Vers Une Reconnaissance Americaine Du Genocide Armenien

VERS UNE RECONNAISSANCE AMERICAINE DU GENOCIDE ARMENIEN.
La Croix , France
20 septembre 2005
La commission des affaires etrangères de la Chambre des representants
des Etats-Unis s’est prononcee jeudi en faveur de la reconnaissance
du “genocide” armenien, en depit de la “forte opposition” de
l’administration du president Bush. La commission a vote a de larges
majorites en faveur de projets de resolution invitant la Turquie a
reconnaître le “genocide armenien”. Adam Schiff, elu democrate de
Californie, va desormais s’attacher a convaincre les responsables
de la Chambre de mettre ces textes a l’ordre du jour de la seance
plenière, ce que le gouvernement voudrait eviter pour maintenir
les bonnes relations americano-turques. Le genocide, qui a tue 1,5
million d’Armeniens, a ete reconnu en 1985 par l’ONU, puis en 1987
par le Parlement europeen.
–Boundary_(ID_an1A4p7JiEWiYq8m2yAjjA)–

Version Rectifiee Negation Du Genocide Armenien Dogu Perincek A EteE

VERSION RECTIFIEE NEGATION DU GENOCIDE ARMENIEN DOGU PERINCEK A ETE ENTENDU MARDI A LAUSANNE
Schweizerische Depeschenagentur AG (SDA)
SDA – Service de base francais
20 septembre 2005
Lausanne (ats) Le nationaliste de gauche turc Dogu Perincek a comparu
mardi a Lausanne devant le juge d’instruction Jacques Antenen pour
avoir nie publiquement la realite du genocide armenien. Il n’a pas
ete inculpe au terme de cette audition.
L’entrevue a porte sur les motivations de Dogu Perincek dans les
discours qu’il a tenus a plusieurs reprises en Suisse, a indique
Jacques Antenen a l’ats. “Je lui ai repete qu’il s’agit d’une procedure
dirigee contre M. Perincek et non contre l’Etat turc.”
La charge du juge penal dans ce dossier est d’etablir si l’interesse
s’est rendu coupable de discrimination raciale et negation d’un
genocide, au sens de l’article 261 bis. “Il ne s’agit pas de savoir
s’il y a eu oui ou non un genocide en 1915”, a poursuivi le juge
d’instruction.
Analyse juridique complexe
Jacques Antenen attend desormais des ecrits de Dogu Perincek que
ce dernier s’est engage a lui remettre par l’intermediaire de son
avocat. Le juge les analysera afin de savoir s’ils contreviennent
a l’article 261 bis, “une tâche pas evidente”, a-t-il explique. Il
decidera ensuite si M. Perincek devra se representer ou non devant
la justice vaudoise.
Le juge, charge d’instruire toutes les procedures ouvertes contre M.
Perincek en Suisse, attend aussi deux nouveaux dossiers: les autorites
bernoise et zurichoise lui ont fait savoir que de nouvelles plaintes
pour violations de la norme anti-raciste ont ete deposees contre le
nationaliste ce week-end a Berne et a Zurich.
Tensions recurrentes
Dogu Perincek est la figure de proue du Parti des travailleurs (IP),
qui a obtenu 160 000 des 31,5 millions de voix aux dernières elections
parlementaires (0,51 %). Venu en Suisse fin juillet a l’occasion de la
celebration du 82e anniversaire du Traite de Lausanne, il avait deja
critique a Lausanne et a Glattbrugg (ZH) “le mensonge international”
a propos des evenements de 1915.
La question armenienne provoque des tensions recurrentes entre Berne
et la Turquie. Si Ankara reconnaît la realite des massacres perpetres
par l’Empire ottoman contre la minorite armenienne, elle recuse le
terme de “genocide” et conteste le nombre de morts.
NOTE: la depeche bsf073 a ete corrigee au 2e paragraphe, 2e phrase:
le mot “justifiable” (FAUX) a ete enleve.
–Boundary_(ID_cIfkXSApjDYnPdmFeDsrrQ)–

