Category: 2019
Azerbaijani Press: The Armenians in Georgia are ready to demand dismantling of a monument to the national hero of Azerbaijan
Baku / 09.02.19 / Turan: The Armenians of Georgia made a response statement after Friday's rally of local Azerbaijanis in Tbilisi protesting against the installation of a bust to terrorist Avagian in Georgia"s Armenian village of Bugashen.
Avagyan fought in Karabakh and was involved in the killings of Azerbaijani civilians.
"Recently, the Azerbaijani community has raised a lot of noise around the installation and renovation of the monument to the native of the village of Bugashen, Mikhail Avagyan. If the installation of a monument to a native of this village can make such a noise, then we demand that the national hero of Azerbaijan Jalil Safarov, who is a member of the Karabakh war, be dismantled in the village of Lezhbadin (Marneuli), the text of the statement by Rusarminfo cites.
Jalil Safarov served in the Azerbaijani army as a career officer. At the age of 30 he died heroically in the defense of the village of Turshsu near the town of Shusha on May 15, 1992, he was posthumously awarded the title of Hero of Azerbaijan. His monument was erected in his native village Lezhbaddin n in the Marneuly region of Georgia.
Official Tbilisi keeps silence. Georgian public figures made various and contradictory statements.
The Azerbaijani Foreign Ministry made a sharp statement about the inadmissibility of installing a bust on the territory of a friendly state to a member of illegal armed groups who fought on the territory of Azerbaijan. – 0-
Un centre culturel pour les Arméniens du canton de Neuchâtel
Traditions Conserver et transmettre la culture arménienne: c’est le but poursuivi par le centre qui s’est ouvert en ce dimanche à Neuchâtel.
Les Arméniens du canton de Neuchâtel, soit une trentaine de familles, disposent désormais d’un centre culturel. Il a été inauguré, en ce dimanche après-midi, dans la chapelle de la Maladière, à Neuchâtel (la religion et la spiritualité jouent un grand rôle dans la culture arménienne).
Ce centre, qui espère attirer également les Arméniens des régions voisines (et même tous ceux que cela intéresse), a pour but de conserver et de transmettre la culture arménienne: valeurs, traditions, langue, littérature, histoire, musique, danse, etc. Il a été mis sur pied, principalement, par Asatour Bedikian et Tatev Babayan.
L’Arménie, qui compte 3 millions d’habitants, est située dans la région du Caucase, entre la Turquie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Iran.
Issy-les-Moulineaux, village arménien depuis 1920
Dressée discrètement sur les hauteurs d’Issy-les-Moulineaux, l’école primaire arménienne Hamaskaïne-Tarkmantchatz accueille aujourd’hui 105 élèves. Ce sont pour la plupart les arrières arrières petits enfants d’Arméniens venus se réfugier en France après le génocide perpétré à partir d’avril 1915.
Ici, la communauté est présente depuis cinq générations, et compte entre 6 000 et 6 500 personnes. Ce qui en fait l’une des communautés arméniennes les plus importantes d’Ile-de-France, avec Alfortville (Val-de-Marne). Alors l’annonce, mardi soir par Emmanuel Macron, de la création d’une journée nationale de commémoration du génocide arménien, le 24 avril, réjouit ce véritable village dans la ville.
« Ici la communauté Arménienne est très active et soudée, commente le père Avedis Balekiann, à la tête de l’Eglise apostolique depuis dix ans. Elle salue la décision d’Emmanuel Macron qui a touché le cœur de tous les compatriotes ».
Issy-les-Moulineaux, mercredi 6 février 2019. Le père Avedis Balekian est l’archiprêtre de l’église apostolique arménienne qui compte pas moins de 25 000 fidèles. LP/Marjorie Lenhardt
Pour le président de l’école bilingue des Hauts d’Issy, c’est aussi une décision très positive : « Cela nous valorise en tant que Français, et c’est un message fort aux négationnistes de tous bords », réagit Stéphane Aslanian, 56 ans. Son grand-père est arrivé à Issy-les-Moulineaux en 1923, avec un groupe de 10 000 Arméniens dirigés directement par les autorités françaises. A cette époque là, il n’était pas question de devoir de mémoire, mais d’intégration avant tout.
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D’après la sociologue isséenne Martine Hovanessian, « c’est entre 1920 et 1936 que les besoins en main-d’œuvre des industries lourdes ont canalisé l’afflux des réfugiés arméniens vers Issy-les-Moulineaux »*. Ils travaillaient à la cartoucherie Gévelot, chez Renault, Citroën, aux peintures Lefranc et dans la société Chausson.
