Les =?UNKNOWN?Q?chr=E9tiens?= d’Irak =?UNKNOWN?Q?=28ENCADRE=29?=

Agence France Presse
16 octobre 2004 samedi 9:04 AM GMT

Les chrétiens d’Irak (ENCADRE)

BAGDAD 16 oct

Les chrétiens d’Irak représentent environ 3% de la population, soit
quelque 700.000 personnes sur un total de 24 millions d’Irakiens,
majoritairement musulmans chiites et sunnites.

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003, leurs
églises ont été visées par deux séries d’attaques. Quatre attentats à
Bagdad et deux à Mossoul (nord) avaient fait au moins 10 morts et 50
blessés en août dernier. Samedi, des bombes artisanales ont explosé
près de cinq églises de Bagdad, sans faire de victime.

La Constitution provisoire irakienne, qui a été signée en mars,
garantit “la liberté de toutes les religions”. L’article 7 indique
que “l’islam est la religion officielle de l’Etat et une source de la
législation”.

“Cette Constitution respecte l’identité islamique de la majorité de
la population irakienne, tout en garantissant la liberté totale de
toutes les autres religions et de leurs pratiques religieuses”.

La Constitution de juillet 1970 garantissait la liberté de religion
et prohibait toute discrimination religieuse.

Elle reconnaissait d’autre part que le peuple d’Irak est composé de
“deux nationalités principales”, arabe et kurde, et d'”autres
nationalités”, dont les droits étaient considérés comme légitimes. En
décembre 1972, la direction du parti Baas alors au pouvoir avait
précisé par décret qu’il s’agissait des Assyriens, des Chaldéens et
des Syriaques.

Les Chaldéens, qui représentent avec leurs 600.000 membres la
majorité des chrétiens d’Irak, forment une communauté catholique de
rite oriental. L’Eglise chaldéenne est issue de la doctrine
nestorienne à laquelle elle a renoncé au XVIème siècle tout en
conservant ses rites. L’ex vice-Premier ministre Tarek Aziz,
aujourd’hui détenu, est le plus connu des Chaldéens.

Les Assyriens, qui seraient environ 50.000, sont les chrétiens qui
sont restés fidèles à la doctrine nestorienne. L’Eglise nestorienne
était entrée en dissidence en l’an 431 après le concile d’Ephèse,
affirmant qu’il y avait deux personnes distinctes dans le Christ: une
nature humaine et une nature divine et non pas une seule personne
ayant à la fois la nature humaine et la nature divine, comme
l’affirment les catholiques.

L’Irak compte aussi des Syriaques catholiques et orthodoxes, des
Arméniens catholiques et orthodoxes et, depuis une époque plus
récente (Mandat britannique) des protestants et des catholiques de
l’Eglise latine.

De nombreux chrétiens irakiens parlent encore l’araméo-syriaque, la
langue du Christ. Dans les années 1970, des revues culturelles
bilingues (arabe-syriaque) ont été publiées et des programmes
d’expression araméenne ont fait leur apparition à la radio et à la
télévision.

Dans le Kurdistan (nord), les chrétiens sont au nombre de 150.000
environ, majoritairement chaldéens.

Les chrétiens sont représentés par un seul ministre au gouvernement
intérimaire d’Iyad Allaoui, auquel la coalition dirigée par les
Etats-Unis a remis le pouvoir le 28 juin.

La pauvreté et les guerres ont conduit depuis le début des années
1980 de nombreux chrétiens à quitter l’Irak. Près d’un demi-million
sont partis depuis une quinzaine d’années.

Israel: Graves problemas de tolerancia entre cristianos y=?UNKNOWN?Q

UPI LatAm
October 14, 2004 Thursday 10:30 AM EST

Israel: Graves problemas de tolerancia entre cristianos y judíos

JERUSALEN, Israel, Octubre 14

Los cristianos en Jerusalén dicen estar molestos por el trato que
reciben por parte de los judíos ultra ortodoxos, informó hoy el
Telegraph.

Uno de los últimos incidentes ocurrió en la Ciudad Vieja de
Jerusalén, cuando un estudiante de religión escupió un crucifijo de
un obispo armenio en las cercanías del Sepulcro Sagrado, el sitio
donde ocurrió la crucifixión de Jesús.

El Obispo Nourhan Manougian, golpeó al estudiante motivo por el cual
se armó una reyerta que terminó con el medallón del siglo XVII roto.
El estudiante fue enjuiciado por este hecho.