Suisse: Enquete Contre Un Chef De Parti Turc Accuse De Negationnisme

SUISSE: ENQUETE CONTRE UN CHEF DE PARTI TURC ACCUSE DE NEGATIONNISME
Agence France Presse
19 septembre 2005 lundi 5:25 PM GMT
BERNE 19 sept 2005
La Suisse va ouvrir une enquete contre le chef d’un petit parti de
gauche turc accuse d’avoir tenu des propos niant le genocide des
Armeniens, ont annonce lundi les autorites locales.
Dogu Perincek, chef du Parti des travailleurs turcs, est accuse par
la police d’avoir tenu, lors d’une reunion publique dimanche a Berne,
des propos condamnables par les lois anti-racisme qui interdisent la
negation du crime de genocide. La police, qui assistait a la reunion,
a enregistre ces propos, a-t-elle fait savoir dans un communique.
Lundi, le politicien turc a une nouvelle fois nie le genocide armenien
a Zurich.
M. Perincek avait deja ete interpelle brièvement en juillet dernier
en Suisse pour avoir qualifie le genocide armenien de “mensonge
international” et les lois anti-racisme suisses “d’inquisition
medievale”.
Le ministre turc des Affaires etrangères, Abdullah Gul, avait alors
juge cette interpellation “inacceptable”. Une visite du ministre suisse
de l’Economie Joseph Deiss en Turquie avait ensuite ete annulee par
Ankara, officiellement pour des raisons de calendrier.
Les Armeniens estiment que 1,5 million des leurs ont peri dans des
massacres systematiques commis par l’empire ottoman en 1915, alors
qu’Ankara affirme que seuls 300.000 d’entre eux ont ete tues dans
une guerre civile.
–Boundary_(ID_1kJmE7RKCmnI5UipLmjjKQ)–

Le Genocide Des Armeniens N’a Pas Fini D’Embarrasser La Suisse

LE GENOCIDE DES ARMENIENS N’A PAS FINI D’EMBARRASSER LA SUISSE
Le Temps, France
20 septembre 2005
POLEMIQUE. Le nationaliste turc Dogu Perincek, qui doit etre entendu
par le juge vaudois Jacques Antenen, a renouvele les propos qui lui
valent d’etre prevenu de discrimination raciale.
Dogu Perincek ne manque pas de culot. Ce nationaliste turc de gauche
a bien compris, semble-t-il, a quel point ses propos pouvaient
embarrasser la Suisse dans ses relations avec la Turquie, et quel
profit il pouvait en tirer.
Revenu en Suisse ces derniers jours – il doit etre entendu par le
juge d’instruction cantonal vaudois Jacques Antenen ce mardi -, Dogu
Perincek en a profite pour reiterer des propos qu’ils lui valent, deja,
d’etre prevenu de violation de la norme penale contre le racisme pour
avoir conteste que les Armeniens ont ete victimes d’un geno­cide.
A Liebefeld près de Berne di­manche, puis a Zurich lundi encore,
il a reaffirme publiquement sa conviction que les Turcs n’ont pas
commis de genocide contre les Armeniens en 1915, cette idee relevant
d’un “mensonge historique.” La police bernoise, qui a enregistre le
discours de Dogu Perincek, a denonce le cas a la justice. La juge
d’instruction bernoise Anastasia Falkner va toutefois confier le
dossier a ses homologues vaudois, a-t-elle indique au Temps . Le juge
d’instruction cantonal vaudois Jacques Antenen est en effet charge de
centraliser les diverses procedures deja en cours en Suisse contre le
nationaliste turc. Les propos similaires que Dogu Perincek avait tenus
a Glattburg (ZH) et a Lausanne dans le courant de l’ete a l’occasion
du 82e anniversaire du traite de Lausanne de 1923, lui avaient valu
ses premières poursuites.
Tensions diplomatiques
Très sensibles sur le sujet, les autorites turques avaient
immediatement proteste auprès de Berne. Ankara estime que l’ouverture
de ces enquetes penales est contraire au droit international. Les
Suisses avaient explique que la separation des pouvoirs empechait le
gouvernement d’intervenir dans le cours de la justice, et qu’il etait
exclu de tenir le Conseil federal pour responsable du declenchement
d’une enquete penale.
Cette mise au point n’a apparemment pas suffi au gouvernement turc.
Sans que cela soit dit officiellement, l’annulation, debut août, de
la rencontre de Joseph Deiss avec le ministre turc de l’Economie,
agendee pour le mois de septembre, est apparue bel et bien comme
une consequence de l’affaire Perincek. Auparavant, la visite que
Micheline Calmy-Rey a effectue en Turquie en mars avait deja ete
longtemps reportee, egalement pour des raisons liees a la question
du genocide des Armeniens.
Le juge Jacques Antenen pourrait etre amene a dire si les massacres
des annees 1915-1916 constituent bien un genocide au sens de la ­norme
penale contre le racisme, qui reprime le fait de “nier, minimiser
grossièrement ou chercher a justifier un genocide ou d’autres crimes
contre l’humanite”.
La Turquie a toujours recuse l’expression de genocide. Si elle admet
la realite des massacres, elle en conteste le nombre de victimes. La
reconnaissance officielle du genocide revient regulièrement a l’agenda
en Suisse. Le Conseil national et le Grand Conseil vaudois s’y sont
resolus, mais le Conseil federal, pour menager ses relations avec
Ankara, a toujours prefere laisser la question aux historiens.
Juridiquement, la reponse est loin d’etre entendue. La difficulte,
voire l’impossibilite pour un juge d’ecrire l’histoire avait amene
le tribunal de Berne-Laupen, en 2001, sur cette meme question, a un
verdict d’acquittement. Les douze accuses turcs devaient repondre de
violation de l’article penal contre le ra­cisme pour avoir signe une
petition contestant le genocide des Armeniens.
Au-dela, c’est la legitimite meme de la repression du negationnisme qui
pourrait etre mise a nouveau en question. Appartient-il veritablement
aux juges de trancher le debat? Dans sa jurisprudence sur la norme
contre le racisme, le Tribunal federal a recemment reconnu la necessite
de temperer la rigueur de la loi pour laisser la plus grande liberte
possible au debat public, valeur essentielle d’une democratie.
–Boundary_(ID_p7sD/yrKz5bxvpOI2GD9VA)–

