Armenian Speaker Invited To Visit Baku

ARMENIAN SPEAKER INVITED TO VISIT BAKU

news.am
November 20, 2012 | 23:58

YEREVAN.- Armenian parliament speaker Hovik Abrahamyan has received an
invitation to visit Baku to attend the session of the Parliamentary
Assembly of the Organization of the Black Sea Economic Cooperation
(PA BSEC).

An e-mail invitation was received on Monday, spokesperson Gohar
Poghosyan told Armenian News-NEWS.am.

“At the moment Mr. Abrahamyan is on vacation. The decision on his
participation will be made after he returns on Wednesday,” she added.

The session will be held in Baku on November 27-28. Armenia’s capital,
Yerevan, hosted the previous session in May.

From: A. Papazian

Armenian Police Encircle Death Businessman’s Mother House

ARMENIAN POLICE ENCIRCLE DEATH BUSINESSMAN’S MOTHER HOUSE

news.am
November 20, 2012 | 23:01

YEREVAN. – Police has encircled the house of Karine Sukiasyan,
mother of the Aray electronics store former owner Armen Petrosyan,
who committed a suicide last year, Armenian News-NEWS.am source in
police informs adding police employees carry out the verdict by the
court to give the child to her mother.

Earlier the Armenian News-NEWS.am has informed that Armen Petrosyan’s
ex-wife Russian Tatyana Chadenkova tries to settle the issue through
the court. At the same time her mother-in-law was trying to cross the
Armenian border with the little child. However, she was detained,
charged with Article 167: Illegal separation of the child from the
parents, and later released on bail.

Police found the body of Armen Petrosyan, 31, with a gunshot wound
in his head and his right-hand finger on the trigger of a TT-type
pistol on Oct. 16, 2011.

From: A. Papazian

President Of Azerbaijan Ilham Aliyev Unleashes Anti-Armenia Twitter

PRESIDENT OF AZERBAIJAN ILHAM ALIYEV UNLEASHES ANTI-ARMENIA TWITTER PROPAGANDA

Panorama.am
21/11/2012

The President of Azerbaijan Ilham Aliyev is filled with hatred towards
Armenia and he doesn’t conceal it. Ilham Aliyev used the social network
on Tuesday 20th November to unleash a large sum of disparaging,
dishonoring and abusive tweets against neighboring Armenia. After
the twitter clash, many world leading and outstanding news sites like
Reuters, RIA Novosti, Global Post and France Press turned to the issue.

“The Armenian lobby is our main enemy and we are the main enemy for
them,” posted President Aliyev from his official tweeter account. Then
he added: “Armenia is a country of no value.” It is actually a colony,
an outpost run from abroad, a territory artificially created on
ancient Azerbaijani lands.”

Most of the tweets were from the speech given on 16th November at a
meeting of the ruling New Azerbaijan Party, which was celebrating its
20th anniversary, according to Aliyev’s official website. The sudden
broadside of tweets posted Tuesday afternoon prompted a top Armenian
lawmakers and media experts to compare the messages with Nazi German
strategy of propaganda. They consider them to be aimed at disparaging
and humiliating Armenia.

“Like a troll, President Aliyev disparages Armenia and his words are
downright abusive. In the full text of his speech we can highlight
expressions like “there are all the freedoms in Azerbaijan – freedom
of speech, freedom of conscience, freedom of press, freedom of the
Internet.” Just the type of freedom of speech and of the Internet,
presumably, that allows one to mouth off about one’s nearest neighbor.

What a shame, then, that the same privilege doesn’t apply if you want
to Twitter-burn closer to home,” writes Global Post.

“We will continue our efforts to isolate Armenia,” Aliyev said,
his Twitter page adorned in a blue sunburst with the motto “We turn
initiatives into reality!”

President Aliev also tweeted that “The gap between Armenia and
Azerbaijan is already very large and keeps expanding day by day and
resolving that conflict is the “main focus” of Azerbaijan’s foreign
policy. And by “resolving,” he means “seeing the Azerbaijani flag fly
over Nagorno-Karabakh once more.” Such kind of solution of the issue
is “utopian” for Azerbaijan and the gap he speaks about is called
“Nagorno-Karabakh.” Armenia claims its absolute historic ownership
of the region.

It should be mentioned that the enmity and tensions between Azerbaijan
and Armenia exist since 1990s. The conflict is centered around the
disputed Nagorno-Karabakh region, which is populated by ethnic
Armenians and who, backed by Armenia, declared the territory an
independent republic on December 10 1991. In May 1994 Azerbaijan,
Nagorno-Karabakh and Armenia signed a ceasefire, which, despite
violations by Azerbaijan, is still effective.

From: A. Papazian

Turquie : Harcelement Contre Les Chretiens Syriaques

TURQUIE : HARCELEMENT CONTRE LES CHRETIENS SYRIAQUES

Publie le : 20-11-2012

Info Collectif VAN – – Fonde il y a plus de 1600
ans, le monastère orthodoxe Mor Gabriel situe en Turquie abrite les
Syriaques chretiens. Ces-derniers, qui ont fui la Turquie dans les
annees de lutte entre l’Etat turc et le PKK, souhaitent de plus en plus
y retourner. Mais depuis 2009, les terres du monastère se trouvent au
c~ur de nombreuses affaires judiciaires qui remettent en cause la
presence, et le retour, des chretiens dans la region. Ces affaires
judiciaires concernent notamment la perte, par la Cour supreme,
de documents prouvant les droits de propriete sur ces terres, et
une enquete ouverte par un procureur de la region pour savoir si
le monastère a ete fonde sur les terres d’une mosquee, alors que la
fondation du monastère est anterieure a la naissance de l’Islam.

Kuryakos Ergun, president de la fondation du monastère, affirme : ”
Les chretiens vivent sur ces terres depuis des milliers d’annees. ”
De nombreux chretiens, qui sont retournes vers la region, vivent de
plus en plus dans l’insecurite a cause de ces affaires judiciaires
qui alimentent la frustration et entraînent la peur des villages
voisins de voir revenir les chretiens vers la region, remettant ainsi
serieusement en cause les droits religieux qui sont pourtant l’une
des conditions principales pour devenir membre de l’Union Europeenne,
statut auquel pretend la Turquie. Le Collectif VAN vous propose la
traduction d’un article en anglais ecrit par Dorian Jones et paru
sur le site VOA News le 26 octobre 2012.