Comme de nombreux Arméniens arrivés dans ces années-là, le grand-père de Stéphane s’est installé rue de la Défense, à deux rues de l’école. Mais la plupart vivaient d’abord sur l’île Saint-Germain dans des maisons souvent insalubres.
Dans les années 1930, avec la crise, ces ouvriers se sont pour beaucoup reconvertis dans le commerce de textile et de cordonnerie, ce qui a contribué à leur enrichissement.
A partir de là, ils ont commencé à construire de petits pavillons sur les hauteurs de la ville et près de la gare de Clamart. En 1973, ils font construire une Eglise apostolique qui compte aujourd’hui 25 000 fidèles, puis une Eglise évangélique en 1978, dans la même rue.
« C’est un véritable quartier arménien qui s’est formé et qui reconstitue un village avec son église, son école et des associations, souligne André Santini, maire (UDI), particulièrement fier de la bonne intégration de cette communauté dans la ville.
Aujourd’hui, il existe 12 structures, dont la maison de la culture arménienne et l’association de la Croix Bleue de France. Des points d’animation qui draînent « pas moins de 30 000 Altoséquanais d’origine arménienne », estime l’adjoint en charge de la communauté arménienne, Arthur Khandjian. « Pour moi, c’est même la communauté la plus importante de France pour son activisme, ses instances religieuses et son école », insiste-t-il.
L’école et l’Eglise constituent en effet les deux piliers de la communauté, autour desquelles gravitent les associations et les habitants. Lorsque l’école a été fondée en 1996, notamment par le père de l’actuel président, elle répondait au besoin d’une communauté grandissante avec les nouvelles vagues d’immigrations dans les années 1980. « Moi je suis arrivé en 1982 de Turquie, et mes trois enfants ont été scolarisés dans cette école », raconte Yervant, 55 ans, de la petite épicerie arménienne située à Clamart, tout près de l’école.
Clamart, mercredi 6 février. L’épicerie arménienne de Yervant Sabundjian est implantée depuis 1986 et propose de nombreux produits traditionnels. LP/Marjorie Lenhardt
« Il y avait un réflexe communautaire au départ. Mais aujourd’hui, on a une nouvelle génération de jeunes parents qui font le choix de se rapprocher d’Issy pour inscrire exprès leurs enfants à l’école dans un souci d’excellence car les classes sont petites et il y a très peu d’absentéisme de professeurs. Mais aussi pour le lien avec la langue », expose Stéphane Aslanian.
A la rentrée dernière, les inscriptions ont bondi de 30 % par rapport à la précédente.
*« Soixante ans de présence arménienne en région parisienne, le cas d’Issy-les-Moulineaux ». Article paru en 1988 dans la Revue européenne des migrations internationales.
Commémoration du génocide arménien: les associations satisfaites
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) a salué aujourd'hui l'instauration le 24 avril d'une journée nationale de commémoration du génocide arménien, annoncée par le président Emmanuel Macron.
» LIRE AUSSI - Macron fait du 24 avril la journée nationale de commémoration du génocide arménien
"Le CCAF se félicite de l'annonce du président de la République de faire du 24 avril une journée nationale de commémoration du génocide arménien et de l'inscrire dans le calendrier républicain" écrit-il dans un communiqué. "Cette mesure attendue constitue un hommage mérité aux 1,5 million d'Arméniens assassinés lors de l'entreprise d'extermination lancée par le gouvernement turc à la faveur de la Première Guerre mondiale", poursuit-il.
Emmanuel Macron a fait cette annonce lors du dîner annuel du Conseil hier soir, honorant ainsi une promesse faite lors de sa campagne en 2017, geste que les Arméniens de France attendaient avec impatience.
La date du 24 avril est celle qui a déjà été retenue par l'Arménie et le Nagorny-Karabakh (région à majorité arménienne qui a déclaré son indépendance de l'Azerbaïdjan en 1991) pour commémorer le génocide de 1915. "Cette décision s'inscrit également dans le nécessaire arsenal officiel à mettre en place pour faire barrage à l'exportation du négationnisme d'État de la Turquie" estimé le CCAF. "Après la loi de reconnaissance du génocide arménien promulguée en 2001, cette décision confirme l'engagement de la France sur la problématique du devoir de mémoire, notamment en ce qui concerne les crimes contre l'humanité" conclut le CCAF qui "remercie" Emmanuel Macron pour cette annonce. La Turquie en revanche, qui a "condamné" la décision du président français, "persiste et signe dans le déni" estimé le Conseil.