Robert Kocharyan: Economic Growth In Armenia Result Of EffectivePoli

ROBERT KOCHARYAN: ECONOMIC GROWTH IN ARMENIA RESULT OF EFFECTIVE POLICY OF AUTHORITIES AND DILIGENCE OF PEOPLE
ARMINFO News Agency
September 22, 2005
YEREVAN, SEPTEMBER 22. ARMINFO. The two-digit figures of economic
growth fixed in Armenia for already four years are a result of the
effective policy of the authorities and diligence of the people,
said Armenian President Robert Kocharyan at a solemn ceremony on the
occasion of the Independence Day of RA, on September 21.
The president said: “Armenia celebrates its 14th independence
anniversary as a steadily developing country. All-embracing reforms
and projects are implemented in the country. The high economic rates
have become possible due to the domestic political stability, which
is a priority of a country’s progress. It is important that funds are
directed to the social sphere. The economic growth must have a direct
effect on prosperity of the country’s citizens. We are determined to
fulfill the poverty reduction program. Work and social security must
be our slogan for the coming years,” Robert Kocharyan said.
Strengthening of legality, more effective administration and public
agreement are guarantees of solution to the tasks of our country,
the president thinks.

Orhan Pamuk, Une Page Blanche

OHRAN PAMUK, UNE PAGE BLANCHE
Par Crom Nathalie
La Croix , France
22 septembre 2005
Orhan Pamuk, une page blanche. Après notamment “Le Livre noir”,
“Mon nom est rouge”, voici “Neige”, roman politique mais aussi
profondement meditatif et poetique, qui confirme toute l’ampleur du
talent du grand ecrivain turc. NEIGE d’Orhan Pamuk, traduit du turc
par Jean-Francois Perouse, Gallimard, coll. “Du monde entier”, 482 p.,
22,50 Euro.; Orhan Pamuk, une page blanche
Sur la carte du globe, la ville de Kars n’est qu’un point minuscule,
une entite urbaine negligeable et negligee, perdue au fin fond de
l’Anatolie, aux marches du Caucase et de la grande Russie. Kars,
aujourd’hui turque, aujourd’hui pauvre et delaissee, fut autrefois une
cite active et cossue, “aux confins de deux grands empires, l’Empire
ottoman et l’Empire des tsars”, une cite où se côtoyaient Armeniens,
Georgiens, chiites d’Azerbaïdjan, Caucasiens, Kurdes, mille autres
peuples encore… Mais les empires se sont effondres, “les guerres,
les tueries, les massacres collectifs et autres revoltes sans fin”
qui se sont succede ont eu raison de la richesse comme de la belle
pluralite religieuse et ethnique. Lorsque, en cet hiver de la fin
du XXe siècle, le poète turc Kerim Alakusoglu – il se fait appeler
de ses initiales, Ka – revient a Kars, c’est avec l’impression de
toucher aux confins desoles du monde.
La neige est la, dense, patiente, pour accentuer ce sentiment de
desolation. Bourrasques, routes impraticables, architecture ensevelie
sous l’epais tapis blanc: voici Kars devenue ville fantôme et coupee
de tout, où deambule Ka, au long de rues où, sur les facades, se
dechiffre le passe tumultueux des lieux – vestiges majestueux de
l’ancienne domination russe, temoignages immobiliers de la presence
armenienne depuis longtemps decimee (1), stigmates betonnes de
l’occidentalisation volontariste des annees kemalistes.
Ka vient de descendre de l’autocar. Il est poète, et arrive
d’Allemagne, où il vit depuis douze ans, en exil politique. S’il
est ici, a Kars, c’est qu’un grand journal d’Istamboul l’a mandate
pour rendre compte des elections municipales qui se preparent, où
s’affrontent – le mot n’est pas excessif – notamment republicains
kemalistes, militants kurdes et candidats islamistes. Si le decor
est comme engourdi, les hommes qui y evoluent, eux, ne dorment pas,
loin de la. La ville est meme en pleine effervescence, fievreuse,
dechiree. D’ailleurs, l’une des raisons de la presence de Ka est aussi
d’enqueter sur une vague de suicides, touchant des jeunes filles de
Kars empechees par la loi laïque de porter le voile a l’ecole. Un