En una entrevista a un diario israelí, Manougian exigió que los
líderes israelíes tomaran cartas en el asunto con respecto a la ola
de abusos que según lo señalado por el prelado ha ido en constante
aumento.

“Cuando ocurre algún ataque a un judío en cualquier parte del mundo,
el gobierno israelí se enfurece, por lo tanto, si ocurren ataques a
nuestra religión deberían tomar medidas más drásticas”, enfatizó el
obispo.

Además, agregó que “la policía no toma en cuenta las humillaciones
que sufrimos a diario”.

Daniel Rossing, ex consejero del ministerio de Asuntos Religiosos de
Israel y director del Centro de Diálogo Judío-Cristiano, confirmó que
se había reportado un aumento en el número de estos incidentes en la
Ciudad Antigua.

Turquie/UE: pas une question religieuse =?UNKNOWN?Q?=28Conf=E9rence?

Agence France Presse
14 octobre 2004 jeudi

Turquie/UE: pas une question religieuse (Conférence des églises européennes)

PARIS 14 oct 2004

La Conférence des Eglises européennes estime que l’adhésion de la
Turquie à l’Union européenne n’est pas une question de différences
religieuses, mais soulève la “question très préoccupante de la
situation des minorités chrétiennes”, selon une déclaration reçue
jeudi.

“Pour les Eglises, l’adhésion de la Turquie à l’UE n’est pas une
question de différences religieuses”, estime cette organisation qui
rassemble 126 églises d’Europe appartenant aux confessions
anglicanes, orthodoxes, protestantes et vieille catholique.

“A terme, l’entrée de la Turquie dans l’Union pourrait même avoir des
répercussions positives sur la bonne évolution des relations entre
les diverses religions et cultures en Europe et pourrait constituer
la pierre d’angle d’un pont entre les mondes chrétien et musulman”,
selon le texte.

“Pour nous, l’accession de la Turquie correspond à une certaine
vision de l’Europe”, a indiqué à l’AFP le président de la Conférence
des Eglises européennes, le pasteur Jean-Arnold de Clermont,
également président de la Fédération protestante de France (FPF).

“Les églises orthodoxe, protestante, catholique, arménienne ne sont
pas respectées, elles n’ont même pas d’existence légale en Turquie”,
ajoute le pasteur de Clermont. “Toutes ces églises demandent
l’accession de la Turquie dans l’UE car si l’Europe ne baisse pas
pavillon ce sera avec les critères de Copenhague donc le respect des
minorités religieuses”.

“On ne peut faire fi de la question du génocide arménien”,
poursuit-il, “la Turquie a un passé de relations difficiles avec
l’Europe, il faut qu’elle accepte que l’on relise notre histoire
ensemble”.

Fabius =?UNKNOWN?Q?=E9num=E8re?= les raisons de son opposition=?UNKN

Fabius énumère les raisons de son opposition à l’adhésion de la Turquie

Agence France Presse
14 octobre 2004 jeudi

PARIS 14 oct 2004

L’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a énuméré jeudi
devant la presse les raisons de son opposition à une adhésion de
la Turquie à l’Union européenne, estimant que le débat en cours à
l’Assemblée sur ce sujet allait “décevoir tout le monde”.

Laurent Fabius, qui ne faisait pas partie des orateurs du PS pour
ce débat sur la candidature de la Turquie, s’est exprimé dans les
couloirs de l’Assemblée au moment où dans l’hémicycle le président
du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault prenait la parole, juste après
le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Estimant qu’un “débat sans vote” n’avait “pas grand sens”, il a
critiqué la déclaration de M. Raffarin, en faisant valoir qu’il
attendait du chef du gouvernement qu’il “clarifie la position de la
France”. “En fait, ce qu’il nous a dit c’est: l’histoire tranchera”,
a-t-il poursuivi avant d’énumérer les raisons de son hostilité à une
adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Pour lui, la “meilleure formule, c’est le partenariat. D’abord parce
que la Turquie n’est pas un pays qui remplit tous les critères
démocratiques; la Turquie n’a pas reconnu le génocide arménien;
la Turquie traite mal un certain nombre de minorités et la Turquie,
pour une part, n’est pas géographiquement en Europe”.

Laurent Fabius a également relevé que “la Turquie, par son poids
de population, représenterait 20% de droits de vote de plus que
la France”. Il a souligné aussi que “les dispositions financières
(européennes) étaient telles que si la Turquie adhérait à l’Europe,
la France ne pourrait plus bénéficier pour ses régions de crédits”.