Génocide arménien. Les questions qui se posent après l’annonce de l’instauration d’une journée de commémoration
Emmanuel Macron a décidé de dédier le 24 avril à la commémoration du génocide arménien. Mais pourquoi choisir cette date ? Quelles sont les conséquences d’une telle annonce et qu’en attendent les Arméniens ? Ouest-France fait le point.
Le président de la République a annoncé hier, mardi 5 février que le 24 avril deviendrait désormais la journée nationale de commémoration du génocide arménien de 1915. Une annonce qui a fait réagir aussi bien dans la communauté arménienne qu’en Turquie qui rejette toujours l’existence du génocide estimant que des massacres ont été perpétrés dans les deux camps.
Mais au fait, pourquoi avoir choisi cette date ? Et quelles sont les conséquences de l’annonce d’Emmanuel Macron. Ouest-France fait le bilan.
À quoi renvoie le 24 avril ?« C’est là que l’histoire a basculé. » Pour Franck Mourad Papazian, coprésident du Comité de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), comme pour toute la communauté, l’émotion est toujours vive à cette date.
En difficulté au front lors de la Première Guerre mondiale, le pouvoir ottoman, allié de l’Allemagne, accuse les Arméniens de trahison au service des Russes. Dans la nuit du 24 avril 1915, 250 intellectuels arméniens sont déportés puis exécutés. Cette rafle marque le début d’un massacre organisé par le parti au pouvoir, le Comité union et progrès (CUP). L’Arménie estime à 1,5 million le nombre de victimes parmi ses compatriotes.
Quelles sont les conséquences de cette annonce ?Emmanuel Macron honore ici l’une de ses promesses de campagne. Mais si le chef de l’État a assuré avoir prévenu Recep Tayyip Erdogan, la décision n’a pas manqué d’irriter le président turc. Ankara accuse Paris de « transformer en affaire politique des faits historiques ».
Quelles attentes pour la population arménienne ?Franck Mourad Papazian en appelle à « l’éveil de la morale » aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en Israël, qui n’ont pas encore reconnu le génocide. Et si cette décision de l’État français « est un message fort à ceux qui doutent, estime Franck Mourad Papazian, nous attendons aujourd’hui la pénalisation du négationnisme », jugée par le Conseil Constitutionnel en 2012 et 2016 comme contraire à la liberté d’_expression_.
Pourquoi Macron crée une journée de commémorations du génocide arménien
« C’est une sacrée bonne nouvelle ! » André Manoukian ne cache pas son ressenti au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron d’une journée de commémorations du génocide arménien. Le chanteur d’origine arménienne nous confie : « Je ne vais pas bouder mon plaisir ! »
C’était une de ses promesses de campagne. Le chef de l’État, s’exprimant face à 300 invités au dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), a annoncé ce mardi soir que la France allait faire du 24 avril une « journée nationale de commémoration du génocide arménien ».
Cette date commémore la « rafle des intellectuels » du 24 avril 1915, lorsque des centaines d’entre eux avaient été arrêtés puis massacrés par des ottomans. L’Arménie estime qu’au total 1,5 million de ses compatriotes ont été tués sur ordre d’officiers turcs entre 1915 et 1916.
Le génocide arménien est déjà reconnu officiellement en France depuis la loi du 19 janvier 2001. « La France, c’est d’abord et avant tout ce pays qui sait regarder l’histoire en face, qui dénonça parmi les premiers la traque assassine du peuple arménien, qui dès 1915 nomma le génocide pour ce qu’il était, qui en 2001, à l’issue d’un long combat », a rappelé Emmanuel Macron.
Cette nouvelle annonce « est un pas supplémentaire et ça va au-delà du symbole, même si c’est un acte moins majeur que la reconnaissance de 2001 », juge auprès du Parisien Florent Parmentier, chercheur en géopolitique à Sciences Po et spécialiste de la région.
De quoi en tout cas satisfaire la communauté arménienne vivant en France, forte de plusieurs centaines de milliers d’habitants, et dont Charles Aznavour – décédé le 1er octobre dernier – était l’une des figures principales. « Y’a tellement de gens que ça va réjouir », s’enthousiasme André Manoukian, présent au dîner mardi soir. « La France est un exemple dans le monde concernant le génocide arménien », s’est réjouit pour sa part le co-président du CCAF Mourad Papazian.