meurtre sanglant sera bientôt commis par un extremiste musulman,
tandis qu’une representation theâtrale mettra le feu aux poudres…
Cette agitation, la violence qui couve dans une societe en proie
aux tensions religieuses et ideologiques, est l’un des ingredients
puissants de Neige, grand roman politique – mais aussi, au-dela de
cela, oeuvre enigmatique, ample et envoûtante. La Turquie d’Orhan
Pamuk – il est ne en 1952 -, on le sait notamment depuis la lecture
de son magistral Livre noir, de Mon nom est rouge (2), n’a rien d’un
pays de carte postale. C’est un pays de pluie, de brouillard, de
froid. Un pays tourmente a l’heritage culturel et politique complexe,
a l’identite aujourd’hui chaotique et incer taine. Un pays frontière
tiraille, qui hesite entre Orient et Occident.
Ces conflits, ces tensions guident le trajet du poète Ka dans la ville
enneigee: lui, “l’Europeen”, “l’Occidental”, le voici harponne par les
uns et les autres, ballotte entre les differents camps qui se toisent,
pris a temoin de la validite de leurs arguments contradictoires;
le voici bientôt menace, manipule, somme de prendre parti, de se
justifier, de choisir son camp… Epineuse posture, ô combien, pour Ka,
d’autant que, profondement, s’il est venu jusqu’ici, a Kars, au bout
du monde, c’est bien moins pour s’y meler a l’agitation ambiante et
approcher “le vrai visage de la Turquie” que parce qu’y habite Ipek,
la femme qu’il aime depuis l’adolescence, mariee a son ami Muhtar,
aujourd’hui candidat du parti religieux.
Les evenements, d’ailleurs, semblent glisser sur lui: il se laisse
faire, rencontre qui le sollicite, acquiesce aux convictions de
ses interlocuteurs quelles qu’elles soient, mais garde toujours
ses distances. Lointain. Que lui importe tout cela: son esprit est
ailleurs, il respire a son rythme propre – depuis qu’il est en ville,
son inspiration poetique qu’il croyait tarie s’est remise en marche,
les mots lui viennent naturellement tandis qu’il deambule, tandis
qu’il multiplie les rencontres, tandis qu’il cherche Ipek, tandis,
surtout, qu’il se laisse happer et engourdir par le spectacle de la
neige qui tombe, blanche et drue, inlassable, metamorphosant la ville,
lui donnant un caractère onirique, la faisant ressembler aux decors des
contes de son enfance. Sur un petit cahier vert, il consigne les poèmes
ainsi nes – il y en aura dix-neuf -, il les assemble, il les ordonne.
Cette meditation poetique de Ka a partir de la neige est le socle
profond du roman d’Orhan Pamuk – sa partie immergee, vaste et
secrète. “Neige: forme solide prise par l’eau dans l’atmosphère en
tombant, en se deplacant ou en s’elevant. Elle se presente sous la
forme de beaux cristaux etoiles de forme generalement hexagonale”,
relève, dans un dictionnaire, le narrateur de l’histoire de Ka –
lequel narrateur de Neige s’avère etre un de ses amis, poète lui-meme,
prenomme Orhan… Mais l’idee que Ka se fait de la neige va au-dela de
la definition scientifique, et l’intuition qui porte sa meditation
l’entraîne dans un processus de dechiffrement essentiel. À ses
yeux, la neige est comme l’assemblage d’une infinite de flocons
rendus tous differents les uns des autres par “toute une serie de
facteurs mysterieux et incomprehensibles”. Des millions d’etoiles
a six branches, dont chacune serait la “carte de la vie interieure”
d’un individu: “En deca de la vie de chacun, il devait exister une
telle carte et un tel flocon, et chacun, en procedant a l’elucidation
de sa propre etoile de neige, pouvait prouver a quel point des gens
qui de loin se ressemblent sont en realite differents, etrangers
et inconciliables.”
NATHALIE CROM
(1) Ses prises de position ont valu a Orhan Pamuk des menaces et
l’ont contraint a s’eloigner temporairement de la Turquie.
(2) Les deux chez Gallimard, où on lira aussi La Maison du silence,
Le Château blanc, La Vie nouvelle.
–Boundary_(ID_Ds9Jr0vuHEVTX+QkRgurXA)–

