L’ARMENIE DES PIERRES SACREES
Le Temps, Suisse
21 octobre 2006
L’histoire de son peuple continue d’occuper l’actualite. Sa diaspora
parle de ses beautes loin a la ronde. L’Armenie, petite republique
independante depuis quinze ans, a au fond d’elle-meme, dans sa terre
et sur ses promontoires, de la poesie et du mystère. Promenade vers
quelques-uns de ses lieux sacres.
“C’est un bijou. C’est Amberd.” La voiture s’est arretee après 90
minutes de tortueux lacets a flanc de coteaux, sans âme qui vive.
Accrochee et presque chancelante a 2000 mètres d’altitude, la
forteresse en ruine se confond en cette fin d’après-midi avec les
couleurs automnales. Liana, 30 ans, qui se transforme avec talent
en guide quand elle abandonne les couloirs de l’hôpital d’Erevan,
connaît par coeur les routes de son pays, l’Armenie. Et elle aime,
c’est evident, en faire decouvrir les saveurs secrètes. Derrière la
forteresse trône une eglise datee de 1026. La couleur ocre de ses
robustes pierres volcaniques lui vaut majeste et discretion. C’est
un art qui va a l’essentiel pour une region escarpee, sans cesse
remodelee par les secousses telluriques et les elans de l’histoire.
Ici, c’est un peu le paradis. Ce paradis que beaucoup, a l’image de
Diderot, ont soupconne niche dans cette contree caucasienne. Nous
sommes a une cinquantaine de kilomètres a l’ouest de la capitale. Les
bâtiments qui s’entassent a la sortie de la ville, reliques de
decennies de construction communiste, sont oublies. C’est la campagne,
les rangees de vigne, d’arbres fruitiers – les abricots ont un
diamètre et une saveur jalouses. Les canyons cisaillent la plaine en
contrebas. Ils suggèrent le tiraillement des conflits mais aussi la
force de l’histoire et du mythe. Cette minuscule republique – 30000
kilomètres carres qui en font la plus petite de l’ex-URSS – fete cet
automne le quinzième anniversaire de son independance. A la croisee de
l’Europe et de l’Asie, compressee entre la Turquie, l’Azerbaïdjan, la
Georgie et l’Iran, elle connaît un destin particulièrement mouvemente,
celui d’un peuple de l’exil avec 3000 ans de frontières elastiques
et l’irremediable plaie d’un genocide.
Aujourd’hui, la majorite de ses activites se concentre dans la
capitale, Erevan, où reside un tiers de la population (l’Armenie a
3 millions d’habitants). Le quotidien reste precaire mais les gens
rencontres veulent effacer les annees de misère – eclairage a la bougie
et, souvent, pas d’eau courante – qui ont suivi l’independance. Loin
des villes parfois ravagees par les temps, le pays se lit comme
une pleiade de vegetations et de panoramas disparates. Effluves de
mystère. Diana a profite de cette digression mentale pour sortir
les provisions. Elle raconte: “Amberd reste un lieu rarement visite,
excepte par ceux qui savent! Pourtant, on voit le mont Ararat depuis
ce promontoire comme de nulle part ailleurs.”
Le mythique volcan, berceau de Noe et de son Arche, triomphe a
l’horizon… sur territoire turc.
L’Armenie fut le premier Etat a se proclamer chretien vers 300 après
Jesus-Christ. Des centaines d’eglises – joyaux de la culture nationale
– jalonnent son territoire, rescapees des conflits et des mouvements
d’humeur de la terre. Souvent datees du Xe ou du XIe siècle, periode
de renaissance de l’architecture nationale, elles habitent l’espace
sans jamais le dominer, ne depassant par 40 mètres.
Mais il fait deja tard. Et l’eglise d’Amberd dilue sa silhouette
dans la penombre. Liana sait que cette première escapade a suffi
pour conquerir la voyageuse, pourtant prevenue par les bouquins
qu’elle avait emportes dans sa valise. Les Armeniens developpent des
stratagèmes de charme pour persuader tout nouveau venu de renouveler
sa visite. En attendant cette prochaine fois, voici trois itineraires
de pierres.
Vers le monastère de Khor Virap, face au mont Ararat (5165 mètres)
Ce matin, la brume voile le mont Ararat, recouvert de neige
toute l’annee. Comme souvent le dimanche, certains habitants de la
capitale s’evadent – beaucoup a bord d’une Lada – vers leur datcha de
campagne. La halte a Khor Virap s’impose. Le monastère est impregne de
la presence de Gregoire l’Illuminateur. La file d’attente est longue
pour acceder au puits où il aurait ete plonge au debut du IVe siècle
durant treize ans avant d’etre ressorti par le roi Tridate III, ronge
par la maladie et pris de redemption. Liana raconte: “Saint Gregoire a
gueri le roi, qui s’est ensuite converti au christianisme. Aujourd’hui,
la fosse est devenue un lieu de pèlerinage.” Dans le monastère,
les gamins sont les plus prompts a y descendre. Dehors, des hommes
s’affairent autour du mouton qui sera sacrifie, culte païen, avec en
arrière-fond les barbeles et les miradors de la frontière turque.
Vers le monastère de Sanahin, près de la frontière georgienne
La guide Rima, etudiante a l’universite, promet un kaleidoscope de
paysages. Le periple en bus – trois heures – garantit la musculation
des fesses. Le col de Spitak, a 2378 mètres, donne accès a un plateau
jaune et vierge – hormis les cultures de choux – où resident des
communautes kurdes. Les courbes de la montagne sont d’une eclatante
purete. Le cinephile replonge dans Vodka Lemon, le globe-trotter se
souvient de son escapade en Mongolie. Rima avait raison: le paysage
se metamorphose a vive allure. La pellicule defile jusqu’a Sanahin.
Eleve sur l’un des enormes plateaux qui surplombent la rivière Debed
et son canyon, ce village est un havre. Jadis siège d’un scriptorium
ouvert aux copistes, le monastère est une mine de “khatchkar”, ces
croix de pierre taillees selon les ressentiments. Chacune est unique.
“Ici, rien ne naît de la repetition.”
