais on souligne que la
18e économie mondiale (selon la Banque mondiale), à la différence de
huit des nouveaux membres de l’Union, a une expérience du marché. En
proie, dans la dernière décennie, à une crise de confiance et à
l’hyperinflation, l’économie n’a certes connu, dans les années 1990,
qu’une croissance moyenne de 2,5% par an, en moyenne. Mais, depuis
deux ans, grâce aux réformes structurelles demandées par le FMI et
la Banque mondiale, et au virage libéral négocié par les autorités,
l’inflation a été endiguée autour de 10%, la livre turque stabilisée
et le pays a repris un rythme de croissance de 5 à 6% par an qui
pourrait correspondre à son potentiel de croissance à moyen, voire
à long terme. Ce qui en fait un marché émergent des plus séduisants.
Les entreprises européennes le savent bien qui ont profité de l’union
douanière – libre circulation des produits industriels sans taxes ni
quotas – réalisée en 1996, pour se lancer à l’assaut d’une économie
dont le PNB représente 40% de celui des dix nouveaux membres de
l’Union. En 2003, les entreprises des Vingt-Cinq ont vendu pour
28 milliards d’euros de biens et de services. Même si plus des
deux tiers des investissements étrangers en Turquie viennent de
l’Europe des Vingt-Cinq, ceux-ci restent limités – au total, trois
fois moins que ce qui a été investi en Pologne. Dès le début des
négociations, ils pourraient doubler, à en croire une étude de
l’université d’Amsterdam. Or cette manne est indispensable pour
donner du travail à une main-d’oeuvre pléthorique (pour un tiers,
encore, dans l’agriculture). A contrario, ce réservoir de population
en âge de travailler pourrait satisfaire les besoins d’une Europe
développée dont la population active va, très bientôt, commencer à
baisser. A long terme, 2,7 millions de Turcs pourraient, selon une
étude du bureau central du plan du ministère de l’Economie des Pays-Bas
(CPB), s’installer durablement en Europe de l’Ouest, principalement
en Allemagne. Ils s’ajouteraient aux 3,7 millions déjà dans l’Union.
Les opposants s’inquiètent du coût d’une adhésion turque. Pays
relativement pauvre, alourdi par un secteur agricole important, la
Turquie serait, dans les conditions actuelles, un bénéficiaire net de
l’aide européenne: pour 14 milliards d’euros par an, selon l’Osteuropa
Institute, à Munich, dont 2,5 à la seule charge de l’Allemagne; pour
8 milliards d’euros par an, d’après le CPB. Mais qui peut dire si,
dans vingt ans, le chéquier de l’Union sera aussi généreusement ouvert?
“La Turquie dans l’Europe, c’est la fin de l’Europe”… C’est
la sombre prophétie de Giscard. Pour bon nombre de fédéralistes,
l’Europe ainsi élargie serait réduite à n’être qu’un vaste marché
privé d’ambition politique et d’institutions en état de fonctionner.
“Plus l’Europe sera hétérogène, plus elle sera faible”, assure le
député UMP Pierre Lequiller. Ce serait l’objectif poursuivi par les
Anglo-Américains, fervents soutiens de l’entrée de la Turquie –
la fin de l’ “Europe puissance”. Les partisans de la candidature
d’Ankara affirment que, au contraire, une Europe étendue jusqu’au
Proche-Orient serait contrainte d’assumer ses responsabilités
face au défi politique de l’islam arabe et pèserait davantage dans
ces deux zones stratégiques riches en pétrole et en gaz que sont
le Moyen-Orient et la Caspienne. Déjà membre de l’Otan, l’allié
turc serait un atout maître. “Face à l’accélération de l’Histoire,
l’Europe doit se transformer en entité globale, avance Ahmet Davutoglu,
conseiller du Premier ministre turc. La voici face au double choix
du multiculturalisme et du lien stratégique à nouer avec l’Asie.”
Faut-il, en préalable, arracher à Ankara la reconnaissance du “génocide
arménien”? C’est le souhait des associations arméniennes, choquées
par ce “”négationnisme actif”. Jacques Chirac s’y refuse, renvoyant
maladroitement aux “querelles du passé”. La pratique communautaire
n’exige rien de tel. Pour la partie turque, c’est à une commission
internationale d’historiens d’arbitrer sur le statut à donner aux
massacres de 1915.