From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Hollande: Raffarin est =?UNKNOWN?Q?=22rest=E9?= dans le flou,dans le

Agence France Presse
14 octobre 2004 jeudi

Hollande: Raffarin est “resté dans le flou, dans le vague”

PARIS 14 oct 2004

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a accusé jeudi
Jean-Pierre Raffarin d’être “resté dans le flou, dans le vague” lors
de sa déclaration à l’Assemblée sur la candidature de la Turquie à
l’Union européenne.

Il n’y a pas eu de “véritable débat parce que le Premier ministre n’a
pas pris de position sur le sujet”, a affirmé M. Hollande dans les
couloirs de l’Assemblée, peu après la déclaration de M. Raffarin.

Le chef du gouvernement “est resté dans le flou, dans le vague, sur
la position qui sera défendue par le président de la République au
mois de décembre (ndr: le 17 décembre lors du sommet européen qui
doit se prononcer sur l’ouverture de négociations avec Ankara) et sur
la démarche du gouvernement”, a-t-il ajouté.

Selon lui, M. Raffarin est confronté à “une difficulté”, car “il n’a
pas de majorité” sur ce dossier.

Au contraire, a-t-il ajouté, les socialistes disent “clairement qu’il
faut poursuivre la négociation avec la Turquie, poser des conditions
strictes, notamment sur les droits de l’homme, la démocratie, la
reconnaissance du génocide arménien, et ouvrir les deux options,
celle de l’adhésion ou celle du partenariat renforcé”.

“Je constate aujourd’hui que c’est le Parti socialiste qui a fait
l’effort de clarification quand le gouvernement est resté sur la
confusion et l’ambiguïté”, a conclu M. Hollande.

Mamere, pour l’adhesion de la Turquie, vilipende la classe politique

Agence France Presse
14 octobre 2004 jeudi

Mamere, pour l’adhesion de la Turquie, vilipende la classe politique

PARIS 14 oct 2004

Le député Vert de Gironde Noël Mamère a défendu jeudi à l’Assemblée
l’adhésion de la Turquie à l’UE en vilipendant ceux qui veulent
“instrumentaliser une religion pour des nécessités de politique
intérieure, d’arrangement entre partis ou au sein des partis”.

Dans les couloirs de l’Assemblée avant qu’il ne prenne la parole dans
l’hémicycle dans le cadre du débat sur la candidature de la Turquie à
l’UE, M. Mamère a estimé que les réticences de la classe politique à
cette adhésion étaient “l’expression des peurs de notre pays” et
traduisaient “la tendance des hommes politiques aujourd’hui à surfer
sur l’opinion”.

“Je trouve qu’on est en train d’instrumentaliser une religion pour
des nécessités de politique intérieure, d’arrangement entre partis ou
au sein des partis”, a-t-il dit.

Il a relevé en outre qu’il “n’entendait pas les hommes politiques
crier, pleurer” contre des pays comme “l’Irlande ou le Portugal qui
condamnent toujours l’avortement”. “C’est sans doute parce qu’ils
sont blancs, d’éducation judéo-chrétienne et qu’ils font partie du
club”, a-t-il dit.

Défendant la position des Verts, M. Mamère a fait valoir que la
Turquie était “déjà dans l’Europe”. “Son histoire la conduit à nous
rejoindre et si nous voulons défendre un modèle d’une Europe
multiculturelle ouverte sur son Sud et la Méditerranée, d’une Europe
qui favorise la démocratisation de l’islam, la démocratisation d’un
certain nombre de pays (…) nous avons besoin de la Turquie pour
renforcer l’Europe”.

Pour autant, il a estimé que ce pays devait “faire des efforts”,
notamment sur la “question des minorités kurdes, le génocide
arménien, les prisonniers politiques”.

Barnier annonce un nouveau debat a l’Assemblee apres sommet du 17dec

Agence France Presse
14 octobre 2004 jeudi

Barnier annonce un nouveau débat à l’Assemblée après sommet du 17 décembre

PARIS 14 oct 2004

Le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, a annoncé jeudi
à l’Assemblée qu’un nouveau débat parlementaire sur la candidature de
la Turquie à l’Union européenne serait organisé après le Sommet
européen du 17 décembre qui doit se prononcer sur l’ouverture de
négociations avec Ankara.