Des problèmes judiciaires rendent incertain le retour des chretiens
vers le sud-est de la Turquie

VOAnews.com – Voice of America

Dorian Jones 26 octobre 2012

MOR GABRIEL, TURQUIE – La Turquie abrite les Syriaques chretiens,
dont les disciples s’etendent sur le Moyen-Orient. Dans les annees
1990, beaucoup de Syriaques chretiens ont fui la Turquie pendant les
annees de combat entre l’Etat turc et les rebelles kurdes. Au cours
des dernières annees, ils ont commence a y retourner. Mais toute
une serie d’affaires judiciaires visant l’ancien monastère de Mor
Gabriel, dans le sud-est de la Turquie, a de plus en plus rendu leur
retour incertain.

Pendant plus de 1 600 annees, la cloche du monastère syriaque orthodoxe
Mor Gabriel a appele ses fidèles a la prière. Les ceremonies se
deroulent en arameen, une langue qui etait parlee du temps du Christ.

L’edifice et la region autour ont survecu aux invasions des Perses,
des Arabes, des Mongols, des Kurdes et des Turcs, qui datent de plus
de 1 000 ans.

Mais il y a un combat relativement nouveau. Une decision de la Cour
supreme de Turquie qui est favorable a l’Etat turc a jete le doute
sur l’avenir du monastère, dit la Fondation Mor Gabriel qui dirige
le monastère.

Les chretiens vivent sur ces terres depuis des milliers d’annees,
a dit Kuryakos Ergun, le president de la fondation. Il ne sait pas
quoi penser de tous les conflits juridiques en concurrence parce
qu’ils sont des Syriaques chretiens.

Selon Ergun, la Cour a perdu des documents prouvant le droit de
propriete du terrain du monastère et les juges ont exige que des
temoins d’il y a 120 ans comparaissent au procès du monastère.

L’Etat a ouvert plus de six enquetes au cours des quatre dernières
annees. Un autre sujet de preoccupation concerne l’enquete ouverte par
un procureur de la region pour savoir si le monastère a ete bâti sur
une mosquee, alors que le monastère a ete fonde presque deux siècles
avant la naissance du prophète Mahomet.

Des villages musulmans voisins tels que Yayvantepe ont egalement
depose des demandes pour acquerir le terrain. Ismail Erkal, qui est
le chef du village, previent que le conflit avec le monastère devient
de plus en plus tendu.

Il fut un temps où les musulmans et les chretiens etaient très proches
et assistaient reciproquement a leurs funerailles, mais aujourd’hui,
une injustice est commise, a dit Erkal.

La controverse est nee lorsque les Syriaques chretiens ont commence a
retourner vers la region, y compris vers la ville principale de Midyat
où se trouve le monastère, contribuant a redonner vie a la region.

L’immense majorite a fui vers l’Europe et vers les Etats-Unis durant
les annees 1990 au plus fort du conflit entre l’Etat et le groupe
rebelle kurde PKK qui a souvent piege les Syriaques au c~ur du
conflit, selon un avocat de la region Rudi Sumer qui defend le retour
des chretiens, et s’expose ainsi a des problèmes juridiques.

Les villages environnants ont essaye de reprendre le terrain que
les Syriaques chretiens ont laisse derrière eux lorsqu’ils ont fui,
a dit Sumer, et maintenant, ils revendiquent leur droit de propriete.

Procès type

Le village de Kafko est un procès type pour quelques Syriaques qui
envisagent de revenir. Israil Demir et sa famille sont revenus il y a
sept ans. Mais avec la tension croissante, et les affaires juridiques,
il n’est pas sûr qu’il aurait pris cette decision aujourd’hui.

Demir a dit qu’il etait revenu avec sa famille pour donner l’exemple
afin que les Syriaques chretiens ne tombent pas dans l’oubli. Mais il
a ajoute qu’il n’etait pas sûr de prendre la meme decision aujourd’hui.

Au monastère, la frustration croissante est causee par l’AKP au
pouvoir, qui, officiellement, preconise le retour des chretiens vers
la region. Les droits religieux sont une exigence fondamentale de
l’Union Europeenne que la Turquie aspire a rejoindre.

Interpeller le gouvernement

Beaucoup de Syriaques estiment que leur problème juridique conduit
a s’interroger sur les intentions du gouvernement, a dit Isa Dogdu,
un assistant de l’eveque du monastère.

” Ils ont senti que quelque chose n’etait pas sincère dans cette
evolution. D’un côte, ils nous encouragent a revenir ou nous
donnent des signes d’encouragement. Mais de l’autre, ces affaires
judiciaires sont peut-etre un moyen de decourager les gens – une
forme d’intimidation. ”

Le president turc Abdullah Gul a promis de se pencher sur la
controverse actuelle.

Des troubles dans la region ont cause un effondrement demographique
des populations chretiennes anciennes.

Jusqu’a maintenant, la Turquie resistait a la tendance, mais avec
l’aggravation des incertitudes juridiques, l’avenir est plus obscurci
que jamais.

Traduction de l’anglais Tigran Mheryan pour le Collectif VAN –
7 novembre 2012 – 07:00 –

Lire aussi:

En Turquie le monastère Mor Gabriel (Deyrulumur) n’est pas un occupant

Turquie : Un ancien monastère syriaque vieux de 2000 ans vandalise

Turquie : simulacre de procès anti-chretien

Turquie : nouvelle constitution et minorites (II)

Retour a la rubrique

Source/Lien : Voice of America

From: A. Papazian

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=69060
www.collectifvan.org
www.collectifvan.org

" Le Genocide Armenien En 3e " Dans L’academie De Dijon

” L GENOCIDE ARMéNIEN EN 3E” DANS L’ACADéMIE DE DIJON

Publié le : 21-11-2012

Info Collectif VAN – – Le site collaboratif
et disciplinaire ” Hist/Geo et Education Civique ” présente des
informations professionnelles a destination des enseignants et des
activités proposées par des collègues de l’Académie de Dijon. Parmi
les articles les plus récents, on note ” Le génocide arménien,
programme de 3e ”, posté le dimanche 18 novembre 2012 par J-F Boyer.

Cet article propose une séance d’une heure pour le programme de
3e a propos du génocide arménien. Bonne initiative mais il est
regrettable que la Revue L’Histoire, n° 341, avril 2009, ait été
relayée dans ce cours. Avec, en particulier, l’interview – très
controversée parmi les spécialistes du génocide arménien – de
l’historien Fuat Dundar (p.