Peut-on dire non à l’ouverture d’un calendrier de négociations? C’est
ce que décideront les Vingt-Cinq en décembre, après avoir pris
connaissance du rapport de la Commission sur la situation de
la Turquie. Si le feu vert est donné par Bruxelles, il paraît
politiquement difficile de répondre par la négative au regard des
engagements pris dans le passé. Le 12 septembre 1963, la Turquie
reçoit le statut d’associée à la Communauté européenne, lequel prévoit
déjà comme finalité son adhésion (à la différence des accords conclus
avec la Tunisie et le Maroc en 1969) et la mise en place d’une union
douanière finalement achevée le 1er janvier 1996. Ankara dépose en
1987 sa demande d’adhésion, formellement reconnue par le Conseil
européen d’Helsinki en décembre 1999. Le Conseil de Copenhague, en
décembre 2002, décide que les négociations d’adhésion commenceront,
sans délai, en décembre 2004 si les critères politiques sont remplis.
Si les négociations s’ouvraient en 2005, serait-il possible de les
arrêter à tout moment? En principe, oui. Si les autorités turques
jugeaient exorbitantes les conditions posées par Bruxelles ou si la
Commission constatait une régression démocratique, tout s’arrêterait.
Les négociations, en tout cas, prendront des années, au terme
desquelles une période d’attente sera, en outre, nécessaire pour
digérer l’acquis communautaire et adapter les prix agricoles. Et il
faudra que tous les membres de l’Union ratifient cette entrée. Or
l’opinion publique, en France et en Autriche, est aujourd’hui
majoritairement hostile. Il suffirait d’un seul refus, par un
Parlement ou à l’issue d’un référendum national, pour tout bloquer.
L’horizon d’une éventuelle entrée de la Turquie dans l’Union serait
celui des années 2015-2020. “A quoi ressemblera le monde dans ces
années-là?” s’interroge le commissaire européen Pascal Lamy. Dire oui
à la Turquie aujourd’hui serait ne pas insulter l’avenir et se garder
une marge pour faire machine arrière si nécessaire. L’eurodéputé
James Elles est plus inquiet: “Les Turcs sont mus par une telle
détermination qu’ils ne cesseront de pousser à la roue…”
In fine, qu’est-ce qui est le plus risqué pour l’Europe: accepter la
candidature turque ou la refuser? Diplomates et experts turcs n’en
font nul mystère, au risque de passer pour des maîtres chanteurs. Si
l’Europe dit non, la déception sera telle qu’elle ne pourra compter
sur le même zèle de la part d’Ankara pour contrôler les routes de la
drogue et de l’immigration clandestine qui passent par son territoire
vers les nôtres. Sans parler de la lutte antiterroriste. A nuancer.
Il n’y a pas de plan de rechange et les élites turques savent bien,
quoi qu’elles en disent, que l’avenir de leur pays est lié, sous
une forme ou une autre, à celui de l’Europe. Mais, en disant non,
on renforcerait l’islamisme et l’extrême droite nationaliste. “Parce
que le pays est dans une période de transition démocratique, un
non de l’Europe serait une catastrophe économique et politique”,
prédit l’homme d’affaires Can Paker (Henkel Turquie). Il est
prêt à attendre la date d’entrée: “La route de l’adhésion est plus
importante que l’adhésion elle-même.” La perspective européenne sert
aujourd’hui, comme hier en Espagne et au Portugal, d’aiguillon à la
démocratisation. Et, sur le modèle franco-allemand, à la réconciliation
historique avec le vieil ennemi grec.
“Une Turquie stabilisée, rassérénée et démocratique”, c’est notre
“assurance-vie”, résume Michel Rocard. Au sein de l’Union? Ou à côté,
comme le préconise (voir page 124), sans préciser comment, Philippe
de Villiers? Réponse en décembre.
Post-scriptum Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan,
est invité par George W. Bush à participer, le 9 juin, au prochain
sommet du G 8, qui se tiendra à Sea Island (Géorgie), pour examiner
comment réformer politiquement, économiquement et socialement “le
Grand Moyen-Orient et l’Afrique du Nord”.
Category: News
Those dark, soulful eyes
Those dark, soulful eyes
The Age
Australia
May 29, 2004
Melbourne writer Carole Browne remembers a charmed moment with
Charles Aznavour.
The promoter was horrified at the question. “No, he won’t agree.”
“But surely I can ask him?” I replied.
“It’s a waste of time. You know he never touches women in public.”
It was 1976 in Melbourne. The man we were talking about interrupted
the exchange, which involved an introduction to a TV interview. He
was short, craggy and dressed in brown; brown jacket, brown trousers
and brown-striped shirt.