Vers le monastère de Gochavank, aux portes de la “Suisse armenienne”
Les cochons grouinent et rôdent autour des promeneurs qui s’aventurent
dans les dedales de la foret. Dans cette region du nord-est, souvent
qualifiee d'”Armenie heureuse” ou de “Suisse armenienne”, la verdure
est reine. Il y a les pâturages, les hetres, les bouleaux puis les
sapins d’altitude. Zohrabyan est un guide specialise dans les balades
culturelles. Il a fonde sa propre entreprise car son metier d’ingenieur
ne lui permet pas de vivre.
Tous les jours ou presque, il s’aventure, sac au dos, suivi d’une
dizaine de curieux, pour des excursions qu’il agremente, flûtiste
improvise, d’un intermède musical. “Tu connais Charles Aznavour;
ici c’est un heros.”
Parti ce matin du lac Parz Lich, il a mene ses clients vers Goch
et son monastère baptise du nom de son fondateur, l’erudit Mkhitar
Goch, en 1213. L’ensemble très ramasse, comme accroche a la paroi,
accueille l’eglise principale, une bibliothèque et une chapelle.
Flotte le parfum du the au thym en preparation sur la terrasse
voisine. Zohrabyan: “Admirez les soubassements de l’eglise penses en
fonction des menaces de seisme.”
Les reveurs sont toujours perdus. Ils contemplent le “khatchkar”,
oeuvre fine et dentelee qui orne la porte. “Le plus beau d’Armenie”,
souffle le preparateur du the.
Encadre: Conseils et precisions pratiques
Par Anne Fournier
– Pour s’y rendre
Il n’existe pas de vol direct pour Erevan depuis la Suisse. Liaisons
possibles au depart de Genève et de Zurich avec notamment Austrian
Airlines, Air France ou Czech Airlines.
– Monnaie
Depuis 1993, l’Armenie a quitte la zone rouble et s’est dotee de sa
propre monnaie nationale, le dram (305 drams = 1 franc) dont le cours
a fortement chute depuis le debut de l’annee. Mais le dollar est roi.
– Langue
L’armenien, langue indo-europeenne, est agreable a l’oreille mais
decourageant pour le debutant. Tout le monde parle le russe, dont
l’enseignement etait obligatoire durant la periode sovietique.
L’anglais permet de se faire comprendre aisement.
– Pour loger
La decouverte de l’Armenie peut aisement se faire avec un pied-a-terre
a Erevan. Plusieurs agences proposent ensuite des tours d’une journee
dans le pays. Seule la Republique du Haut-Karabakh, a l’est, necessite
une halte a l’hôtel. Dans la capitale, de nombreux hôtels, aussi
de luxe, sont a disposition, parmi lesquels le Congress Hotel (3***
dès 120 francs près de la place de la Republique) ou, pour les petits
budgets, l’Envoy Hostel, un hôtel d’un nouveau genre pour l’Armenie,
qui propose des dortoirs et des chambres doubles (de 20 a 60 francs
près de l’Opera).
– Où boire un verre a Erevan
Les incontournables cafes au centre-ville, surtout dans les jardins
de l’Opera avec d’immenses terrasses lors des beaux jours. Le Cafe
Mate, près de la Cascade, pour ses excellents thes et pâtisseries, le
Artbridge Cafe qui fait aussi office de librairie sur la rue Abovian
ou le Paplavok et ses concerts de jazz en soiree. Sans oublier de
goûter au brandy.
– Où manger
La rue Prochian offre une multitude de restaurants de khorovats et
de kebabs. A recommander: la Taverne Caucase (rue Hanrapetutyan)
pour ses specialites armeniennes et georgiennes.
– A ecouter avant de partir
L’Armenian Navy Band pour baigner dans une atmosphère de jazz et de
musique traditionnelle. Un delice!
–Boundary_(ID_DiNIaYDIUPuZHtIppJtCoQ)–
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Author: Emil Lazarian
Genocide Armenien : Le Parlement Turc Denonce L’Attitude De La Franc
GENOCIDE ARMENIEN : LE PARLEMENT TURC DENONCE L’ATTITUDE DE LA FRANCE
par Sophie Shihab
Le Monde, France
19 octobre 2006 jeudi
Après le vote a Paris d’un projet de loi penalisant la negation du
genocide armenien, les protestations se multiplient en Turquie. Les
appels au boycottage inquiètent le patronat francais
Un restaurateur turc qui ne veut plus de Francais a sa table, une
Legion d’honneur et une medaille du Merite renvoyees a l’ambassade de
France a Ankara, des milliers d’appels au boycottage des produits
francais – mais pas de mesures de retorsion gouvernementales :
c’est le bilan des effets de la colère turque après l’adoption par
les deputes francais, le 12 octobre, de la proposition de loi qui
penalise le deni du genocide armenien.
Reuni pour definir sa reaction, le Parlement turc a vote, mardi 17
octobre, a Ankara, un texte qui promet ” des dommages irreparables
aux liens politiques, economiques et militaires entre la France
et la Turquie ” au cas où la proposition de loi devait etre un jour
adoptee. Mais aucune mesure de retorsion immediate n’a ete preconisee,
contrairement a ce que les medias turcs avaient laisse entrevoir.
Ces derniers ont fini par tenir compte des reserves qui se sont
manifestees en France sur la proposition de loi – elle prevoit de
punir d’un an de prison et d’amendes s’elevant jusqu’a 45 000 euros
quiconque niera la realite du ” genocide ” commis contre les Armeniens
dans l’Empire ottoman – realite deja reconnue en France en 2001 par une
loi. Ces reserves ont ete exprimees par le president de la Republique
lui-meme, dans un appel telephonique, le 14 octobre, au president turc
Recep Tayyip Erdogan, mais aussi par le gouvernement et une partie des
medias. Relevant qu’il a ete vote par moins d’un cinquième des deputes,
les Turcs veulent croire que le projet a peu de chances d’etre adopte,
du moins tant que ses initiateurs socialistes sont dans l’opposition.
SITUATION JUGEE ” INQUIETANTE ”
La resolution adoptee, mardi, par le Parlement turc, menace neanmoins
de sanctions et marque la ” surprise de voir la France en position de
decideur lorsqu’il s’agit d’evenements historiques lies a la Turquie,
alors qu’elle a preconise de laisser ce rôle aux historiens dans les
cas où ses propres actions ont fait plus d’un million de morts en
Algerie, Indochine, Madagascar et autres pays d’Afrique “. Les deputes
ont rappele la proposition turque de former une commission conjointe
d’historiens sur le sujet – proposition qualifiee d'” importante
” par le commissaire europeen a l’elargissement, Olli Rehn, mais
rejetee par l’Armenie.