Sans surprise, la Turquie s’est agacée de cette décision. « Nous condamnons et refusons les tentatives de Monsieur Macron, qui connaît des problèmes politiques dans son pays, de transformer en affaire politique des faits historiques pour sauver la mise », a réagi ce mercredi matin un porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, n’hésitant pas à renvoyer Emmanuel Macron aux Gilets jaunes. « On va peut-être en rester à cette condamnation classique et attendue, sauf si le pouvoir turc a des occasions de s’en servir politiquement dans ses relations avec la France », avance Florent Parmentier.
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D’autant que les sujets de frictions avec Ankara sont nombreux, comme l’a lui-même rappelé le président français : situation en Syrie, lutte contre le groupe Etat islamique, droits de l’homme, etc. « Il y a tout un tas d’enjeux avec la Turquie qui pourra aussi mettre en avant le rôle historique et peu glorieux de la France dans certains conflits, comme en Algérie ou au Rwanda, pour défendre ses propres intérêts et s’en prendre à la France », précise le chercheur.
Cette nouvelle journée de commémorations relance le débat sur l’adoption en France d’une loi pénalisant le négationnisme du génocide arménien. Un tel projet a été voté à plusieurs reprises par le Parlement, en 2012 et en 2016, mais à chaque fois aussitôt censuré par le Conseil constitutionnel.
Les « Sages » y voyaient une entrave à la liberté d’_expression_ et justifiaient que le génocide arménien n’avait pas été qualifié par une juridiction internationale. « Je l’ai toujours en travers de la gorge car c’est ce qui nous importe le plus », glisse, amer, André Manoukian.
Génocide arménien : qui était Talaat Pacha, le "Hitler turc" ?
Le grand vizir Talaat Pacha (ici vers 1915) a été exécuté en pleine rue à Berlin, le 15 mars 1921. © Hulton Archive/Getty Images
La scène a eu plusieurs témoins visuels. Le plus proche s’appelle Nicolas Jessen. Lors de sa déposition devant la justice, ce représentant de commerce de 40 ans a expliqué qu’il passait par la Hardenbergstrasse, dans le quartier de Charlottenburg à Berlin, ce matin du 15 mars 1921, vers 11 heures, pour se rendre chez des clients, lorsqu’il a remarqué un homme massif, emmitouflé dans un manteau gris. L’individu marchait tranquillement à une vingtaine de pas devant lui. Une canne à la main, il se dirigeait vers le jardin zoologique. Soudain, un deuxième homme a surgi. Silhouette élancée, un chapeau rabattu sur son profil aquilin, ce dernier a traversé la chaussée en courant. Plongeant la main dans l’une des poches de son manteau, il en a extirpé une arme. Un seul coup de feu a éclaté. Touché à bout portant, l’homme au manteau gris s’est effondré.
Boleslav Detnhicki, un employé de maison de 32 ans, a lui aussi assisté à l’exécution. Voyant le tireur prendre la fuite, il s’est joint à Nicolas Jessen pour se lancer à sa poursuite. Des passants, alertés par la détonation, ont fait barrage au fuyard. Jessen et Detnhicki en ont profité pour le ceinturer avant de le conduire au poste de la police le plus proche, à côté du zoo. C’est là, selon Detnhicki, que le meurtrier aurait déclaré dans un mauvais allemand : «Je suis arménien. Il est turc. Cela ne concerne pas l’Allemagne.»
La victime de ce crime de sang-froid était en possession de papiers au nom d’Ali Salieh Bey, homme d’affaires résidant au numéro 4 de la Hardenbergstrasse. L’enquête qui démarre ne tarde pas à découvrir qu’il s’agit d’une fausse identité. Il se nomme en réalité Talaat Pacha. La nouvelle de son assassinat fait la une des quotidiens internationaux dès le lendemain. Le Figaro n’hésite pas à le qualifier de «tyran de petite envergure mais aux ambitions démesurées» et rappelle son passé. Brutal et omnipotent, Talaat Pacha est l’un des «Trois Pachas», avec Enver Pacha (ministre de la Défense) et Djamal Pacha (ministre de la Marine), un triumvirat qui s’octroie les pleins pouvoirs par la force en 1913. Il est alors nommé ministre de l’Intérieur du gouvernement Jeune-Turc, parti nationaliste révolutionnaire ottoman qui a renversé le sultan Abdülhamid II. Quatre ans plus tard, Talaat deviendra grand vizir (Premier Ministre). Convaincu que pour sauver l’empire il faut annihiler les populations chrétiennes, et notamment arméniennes, il fait de la liquidation de ces derniers une affaire personnelle.
La Première Guerre mondiale, dans laquelle les Trois Pachas engagent l’empire aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, lui fournit un prétexte pour mettre en œuvre ses projets d’extermination. Talaat va même expliquer ses motivations à l’ambassadeur des Etats-Unis, Henry Morgenthau. Comme ce dernier le rapporte dans ses mémoires, le dirigeant ottoman accuse les Arméniens de s’être enrichis aux dépens des Turcs et de vouloir faire sécession pour fonder un Etat indépendant. Il les accuse aussi de trahison, affirmant que les Arméniens du Caucase combattent aux côtés des troupes russes. Comme le diplomate américain tente de plaider la cause arménienne, Talaat lui répond froidement : «La haine entre nos deux peuples est si intense qu’il nous faut en finir avec eux, sinon nous devrons craindre leur vengeance.» La rafle et l’exécution de 650 intellectuels arméniens à Constantinople dans la nuit du 24 avril 1915 marque le début de la déportation à marche forcée, suivie de l’extermination à grande échelle des hommes, femmes et enfants, sans distinction. Un génocide dont le chiffre le plus couramment retenu par les historiens occidentaux s’élève à 1,2 million de victimes.
Après la défaite et la capitulation de l’Empire ottoman, en octobre 1918, Talaat Pacha sent le vent tourner. Avec six des principaux leaders Jeunes-Turcs, il embarque clandestinement dans la nuit du 2 au 3 novembre 1918 à bord du torpilleur allemand Lorelei pour se réfugier dans des pays amis. Le 5 juillet suivant, les juges de la cour martiale militaire de Constantinople déclarent, à l’unanimité, les fuyards coupables. Quatre sont condamnés à mort par contumace. Parmi lesquels Talaat Pacha. A cette époque, le «Hitler turc», comme on le surnommera bien plus tard, a trouvé refuge à Berlin où il coule des jours paisibles sous une fausse identité. Insupportable pour une partie des survivants arméniens.
A l’issue de son IXe Congrès, qui s’est ouvert le 27 septembre 1919 à Erevan, capitale de la jeune République d’Arménie, la Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnak, parti marxiste au pouvoir) décide, à huis clos, de constituer un commando secret. Son but ? Mettre à exécution les peines prononcées par contumace envers les responsables majeurs du génocide. Baptisée «opération Némésis», du nom de la déesse grecque de la vengeance, cette «mission militaire spéciale» est l’une des plus discrètes du XXe siècle. Tout au plus suggérée par «des mots codés ou des lignes en pointillé», explique le journaliste Jacques Derogy, auteur en 1981 de la première enquête sur le sujet (Opération Némésis, éd. Fayard). Placée sous l’autorité d’Armen Garo, l’ambassadeur d’Arménie auprès des Etats-Unis, le plan est minutieusement préparé et financé par des collectes de fonds notamment auprès de la communauté arménienne en exil.
Les locaux du journal Djagadamard, à Constantinople, servent de bureau de recrutement des volontaires. Ils ne manquent pas. Tous ont perdu des membres de leur famille dans le génocide, tous sont des combattants aguerris. Certains issus de la résistance sur le territoire ottoman. A tous, il est demandé de conserver les armes qu’ils possèdent et de se tenir disponible en permanence pour un acte de justice. Tous ont soif de vengeance. Soghomon Tehlirian, 23 ans, est l’un d’eux. Sa famille a péri pendant qu’il se battait contre les Turcs dans le Caucase, dans un bataillon de l’armée russe. A Constantinople, il a déjà exécuté de son propre chef Haroutioub Meguerditchian, l’un des principaux agents arméniens de Talaat Pacha au ministère de l’Intérieur. Convoqué par Armen Garo à Boston, Tehlirian se voit notifier sa mission : tuer Talaat Pacha, cible prioritaire localisée dans la capitale allemande grâce à Hratch Papazian, une taupe infiltrée sous le faux nom de Mehmed Ali dans la communauté des Jeunes-Turcs en exil à Berlin.
Tehlirian gagne l’Allemagne à son tour, se fait passer pour un étudiant et se met en contact avec le commando berlinois. Car l’assassinat de l’objectif numéro un est un travail d’équipe dont Tehlirian n’est que le bras armé. De fausses pistes en heures d’attente devant une adresse erronée, la traque est longue. Enfin, un homme, correspondant à la description de l’ex-grand vizir, est repéré à la gare de Berlin. Telhirian, qui s’est procuré une photographie de l’ex-grand vizir, gratte la moustache et le fez sur le cliché pour mieux l’identifier. Le résultat correspond à l’individu qu’il a suivi jusqu’au 4 Hardenberstrasse. Avec l’accord du commando, il déménage dans un appartement en face pour ne plus quitter des yeux les allées et venues de sa cible. Le 15 mars 1921, Tehlirian passe à l’action et abat Talaat Pacha. Il comparaît devant la justice du Reich moins de trois mois plus tard, les 2 et 3 juin 1921. Au président du tribunal qui l’interroge, Soghomon Tehlirian, passible de la peine de mort s’il est avéré qu’il a prémédité son crime, assure avoir obéi à une voix intérieure pour exécuter sa victime. Conseillé par son avocat missionné par le parti Dachnnak, il invente avoir assisté au massacre de sa mère à Erzindjan et prétexte un message d’outre-tombe qu’elle lui aurait délivré : «Tu as vu, Talaat est ici, et tu restes indifférent ? Tu n’es plus mon fils.»
Pour la première fois dans l’Histoire, la notion de crime d’Etat a été évoquée devant une cour pénale. Des débats et plaidoiries dont le juriste Raphael Lemkin s’inspirera pour définir la notion de génocide qui servira à établir la culpabilité des principaux responsables du IIIe Reich jugés à Nuremberg en 1945 et 1946 pour l’holocauste imaginé par les nazis sur le modèle de la solution finale de Talaat Pacha envers les Arméniens.
PROGRAMME de l’UCFAF
Dernier envoi avant l’hommage au groupe Manouchian
‘Angela’s Diaries’ Review: A Tender Journey Through Memory
- I diari di Angela – Noi due cineasti
- Directed by Yervant Gianikian
- Documentary
- 2h 5m
By Glenn Kenny
Feb. 6, 2019
From the mid-1970s until 2013, Angela Ricci Lucchi and Yervant Gianikian,partners in life and art, forged an analytical cinematic mode in which they critiqued Western practices of war, colonialism, objectification and more. Their work is better known in the art and academic realms than in mainstream cinematic ones. Lucchi diedin 2018, and Gianikian assembled this film as a memorial.
[Check out our Culture Calendar here.]
The daily life of these peripatetic artists often looks cozy — bourgeois even. There are a lot of boozy dinners with colleagues and comrades that are indistinguishable in most respects from boozy dinners with well-behaved adults who aren’t artists.
Clip: 'Angela's Diary'CreditCreditVideo by International Film Festival Rotterdam
Footage they shot on a 1996 trip to Sarajevo is considerably more tense and affecting. The couple’s guides, speaking English, navigate a car through the city, ruined by the ethnic wars of the ’90s. The sight of modern apartment buildings that were reduced to hollow husks in the long siege is chilling. The guides point out snipers’ perches, and when the visitors venture outside the cars, they have to tread carefully to avoid land mines. A drive to a new border of Bosnia and Croatia ends on an eerie, mysterious, tragic note. There, the filmmakers are greeted by a couple of pylons partially blocking the way forward, one or two parked cars and an atmosphere of stillness topped with confusion and dread. Nothing to do but turn around.
Back home in Milan, after celebrating a retrospective of their work, Lucchi settles into nonfilm projects, creating a scrolling watercolor painting concerning her experiences in Russia and with Russian literature. The pleasures of home and hearth are conveyed in sequences featuring homemade wine and showing Lucchi cultivating her vegetable and fruit garden. She also recounts more harrowing events, including an accident in which Gianikian was severely burned.
As this movie tells it, Lucchi’s life was her work, and her work was an inextricable collaboration with Gianikian. The diaries yield, in this presentation, no uncomfortable intimacies or expressions of doubt regarding any projects. “Angela’s Diaries” asks of the viewer a kind of patience that may only reside in those already conversant with the couple’s contributions, but its tenderness and straightforwardness are immediately admirable.
- Director
- Yervant Gianikian
- Running Time
- 2h 5m
- Genre
- Documentary
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Angela’s Diaries
Not rated. In Italian, English, Armenian, Russian and French, with English subtitles. Running time: 2 hours 5 minutes.