Even his thinning hair and long sideburns were brown.
An ordinary-looking man, until he smiled and spoke. The voice was
soft and accented, his face crinkled in an elfin grin.
Quickly I asked: “Monsieur, before the interview, I’d like us to
slowly dance for the camera. What do you think?”
A pause, a frown, a Gallic shrug and then a smile as he agreed. I
gently turned his back to the camera and danced, in a fashion, with
the man adored by millions of women, Charles Aznavour.
As we were the same height, around 162cm, it was easy to address the
camera across his shoulder. He then turned to thefront on the final
words, so ladies eat your hearts out.
Aznavour was then 52 and had that undeniable something, a
sexiness. During the interview, it was more than pleasant looking
into dark, soulful eyes or being aware of his sensuous mouth. His eyes
widened under bushy raised eyebrows when confiding that away from the
stage he loved simple things: shopping, cooking or just doing nothing
at home. Coyly he said he had learned to work with his hands. So
he was a handyman? He chuckled that, well, he could change a fuse.
Those expressive hands were never still, pointing or emphasising words.
Discussing early struggles, his censored songs and connection with
Edith Piaf, he became sombre. More than once he stressed that even
having known poverty as a child, his family had been very loving;
very different to Piaf’s life. Two years later, Charles Aznavour was
again in Melbourne. He looked happier and younger than before. His hair
was short and thicker, with just a hint of grey. No brown clothes ths
time. Instead, he wore a navy sweater with sailing pennants. He said
was going to be a sailor. He waxed lyrical about riding motorcycles
with his children down to a harbour and cruising in a small motorboat
he intended to buy. They lived close to Lake Geneva and he wanted to
visit cafes around the lake to sit, drink coffee and meet people.
When complimented on how healthy he looked, he was animated, raving
about his new saltwater spa bath.
>>From his mid-20s he had had arthritis and rheumatism. For years
he had felt like an old man. Grinning again, he sat back relaxed,
arms out wide, saying he had been cured and felt great.
Talking about his composition, Yesterday When I Was Young, I asked
if he would like his youth back again. No, he felt that life was not
long enough for him and it would not be interesting to step back and
do it again. No, he would much prefer to have a longer life with 20
more years to live.
Then he was only 54. Recently he turned 80. Happy Birthday – Bon
Anniversaire – Charles Aznavour.
Carole Browne worked for channels Nine and Ten in the 1970s.
This story was found at:
Students Stand Trial For Spreading Leaflets
STUDENTS STAND TRIAL FOR SPREADING LEAFLETS
A1 Plus | 19:38:11 | 31-05-2004 | Politics |
Students Harutyun Alaverdyan’s and Hakob Hakobyan’s trial started
Monday at the Center, Nork-Marash first instance court. They are
charged with insulting policemen.
Prosecutor Aram Lazarian says these two young men were fastening
leaflets demanding to release Edgar Arakelyan, who has been arrested
for striking a policeman with empty plastic bottle during the police’s
notorious attack on demonstrators on April 13. The prosecutor says
the police demanded the students to stop doing that but were insulted
in response.
Co-defendants’ lawyers requested a short break, and the session was
interrupted for 20 minutes.
STUDENTS FINED
A1 Plus | 19:52:17 | 31-05-2004 | Politics |
The court has already completed the session.
Two students charged with defying law enforcement officers’ order
and insulting them were fined 1,000 and 1,500 drams.
PACE Demands Remain Ignored
PACE DEMANDS REMAIN IGNORED
A1 Plus | 00:37:03 | 01-06-2004 | Politics |
Ardarutyun opposition bloc issued a statement saying the authorities
hadn’t complied with PACE demands.
“The police continue to take people in custody, new arrests are
recorded and the persons detained for participation in rallies remain
behind bars. No transparent and reliable investigation has been
launched into the case of violence against rallies participants. No
amendments have been made to Administrative Offences Code. Healthy
environment for media outlets’ activity hasn’t been created. Ashtarak
TV Company has been prevented from broadcasting instead. National
Unity, Republic parties and People Party property seized April 12
night hasn’t been given back”, the statement says.
Trees To Be Counted
TREES TO BE COUNTED
A1 Plus | 17:29:01 | 31-05-2004 | Politics |
Chief of Yerevan Municipality’s Environment Department Roman
Kosemyan said Monday the department had launched a campaign in a
bid to preserve green areas in Armenian capital. First of all, the
municipality officials embarked on measuring green areas and counting
trees in Yerevan.