” La France a perdu sa position privilegiee en Turquie (…) a cause
de simples visees electoralistes “, a affirme le ministre des affaires
etrangères Abdullah Gul. ” Au lieu d’accuser la Turquie de genocide, –
elle – devrait s’excuser pour son rôle dans les massacres (…) commis
par les Armeniens qui avaient cru aux promesses francaises de creer
une Armenie independante ” en Anatolie du Sud-Est, a dit le ministre,
qui a promis de ” faire tout ce qui est possible en droit international
” pour empecher l’adoption du projet de loi.
En attendant, l’image de la France comme avant-garde des ennemis de
l’entree de la Turquie dans l’Union europeenne a ete renforcee.
L’Hexagone devrait le payer lors des attributions de grands contrats
dans le domaine militaire et la construction de centrales nucleaires,
et d’autres, pour un total de près de 4 milliards d’euros de projets
en cours.
Les echanges commerciaux, qui se sont eleves, en 2005, a 8,2
milliards d’euros, pourraient aussi souffrir. Des chambres de
commerce ou d’industrie, dont celle d’Ankara, appellent a boycotter
les produits francais, de meme que des dizaines de sites Internet,
crees pour l’occasion.
En France, la presidente du Medef, Laurence Parisot, a qualifie, mardi,
a Bruxelles, la situation d'” inquietante “. Critiquant le projet de
resolution du Parlement francais, elle a souligne qu'” une reaction
trop vive des autorites ou des responsables economiques turcs peut
etre très prejudiciable pour la sante des entreprises francaises ” –
beaucoup sont implantees en Turquie ou exportent vers ce pays. Elle a
rencontre, le meme jour, le president du patronat turc, le Tusiad, a
l’occasion d’une reunion de l’Unice, organisation patronale europeenne.
Une note de nature a la rassurer a ete donnee par l’association des
investissements etrangers Yased : elle a appele a la moderation ”
pour ne pas penaliser les 65 000 employes turcs ” des entreprises
francaises implantees en Turquie.
–Boundary_(ID_+PZehg60ATPR+fwnF8Q9nQ)–
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Der Genozid als Geissel der Menschheit
DER GENOZID ALS GEISSEL DER MENSCHHEIT
Von Jakob Tanner
Tages-Anzeiger
18. Oktober 2006
Die Antirassismus-Strafnorm ist keine Bedrohung der Meinungsfreiheit.
Sie schraenkt das Postulat, dass die Geschichtswissenschaft frei sein
muss, keineswegs ein.
Letzte Woche machte Bundesrat Blocher in Ankara einen Bueckling. Die
Geschichtsschreibung sei Sache der Historiker, abweichende Meinungen
zu verbieten, sei falsch, war eine der Botschaften, die in der
Schweiz ankamen. Wie immer bei solchen Gelegenheiten erklaerte der
tuerkische Justizminister Cemil Cicek, seine Regierung habe vor,
eine internationale Historikerkommission einzusetzen, welche die
Frage des Genozids an den Armeniern waehrend des Ersten Weltkriegs
klaeren solle. Dass Forscher, welche sich an die Fakten halten, in der
Tuerkei strafrechtlich belangt werden, war kein Thema. Hingegen sprach
Christoph Blocher zur Freude seines Gastgebers von der Notwendigkeit
einer Revision der schweizerischen Antirassismus-Strafnorm. Aus der
SVP kamen zustimmende Voten. Das Gesetz ist Rechtskreisen laengst
ein Dorn im Auge. Meinungsfreiheit wird hier als erweitertes Recht
auf rassistische Rhetorik und Fremdenfeindlichkeit betrachtet. Um
Angegriffene zu schuetzen, hat eine Mehrheit der Stimmbuergerinnen und
Stimmbuerger es 1994 als noetig erachtet, auf gesetzlicher Grundlage
einzuschreiten, wenn die Wuerde von Menschen attackiert wird. Diese
Zielsetzung sicherte der Antirassismus-Strafnorm eine solide politische
Grundlage. Christoph Blocher nutzt inzwischen sein Exekutivamt, um
hier neue Verhaeltnisse zu schaffen, und es stellt sich die Frage,
wie lange die Bundesratsparteien in diesem Stueck namens “Biedermann
und Brandstifter” noch mitmachen.
Franzoesische Bedenken
Ein Blick auf Ereignisse im Ausland, die in den Schweizer Medien
ebenfalls Schlagzeilen gemacht haben, zeigt, dass die Bestrafung
der Leugnung von Voelkermord auch aus liberaler und linker Sicht
einige Probleme aufwirft. Dabei geht es nicht zuletzt um die Rolle der
Geschichtsschreibung und ihr Verhaeltnis zur Rechtsprechung. Vor kurzem
stimmte die franzoesische Nationalversammlung einem Gesetz zu, das die
Leugnung des Voelkermordes an den Armeniern unter Strafe stellen will.
Prominente Historiker kritisierten diesen Entscheid umgehend, so
wie sie sich schon frueher gegen Einmischungen des Staates in die
Geschichtswissenschaft wandten. Jean-Pierre Azema, Elisabeth Badinter,
Marc Ferro, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf und Jean-Pierre
Vernant (um nur einige zu nennen) gehen davon aus, dass historisch
bewiesene Tatsachen stark genug sind, um in einer demokratischen
Oeffentlichkeit zu bestehen. Sie weisen zudem darauf hin, dass
die Freiheit der Forschung durch das neue Gesetz, wenn es denn zu
Stande kaeme, direkt bedroht waere. Angesichts dieser Gefahr schlug
ein Abgeordneter vor, professionell arbeitende Historiker sollten
von der Strafandrohung ausgenommen werden und auch weiterhin Fragen
stellen duerfen. Eine merkwuerdige Privilegierung! Der soeben mit
dem Literatur-Nobelpreis ausgezeichnete tuerkische Schriftsteller
Orhan Pamuk, der durch die Nennung des Genozids an den Armeniern
der “oeffentlichen Herabsetzung des Tuerkentums” angeklagt war,
qualifizierte das franzoesische Gesetz ebenfalls als einen “Irrtum”
und wurde vom armenischen Patriarchen in Istanbul unterstuetzt,
der vor einem “Spiel der extremen Nationalisten und Rassisten in der
tuerkischen und armenischen Gesellschaft” warnte.