Robert Kocharyan: Armenia Is Defended Today Due To Its Armed Forces

ROBERT KOCHARYAN: ARMENIA IS DEFENDED TODAY DUE TO ITS ARMED FORCES
ARMINFO News Agency
September 22, 2005
YEREVAN, SEPTEMBER 22. ARMINFO. Armenia is defended today due to
its armed forces, which are result of the independence and the
shield of the country, Armenian President Robert Kocharyan said at
a solemn ceremony on the occasion of the Independence Day of RA,
on September 21.
The Republic of Armenia is on a steady foundation today due to the
heroes standing at the outset of the national army, Robert Kocharyan
said.

Memoire D’Une Tragedie Turque Refoulee

MEMOIRE D’UNE TRAGEDIE TURQUE REFOULEE
Le Temps, France
22 septembre 2005
Dans la nuit du 6 au 7 septembre 1955, les communautes grecques juives
et armeniennes furent victimes de pogroms. Une exposition leur est
consacree pour la première fois depuis cinquante ans.
Grecs et Turcs les appellent les “evenements de septembre”. Des
pogroms qui en quelques heures ont creuse un peu plus le fosse entre
les differentes communautes vivant dans la jeune republique turque.
Les attaques menees il y a tout juste cinquante ans, durant cette
nuit du 6 au 7 septembre, visaient initialement les “Rums”, terme
employe pour designer les Grecs du pays. Mais la folie collective
a rapidement englobe les autres minorites chretiennes, juives et
armeniennes, installees depuis des annees a Istanbul et a Izmir.
Une bombe chez Ataturk
Digas Hagisavas se souvient dans les details de cette nuit. Il avait
16 ans et, ce soir-la, il jouait aux cartes avec des amis dans la
maison familiale de Bebek, un quartier huppe d’Istanbul, situe au
bord du Bosphore. L’ambiance etait tendue. Ils venaient d’apprendre
qu’une bombe avait explose quelques heures plus tôt dans la maison
natale d’Ataturk, le père de la nation, a Thessalonique, en Grèce.
L’information venait de faire le tour de la ville, relayee par la
radio d’Etat et par le journal
Istanbul Ekspres qui s’etait empresse de sortir une edition speciale
pour l’occasion. “Nous sentions depuis le debut de l’après-midi que
quelque chose se tramait, raconte ce Turc d’origine grecque, acteur a
ses heures. Des voisins nous avaient conseille de fermer les rideaux
de la maison. Soudain, j’ai entendu le bruit d’une foule approcher, le
bruit des pas resonner sur les paves, puis une clameur. En regardant
par la fenetre, j’ai apercu des hommes dans des camions et des bus,
qui une fois descendus, se sont mis a saccager les maisons de nos
voisins, Grecs comme nous. Heureusement la nôtre a ete epargnee car
personne n’y avait place de signe distinctif. A un certain moment,
j’ai toutefois apercu un homme bossu qui designait notre maison. J’ai
cru que notre sort etait joue, j’ai saisi le pistolet automatique de
mes parents et prie pour que tout s’arrete. Mais je n’ai finalement
pas eu a m’en servir car la foule s’est retiree.” Epargne donc, et
sain et sauf. Mais Digas Hagisavas garde de cette nuit des souvenirs
violents. “J’en reve souvent. Je redoutais que l’on viole ma mère comme
ce fut le cas pour de nombreuses femmes. Je revois aussi un voisin
parmi cette foule d’inconnus amassee devant la maison. Il ressemblait
a Superman, avec un drapeau turc, rouge, noue autour du cou.”
Les commercants vises
Ce meme jour, Dimitri Frangopoulos se trouvait lui a Izmir, ville
situee au bord de la mer Egee, où le pavillon grec de l’exposition
internationale fut entièrement detruit. Age de 27 ans, ce jeune homme
effectuait son service militaire et se souvient de l’angoisse qui l’a
envahi lorsqu’il a entendu parle des pogroms anti-Grecs d’Istanbul.
“J’ai appris la nouvelle le matin du 7 septembre. J’etais en securite
au sein de la caserne et n’ai eu aucun problème. Mais je me rappelle
avoir appele sans repit mes parents qui habitaient a Buyukada (l’une
des îles situees au large d’Istanbul, ndlr). Heureusement, ils ont ete
epargnes car ils n’etaient pas assez riches, mon père tenait un petit
magasin de fruits et legumes. Meme si je n’ai pas ete touche dans ma
chair, croyez-moi, il n’y a rien de pire et de plus douloureux que
de voir ses voisins et frères se faire tuer”.
Responsables identifies
L’exposition de photographies organisee depuis la semaine dernière
par la galerie Karsi Sanat Calismalari d’Istanbul a l’occasion du
50e anniversaire de ces evenements a ravive les souvenirs de ces
deux hommes. Les cliches noir et blanc distillent les preuves de
la folie collective qui a envahi Istanbul a cette epoque. On y
distingue ainsi les visages des responsables, des hommes pour la
plupart d’origine modeste, venus d’Anatolie, reunis a Taksim, la place
principale de la ville, brandissant des drapeaux d’Ataturk. Armes de
planches et de pierres, ils detruisent les devantures de magasins,
s’acharnent sur des meubles, mettent a bas une statue grecque dans
le hall d’un des principaux lycees grecs d’Istanbul. En neuf heures,
plus de 4000 boutiques, 1000 ateliers, 2000 maisons et appartements,
110 restaurants, 73 eglises, 27 pharmacies, 21 usines, 26 ecoles, 12
hôtels, 11 cliniques et deux cimetières auraient ete saccages. Sans
oublier les morts, au nombre encore incertain, oscillant entre
11 et 15. “Le lendemain de ces emeutes, l’avenue d’Istiklal etait
totalement jonchee de dechets organiques, de biens de tout genre,
de meubles detruits, se souvient Digas Hagisavas. On ne pouvait plus
distinguer les paves. La nation turque a perdu cette nuit-la une
richesse irremplacable”.
Exposition très mediatisee
A la surprise generale, cette exposition, la première abordant ces
evenements en Turquie, a beneficie d’une couverture mediatique sans
precedent. Des pages entières lui ont ete consacrees dans les journaux
tandis que plusieurs chaînes de television ont organise des debats
sur cette periode de l’histoire encore taboue. Jusqu’a present, seuls
les 2000 Grecs vivant encore en Turquie la connaissaient vraiment,
tout comme leurs compatriotes de Grèce qui ont realise de nombreuses
recherches sur le sujet. Les Turcs, eux, preferaient fermer les yeux
“meme si ceux qui voulaient savoir ont toujours eu la possibilite
de le faire”, consent Alexandre Toumarkine de l’Institut francais
d’etudes anatoliennes.
Ismet Berkan, chroniqueur au sein du journal de gauche Radikal
rappelait la semaine dernière l’importance de ces evenements, symbole
“du plan de turquification” entame avec la chute de l’Empire ottoman.
Sur près de 130 000 Grecs vivant en Turquie, 50 000 auraient quitte
le pays a la suite de ces pogroms. Aujourd’hui, la communaute n’est
plus que l’ombre d’elle-meme, ravagee par les crises chypriotes de
1964 et 1974. La famille de Digas Hagisavas decida, elle, de rester
“pour s’occuper des tombes des proches”. Celle de Dimitri Frangopoulos
n’imagina meme pas fuir ce pays qui les avait pourtant mis au ban de
la societe. “Partir? Mais pour aller où? Et avec quel argent? Ceci
est mon pays, pourquoi le quitter?” s’emporte encore aujourd’hui
cet homme qui fut pendant trente-cinq ans le directeur de l’une des
principales ecoles grecques d’Istanbul. “Nous connaissions deja la
discrimination depuis la creation en 1942 d’un impôt sur la fortune
visant les minorites chretiennes. Mais il est vrai que ces evenements
de septembre ont aggrave la situation. Etre Rum est devenu beaucoup
plus difficile”, ajoute-t-il.
La verite eclate enfin
Cinquante ans après les faits, le caractère organise de ces pogroms
ne fait plus aucun doute. “Ces evenements ont ete planifies par
le gouvernement de l’epoque”, peut-on lire dans la brochure de
l’exposition qui pointe notamment du doigt l’association ultra-
nationaliste “Chypre est turque”, “guidee par l’Etat, par les services
secrets et par le Parti democrate”. A l’epoque, le gouvernement rejeta
la faute sur les communistes, fit arreter plus de 5000 personnes et
musela la presse. Ce n’est qu’en 1960, avec le coup d’etat militaire
que les veritables responsables furent confondus. Lors du procès en
1961 du premier ministre Adnan Menderes et de deux de ses ministres,
on apprit que la bombe placee dans la maison d’Ataturk a Thessalonique
avait ete deposee par un Turc, Oktay Engin, sur ordres des services
secrets, dans le but de fragiliser la Grèce dans la crise chypriote
de l’epoque.
Les revelations d’un juge
“Cette exposition est le fruit de la mauvaise conscience d’un juge,
Fahri Coker” explique Dilek Guven, une jeune historienne turque. Cet
homme, qui avait condamne en 1938 le celèbre poète turc Nazim Hikmet a
28 annees de prison pour activites communistes, fut en effet charge
de l’enquete sur les evenements des 6 et 7 septembre 1955. Mais
ne pouvant mener les veritables responsables devant la justice, il
decida de rassembler les preuves dont il disposait et les confia a la
Fondation d’histoire, a qui il demanda de les exposer après sa mort.
“Fahri Coker voulait contribuer a clarifier l’histoire de son pays”,
confie Dilek Guven auteur de la première thèse turque sur le sujet
qu’elle a achevee en juin, a l’Universite de Bochum en Allemagne.
“L’Allemagne etait l’endroit ideal pour effectuer cette recherche car
c’est un pays qui a appris a regarder son passe. La Turquie, elle,
commence a peine son travail de memoire. D’où l’importance de cette
exposition qui permettra peut-etre de lever le voile sur d’autres
tabous de l’histoire turque.”
Une plaie rouverte
Preuve de la sensibilite encore actuelle autour de ces evenements,
plusieurs manifestations ont eu lieu depuis l’ouverture de cette
exposition. Le soir meme de l’inauguration, des membres d’un groupe
ultranationaliste appele “foyers idealistes” ont jete des oeufs et
arrache les photos, denoncant une exposition “qui detruit l’unite de
la Turquie”, aux cris de “La Turquie est turque, soit tu l’aimes soit
tu pars”.
“Ce genre d’incidents etait previsible, relativise Cengiz Aktar,
directeur du Centre de recherche de l’Universite de Bahcesehir. Mais
l’essentiel est que cette exposition existe car la societe turque
veut savoir ce qu’on lui a cache pendant des annees. Le sujet reste
sensible mais je sais que l’on va avancer.” Le journal Radikal,
de son côte, a tire la sonnette d’alarme après ces provocations,
en titrant: “Cinquante ans après, la meme mentalite” tandis que
l’Association d’art plastique internationale, qui regroupe plus d’un
millier d’artistes turcs, lancait un appel a la vigilance face a
des actes qu’elle qualifie de “terrorisme”. Le proprietaire de la
galerie, peintre et activiste politique, admet par ailleurs avoir
ete confronte a des difficultes lors de l’organisation de cette
exposition. “Le climat actuel est très tendu en Turquie, reconnaît
Feyyaz Yaman. Entre les tractations avec l’Union europeenne, les
tensions avec les Kurdes dans l’est du pays, la position de la France
sur la reconnaissance de Chypre, les groupes nationalistes tentent
de sauver la face. Or les photos que nous exposons les placent
face a leurs responsabilites. Ils sont confrontes a leur propre
passe et montres du doigt.” Cette galerie, dont le nom signifie
“contre” (“karsi” en turc) est habituee a ce genre de reactions
ultranationalistes. Elle avait deja fait parler d’elle en janvier
dernier en organisant une exposition de cartes postales sur les
Armeniens de l’Empire ottoman il y a un siècle, c’est-a-dire avant
le genocide de 1915. Un sujet hautement tabou dans ce pays.
Toujours pas de pardon
Le journaliste turc d’origine armenienne, Hrant Dink, se demandait
lui, la semaine dernière, dans les colonnes du journal Birgun pourquoi
l’Etat restait silencieux sur ces evenements. “Puisque nous vivons le
50e anniversaire de cette tragedie, je me dis que l’opinion publique
et pourquoi pas l’Etat ou le gouvernement pourraient prendre une
initiative democratique et humaine, ecrit-il. Ne serait-ce pas un geste
noble si notre respectable president de la republique ou le premier
ministre publiaient a cette occasion un communique pour exprimer
leurs regrets? Pour montrer au monde entier que la Turquie est un pays
capable de reconnaître l’injustice d’un desastre commis dans le passe
et demander pardon?” Pour l’instant, cet appel n’a pas ete entendu.
–Boundary_(ID_nZi/RNfuTC2I4Qk2nKZJSA)–

Turkish Court Blocks Discussion Of Armenian Massacres

TURKISH COURT BLOCKS DISCUSSION OF ARMENIAN MASSACRES
Agence France Presse — English
September 22, 2005 Thursday 4:28 PM GMT
ISTANBUL Sept 22
A Turkish court on Thursday blocked an unprecedented conference that
was to have questioned the country’s official line on the massacres
of Armenians under the Ottoman Empire.
The planned university conference on “Ottoman Armenians of an Empire
in Decline” was to have opened on Friday. It already had been aborted
once after Justice Minister Cemil Cicek in May branded such discussion
as “treason” and a “stab in the back of the Turkish nation.”
The court order followed a complaint by a non-governmental organisation
of lawyers opposing the three-day event.
“We received an order from the court, asking us to supply the court
with information on the case within 30 days and ordering us to suspend
our activities during this period,” Nukhet Sirman, an academic on
the organizing committee, told AFP.
Sirman said the organisers had received a telephone call from the
governor of Istanbul, Muammer Guler, “who apologised but said he had
to implement the law”.
The nature of the complaint against the conference was not immediately
clear.
Cicek’s outburst raised eyebrows in European diplomatic circles about
Ankara’s commitment to democratic reforms, a requirement for October
3 negotiations over its adhesion to the European Union.
Prime Minister Recep Tayyip Erdogan then distanced himself from the
minister’s remark, calling it “a personal statement” and said he
encouraged researchers to carry out their work.
The Armenian massacres constitute one of the most painful periods of
Turkish history.
Armenians claim up to 1.5 million of their people were slaughtered in
mass killings under the Ottoman Empire, forerunner to the present-day
Turkish republic.
Ankara categorically rejects claims of genocide and argues that
300,000 Armenians and at least as many Turks died in civil strife
during World War I, when the Armenians took up arms for independence in
eastern Anatolia and sided with Russian troops invading the crumbling
Ottoman Empire.
The issue has taken on increased importance as some European politicans
have pressed Turkey to address the genocide claims in what Ankara
sees a politically-motivated campaign to impede its bid to become a
member of the European Union.
Much to Ankara’s anger, the killings have already been acknowledged
as genocide by a number of countries, including France, Canada and
Switzerland.
“Our aim is simply to bring together Turkish intellectuals in an
appropriate setting for the discussion of a subject that until now
has been carefully avoided,” said historian Edhem Eldem, who was to
have participated in the conference.
“It is not a question of setting up a tribunal or reaching definitive
conclusions,” he told AFP.
Several nationalist groups expressed outrage over the planned
conference. The Hur party called it a “perfidy” and the the small
left-wing Workers’ Party called for demonstrations outside the Bogazici
University, where the conference was to have been held.
The meeting had been expected to bring together about 60 researchers,
including critical intellectuals, to examine events in eastern Anatolia
between 1915 and 1917, as well as genocide denials made by the Turkish
state since that time.
Any questioning of the official line that a genocide did not occur
has proved dangerous to writers and intellectuals.
Orhan Pamuk, he widely translated author of such internationally
renowned works as “The White Castle”, and “Snow,” is set to go on
trial in December for telling a Swiss newspaper in February that
“one million Armenians were killed in these lands and nobody but me
dares to talk about it.”
Pamuk said he subsequently received several death threats and a local
official ordered the seizure and destruction of his works.
In Switzerland, where Holocaust denial is a crime, the leader of the
Workers’ Party, Dogu Perincek, is under investigation for calling
the genocide claim “a historical lie.”

Armenians To Hold An EP Conference On Turkey

ARMENIANS TO HOLD AN EP CONFERENCE ON TURKEY
ARMINFO News Agency
September 22, 2005
YEREVAN, SEPTEMBER 22. ARMINFO. The European Armenian Federation with
the support of the Christian Democrats is organizing a “Conference
on Turkey” in the European Parliament (EP) on September 22.
Several important figures including former French Foreign Minister
Michel Barnier are expected to participate in the conference titled
“December 2004-October 2005: Has Turkey Changed?” Under the auspices of
the EP Vice-President Ingo Friedrich, the conference aims to evaluate
the reform process in Turkey and if the country is ready or not for
European Union membership negotiations, which will start in 10 days
time. However, the fact that the conference is being organized by
the European Armenian Federation, well known with its views against
Turkey, increases the possibility that the meeting could turn into
an anti-Turkey platform.
Apart from Barnier, EP Socialist Group Chair Martin Schulz, EP French
member Jacques Toubon, also known for his views against Turkey,
Armenian Parliament Foreign Relations Committee Chair Armen Rustamyan,
EP Turkey Rapporteur Camiel Eurlings and Pierre Mirel from the European
Commission Directorate-General for EU Enlargement are expected to
take part in the conference.