In his words, in 1986 the capital’s green plantations covered more
than 1,200 hectares. Journalists say now only 500 hectares are covered
by green plantations.
New Union Created In Armenia
NEW UNION CREATED IN ARMENIA
A1 Plus | 18:29:33 | 31-05-2004 | Politics |
Eleven Armenian organizations functioning in public services area
have united to protect utilities consumers’ interests with joint
efforts. The newly created union intends to establish close ties with
Utilities Regulations Commission and cooperate with it.
The union will be functioning as advice-giving structure. The most
common are gasification-related complaints, the union activists
say. Complainants say shadow dealing is accompanying gasification
works.
Hundreds Rally Against Alleged Arson
New University, University of California, Irvine
May 31 2004
Hundreds Rally Against Alleged Arson
Speakers denounce the burning of an anti-Zionist cardboard wall and
promise that free speech will prevail at UCI.
by: Ben Ritter
Rob Oandasan
Rob oandasan | New University Students from various groups walk
around Ring Road to support the Society of Arab Students a week after
their cardboard wall was destroyed.
About 200 students and other concerned community members gathered
on the steps outside of the Administration Building on May 27 to
demonstrate unity against hate crimes, centering on the destruction
on May 21 of a cardboard wall constructed by the Society of Arab
Students to dramatize heightened Israeli-Palestinian relations.
The crowd gathered under a yellow banner that read “Hate crimes
and racism will not silence us!” Many demonstrators wore armbands
made from caution tape while others held signs with slogans such as
“Obliterate the hate,” “Hate is not the answer” and “Say no to hate.”
Osama Abuljebain, president of SAS, was the first to speak against
hate crimes on campus.
“The Society of Arab Students is firm on working towards ending hate
crimes against Arabs and Muslims and all other fellow Americans
suffering from such crimes here on campus and in our community,”
Abuljebain said.
Manuel Gomez, vice chancellor of student affairs, spoke of his own
outrage against the destruction of the wall, which he called “an act
of intimidation against the principles of our entire community.”
Gomez also stressed the administration’s commitment to maintaining
an atmosphere conducive to the free exchange of ideas.
“When I receive pleas and letters to shut down student demonstrations
on the campus, I continuously defend our community,” Gomez said. “I
believe that there is no better environment than a university in
which we are having these kinds of conversations and discussions.”
Gomez advised that students should band together despite their
differences when faced with such an attack on free expression.
“It is during times like this that we all put aside our political
differences to respect the liberties of free expression without
intimidation,” Gomez said. Speakers from other community organizations
also expressed their support of campus free speech efforts.
Preston Wood, from Act Now to Stop War and End Racism Coalition said
that the destruction of the wall was a manifestation of bigotry that
must be sought out and destroyed wherever it exists in the world.
“The violent destruction of the wall is just another demonstration
of bigotry gone wild, and it needs to be responded to,” Wood said.
Nader Abuljebain, representing the American-Arab Anti-Discrimination
Committee, expressed gratitude to the administration for their
investigation of the crime.
“We appreciate the efforts that are being done by the UCI
administration to investigate this crime and to denounce the arson
attack as a hate crime because it sends a clear message to our
students and community that the university cares about the safety
and the welfare of its students,” Abuljebain said.
Representatives of other student organizations including the Armenian
Student Association, the Muslim Student Union, MEChA and ASUCI also
pledged support for the SASs advocation of free political expression
on campus.
Some students attended the rally because they had felt personally
threatened by the crime that had been committed.
“We’re out here to protest against hate,” said Layla Shaikley, a
first-year undecided/undeclared major. “As a member of the Muslim
Student Union, part of the foundation of my religion is peace. As
a member of the Society of Arab Students, there is no way that I am
going to stand for being threatened because of my ethnicity.”
One campus group, however, felt unwelcome at the rally. According
to Anteaters for Israel they were turned away by the SAS when they
wished to show their support.
“Last Monday, news cameras were on campus covering the burning of
the wall and interviewing members of the Society of Arab Students,”
said Larry Mahler, President of Alpha Epsilon Pi and a member of
Anteaters for Israel. “I approached some of the students and expressed
my sympathy, because similar things had happened to our group in the
past, like the defacing of our Holocaust memorial last year. I said
that Anteaters for Israel would be more than happy to support them
in the free speech rally that they had planned.”