Die Arroganz der Macht
Keiner der genannten Kritiker am franzoesischen Gesetz wuerde mit
dem genozidleugnenden tuerkischen Justizminister eine “Diplomatie des
Vorbilds” praktizieren wollen, wie sich Christoph Blocher ausgedrueckt
hat. Ihnen geht es vielmehr um interkulturelle Verstaendigung. Sie
wollen verhindern, dass Rassisten und Antisemiten, die sich gerne zu
Maertyrern stilisieren, gratis ein staatlich finanziertes Tribunal
fuer die Ausbreitung ihrer Hassideologien zur Verfuegung gestellt
bekommen. Dieser Ansicht sind auch amerikanische Historiker. Adam
Jones etwa schreibt in seiner soeben erschienenen “umfassenden
Einfuehrung” zum Genozid, es “werde ihm uebel”, wenn er die
Namen “verlogener Demagogen” nennen muesse, nur weil sie ihre
effektvollen Gerichtsauftritte hatten. Darueber hinaus werden
grundsaetzliche Ueberlegungen aufgegriffen, die schon Marc Bloch in
seiner “Apologie der Geschichtswissenschaft” Anfang der 1940er-Jahre
anstellte. Bloch kritisierte eine Geschichtsschreibung, die sich “wie
ein richtender Erzengel” gebaerdet und die sich “als eine Art Richter
des Totenreiches” aufspielt. Er arbeitete den Unterschied zwischen
Richter und Historiker heraus, der auch von andern Exponenten der
Disziplin – unter den bekanntesten Carlo Ginzburg – betont wurde.
In Frankreich ist die Tendenz, die Freiheit der Wissenschaft gegen die
Anmassung des Staates ohne Ruecksicht auf die Kosten zu verteidigen,
besonders ausgepraegt. Dies haengt mit der Arroganz der Macht
zusammen. Dazu nur ein Beispiel aus dem Buch von Jones, der fragt,
was man von Francois Mitterrand halten soll, der Holocaustleugner
vor Gericht zieht, gleichzeitig aber 1994 in Ruanda jene Gruppen
unterstuetzt, die daran sind, einen Genozid zu verueben?
Was soll man dazu sagen, dass dem Staatspraesidenten spaeter auf
entsprechendes Nachfragen nur die Bemerkung einfiel: “Genozid? Oder
Genozide?” Indem Mitterrand hier subtil das kolonialherrschaftliche
Bild eines gegenseitigen Sichabschlachtens rivalisierender Staemme im
Innern Afrikas aufscheinen laesst, benutzte er ein probates Mittel
der Voelkermordleugner. Kann man es Historikern verargen, wenn sie
angesichts einer solchen “L’histoire c’est moi”-Haltung staatliche
Eingriffe ablehnen?
Anspruchsvolle Gerichtspraxis
Gegen eine solche Position kann und muss eingewendet werden, dass
es falsch ist, vor negationistischen und rassistischen Hasspredigern
zu kuschen und sie mit dem Argument der Meinungsaeusserungsfreiheit
gewaehren zu lassen. Zudem hat das franzoesische Gesetzesprojekt
den gravierenden Nachteil, dass es auf Grund der Beschraenkung auf
den Genozid an den Armeniern nicht universell formuliert ist. Das
entspricht nicht dem Geist des Voelkerrechts. Die schweizerische
Strafnorm macht hingegen keine solchen Beschraenkungen. Sie sieht mit
guten Gruenden von einer Liste der inkriminierten Tatbestaende ab und
ueberlaesst es den Gerichten, von Fall zu Fall zu urteilen. Das ist
anspruchsvoll und schwierig, aber unvermeidbar. Denn zum einen ist
“Voelkermord” eine juristische Definition, ein voelkerrechtlicher
Tatbestand. Und zum andern muss die Motivation der Taeter mit
beruecksichtigt werden.
Leugnung von Genozid ist ein Absichtsdelikt. Der Jurist Marcel
Alexander Niggli hielt mit guten Gruenden fest, dass das Ziel
der Negationisten systematisch auf Rassendiskriminierung und die
Herabsetzung der Menschenwuerde anderer hinauslaeuft. Die oeffentliche
Diskussion “problematischer Beispielfaelle” – genannt werden z. B. in
einer neueren juristischen Dissertation (Jan Huebner, “Das Verbrechen
des Voelkermordes”, 2004) der Vietnamkrieg, die Verfolgung der
Ache-Indianer in Paraguay und der Einsatz von Nuklearwaffen – ist
hingegen selbstverstaendlich weiterhin erlaubt.
Das Argument, das Gesetz bedrohe die “freie Meinungsaeusserung”,
trifft nicht zu. Das Rechtskonstrukt dient vielmehr der
Eindaemmung von Rassismus, Antisemitismus und ist als Abwehr gegen
Menschenrechtsverletzungen konzipiert. Das laesst sich mit dem
Postulat, dass Geschichtswissenschaft frei sein muss, ohne weiteres
vereinbaren.
Die Anregung fuer die voelkerrechtliche Definition des Genozids
kam vom juedisch-polnischen Rechtswissenschaftler Raphael Lemkin
(1900-1959), der angesichts der nationalsozialistischen Bedrohung
bereits 1933 die Anregung machte, Barbarei und Vandalismus als neue
Verbrechen gegen das Voelkerrecht zu kodifizieren. 1944 praegte er
in seiner Studie “Axis Rule in Occupied Europe” den neuen Begriff
Genozid – aus dem griechischen Wort “genos” (Rasse, Volk, Stamm) und
dem lateinischen “cidium” (Mord) -, der sich rasch durchsetzte. Ende
1948 verabschiedete die Uno-Generalversammlung eine Konvention zur
Bestrafung und Verhinderung dieser “verabscheuungswuerdigen Geissel”.