8-21). Ce dernier y minimise le génocide arménien, qu’il ne qualifie
d’ailleurs pas en ces termes. Ce n’est pas un hasard si les étonnantes
positions de Fuat Dundar (que l’on avait connu dans un tout autre
registre) sont encensées ou reprises par les sites négationnistes
pro-turcs tels que ” Turquie News ” ou ” Arménologie – Le peuple
arménien, son histoire, ses mŔurs, ses mentalités ”. Avec le nom
de ce site, tous les commentaires sont superflus…

Légende photo: Armenie 1915, Armin Wegner

L’Académie de Dijon

Le génocide arménien, programme de 3e

dimanche 18 novembre 2012 par J-F Boyer

Cet article propose une séance d’une heure pour le programme de 3e
a propos du génocide arménien.

Le génocide arménien

Le peuple arménien a subi un massacre de masse (1915-1916), une
extermination sous la forme d’une déportation (marche de la mort),
en particulier des femmes, des enfants et des vieillards dans des
conditions atroces ayant abouti a la destruction d’une grande partie
de la population. Cette destruction s’est aussi accompagnée de
l’extermination des hommes de moins de 50 ans (exécutions) et la ”
transformation ” (terme de Daniel Goldhagen) puisqu’un certain nombre
d’enfants arméniens ont été placés dans des familles turques pour
être islamisés.

Ce massacre de masse est un acte politique réfléchi et planifié
par les responsables ” jeunes turcs ” au pouvoir (Mehmet Talat et
Ismail Enver). ” Le cahier de Talat Pacha montre l’enregistrement des
Arméniens : ” l’Etat de Talat Pacha est une grande machine a compter
[…] il a, au-dela de son pouvoir politique, les moyens techniques
d’observer, de coordonner et de maîtriser tous les détails de la
déportation ” écrit l’historien turc Fuat Dundan. Il ajoute qu’”
en consultant les documents administratifs qui se trouvent dans les
archives ottomanes, on comprend que Talat Pacha et le gouvernement
savaient parfaitement ce qu’il advenait des Arméniens. On sait que
Talat a ordonné aux gouverneurs de Diyarbakir, le 12 juillet, d’Ankara
le 27 juillet et enfin de toutes les provinces le 29 aoÔt d’arrêter
les massacres. C’est a cette date qu’on trouve pour la première fois
pour en nier l’existence l’expression ” politique d’extermination ”
imha siyaseti ”. Le massacre est bien une décision politique dont les
nombreuses lettres et documents d’archives confirment le caractère
réfléchi. ” Talat explique : ” on a proposé et examiné des
projets et des hypothèses destinés a régler définitivement, de
manière exhaustive et absolue, cette question, qui figure en bonne
place par les sujets vitaux pour l’Etat ” cite D. Goldhagen (page 92).

L’historien turc Taner Akcam rapporte : Morgenthau prit note d’un
autre entretien sur le sujet avec Talât a la date du 3 aoÔt
1915 : ” Talât…m’a affirmé que le comité Union et Progrès
avait soigneusement étudié l’affaire jusque dans le monde
détail et que la politique menée était celle qu’ils avaient
officiellement adoptée. Il ajouté que je ne devais pas imaginer
que les déportations avaient été décidées a la va-vite ; en
réalité, elles étaient le fruit de délibérations prolongées
et minutieuses.. .Ce dont il question…c’est l’élimination des
Arméniens ” (Taner Akcam, Un acte honteux, Folio histoire 2006,
2012, pp. 230-231). Cet historien écrit que ” de nombreux membres
du gouvernement ignoraient la décision génocidaire qui fut,
nous semble-t-il, prise par le parti fin mars et exécutée sous le
couvert du décret gouvernemental de déportation a la fin du mois de
mai. Le gouvernement fut également exclu par principe des opérations
ultérieures ” (p. 231). De même certains gouverneurs ont refusé de
diriger les massacres préférant démissionner ou être remplacés,
sans intervenir pour empêcher ces massacres. ” Certains refusent de
participer a ce massacre. ” Mazhar Bey, révoqué de son poste de
gouverneur d’Ankara, décrit dans sa déposition comment les choses
se sont passées : ” quand j’ai recu du ministère de l’Intérieur
des ordres concernant la déportation d’Arméniens, j’ai fait mine
de ne pas comprendre. Comme vous le savez, d’autres provinces ont
achevé les déportations avant même que j’ai commencé. Et puis,
un jour, Atif Bey est venu me voir et m’a transmis oralement les
ordres du ministère de l’Intérieur exigeant que les Arméniens
soient assassinés pendant la déportation. ” Non, Atif Bey, ai-je
dit, je suis un gouverneur par un bandit, je ne peux pas faire ca,
je préfère quitter mon poste, vous n’avez qu’a venir faire ca
vous-même ” (p. 242).

Cette politique s’inscrit dans le contexte international de la guerre
14-18. Ils profitent de la guerre pour ne pas être dérangés par des
interventions diplomatiques susceptibles de les empêcher de mener
a bien leurs opérations de nettoyage des régions arméniennes et
par les menaces russes de conquête du territoire turc. ” Dans ces
conditions, comme le disait Enver Pacha au consul américain, ” on
ne peut pas se permettre un attaque dans le dos ”, c’est-a-dire en
Anatolie orientale ” (Fuat Dundar). Les ” jeunes turcs ” répondent
aussi aux menaces extérieures (Dardanelles en 1915, attaques russes
dans le Caucase) pour se recentrer sur l’Anatolie et ” renforcer son
caractère musulman et turc, en modifiant la population des régions
majoritairement turque et musulmane ” écrit Fuat Dundar.

La construction d’une nation explique le massacre de masse d’un
peuple. ” Sous couvert de la guerre, les dirigeant turcs décidèrent
d’éliminer leur ” problème arménien ” parce qu’ils considéraient
que les Arméniens constituaient un élément irrémédiablement non
turc qui présentait une menace sécessionniste. Les Turcs brandirent
l’accusation, flagrante de fausseté, que les Arméniens, durant la
Grande Guerre, s’étaient révoltés contre la Turquie et avaient
soutenu l’ennemi russe ; ils s’en servirent pour les ” déporter
”, c’est-a-dire les ramasser et les concentrer, non sans massacrer
rapidement les hommes en âge de porter les armes, avant qu’ils
eussent organisé le départ a pied des populations arméniennes –
ou juste après. Dans un rapport contemporain, le consul américain
a Kharpert explique ce que tout le monde comprenait derrière le mot
de déportation et ce que les Turcs firent des hommes arméniens : ”
s’il s’était simplement agi d’être obligé de quitter le lieu où
l’on se trouve pour aller quelque part ailleurs, cela n’aurait pas
été si terrible, mais tout le monde savait qu’il s’agissait d’aller
vers sa propre mort…Il semble que le système qui est mis en Å”uvre
consiste a poster des bandes kurdes qui les attendent sur les routes,
pour tuer tout particulièrement les hommes, et éventuellement
certains des autres marcheurs. La manŔuvre tout entière semble
conduite au massacre le plus parfaitement organisé et le plus
épouvantable jamais commis dans ce pays ” (Goldhagen, p. 53).

Il est a noter que les Arméniens d’Istanbul n’ont pas fait l’objet
d’une extermination (pour rester discret ? ou minorité mieux
intégrée ?). Fuat Dundar explique que ” pour Istanbul et Edirne
les autorités craignaient d’avoir a expliquer au monde civilisé la
déportation de populations vivant en terre européenne ”.

Une Turquie plus pluraliste n’était pas la vision des dirigeants
politiques. ” Comme l’élimination de masse des Arméniens, de
nombreux autres meurtres de masse de notre temps se déroulant sur
un territoire national découlent de la conviction de ceux qui les
ont perpétrés que la tuerie de masse est un moyen raisonnable pour
détruire une opposition politique, pour prévenir une sécession ou
pour sauvegarder leur pouvoir pour leur existence ” note D.Goldhagen
(p.55). Elle rejoint les motivations différentes de la population
turque dont certains basculent dans l’acte de massacrer ou de fermer
les yeux…

En effet, cette politique est réalisée avec l’accord d’une partie de
la population turque dont les 30 000 Turcs dans les unités spéciales,
d’autres dans l’armée (” Ali Ihsan commandant de la 6e armée de
Mossoul, qui a étudié en Allemagne et parlait parfaitement allemand,
a déclaré en d’innombrables occasions en présence d’Allemands
qu’il ne laisserait pas un seul Arménien en vie dans sa zone de
commandement.

Il prenait plaisir a dire aux officiers allemands qu’il avait tué des
Arméniens de ses propres mains ” (Taner Akcam, p. 256)), les forces
de police et des attaques spontanées de la part des populations locale
” selon l’historien Fuat Dundar. Les ” massacreurs ” selon Goldhagen
sont nourris de préjugés et de haines anciennes, d’inquiétudes,
exaspérés par le désir des Arméniens d’une plus grande autonomie
politique, souhaitent renforcer le caractère musulman et turc du
cŔur de la Turquie anatolienne et sont susceptibles de confisquer
aussi les biens arméniens dans ces régions de l’Anatolie sujettes
selon eux a une moindre obéissance aux gouvernements. Les désirs des
dirigeants se conjuguent avec ceux d’une partie de la population civile
pour réaliser cette politique ” éliminationniste ” pour reprendre
le terme et les idées de Daniel Goldhagen dans son ouvrage Pire que
la Guerre, massacre et génocide au XXe siècle. “Talat n’eut aucun
mal a mobiliser les conceptions éliminationnistes anti arméniennes
préexistantes chez de nombreux Turcs ” (Goldhagen, p. 97). Mais ce
meurtre est réalisé parce que des dirigeants politiques l’ont voulu
et ont ainsi pu activer une partie de la population. ” Avant que
Talat ne prît le pouvoir en Turquie, les Turcs haïssaient largement
les Arméniens et ils avaient même été mobilisés par deux fois
au cours des décennies précédentes pour des orgies de massacre
de masse. Cependant, le gouvernement qui précéda Talat ne choisit
pas de provoquer l’élimination totale des Arméniens, et il ne se
produisit donc aucun programme de meurtre de masse et d’expulsion a
l’échelle nationale alors que c’eÔt été chose aisée. Ce fut la
décision de Talat et d’Enver que de mettre en route un meurtre de
masse et une élimination complète ” écrit D.Goldhagen. Le rôle
des dirigeants est analysé avec soin par Taner Akcam, notamment dans
les pages 167 et suivantes.

D.Goldhagen cite un document de décembre 1914 ou janvier 1915 fruit
d’une réflexion de 5 membres du gouvernement turc dont Talat.

” -1° En s’autorisant des articles 3 et 4 du CUP, interdire toutes
les associations arméniennes, arrêter ceux des Arméniens qui ont,
a quelque moment que ce soit, travaillé contre le gouvernement,
les reléguer dans les provinces, comme Bagdad ou Mossoul, et les
éliminer en route ou a destination.

2° Confisquer les armes.

3° Exciter l’opinion musulmane par des moyens appropriés et adaptés
dans des districts comme Van, Erzeroum ou Adana où il est de fait
que les Arméniens se sont déja acquis la haine des musulmans,
et provoquer des massacres organisés, comme firent les Russes a Bakou.

4° S’en remettre pour ce faire a la population dans les provinces
comme Erzeroum, Van, Mamouret-ul Aziz et Bitlis et n’y utiliser les
forces militaires de l’ordre (comme la gendarmerie) qu’ostensiblement
pour arrêter les massacres ; faire au contraire intervenir ces mêmes
forces pour aider activement les musulmans dans des conscriptions
comme Adana, Sivas, Brousse, Ismit et Smyrne.

5° Prendre des mesures pour exterminer tous les mâles au-dessous
de 50 ans, les prêtres et les maîtres d’école ; permettre la
conversion a l’Islam des jeunes filles et des enfants.

6° Déporter les familles de ceux qui auraient réussi a s’échapper
et faire en sorte de les couper de tout lien avec leur pays natal.

7° En alléguant que les fonctionnaires arméniens peuvent être
des espions, les révoquer et les exclure absolument de tout poste
ou service relevant de l’administration de l’Ã~Itat.

8° Faire exterminer tous les Arméniens qui se trouvent dans l’armée
de la facon qui conviendra, ceci devant être confié aux militaires.

9° Démarrer l’opération partout au même instant afin de ne pas
laisser le temps de prendre des mesures défensives.

10° Veiller a la nature strictement confidentielle de ces instructions
qui ne doivent pas être connues par plus de deux ou trois personnes.