Despite their will to support the organization, SAS declined their
request.
Mahler said that the rejection of his group’s support, which he
attributes to differences in political opinions between the two groups,
was like “a slap in the face.”
“Although we have disagreed politically with the Society of Arab
Students, here is a time when we should support each other,” Mahler
said. “Free speech and opposition to the destruction of property is
one thing that we should agree upon … A lot of other organizations
were represented at the rally. It would have been nice to be a part
of the rest of the community and not to be excluded.”
Vanessa Zuabi, vice president of the SAS responded by saying that
they didn’t want AFI at the rally because they did not want to turn
the rally into a political issue.
“We didn’t want to make the rally political in any way shape or form.
We didn’t want the issue of Palestine and Israel to overshadow what
we were really there for which was to stand against hate. We didn’t
want any other issue to overshadow it,” Zuabi said.
According to Zuabi, the Model United Nations will be organizing
dialogue between certain Arab and Israelis students in the next week.
“You automatically create these boundaries when you come in as
representatives of an organization. It’s better to come into the
discussion as an individual,” Zuabi said.
Russian Vneshtorgbank Continues Transcaucasian Expansion
Russian Vneshtorgbank Continues Transcaucasian Expansion
MOSNEWS, Russia
May 31 2004
One of Russia’s leading universal banks Vneshtrogbank has reached a
principal agreement with the United Georgian Bank over the purchase
of latter’s controlling shares. The information was published on the
bank’s official web site on May 28. The agreement was reached during
a visit of Vneshtorgbank’s delegation to Georgia. The details of the
deal are not reported.
“The purchase of shares of the Georgian bank will promote the
implementation of the Vneshtorgbank strategy, which envisages the
development of its network in the CIS [Commonwealth of Independent
States] countries,” the news release, issued by the VneshTorgBank
reads. First Deputy Chairman of Russian bank Vladimir Levin said that
Vneshtorgbank sees “the banking services’ markets in CIS countries
as having a lot of potential”.
As MosNews reported in March, Vneshtorgbank already purchased a 70
percent stake in Armenian Savings Bank and announced then that it
plans to enter the retail business of providing banking services to
regular citizens. Acquisition of United Georgian Bank signals the
seriousness of Vneshtorgbank’s intentions “to occupy the market niche
of main clearing bank in the CIS countries”.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Armenian experts oppose Russian military presence
Armenian experts oppose Russian military presence
Pravda, Russia / Rosbalt
May 31 2004
The European Union and the Council of Europe promote Armenian
independence. According to data gathered in a survey of experts by the
Armenian Center for Strategic and National Research, 72% of experts
support this view. At the same time, 56% of those surveyed believe
that Russia limits Armenian independence.
6% see the US and the World Bank as limiting Armenian independence,
and 4% believe the same about Turkey. 66% of experts were confident
that in the next 10-12 years Armenia will become a member of NATO,
with 28% confident that they will not. 6% had difficulty answering
this question. The presence of Russian military bases on Armenian
territory was welcomed by only 18% of the experts who thought that
the bases provide a guarantee of safety for the country. At the same
time, 76% of those surveyed were opposed to Russian forces in Armenia,
and 6% had difficulty answering this question.
Of the 50 experts who participated in the survey, 30% were affiliated
with government organizations and 70% with non-governmental
organizations.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Armenian nuclear plant to stop for repairs on June 15
Armenian nuclear plant to stop for repairs on June 15
Interfax
May 31 2004
Yerevan. (Interfax) – Armenian Nuclear Power Plant, which is managed
by ZAO Inter RAO UES is to halt operations on June 15, 2004 for
maintenance and for fuel to be loaded, plant General Director Garik
Markosyan told Interfax.
He said that the work will take 65 days, during which major repairs
will be carried out to the reactor after the fuel is loaded, and to
two turbines in the second power-producing unit.
The general director said that this year the U.S. has already paid out
$4 million to increase safety at the plant. As regards the European
Union, the amount of financial aid will be agreed in Brussels this
summer, he said.
Markosyan said the plant produced 1.1 billion kWh of electricity from
the start of the year until May 30. The plant produced 1.9 billion
kWh of electricity in 2003, which is 36% of total energy production
in the republic.
Armenian Nuclear Power Plant was transferred to ZAO Inter RAO UES
in September last year. Inter RAO UES is an electricity export and
import operator on energy markets in Russia and abroad. The company is
a subsidiary of UES of Russia (60% of shares) and Rosenergoatom (40%).