Die Aufgaben der Historiker
Doch trotz der rechtlichen Klarheit, die bezueglich des im Osmanischen
Reich unter jungtuerkischer Fuehrung veruebten Voelkermords an
Armeniern herrschte, setzte sich diese Wertung zunaechst auf Grund
des tuerkischen Widerstandes nicht durch, sodass von einem “forgotten
genocide” (Leo Kuper) gesprochen werden konnte.
Noch 1978 forderte ein Bericht des Wirtschafts- und Sozialrates der Uno
die Streichung des Genozids an den Armeniern aus der entsprechenden
Liste. Dies mit dem Argument, es sei wichtig, “die Einheit der
Voelkergemeinschaft zu erhalten”, und “das Bohren in der Vergangenheit”
koenne “alte Wunden aufreissen (. . .), die am Verheilen seien”. Erst
1985 hat die Uno gegen diese Politik des Vergessens und Verdraengens
den Voelkermord an den Armeniern offiziell anerkannt. Dasselbe tat
das Europaeische Parlament in einer entsprechenden Resolution im
Jahre 1987.
Genozid ist also ein voelkerrechtlicher Begriff und kann ohne diese
Definition als Verbrechen nicht festgestellt werden. Damit wird die
Geschichtswissenschaft allerdings nicht funktionslos. Ihr kommen drei
wichtige Aufgaben zu. Erstens haben die Historiker in jenen Faellen,
in denen nach voelkerrechtlicher Definition ein Genozid vorliegt, die
faktenchronologischen Grundlagen fuer eine vertiefte Interpretation
zu liefern. Dies kann dazu fuehren, dass Voelkerrechtler nach dem
Grundsatz “Da mihi facta, dabo tibi ius” (“Gib mir die Fakten,
ich klaere die Rechtslage”) bestimmte Massenmorde neu als Genozid
einstufen. Die Geschichtsschreibung macht aber auch deutlich, dass
das voelkerrechtliche Absichtsdelikt Genozid unter strukturellen
Rahmenbedingungen und in einer ideologisch-mentalen Konstellation
stattfindet, welche die moerderische Handlungslogik des Genozids
einsehbar machen. Was die Armenier betrifft, so haben Historiker (z.
B. Hans Lukas Kieser) nachgewiesen, wie wichtig nationalbiologische
Reinheitsphantasmen fuer den Aufbau einer genozidalen
Motivationsstruktur bei den Jungtuerken waren. Auf diese Weise kann
die Geschichte auch erklaeren, wie auf Seiten der Taeter perverse
Bedrohungsgefuehle kultiviert werden, welche den subjektiven Eindruck
vermitteln, beim Voelkermord handle es sich um Gefahrenabwehr.
Damit ist zweitens der Ansatz einer vergleichenden Genozidforschung
angesprochen, die auf eine “Theorie des Voelkermordes” (Micha Brumlik)
abzielt. Diese sucht nach Gemeinsamkeiten und Unterschieden.
Der an den europaeischen Juden veruebte Holocaust und der Genozid an
den Armeniern laesst sich – auch wenn beide Verbrechen juristisch in
dieselbe Kategorie fallen – keineswegs gleichsetzen. Es gibt jedoch
Analogien. Vergleichend angelegte historische Untersuchungen betonen
heute vor allem die entscheidende Rolle staatlicher Gewaltanwendung
und den Kontext des Krieges.
Unzulaessige Genozidvorwuerfe
Drittens hat die Geschichtswissenschaft ein Sensorium fuer die
facettenreiche Verwendung des Begriffs Genozid zu entwickeln. In
einer Welt, in der Sezessionsnationalismen Konjunktur haben
und “Voelker” ihre Existenz dadurch zu sichern versuchen, dass
sie “Volksfremde” als Feinde und “Fremdkoerper” vertreiben und
toeten, schiessen Genozidvorwuerfe geradezu ins Kraut. Im Diskurs
voelkisch-rassistischer Geister, die sich um alles andere als um
Menschenrechte kuemmern, verkommt “Genozid” zur nationalistischen
Pathosformel. Im Jugoslawien der 1980er-Jahre veroeffentlichte der
antisemitische Ethnonationalist Ivo Omrcanin ein Buch ueber den
“Genozid an den christlichen Kroaten”. Als 1999 die Nato-Staaten
die drastischen Menschenrechtsverletzungen der serbisch dominierten
jugoslawischen Regierung militaerisch zu stoppen versuchten, erhob
Letztere prompt Klage wegen Voelkermord. Schweizer EU-Gegner versenden
Flugschriften, auf denen zu lesen ist: “Es geschieht ein Genozid an
den Herz-Schweizern”. Daneben laesst sich eine antikapitalistische
Kulturkritik beobachten, die den Genozidvorwurf auf eine nostalgische
Beschwoerung der im Strudel forcierter Modernisierung untergehenden
traditionellen Welt bezieht. Gegen eine These von Giorgio Napolitano
gewendet, schrieb Pier Paolo Pasolini 1974, es sei ein Genozid an
“wenigstens zwei Dritteln der italienischen Bevoelkerung” im Gange,
und er habe “das Gefuehl, als ob sich der Schatten des Hakenkreuzes
ueber unsere Staedte senkte”.
Gegen solch schwammige Ausweitungen und politisch-ideologische
Instrumentalisierungen des Voelkermord-Vorwurfs gilt es aus
Sicht der Geschichtsschreibung festzuhalten, dass die Genese der
Genozidkonvention nach dem Zweiten Weltkrieg mit dem Willen von
Voelkerrechtlern und Politikern zusammenhing, eine Luecke in der
Fahndung von “Verbrechen gegen die Menschlichkeit” zu schliessen.
Schon damals war ein Bewusstsein vorhanden, dass die Antigenozid-
und die Menschenrechtskonvention von ihrer Grundintention her
zusammengehoeren. Heute ist verstaerkt von der Einsicht auszugehen,
dass nur eine robuste, international abgestuetzte Menschenrechtspolitik
Genozide verhindern kann.
Siehe
* Jakob Tanner (56) ist Professor fuer Geschichte der Neuzeit an
der Universitaet Zuerich. Von 1996 bis 2001 war er Mitglied der
Unabhaengigen Expertenkommission Schweiz – Zweiter Weltkrieg.