â~Y¦â~Y¦â~Y¦

D. Jonah Goldhagen – Fuat Dundar et Tanek Akcam.

Pour construire cette recherche, j’ai utilisé les propos de trois
historiens. Aussi, voici quelques lignes sur ces derniers et leurs
idées. J’engage ceux qui le souhaitent a lire les ouvrages. Il me
semble d’ailleurs que pour la construction d’un cours la lecture
d’ouvrages récents est nécessaire. On ne peut pas rester uniquement
sur la description d’un fait (par exemple, les Arméniens ont
subi un génocide) : il faut lui donner du sens (signification de
génocide, des raisons, pourquoi massacrer, qui…) ce qui rejoint la
compétence C5.4 : “faire preuve de sensibilité d’esprit critique,
de curiosité”. Bien sÔr, entre le niveau lycée et collège le
sens critique est plus ou moins fouillé…Prendre 1 heure sur le
génocide arménien est important pour avoir une première approche
du mot génocide, mais aussi lancer l’idée d’un continuum de massacre
pendant tout le 20e siècle et réfléchir sur les motivations que nous
reverrons lors de l’étude du génocide provoqué par les Allemands
nazis en étudiant quatre personnes.

D.J.Goldhagen insiste sur le lien entre autorité politique et
population sans que les motivations des uns et des autres soient
les mêmes. ” De la le paradoxe qui confond tant de gens : sans
l’autorité de leurs dirigeants politiques, la majorité écrasante
des tueurs ne lèverait pas le petit doigt pour commencer des actes de
désolation, mais une fois mis en mouvement – et en règle générale,
il suffit de quelques mots d’encouragement et d’autorisation – ils
s’empressent, tous autant qu’ils sont, a savoir les troupes de choc
des régimes éliminationnistes et les membres ordinaires de leur
société (…), de ses vouer, corps et âme, a l’Å”uvre de mort ”
(D. Goldhagen, p. 272).

Daniel Jonah Goldhagen considèrent que ” le meurtre de masse est
un acte politique ” (p. 310). ” La politique éliminationniste,
comme la politique de guerre, est une politique constituée d’actes
délibérés, effectués pour atteindre des résultats politiques,
souvent a des fins ultimes et souvent par désir de redistribution
du pouvoir ” (p. 316).

Par politique éliminationniste, D.Goldhagen rassemble les cinq
principales formes d’élimination : ” transformation, répression,
expulsion, interdiction de reproduction ou extermination ” (p. 26
et suivantes pour comprendre les définitions de ces mots). Par
ce concept créé par l’auteur, ce dernier veut montrer l’ampleur
récurrente des politiques cherchant a éliminer par ces différents
moyens des populations sur tous les continents depuis le début du
XXe siècle (point de départ temporel de son étude). Pour l’auteur,
la suppression totale d’un peuple (génocide) n’est qu’une partie
de la politique éliminationniste menée par les Allemands. Je
cite l’auteur : ” on se méprend même largement sur l’Holocauste
lui-même : ce ne fut pas un événement meurtrier isolé, mais une
partie d’une attaque éliminationniste a large échelle des Allemands
contre les Juifs pour laquelle les Allemands utilisèrent et même
expérimentèrent une grande variété de moyens éliminationistes. Le
programme systématique d’extermination de masse des Allemands,
qui lancé en 1941, devait prendre fin en 1945, ne fut pas de le
début d’un génocide, mais plutôt le point culminant de l’attaque
éliminationniste déja intensive que les Allemands avaient menée
contre les Juifs durant les années 1930 et qui permit l’élimination
des deux tiers des Juifs d’Allemagne au sens strict avant même
que les Allemands n’aient remplacé un ensemble de politiques
éliminationnistes – expulsion, ségrégation, répression et tueries
épisodiques – par la politique éliminationniste la plus mortelle
et finale, l’annihilation totale ” (p. 42). Pour l’auteur, ” il
serait trompeur d’isoler le génocide comme un phénomène distinct ”
(p. 43). Toutefois, D.Goldhagen considère que ” les meurtres de masse
des Allemands peuvent cependant être vus comme emblématiques des
massacres de masse de notre temps. Même si la totalité des meurtres
ne peut pas être imputée aux Allemands, ils furent les tueurs les
plus omnivores de notre époque, exterminant une variété inouïe
de victimes.

Comme ils se sont assuré la conquête des principales zones où
ils avaient projeté leur politique de destruction, ce sont eux qui
ont tué le plus de gens en moyenne par année de tous les régimes
meurtriers de masse. Enfin, les Allemands ont décliné presque la
totalité des aspects de l’élimination de masse et de sa variante
annihilationniste.

[…] C’est par ailleurs l’aspect par lequel l’Holocauste est
réellement singulier qui justifie que l’on considère les massacres
des Allemands comme le moment annihilationniste de masse emblématique
de notre temps et ceux qui les ont perpétrés de la sorte comme les
meurtriers de masse emblématiques : je veux parler de la volonté
sans équivalent de tuer tous les Juifs, jusqu’aux enfants, et non
pas seulement dans leur propre pays, mais aussi dans les autres et
pour finir dans le monde entier ” (pp. 66-67).

Fuat Dundar exprime un point de vue différent avec l’historien
Taner Akcam a propos du génocide arménien. Il l’explique lui-même
dans l’interview accordée a la revue Histoire : ” J’ai quelques
divergences avec Taner Akcam. Selon moi, il n’y a pas eu une décision
de massacre bien antérieure aux faits : je pense, je vous l’ai dit,
que le massacre a été le produit des circonstances ; la conséquence
d’une évolution graduelle des événements, comme l’a vu aussi
Donald Bloxham.

S’il n’y avait pas eu de déportation en février 1915 a Zeytoun,
il n’y aurait pas eu non plus de réaction des Arméniens a Van et
a Istanbul.

S’il n’y avait pas eu la défaite de l’armée ottomane face aux
troupes russes lors de l’offensive menée entre le lac de Van et
Ourmiya, la résistance-rébellion de Van n’aurait pas eu lieu. Si
Van n’était pas tombé aux mains des Russes grâce a cette révolte,
les massacres de masse n’auraient pas eu lieu…

Deuxième point de divergence avec Taner Akcam : je ne pense pas que
le gouvernement a ordonné les massacres mais plutôt qu’il a aidé
les bourreaux ; en quelque sorte, il a eu pour mission d’assurer la
logistique. Pour autant, la déportation n’était ni un prétexte
ni un aspect secondaire, mais une décision meurtrière. Pour
les Jeunes-Turcs, le danger n’était pas l’arménité mais les
déséquilibres démographiques. C’est pourquoi je défends que la
politique de turquification du CUP était – avant tout – une opération
statistique et mathématique. L’arménophobie s’est développée non
pas avant mais après le massacre. Le nationalisme turc ne précède
pas le nationalisme arménien. ”

â~Y¦â~Y¦â~Y¦

Le génocide arménien : chiffre et définition officielle.

Leur existence étant menacé par ce groupe ” différent ”, les
massacreurs en viennent a refuser aux Arméniens toute valeur humaine.

On estime a 1 million de victimes soit un Arménien sur deux
massacrés.

Le massacre cesse lorsque le centre de l’Anatolie est vidé des
Arméniens. Par contre il reprend en 1918 lorsque les Russes perdent
l’Arménie russe… Soulignons aussi que des massacres des Arméniens
et des Grecs avaient déja eu lieu dans les années 1890.

Le terme génocide est défini comme : destruction méthodique
d’un groupe humain auquel est reconnue une différence ethnique
ou prétendument raciale. L’extermination est perpétuée par des
personnes privées, des fonctionnaires ou des hommes d’Etat.

En 1948, l’ONU signe la “Convention pour la prévention et la
répression du crime de génocide”. L’article II précise : “le
génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans
l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national,
ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du
groupe ; b) atteinte a l’intégrité physique ou mentale de membres
du groupe ; c) soumission intentionnelle du groupe a des conditions
d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou
partielle. d) mesures visant a entraver les naissances au sein du
groupe. e) transfert forcé d’enfants du groupe a un autre groupe.”

()

Pour Daniel Goldhagen le concept d’éliminationnisme permet
d’évoquer toutes les formes de destruction pour supprimer des
individus depuis ” l’expulsion, la ségrégation, la répression et
les tueries épisodiques jusqu’a la destruction massive d’un peuple
(génocide). Ce concept permet de prendre en compte les raisons
politiques et économiques qui aboutissent par différents moyens
(déportation, camps…) a détruire des peuples. Ces raisons ne
se retrouvent pas dans la définition de génocide de 1948. (voir
chapitre 1 pp. 26 et suivantes de Goldhagen).

Aussi l’auteur intègre les destructions commises par Lénine,
Staline ou encore Mao. De plus les massacres coloniales par les
Européens ou encore Hiroshima sont inclus dans ce concept. Du coup,
l’auteur insiste sur le fait que ce sont les massacres des peuples qui
scandent l’histoire du 20e siècle. (voir les pp. 275 et suivantes sur
les critiques émises par Goldhagen sur la définition de génocide).

Pour conclure, cette interrogation doit nous faire réfléchir :
” Qui après tout parle encore aujourd’hui de l’extermination des
Arméniens ?

Adolf Hitler en 1939 a la veille de l’attaque contre la Pologne et au
moment de lancer son programme pour éliminer les malades mentaux ”
(cité par D.Goldhagen).

Nota CVAN :

Fuat Dundar, ancien publicitaire de Turquie reconverti dans
la recherche historique en France, a la particularité d’avoir
bénéficié, au cours de ses études, de l’aide et des conseils
de l’historien Raymond H. Kévorkian, tout comme ceux de Hamit
Bozarslan qui a dirigé sa thèse de doctorat en Histoire. Celle-ci,
intitulée ” L’ingénierie ethnique du Comité Union et Progrès
et la turcisation de l’Anatolie (1913-1918) ” a été soutenue le
22-12-2006 a l’EHESS.

Fuat Dundar a été l’un des pionniers en France du concept très
pertinent et très novateur d’ingénierie démographique. Le jeune
chercheur a peut-être estimé par la suite – et c’est son droit –
qu’il favoriserait davantage sa carrière en donnant des gages a ceux
qui nient ou minimisent le génocide arménien… Le numéro de la
Revue Histoire dont s’est inspiré l’enseignant qui vient de mettre
en ligne ce cours sur le génocide arménien, avait suscité en 2009
de nombreuses réactions dont celle d’Ara Toranian sur Armenews .

Retour a la rubrique

Source/Lien : L’Académie de Dijon

From: A. Papazian

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=69107
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1623
www.collectifvan.org

Les Detenus Kurdes Cessent Leur Greve De La Faim En Turquie

LES DETENUS KURDES CESSENT LEUR GREVE DE LA FAIM EN TURQUIE
Stephane

armenews.com
mercredi 21 novembre 2012

Un mouvement collectif de grèves de la faim des detenus kurdes s’est
termine dimanche après que le chef kurde emprisonne Abdullah Ocalan a
publie la veille un message a ses partisans pour qu’ils cessent leur
protestation qui durait depuis 68 jours.

“Nous prenons en consideration l’appel d’Abdullah Ocalan et mettons
fin a notre action a partir du 18 novembre”, a declare depuis la
prison un representant des militants en grève, Deniz Kaya, a l’agence
pro-kurde Firatnews.

C’est son frère Mehmet, après l’avoir rencontre samedi, qui a publie
le meme soir une declaration ecrite relayant les vux du chef du PKK.

“Cette action a atteint son objectif. Je veux qu’ils mettent fin a
leur action sans tarder et sans aucune hesitation”, a dit Ocalan,
selon ce document.

Depuis le 12 septembre, d’abord un groupe d’une soixantaine de detenus
puis ensuite plus de 700 prisonniers kurdes ont cesse de s’alimenter
dans des dizaines de prisons du pays pour obtenir la fin de l’isolement
d’Ocalan et l’amelioration du sort de la minorite kurde, notamment
la reconnaissance de leur langue.

Ce mouvement, qui aurait pu deboucher sur la mort de certains
grevistes, notamment ceux du premier groupe, de l’avis de medecins,
mettait le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre,
Recep Tayyip Erdogan, dans l’embarras et risquait de raviver la
tension dans le sud-est, majoritairement kurde, du pays.

Abdullah Ocalan, 62 ans, est emprisonne a Imrali, une île de la mer
de Marmara (nord-ouest), depuis son arrestation en 1999.

Le PKK, considere comme une organisation terroriste par Ankara,
les Etats-Unis et l’Union europeenne, est tenu par la Turquie pour
responsable de la mort de plus de 45.000 personnes depuis qu’il a pris
les armes il y a près de 30 ans pour obtenir un statut d’autonomie
pour les Kurdes de Turquie.

Le Parti de la paix et de la democratie (BDP, pro-Kurde) a apporte
son appui a la consigne d’arreter la grève de la faim lancee par
Abdullah Ocalan.

“Les grevistes ont cesse leur mouvement depuis ce matin (dimanche).

Certains d’entre-eux seront hospitalises”, a indique la co-presidente
de cette principale formation pro-kurde de Turquie, Gulten Kisanak,
citee par l’agence Anatolie.

Le gouvernement du Parti de la justice et du developpement (AKP) a
fait la semaine dernière un geste pour tenter d’enrayer cette vague
de protestation en faisant deposer un projet de loi autorisant les
Kurdes a se defendre dans leur langue maternelle devant les tribunaux.

Le projet doit etre vote cette semaine au Parlement où l’AKP est
majoritaire.

La proposition autorise un detenu kurde a faire usage de sa langue
maternelle pour se defendre dans les tribunaux”.

Cette decision a ete jugee insuffisante dans un premier temps par
les militants de la cause kurde, qui reclamaient d’abord la fin de
l’isolement impose a Ocalan interdit de rencontrer depuis plus d’un
an et demi ses avocats.

La facon dont s’est terminee le mouvement illustre egalement la
position de force d’Ocalan qui reste malgre son emprisonnement un
acteur incontournable dans le conflit kurde en Turquie.

– Erdogan inflexible –

M. Erdogan a joue pendant tout le mouvement la carte de la fermete
et a exclu de ceder a ce qu’il a appele le “show” des grevistes
de la faim. “Notre gouvernement ne cèdera pas au chantage”, a-t-il
notamment martele, menacant d’alimenter par la force les militants
les plus affaiblis.

Neanmoins, Ocalan a pris la decision de faire cesser la vague de
protestation après trois rencontres a Imrali avec des responsables
des services secrets turcs (MIT), a rapporte le journal Radikal.

La poursuite du mouvement aurait aussi eu des consequences nefastes
sur l’image de la Turquie a l’etranger.

Depuis son arrivee au pouvoir en 2002, le gouvernement
islamo-conservateur a fait progresser les droits culturels des Kurdes.

Ce mouvement de contestation dans les prisons, le premier auquel il
est confronte, est intervenu alors que les combats font rage entre
l’armee et le PKK dans tout le sud-est du pays.

Cinq soldats et quatre rebelles ont ete tues dans des combats survenus
tôt dimanche dans une zone rurale de Semdinli (province de Hakkari),
a annonce le gouvernorat local.

Les grèves de la faim sont une pratique des organisations
d’extreme-gauche et kurdes et ont fait plus d’une centaine de morts
entre 1996 et 2007.

mercredi 21 novembre 2012, Stephane ©armenews.com

From: A. Papazian

Un Elu Local Kurde Tue Par Des Rebelles, L’armee Perd Une Base Dans

UN ELU LOCAL KURDE TUE PAR DES REBELLES, L’ARMEE PERD UNE BASE DANS LE NORD
Stephane

armenews.com
mercredi 21 novembre 2012

Un elu local kurde a ete tue lundi lors de violents combats qui oppose
rebelles et forces kurdes dans la ville de Ras al-Aïn, a majorite
kurde, dans le nord-est de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des
droits de l’Homme (OSDH).

“Le chef de l’adminitration locale kurde Abed Khalil a ete tue par un
franc-tireur qui se trouvait dans les positions rebelles”, a affirme
a l’AFP le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Ces responsables locaux ont ete elus par la population après le depart
des autorites gouvernementales des regions a majorite kurde.

Les accrochages ont suivi une manifestation kurde demandant aux
rebelles non-originaires de la ville de partir. Ces derniers ont
refuse et ont attaque des combattants kurdes presents a un barrage.

les affrontements ont fait neuf blesses de part et d’autre, selon
l’OSDH.

Les combattants kurdes appartiennent au Comite de protection du peuple
kurde (YPG), bras arme du Parti de l’Union democratique kurde (PYD),
la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (rebelles
kurdes en Turquie). Ils sont accuses par les rebelles de faire le
jeu du regime.

Par ailleurs, le sous-prefet du district de Nabak, au nord de Damas,
a ete abattu lundi dans la ville du meme nom, selon l’OSDH. Le
general Abdallah Darawi, qui administrait cette region de 100.000
habitants, a ete tue par des rebelles ainsi que quatre policiers
qui l’accompagnaient. Ce district est contrôle par l’armee mais les
accrochages sont nombreux avec l’Armee syrienne libre (ASL).

Dans la region d’Alep, selon une source militaire, la base 46 est
totalement tombee aux mains des rebelles dimanche soir. “L’attaque
a ete d’une très grande ampleur. Ils ont utilise des chars et tire
des mortiers et des missiles ce qui a oblige l’armee a se retirer
progressivement”, a indique cette source militaire.

Le camp qui s’etend sur 12 km2 est situe a l’ouest d’Alep.

La source a precise que “les soldats ont d’abord combattu dans
les maisons près de la base mais quand ils ont vu l’importance de
l’offensive ils se sont divises en plusieurs groupes pour gagner Alep
ou rejoindre la base la plus proche”. “Il y a eu des blesses parmi
les soldats et d’autres ont ete captures”, a-t-elle dit a l’AFP.

“C’est a partir de cette base que les forces du regime bombardaient la
region environnante”, a precise l’OSDH. Ce camp etait assiege depuis
deux mois et l’aviation le bombardait pour empecher son utilisation
par les rebelles.

Des bombardements ont vise en outre la capitale et sa banlieue a
l’aube, ont indique les comites de coordination (LCC) qui ont font
etat de tirs a l’artillerie contre la localite d’al-Jissrein et Saqba.

Des violents echanges de tirs ont egalement ete entendus dans la
nuit place des Abbassides en plein coeur de Damas alors que le
camp de refugies palestiniens Yarmouk, dans le sud, a ete la cible
de bombardements, selon les LCC, qui animent la contestation sur
le terrain.

Dans la region côtière de Lattaquie (ouest), des combats se sont
concentres autour d’un poste frontière avec la Turquie, dans le village
de Kassab que les rebelles veulent reprendre aux forces regulières, a
indique l’OSDH, une organisation basee au Royaume-Uni et qui s’appuie
sur un reseau de militants et de sources medicales dans les hôpitaux
civils et militaires.

mercredi 21 novembre 2012, Stephane ©armenews.com

From: A. Papazian

Meme Pas Un Crime Contre L’humanite ?

MEME PAS UN CRIME CONTRE L’HUMANITE ?
Stephane

armenews.com
mercredi 21 novembre 2012

Ne peut-on reprendre la qualification des incidents qui se sont
produits au cours de la deportation des Armeniens, telle qu’elle etait
faite en 1919 ? “Il n’y a rien eu dans notre histoire qui ressemble
a un genocide. Il nous est impossible de le reconnaître”. Cette
declaration a ete repetee par le premier ministre a la suite de
l’approbation par le Parlement francais d’une loi relative aux
Armeniens. Cette position officielle suggère d’une part : “Ouvrons
nos archives et laissons les historiens decider”, et d’autre part,
“cela n’est jamais arrive”. La notion de genocide n’existait pas en
1915. A la place, le terme ” crime contre l’humanite” a ete employe
pour la première fois dans le monde en 1915. Le 24 mai 1915, la France,
le Royaume-Uni et la Russie qui etaient en guerre contre l’Empire
Ottoman firent une declaration commune : “depuis a present un mois,
les populations turques et kurdes d’Armenie massacrent les Armeniens
ensemble et souvent avec l’assistance des agents du Gouvernement
Ottoman. De tels massacres ont eu lieu autour de la mi-avril a
Erzeroum, Teran, Egin, Bitlis, Mouch, Sassoun, Zeitoun, et a travers
la Cilicie. La population entière de près de 100 villages autour de
Van a ete assassinee. Le quartier armenien de Van est assiege par les
Kurdes. En outre, le Gouvernement Ottoman a fait subir a Istanbul des
mauvais traitements a la population armenienne inoffensive. Au regard
de ces nouveaux crimes que la Turquie commet contre l’humanite et la
civilisation, les Etats Allies declarent publiquement a la Sublime
Porte [Bab-i Ali] que tous les membres du Gouvernement Ottoman et
ceux de ses agents qui sont impliques dans ces massacres seront tenus
personnellement responsables de ces crimes”. En reponse a cela, le 27
mai, le gouvernement Union et Progrès [Ittiyat ve Terakki] vota la loi
de Deplacement et Installation [Sevk ve Iskan], et ecrivit une reponse
le 4 juin a la declaration. La reponse soutenait que “les mesures
n’etaient en aucune facon contre les Armeniens, que les Armeniens
n’avaient en rien trouble l’ordre public, et que les Armeniens ne
faisaient l’objet d’aucune mesure generale d’aucune sorte ! “. En
d’autres termes, le gouvernement Union et Progrès ne disait nullement
le 4 juin, que les “Armeniens nous ont poignardes dans le dos”. Il
avait cependant commence a s’interesser de près aux biens abandonnes
suivant le protocole du 30 mai du Conseil Ottoman des Ministres
[Meclis-i Vukela] et l’ordonnance du 30 mai. La loi de deportation
contre les Armeniens ottomans, en d’autres termes, la decision que
le Gouvernement Ottoman avait adoptee contre ses propres citoyens et
mise en pratique de facon sanglante amena pour la première fois de la
notion de “crime contre l’humanite” pour la première fois. Avant cela,
la Convention de la Haye qui avait ete ratifiee en 1907 comporte le
terme “crime de guerre”. Plus tard, le terme “crime contre l’humanite”
a ete defini la première fois dans les statuts constitutifs des procès
de Nuremberg comme actes de massacre, annihilation, soumission a
l’esclavage, deportation… et avait ete defini une nouvelle fois en
detail dans l’article 7 du Traite de Rome, qui etablissait la Cour
Penale Internationale. En decembre 1918, des tribunaux de guerre
[Divan-i Harbi Orfi] commencèrent a etre installes dans l’Empire
Ottoman pour enqueter directement sur les crimes du genocide des
Armeniens. Certains protocoles et decisions de ces tribunaux ont
ete relates dans les journaux de l’epoque. Ceux-ci ont ete recemment
compiles et publies par Vahakn Dadrian et Taner Akcam (Deportations
et Assassinats, minutes des Tribunaux de Guerre, Publications de
l’Universite Bilgi, 2008). Les qualifications des procureurs dans
les audiences du tribunal principal contre l’Union et Progrès ne
permettent pas l’emploi de l’argument ” de tels incidents ne ses ont
jamais produits dans notre histoire”. Dans le cas le plus important,
les faits sont decrits de la facon suivante : “massacre, pillage de
biens et d’argent, incendie de constructions et de personnes, viols,
torture, et harcèlement indecent…” Le meme constat apparaît dans
beaucoup de jugements : “comme c’est le premier devoir des agents
de l’etat, les preceptes de notre Saint Islam et des lois et decrets
ottomans nous stipulent que l’honneur et la personne des citoyens de
toutes les nations sans discrimination doivent etre proteges contre les
menaces et les violations…” Par exemple, l’accusation contre Kemal,
le Gouverneur du District de Bogazliyan est très clair : “en infraction
avec le droit des personnes, depouille de leur argent et de leurs
valeurs toutes les personnes qui constituaient les convois d’Armeniens
emigres par la force, y compris les femmes et petits enfants et jeunes
filles sans defense, au mepris des exceptions prevues dans les ordres
officiels…” et “permettant que soient perpetrees des atrocites
premeditees et commises en attachant les mains des hommes les privant
de la sorte de leur droit de se defendre eux-memes”. Les decisions
du tribunal de Yozgat comportent les compte rendus de temoins et des
documents qui confirment au-dela du doute qu’ “il a cause le pillage
et le depouillement et des assassinats qui sont en rupture avec les
valeurs de l’humanite et de la civilisation et qui sont consideres
comme des crimes majeurs en regard des lois de l’Islam”. En outre,
le jugement enonce : “il est etabli que l’accuse estime naturel et
necessaire que tous les Musulmans fassent des massacres contre la
nation armenienne. Le gouverneur de district de Bagazliyan qui a ete
execute pour ces crimes a ete declare par la suite heros national ! Ne
peut-on reprendre la qualification des incidents qui se sont produits
au cours de la deportation des Armeniens, telle qu’elle etait en 1919
? Cela non plus ne se serait-il pas passe au cours de notre histoire ?

Traduction Gilbert Beguian

mercredi 21 novembre 2012, Stephane ©armenews.com

From: A. Papazian

Court To Hear The Case Of Unique Books’ Robbery From Armenian Nation

COURT TO HEAR THE CASE OF UNIQUE BOOKS’ ROBBERY FROM ARMENIAN NATIONAL LIBRARY

tert.am
20.11.12

The trial of robbery case of 1800-1900 publications, 150 units of
different Russian books costing 7.5 million drams will continue at
Yerevan court today.

Seven citizens of Georgia and Armenia are passing the trial, another
person is in wanted list.

Three of the defendants are police officers. During the 2010-2011
they periodically entered illegally the Armenia’s National Library’s
store and stole books.

From: A. Papazian

Man Found Dead In Artashat Main Canal

MAN FOUND DEAD IN ARTASHAT MAIN CANAL

tert.am
20.11.12

The dead body of a middle-aged man was found in the Artashat Main Canal
(Yerevan’s Arshakunyats Avenue) on Monday afternoon.

According to the Ministry of Emergency Situations, the rescue team,
which went to the scene after receiving the report, pulled out the
body of a 45-50-year-old unidentified man from the Canal and handed
it to the police.

From: A. Papazian