Répondant à un “souhait” formulé par l’ancien Premier ministre
Edouard Balladur, lors du débat organisé jeudi à l’Assemblée, M.
Barnier a déclaré qu'”il y aura après le Conseil européen du 17
décembre un débat durant lequel le gouvernement rendra compte de ce
qui s’est précisément passé”.

M. Barnier n’a cependant pas évoqué l’hypothèse d’un vote, demandé
par M. Balladur.

Le ministre a ajouté qu’il devait “y avoir à chaque étape de cette
négociation, si elle est ouverte, une information régulière du
Parlement”. En revanche, il ne s’est pas “engagé sur le contenu de la
question référendaire” qui devrait être posée aux Français à l’issue
de la négociation, précisant qu’elle “dépendra de son résultat”.

Défendant l’ouverture des négociations avec la Turquie, M. Barnier a
déclaré qu’on “ancrera ce pays dans le camp européen (…) en lui
donnant la possibilité de prouver qu’il sera un jour capable de
partager avec nous ce projet de démocratie et de civilisation qu’est
le projet européen”.

Le ministre a toutefois souligné que “la question de la présence des
forces turques dans le nord de Chypre devra être réglée” au cours de
ces négociations. Concernant le génocide arménien, il a estimé que
“la Turquie devra faire son travail de mémoire à l’égard de sa propre
histoire”.

Enfin, réagissant à des propos de l’ambassadeur de Turquie à Paris
parus dans la presse, M. Barnier a dit que ce dernier avait “tort de
considérer qu’il y aurait chez nous une sorte de délire”, ajoutant
qu’il y avait “simplement le désir de parler, de comprendre, de
débattre” et, “pour notre peuple, de décider lui-même de l’avenir et
des limites de l’Union européenne”.

Turquie : les deputes opposent un << partenariat privilegie >> al’ad

Turquie : les deputes opposent un << partenariat privilegie >> a l’adhesion

Les Echos , France
15 octobre 2004

C. CO. ET F. F.

Le débat est resté maîtrisé. Après avoir exigé et obtenu, à défaut de
vote, un débat à l’Assemblée sur la question très sensible de
l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, François Bayrou a
choisi l’apaisement. Alors que les deux grandes formations politiques
(l’UMP et le PS) sont toutes d’eux très divisées, le président de
l’UDF, qui a toujours été hostile à l’entrée de la Turquie, a
esquissé une solution de compromis : pourquoi Jacques Chirac ne
demanderait-il pas à ses partenaires européens le 17 décembre que les
négociations avec la Turquie débouchent sur deux options, « une
adhésion ou un partenariat privilégié » ?

Sur le fond, l’UMP comme le PS sont d’accord : l’idée d’un
partenariat privilégié serait la meilleure façon de se tirer du
guêpier. Dénonçant une sorte de « fuite en avant » sur la question
turque, Edouard Balladur, le président UMP de la commission des
Affaires étrangères, a plaidé en ce sens, en demandant que les
Français aient effectivement le choix lorsqu’ils auront à se
prononcer, dans quelques années, par référendum. Bernard Accoyer, le
président du groupe UMP à l’Assemblée, a été encore plus explicite :
« Oui à l’ouverture de négociations avec Ankara pour aboutir à un
partenariat privilégié », a-t-il lancé hier. Il faut dire que l’UMP a
été gagnée ces derniers jours par un vent de panique, la position
officielle de l’exécutif – non à l’entrée de la Turquie, mais oui à
l’ouverture de négociations – paraissant illisible à bon nombre
d’élus, de plus en plus intéressés par les positions de François
Bayrou. Dominique Paillé et Nicolas Dupont-Aignan ont rappelé hier
combien la position chiraquienne leur paraissait intenable. Face à
cette fronde, la porte-parole de l’UMP, Valérie Pécresse, a été
jusqu’à proposer hier sur Europe 1 un report des négociations avec
Ankara en 2006. Une façon de déminer le terrain avant le référendum
sur la Constitution européenne prévu l’année prochaine.

Noël Mamère se démarque

A gauche, l’idée d’un partenariat privilégié a le mérite de
rapprocher les points de vue de ceux qui, comme Laurent Fabius,
refusent catégoriquement l’entrée de la Turquie dans l’Union et ceux
qui, comme Jean-Marc Ayrault, estiment que « claquer la porte devant
la Turquie serait interprété comme un manquement de la parole de
notre nation ». Hier, le président du groupe socialiste a convenu que
la meilleure solution serait de laisser ouvertes, pendant les
négociations, les deux options possibles (l’adhésion ou le
partenariat privilégié). Il a également reconnu que, pour l’heure, la
Turquie ne pouvait pas entrer dans l’Union non seulement parce
qu’elle ne satisfaisait pas aux critères d’adhésion, mais parce que
l’Europe avait besoin au préalable de digérer ses élargissements
successifs : « L’urgence est de retrouver la confiance des peuples »,
a-t-il lancé.

Plus radical, Laurent Fabius a énuméré dans les couloirs toutes les
raisons qui lui font refuser l’entrée de la Turquie dans l’Union : «
Elle ne remplit pas tous les critères démocratiques ; elle n’a pas
reconnu le génocide arménien ; elle traite mal un certain nombre de
minorités et, pour une part, elle n’est pas géographiquement en
Europe. » En outre, « son poids de population représenterait 20 % de
droits de vote de plus que la France ».

Dans ce choeur de sceptiques, seul le Vert Noël Mamère s’est démarqué
: il a vigoureusement défendu l’adhésion de la Turquie, en estimant
que les réticences de la classe politique étaient « l’expression des
peurs de notre pays » et traduisaient « la tendance des politiques à
surfer sur l’opinion ».

Jean-Pierre Raffarin a écouté attentivement tous les débats, mais
sachant que sur ce sujet c’est le président de la République qui
décide souverainement, il a préféré laisser ouvertes toutes les
options : « L’avenir n’est pas écrit » entre une adhésion de la
Turquie, un partenariat renforcé ou le statu quo actuel, a-t-il
indiqué en rappelant qu’il appartiendrait en tout état de cause aux
Français de trancher. Michel Barnier, le ministre des Affaires
étrangères, a lui précisé que le Parlement serait consulté à chaque
étape de la négociation, et notamment après le 17 décembre.Les
déclarations du chef de l’Etat22 novembre 2002. Au sommet de l’Otan à
Prague, Jacques Chirac affirme que « la Turquie a toute sa place dans
l’Europe ».

30 avril 2004. Il nuance : « La Turquie a une vocation européenne »
mais « les conditions de son entrée ne sont pas aujourd’hui
réunies… »

4 octobre. A l’occasion d’une rencontre franco-allemande, il annonce
qu’une disposition sera prochainement introduite dans la Constitution
pour qu’à partir d’une certaine date (non encore précisée) les
Français soient systématiquement consultés par référendum sur les
nouveaux élargissements. La Turquie est évidemment visée.

11 octobre. Jacques Chirac s’emploie une nouvelle fois à rassurer les
Français en assurant que la France pourra opposer un veto à l’entrée
de la Turquie dans l’UE « à tout moment ».

17 décembre. Les chefs d’Etat européens doivent décider de
l’ouverture ou non des négociations d’adhésion avec la Turquie.

Du non definitif au oui de principe

Le Figaro
15 octobre 2004

Du non définitif au oui de principe;
ASSEMBLÉE La discussion a permis de constater que, sur la question
turque, la classe politique est divisée en quatre « familles »

Nicolas BAROTTE, Elsa FREYSSENET

CEUX QUI DISENT NON À LA TURQUIE

– François Bayrou (président de l’UDF) : « L’adhésion de la Turquie,
ce n’est pas un pas vers l’unité de l’Europe, c’est un pas vers sa
dispersion (…). L’Europe unitaire, libre et forte que nous
défendons, une fois constituée, doit bâtir avec les pays de la
Méditerranée une communauté plus large, une communauté d’obligations
et d’entraide réciproques, une communauté euro-méditerranéenne. »

– Dominique Paillé (UMP, Deux-Sèvres) : « Avec la Turquie, l’Europe
se réduirait à une simple zone de libre-échange, loin de l’idéal qui
anime les fédéralistes auxquels j’appartiens. »

– Philippe Pemezec (UMP, Hauts-de-Seine) : « Aurions-nous fait
l’Europe avec une Allemagne qui aurait nié la Shoah ? L’Etat turc
continue de nier le génocide de près de 2 millions d’Arméniens.
Existe-t-il une hiérarchie dans les génocides ? Le général de Gaulle
a rêvé d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural, êtes-vous prêts à
vivre le cauchemar d’une Europe de l’Atlantique à l’Euphrate ? »

– Nicolas Dupont-Aignan (UMP, Essonne) : « L’entrée d’un pays non
européen rendrait impossible le fonctionnement apaisé des
institutions déjà affaiblies par l’élargissement », a-t-il déclaré,
souhaitant un référendum « avant le 17 décembre ».

CEUX QUI DISENT OUI À L’OUVERTURE DE NÉGOCIATIONS MAIS NON À UNE
ADHÉSION

– Bernard Accoyer (président du groupe UMP) : « Les négociations avec
la Turquie ne seront nullement automatiques ni jouées d’avance. »

– Manuel Valls (PS, Essonne) : « L’adhésion de la Turquie, sans
harmonisation fiscale et sociale, sans réelle démocratisation des
institutions européennes, dans une Union à 30, ne peut que
représenter une dilution du projet européen et préparer des réflexes
de crainte et d’hostilité. Nous devons dire clairement qu’ouverture
de négociation ne signifie pas adhésion. »

– Edouard Balladur (UMP, président de la commission des affaires
étrangères) : « Je souhaite qu’on envisage pour la Turquie, comme
désormais pour tous les pays candidats, afin de ne froisser aucune
susceptibilité, et de ménager la dignité d’un grand peuple, une
situation de partenaire privilégié. Pour y parvenir, il faudrait que
le Conseil européen du 17 décembre ne ferme aucune voie. » Il a
souhaité qu’un futur référendum sur la Turquie « prévoie clairement
le choix entre deux solutions » : l’adhésion ou le partenariat
privilégié.

CEUX QUI DISENT OUI À L’OUVERTURE DE NÉGOCIATIONS MAIS NE SE
PRONONCENT PAS POUR LA SUITE.

– Jean-Marc Ayrault (président du groupe PS) : « L’ouverture de
négociations avec la Turquie est un droit légitime. Il ne peut y
avoir de traitement de défaveur. Mais aujourd’hui la Turquie
respecte-t-elle les conditions d’adhésion ? Et l’Union est-elle en
mesure de lui assurer une intégration harmonieuse ? A ce stade, la
réponse à ces deux questions est non », a-t-il déclaré, citant trois
préalables à une éventuelle adhésion : « Réussir l’élargissement à 25
», renforcer le « cadre institutionnel » de l’Union et augmenter ses
ressources financières.

CEUX QUI DISENT OUI

– Noël Mamère (Verts, Gironde) : « Nous sommes pour, résolument pour,
l’intégration de la Turquie à l’Union européenne, parce que nous ne
bornons pas notre horizon aux frontières étroites de la politique
française. L’Europe a besoin de la Turquie pour bâtir un modèle de
cohésion multiculturelle et pour apporter une réponse décisive à la
guerre de civilisation. »

– Pierre Lellouche (UMP, Paris) : « Il s’agit de démontrer que le
fleuve de l’islam peut se fondre dans l’océan de la démocratie et des
droits de l’homme. On ne peut pas tout à la fois faire de
l’intégration des musulmans de France et de la laïcité l’une des
premières priorités sociétales de notre pays, accuser
l’Administration Bush d’aggraver en Irak le conflit des civilisations
que cherchent à imposer au monde Ben Laden et ses terroristes et dans
le même temps dire à la Turquie laïque qu’elle n’a pas sa place chez
nous. »

Le grand debat a l’Assemblee nationale sur l’adhesion de la Turquie

Le Temps, France
15 octobre 2004

Le grand débat à l’Assemblée nationale sur l’adhésion de la Turquie a accouché d’une souris;

FRANCE. Plus de vingt orateurs sont intervenus jeudi à l’Assemblée
nationale pour débattre de l’opportunité d’ouvrir les négociations
avec Ankara. Des semaines de polémiques et une discussion sans vote
arrachée au gouvernement n’ont abouti qu’à un débat sans passion
devant un hémicycle à moitié vide.

Y a-t-il un député français qui est favorable à une adhésion aussi
rapide que possible de la Turquie à l’Union européenne après le début
des négociations que décidera d’ouvrir, le 17 décembre prochain, le
Conseil européen? La réponse est non. Le débat de jeudi à l’Assemblée
nationale, obtenu de haute lutte par les députés de la majorité et de
l’opposition, n’a donné lieu à aucune empoignade entre les partisans
d’un oui enthousiaste et ceux d’un non ferme et définitif.
Jean-Pierre Raffarin a résumé l’opinion des 23 députés qui sont
intervenus après lui sans même les avoir entendus: «Ni l’Europe ni la
Turquie ne sont prêtes à [cette] adhésion.»

Durant tout l’après-midi, il n’a été question que de conditions et de
délais, quinze ans ou plus. Jean-Pierre Raffarin a rappelé que «la
demande d’adhésion de la Turquie n’est pas illégitime», en faisant
l’inventaire des démarches turques pour se rapprocher de l’Union
européenne depuis 1959, et en soulignant que la Turquie était déjà,
dans les années 1960, «un élément majeur de la politique
méditerranéenne et proche-orientale du général de Gaulle». Mais il a
ensuite énuméré les inconvénients de cette adhésion: «Risque de voir
l’ambition de l’Europe politique diluée dans un ensemble si vaste et
si disparate qu’il serait impossible d’avancer ensemble, risque
d’incompréhension entre deux mondes, deux cultures profondément
différentes.» «Face à ces deux objections et à d’autres encore,
a-t-il ajouté, nous ne pouvons répondre aujourd’hui, c’est pourquoi
il faut laisser du temps au débat et à la réflexion.»

Le premier ministre est cependant convaincu qu’«il est dans l’intérêt
de la France et de l’Europe d’avoir une Turquie stable, moderne,
démocratique qui partage nos valeurs et nos objectifs». «La Turquie
change parce qu’elle manifeste un vrai désir d’Europe. Laissons lui
du temps. […] L’histoire tranchera», a-t-il conclu avant de répéter
que la Commission européenne n’a donné qu’un «oui conditionnel», et
que plus tard, quand le moment sera venu, le peuple français sera
consulté par référendum.

La plupart des orateurs de l’opposition, même s’ils ont protesté
contre le fait que le débat d’hier n’était pas suivi d’un vote, ne
semblaient pas avoir d’objections majeures au discours consensuel et
prudent du premier ministre. «Claquer la porte devant la Turquie
serait interprété comme un manquement à la parole de notre pays, elle
a droit aux négociations», a dit le président du groupe socialiste à
l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault. Avant de poser une condition qui
s’adresse plus à l’Europe qu’au pays candidat: retrouver un moteur
politique qui évite que les nouveaux élargissements ne condamnent
l’Union à se diluer dans une simple zone de libre-échange sous
influence américaine. Quant aux députés de l’UMP, ils ont évité
soigneusement d’affronter le gouvernement et le président de la
République en transformant leur hostilité à l’adhésion en une
proposition de partenariat privilégié.

Est-ce parce que l’ensemble de la représentation nationale était
saisie par un syndrome de procrastination (de remise au lendemain)?
Le débat s’est déroulé sans passion, sans envolées, et surtout dans
un hémicycle plus qu’à moitié vide au début et presque désert à la
fin. Seul le député vert Noël Mamère a défendu clairement l’adhésion:
«Les Verts n’ont ni divisions ni états d’âme. Nous sommes pour,
résolument pour», a-t-il déclaré. Mais il a tout de même émis des
réserves. Il faudra, a-t-il expliqué, qu’avant l’adhésion proprement
dite le problème chypriote soit résolu et que la Turquie reconnaisse
le génocide arménien.

Il y avait aussi François Bayrou. Farouche adversaire de l’adhésion.
«Nous croyons que l’Union européenne est une unité politique en
construction. Or l’adhésion de la Turquie n’est pas un pas vers
l’unité de l’Europe, c’est un pas vers sa dispersion», a-t-il
proclamé. Mais encore la trahison de son unité culturelle: «L’Europe
est la rencontre la plus féconde que l’histoire ait jamais produite,
[…] entre Athènes, Rome et Jérusalem. Supprimez l’un des trois,
vous supprimez l’Europe.» Bien que les sondages montrent qu’une
majorité de citoyens sont hostiles à l’adhésion turque, François
Bayrou sait que sa position est minoritaire à l’Assemblée. Il tentera
donc seulement de freiner le processus et d’éviter qu’il soit
irréversible en demandant que la négociation porte à la fois sur la
possibilité d’adhésion et sur celle d’un partenariat privilégié.

Voilà donc un grand débat qui a accouché d’une souris. Sans doute en
raison des contradictions internes de la droite comme de la gauche.
Sûrement parce que les interrogations sur la perspective, même
lointaine, de l’adhésion turque révèlent l’étendue des questions non
résolues sur l’identité politique de l’Union européenne.