Der Voelkermord an den Armeniern in einer zeitgenoessischen Darstellung
aus dem Jahr 1916.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Die Turken Drohen Vergeblich; Warum Frankreich Ein Gesetz Uber Den G
DIE TURKEN DROHEN VERGEBLICH; WARUM FRANKREICH EIN GESETZ UBER DEN GENOZID AN DEN ARMENIERN HAT
Von Michaela Wiegel
Frankfurter Allgemeine Zeitung
15. Oktober 2006 Sonntag
PARIS. “Sie starben, ohne wirklich zu wissen, warum, Manner,
Frauen und Kinder, die nichts als leben wollten. Sie starben
schamvoll, ohne Laut, zu Tausenden, zu Millionen, ohne daß es die
Welt erschutterte”: So besingt Charles Aznavour, der franzosische
Chansonnier, den Volkermord am armenischen, an seinem Volk. Wer fragt,
warum ausgerechnet die Franzosische Nationalversammlung immer wieder,
allen turkischen Protesten zum Trotz, in den dustersten Kapiteln der
osmanischen Geschichte herumstochert, der findet bei nationalen Ikonen
wie Aznavour eine Erklarung. Aus dem armenischen Fluchtlingsjungen
Varenagh Aznavourian, dessen Eltern den Schrecken der Massaker in ihrer
Heimat entkommen waren, ist ein allseits bewunderter Franzose geworden.
Charles Aznavour dient als Aushangeschild des Landes, ein mit 82
Jahren noch immer agiler Star, den der Staatsprasident gern zu Reisen
einladt. Wie Ende September, als Jacques Chirac der Republik Armenien
den ersten offiziellen Staatsbesuch abstattete. Nachdem der Prasident
einen Kranz am Denkmal zur Erinnerung an den Genozid von 1915 in
der armenischen Hauptstadt niedergelegt hatte und “souviens-toi”
(“Erinnere dich”) ins goldene Buch der Stadt geschrieben hatte,
sagte Chirac der Presse, es sei an der Zeit, daß auch die Turkei den
Volkermord am armenischen Volk anerkenne. Deutschland, das sich den
Greueltaten des Zweiten Weltkrieges und der Schoa gestellt habe,
sei moralisch an dem Schuldeingestandnis gewachsen. Sollte die
Turkei es ernst meinen, der europaischen Wertegemeinschaft uber eine
Vollmitgliedschaft in der EU beizutreten, dann “ware sie gut beraten,
aus ihrer Geschichte alle Lehren zu ziehen”.
Der Staatsprasident, einer der wenigen Verfechter eines EU-Beitritts
der Turkei in Frankreich, zogerte nicht, aus dem Umgang mit dem
armenischen Volkermord eine Vorbedingung fur einen turkischen
EU-Beitritt zu machen. “Sollte die Turkei den Volkermord an den
Armeniern anerkennen? Ganz ehrlich, ich glaube es”, sagte Chirac.
Hinter seinen Worten verbarg sich viel Berechnung. Die etwa eine halbe
Million zahlende armenische Gemeinschaft in Frankreich verfugt uber
viel Einfluß, auch an den Wahlurnen, aber sie genießt auch Zuneigung.
Von dem Integrationserfolg der armenischen Fluchtlinge, die
in Frankreich mit Ende des Ersten Weltkrieges Fuß faßten, ist
Chirac aufrichtig angetan. Nicht alle schaffen es wie Charles
Aznavour ins Wachsfigurenkabinett im Musee Grevin, aber Charaktere
sind sie allemal. Da ware etwa Armen Petrossian, der beruhmteste
Kaviarhandler von Paris, der gerade eine Fotoausstellung uber Armenien
im franzosischen Außenministerium finanziert. Oder Alain Manoukian,
der Modeschopfer, der einen Kirchenbau in der Heimat seiner Vorfahren
spendiert. Der Fußballer Youri Djorkaeff, der Fernsehmoderator Daniel
Bilalian, der Abgeordnete Patrick Devedjian, sie alle tragen dazu bei,
daß die Armenier in Frankreich angesehen sind.
Der Wunsch, das Unrecht nicht in Vergessenheit geraten zu lassen, eint
dabei die Exilgemeinde. Dem hartnackigen Willen einiger Abgeordneter
verdankt es Frankreich, als erstes westliches Land ein Gesetz uber
die Anerkennung des Volkermordes an den Armeniern verabschiedet zu
haben. Es zahlt zu den Eigenarten der V. Franzosischen Republik,
daß Geschichtspolitik uber Gesetze betrieben wird. Drei Jahre
lang kampften die Abgeordneten fur das rein symbolische Gesetz und
ließen sich weder von Sanktionsdrohungen aus der Turkei noch von
Bedenken der eigenen Regierung beeindrucken. Seit dem 29. Januar
2001 ist das Gesetz in Kraft getreten, das nur eine Zeile umfaßt:
“Frankreich erkennt offentlich den armenischen Volkermord im Jahre
1915 an.” Wildeste Proteste aus der Turkei waren die Folge, und ein
einseitiger Wirtschaftsboykott wurde angekundigt, aber nie wirklich
eingehalten. Das Handelsvolumen zwischen Frankreich und der Turkei,
das 5,2 Millionen Euro im Jahr 2000 betragen hatte, stieg allen
Racheschwuren zum Trotz funf Jahre spater auf 9,7 Millionen Euro.
Die Erfahrung ermutigte die Abgeordneten, ein harter Kern von
Sozialisten und einige rechtsburgerliche Politiker, den nachsten
Schritt zu wagen. Sie nutzten die sogenannte parlamentarische Nische,
um ein Gesetz in die Nationalversammlung einzubringen, mit dem die
Leugnung des Genozids an den Armeniern unter Strafe gestellt wird.
Und sie blieben dabei ihrer Uberzeugung treu, daß dieser Genozid den
Holocaust erst moglich gemacht habe und es deshalb nur logisch sei,
die Leugnung des Volkermordes an den Armeniern genauso zu ahnden wie
die Leugnung des Volkermordes an den Juden. Trotz offensichtlicher
Manover der rechtsburgerlichen Regierung, aus Gefalligkeit gegenuber
der Turkei das Gesetz zu kritisieren, stimmten die Abgeordneten ihm
am Donnerstag in erster Lesung zu. Damit ist eine entscheidende Hurde
im Gesetzgebungsverfahren genommen.
Die Kritik armenischer Intellektueller, die in dem Strafgesetz eine
Einschrankung der Meinungs- und Forschungsfreiheit sehen, nehmen die
Verfechter der armenischen Sache ernst. Der UMP-Abgeordnete Patrick
Devedjian brachte einen Änderungsantrag ein, wonach universitare und
andere wissenschaftliche Forschungen von der Strafandrohung ausgenommen
werden sollten. Doch eine Mehrheit wies dieses Vorhaben mit dem
Argument zuruck, es konne nicht “zwei Kategorien des Volkermordes”
geben: den Holocaust, der auch in der universitaren Forschung
nicht geleugnet werden durfe, und den Genozid an den Armeniern,
den Historiker anzweifeln durften.
Die Befurworter des Genozid-Gesetzes haben auch das Referendum im
Sinn, das in Frankreich stattfinden muß, bevor die Turkei in die
EU aufgenommen werden kann. Sie sehen ihre Rolle auf lange Sicht
und wollen sich gegen Versuche der Turkei wappnen, den Volkermord
anzuzweifeln. Fur Charles Aznavour ehrt es Frankreich, sich nicht von
turkischen Drohungen einschuchtern zu lassen. Der große Fehler der
Turkei seit 30 Jahren bestehe darin, ihre Schuld nicht einzugestehen.
“Wenn es auf der einen Seite 1,5 Millionen tote Armenier gibt und
auf der anderen Seite fast keine Toten, dann kann man nicht von einem
Krieg sprechen, sondern von einem Volkermord”, sagte Aznavour. Als er
bei dem Staatsbesuch sein Lied “Fur Armenien” anstimmte, soll auch
Chirac feuchte Augen gehabt haben. Das Gesetz heißt der Prasident
dennoch nicht gut – dafur sind die Wirtschaftsbeziehungen zur Turkei
zu wichtig.
GRAFIK: Ungleiches Paar: Prasident Chirac und Charles Aznavour,
der Armenier, der ein bewunderter Franzose wurde.
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From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Economist: Is The West Losing Turkey?
IS THE WEST LOSING TURKEY?
The Economist
October 21, 2006
U.S. Edition
Turkish squabbles with America and Europe
Repair work is needed to mend a deteriorating relationship
THE relationship between Turkey and the West has always been awkward.
The age-old hostility between the rising Muslim empire of the Ottomans
and the declining Christian one of Byzantium still casts a shadow-as
the pope discovered when he unwisely quoted a Byzantine emperor’s
negative views of Muhammad. So it is no surprise that tensions
should arise between Turkey and the European Union, or between
Turkey and America. What is worrying is that, at a moment when these
two relationships matter more than ever, both have simultaneously
deteriorated.
Turkey is important to the Americans and Europeans for geographical
reasons: it abuts the EU to its west and the Caucasus, Iran, Iraq and
Syria to its east. It matters for economic reasons: fast-growing GDP
and a rising population have made it an important trade and investment
partner. It is significant militarily, with the biggest NATO army
after America’s. But it counts above all as the best exemplar of
a mainly Muslim country that is a thriving democracy and a secular
republic-a rare beast that the West desperately needs to encourage.
Yet Turkey’s relations with the United States have been testy ever
since its parliament blocked the passage of American troops to Iraq
in March 2003. Now the Turks are simmering because they say the
Americans have done nothing to stop Kurdish PKK fighters, who have
resumed guerrilla and terrorist activities in Turkey’s south-east,
basing themselves in the northern Kurdish area of Iraq. The public
mood in Turkey has turned hostile to America: in one poll this summer,
more Turks had a good opinion of Iran than of the United States.
Ordinary Turks have also become more negative about Europe. In
December 2004, when the government of Recep Tayyip Erdogan won the
promise of an opening of negotiations to join the EU, the reaction
across Turkey was euphoric. But the talks have progressed painfully
slowly. The perception in Ankara is that the EU is piling on big
demands-for constitutional change, economic liberalisation, more
religious tolerance-but offering little in return. Over the past two
years a stream of leaders from such countries as France, Germany and
Austria have made clear that they are against Turkey ever joining
the EU. And now Brussels is threatening to suspend the entry talks
unless Turkey fulfils its promise to open its ports and airports to
the (Greek) Republic of Cyprus, although the EU’s effective embargo
of northern Cyprus will remain ()see page 51.
In such a climate, even small gestures can be damaging. The bill just
approved by the French National Assembly to make it a crime to deny the
Armenian genocide of 1915 seems unlikely ever to become law. But it has
created a storm of protest in Turkey, which has never acknowledged the
genocide. In the run-up to next year’s election in Turkey, Mr Erdogan,
who leads the mildly Islamist AK party, is understandably inclined to
pander to nationalist (and religious) feeling. Yet he is playing with
fire: radical Islam is gaining fresh recruits, and mutterings can be
heard in the Turkish army, which has a long history of interfering in
politics, about its duty to protect the secular tradition of Ataturk.
Some in Washington might welcome a military intervention if it produced
a more compliant ally. But it would be a huge setback in the impressive
progress that Turkey has made under Mr Erdogan. He would do well to
continue that progress, by returning to the goal that he first chose
in 2003: to prepare Turkey for joining the EU. That also requires a new
engagement by the Europeans. Rather than speaking out against Turkey’s
eventual membership, EU leaders should let the negotiations proceed
without prejudice to their outcome. The current Finnish presidency of
the EU also deserves strong support in its efforts to find a compromise
that averts the “train-wreck” over Cyprus which threatens to scupper
the talks. Both America and Europe must pay closer attention to Turkey
in the next few months if they are to avoid the risk of losing it.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
China, Armenia Vow To Deepen Cooperation
CHINA, ARMENIA VOW TO DEEPEN COOPERATION
Xinhua News Agency, China
Oct 22 2006
YEREVAN, Oct. 21 (Xinhua) — Armenian President Robert Kocharyan and
visiting Chinese senior legislator Xu Jialu agreed on Saturday to
boost the cooperation between the two countries.
At a meeting with Xu, vice-chairman of the Standing Committee of the
National People’s Congress, China’s top legislative body, Kocharyan
expressed his appreciation of the increasingly important role China
plays in world affairs and said his country stands ready to develop
all-round cooperation with China.
Kocharyan reiterated Armenia’s adherence to the one-China policy.
Earlier, Xu met separately Armenian Prime Minister Andranik Margarian
and Chairman of the National Assembly Tigran Torosyan.
Margarian said during the meeting that developing relations with China
is a priority of Armenia’s foreign policy and he expressed his hope
for a higher trade volume and stronger ties in humanitarian areas
between the two countries.
Torosyan told Xu that his visit would bring legislative cooperation
between Armenia and China to a higher level.
Xu, for his part, said China and Armenia enjoy deep political
mutual trust and have offered mutual support in international
affairs. Bilateral cooperation is expanding and enjoys broad prospects,
he said.
Xu arrived in the Armenian capital on Friday for a two-day visit.
Editor: Mu Xuequan
Photo: Armenian President Robert Kocharian (R) shakes hands with
Xu Jialu, vice-chairman of the Standing Committee of the National
People’s Congress (NPC) of China, during their meeting in Yerevan,
capital of Armenia, Oct. 21, 2006.(Xinhua Photo)
22/content_5233243.htm
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Armenian And Belgian Medical Institutions Get Cooperation Agreement
ARMENIAN AND BELGIAN MEDICAL INSTITUTIONS GET COOPERATION AGREEMENT
Noyan Tapan
Oct 23 2006
BRUSSELS, OCTOBER 23, NOYAN TAPAN. A conference dedicated to the
Armenian-Belgian medical cooperation took place on October 16 in the
hall of the Royal Academy of Science of Belgium, within the framework
of the events dedicated to the 15th anniversary of the independence
of Armenia. As Noyan Tapan was informed by the RA Foreign Ministry’s
Press and Information Department, numerous famous doctors-scientists
participated in the conference organized by the Embassy of Armenia
to Belgium and the Royal Academy of Medicine of Belgium.
Ambassador of Armenia Vigen Chitechian and J.Fruhling, the
Perpetual Secretary of the Royal Academy of Medicine of Belgium,
made welcome speeches. An agreement on cooperation with some medical
institutions of Brussels was got during the conference. Reference:
The Armenian-Belgian medical cooperation started just after the
1988 earthquake, when Belgian doctors were among the first ones to
show assistance to population of the disaster zone. The Neuphrologie
Armenie-Vlandeeren organization was founded on that basis. Belgian
doctors visit Armenia few times a year till now, implement surgeries
and pass their experience to Armenian young doctors who, owing to
the NAV, get possibility to undergo training in Belgian hospitals.
Nairobi: Tycoon Saves Armenians’ Goods From Auction
TYCOON SAVES ARMENIANS’ GOODS FROM AUCTION
Story By Patrick Nzioka
Daily Nation, Kenya
Oct 23 2006
A single telephone call was all it took to save household goods
belonging to the Armenian brothers from the auctioneer’s hammer.
A local tycoon paid Sh450,000 and an additional Sh100,000 as costs
in a matter of minutes to save the goods that were to be auctioned
off to pay rent for the house they lived in at Runda estate.
The two brothers were deported in June after they allegedly caused
a security breach at the city’s Jomo Kenyatta International Airport.
Prospective buyers who had gathered at the Pangani Auction Centre yard
on Saturday went home disappointed because they could not lay their
hands on the posh sofa sets, beds, fridges, mattresses, carpets,
tables, crates with bottles and ceramic tiles, advertised for sale
to recover rent arrears.
The owner of the house, Mr Sammy Musyoki, had sued Brotherlink
International Ltd, a company associated with the two men who claim to
be brothers – Artur Margaryan and Artur Sargsyan – to recover the rent.
Mr Joab Apopo, a lawyer for Businessman Raju Sanghani arrived at the
yard just before the auction started.
He called Mr Sanghani on his mobile phone to brief him on the
situation.
Mr Apopo was instructed to negotiate with the lawyer representing
the landlord to stop the auction on condition that he would be given
the money.
If that failed, he was told to bid for the entire lot at Sh450,000.
The money would be paid once the bid was accepted.
The auction had been delayed after another lawyer representing Ms
Shirfana Alarakiya who lived in the Runda home with the brothers,
negotiated with Mr Musyoki’s lawyer, Mr Richard Mutiso, on how to
pay the money.
Mr Mutiso rejected her offer of a Sh200,000 down payment, but left
with Mr Apopo for Westlands after agreeing to negotiate.
Mr Sanghani appeared before the Kiruki Commission that investigated
the activities of the two men. He said he had invited them to Kenya
believing they were investors.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Yakunin Negative About Railway Bypassing Armenia
YAKUNIN NEGATIVE ABOUT RAILWAY BYPASSING ARMENIA
PanARMENIAN.Net
23.10.2006 14:31 GMT+04:00
/PanARMENIAN.Net/ Russian Railways President Vladimir Yakunin has a
negative attitude to the idea of constructing a railway bypassing
Armenia, reports Echo of Moscow. Explaining his position Yakunin
said, “First, his destroys the unity of the network that remained
after the Soviet Union. Second, it’s is unjust to cut a country out
of communication.
Proceeding from my experience I can say that this is an attempt of
some countries to exert pressure of our friendly state.”
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Russian Duma Member: Turkey Obliged To Acknowledge Armenian Genocide
RUSSIAN DUMA MEMBER: TURKEY OBLIGED TO ACKNOWLEDGE ARMENIAN GENOCIDE
PanARMENIAN.Net
23.10.2006 15:27 GMT+04:00
/PanARMENIAN.Net/ The resolution of the Armenian Genocide problem lies
in its acknowledgement by Turkey, President of the International League
of Human Dignity and Security Protection, Russian State Duma member,
General Valentin Varennikov said Monday in Yerevan. “I fully agree
with the statement Catholicos of All Armenians Garegin II made during
his visit to Turkey. Turkey is simply obliged to acknowledge the fact
of Genocide, since there cannot be any other position on the issue,”
he said, reports newsarmenia.ru. When in Istanbul June 20-27 head
of the Armenian Apostolic Church Garegin II stated that the Armenian
Genocide must be recognized by Turkey and pointed out to irrelevance
of formation of committee of historians for the investigation of the
fact of Genocide in the Ottoman Empire.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress