Ariane Ascaride, Coeur Armenien

ARIANE ASCARIDE, COEUR ARMENIEN
Le Temps, Suisse
28 juin 2006
Pour “Le Voyage en Armenie”, Robert Guediguian et Ariane Ascaride se
sont enfin eloignes de leurs bases marseillaises. Avec un bonheur
mitige. Ecarte de la competition cannoise, ce regard sur l’Armenie
d’aujourd’hui s’avère neanmoins captivant. Rencontre avec une actrice
engagee.
Quand ce n’est pas Robert Guediguian qui accompagne la sortie d’un
de ses films, c’est Ariane Ascaride qui s’en charge. Avec une belle
constance dans l’alternance. Heroïne, mais aussi scenariste du
Voyage en Armenie, la volontaire Ariane peut d’ailleurs revendiquer
celui-ci. Après tout, il n’existerait pas sans elle, petite-fille
d’immigres napolitains qui a tenu a rappeler ses origines armeniennes
au père de leurs deux filles.
Le Temps: Qu’est-ce qui vous a amenes en Armenie ex-sovietique?
Ariane Ascaride: En 2000, nous avons ete invites a Erevan pour une
retrospective des films de Robert. C’etait une initiative de gens
de la diaspora armenienne, qui venaient de renover l’unique cinema
d’Erevan. J’etais fatiguee et j’y allais a contrecoeur. Mais deja
sur le chemin entre l’aeroport et le centre-ville, je suis tombee
amoureuse de ce pays! On atterrit la-bas le soir, et tout au long
de la route, il y avait ces petits kiosques eclaires, tout pleins
de fleurs coupees. C’etait magnifique! Depuis, ils ont fait place a
des casinos… Mais bon, je me suis très vite senti bien la-bas. Je
crois qu’inconsciemment, j’y retrouvais des choses que j’avais connues
durant mon enfance a Marseille. Une certaine ambiance populaire…
– Il paraît que l’idee de ce film vous revient?
– Moi qui suis d’origine italienne, j’avais un jour fait le voyage
dans l’autre sens, a Naples. Et c’est très etrange de constater que
oui, il y a une part de vous qui vient de cet autre pays. J’etais
sûre que Robert avait dû ressentir quelque chose d’approchant, meme
si l’armenite n’est pas quelque chose qui l’a beaucoup travaille
jusqu’ici: son père est armenien, mais il a plutôt adopte la culture
de sa mère allemande. Pour finir, comme tout ca me travaillait, j’ai
eu l’idee de cette histoire d’une femme qui part sur les traces de
son père disparu. Durant le tournage de Brodeuses, dans lequel je
jouais une Armenienne, Robert s’est laisse convaincre et nous avons
bien sûr retravaille ca ensemble.
– L’Armenie vous a tôt confronte a la question de l’echec communiste?
– Vous arrivez toujours dans un pays avec des convictions, une
certaine manière de penser le monde. Et puis, vous vous rendez compte
que ce n’est pas obligatoirement comme ca que les choses doivent
fonctionner. La, j’ai decouvert cet incroyable imbroglio dans lequel
se retrouvent les gens dans les ex-republiques sovietiques. C’etait
destabilisant et j’ai voulu raconter ca dans le film.
– Le personnage de l’officier joue par Gerard Meylan a devance le
vôtre sur ce terrain…
– Cet Armenien de Marseille, qui parle avec l’accent, existe
vraiment! Je n’ai rien invente. Il a reellement eu ce parcours de
militant de gauche qui s’est recentre sur le combat identitaire,
a commis des attentats dans les annees 1980 avec l’ASALA, l’Armee
secrète de liberation de l’Armenie, s’est enfui et a ete condamne a
30 ans de prison par contumace. Il est reste la-bas, a combattu pour
le Haut-Karabakh. Il s’est fait son trou, mais au fond, lui aussi
s’est lourdement trompe.
– Le film brasse large, de la religion a une diaspora tiraillee…
– D’abord, vous ne pouvez pas parler de l’Armenie sans parler de
religion. Elle est pratiquee de manière très libre et individuelle,
mais elle est indissociable de la culture armenienne. Quant
au nationalisme, si l’on considère que l’Armenie existe depuis
2500 ans et que ce n’est devenu un Etat independant qu’en 1991,
on peut comprendre qu’il y ait un sentiment fort d’appartenance a
cette terre-la. Par contre, la diaspora nee du genocide est surtout
composee d’Armeniens qui vivaient en Turquie, d’où un certain decalage
avec les Armeniens d’Armenie.
– Ce “sale business” que vous denoncez est-il si apparent que ca?
– Oh oui! On fait des “affaires” partout. Cette scène dans la
boîte de nuit où un homme cherche a se procurer un avion, je l’ai
vecue! On n’imagine pas ca ici, dans nos societes très organisees
et legalisees. Mais la, du jour au lendemain, l’Union sovietique a
disparu, les Russes ont tout coupe, les usines se sont arretees.
Alors il a bien fallu repartir a zero avecle système D. Et comme
ailleurs, ce sont d’abord des anciens apparatchiks et des mafieux
qui s’en sortent le mieux.
– C’est une situation qui autorise quand meme un espoir?
– Je vous avouerai sincèrement que pour moi, il est assez mince. Il y
a actuellement une grande contradiction entre ce liberalisme sauvage
et beaucoup d’honnetes gens qui cherchent a retrouver leurs marques
a travers la solidarite, les traditions et meme un peu de l’heritage
sovietique. Tandis qu’une majorite de la population vit dans la
pauvrete, la television, qui est devenue omnipresente, diffuse les
valeurs de nos sitcoms: argent, sexe et grosses voitures. Alors
forcement, on en vient a se demander si c’est si formidable que ca
comme evolution d’une societe…
– Et les jeunes?
– Ils partagent tous ce reve occidental, fonde sur une fausse image.
Quand vous voulez leur expliquer que tout n’est pas si facile, ils
ne vous croient pas. Meme les etudiants ne pensent qu’a partir. Cela
pourrait pourtant etre gratifiant de contribuer a la reconstruction
de votre pays, non? Heureusement, certains finissent quand meme par
revenir, parce que leurs racines sont la.
– A l’arrivee, quelle lecon avez-vous tire de votre “Voyage en
Armenie”?
– Que les repères identitaires peuvent etre une richesse
supplementaire. Ceux qui ne veulent y voir qu’une porte ouverte aux
derives fondamentalistes se trompent. Et si j’ai reussi a imaginer
ce film-la, peut-etre que cela veut dire que l’identite, c’est aussi
quelque chose qui peut se construire.
Encadre: Guediguian s’aventure de l’autre côte du mont Ararat
Quete identitaire et deuil du communisme hantent “Le Voyage en
Armenie”.
Par Norbert Creutz
Recale a Cannes, proprement assassine par les Cahiers du cinema…
Mais qu’a donc fait Robert Guediguian pour se mettre a dos tout ce
beau monde? Commis sa première daube? Meme pas. Le moment semble
juste venu de payer le prix du consensus, forcement suspect, qui
avait accueilli Marius et Jeannette d’abord, puis Le Promeneur du
Champ-de-Mars… Pourtant, pour qui apprecie son cinema a la fois
intelligent et populaire, c’est bien la continuite d’inspiration
de l’auteur marseillais qui fait plaisir a voir dans ce Voyage en
Armenie. Un film qui s’ouvre sur de nouveaux horizons pour faire
decouvrir un pays quasiment jamais montre a l’ecran. Et s’il donne
par moments a voir un côte bricole, pas vraiment plus maladroit ou
naïf pour autant.
C’est au contraire d’une nouvelle oeuvre très riche et variee qu’a
accouche Guediguian, appliquant sa methode de La Ville est tranquille a
un nouveau paysage. On a a peine le temps de s’y retrouver en famille,
le temps d’un prologue a Marseille, que c’est parti pour Erevan,
en Armenie ex-sovietique.
Son vieux père malade (le realisateur Marcel Bluwal) ayant disparu
au lieu de suivre un traitement a l’hôpital, Anna (Ariane Ascaride),
qui est medecin, finit par deviner qu’il est reparti la-bas, au
pays de sa jeunesse. Ne serait-ce que pour comprendre, elle doit le
retrouver. Mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin!
D’abord chaperonnee par l’homme d’affaires Sarkis (Simon Abkarian),
puis livree a elle-meme avec le vieux chauffeur Manouk (Roman Avinian,
le heros de Vodka Lemon), elle finit par obtenir l’aide de l’influent
Yervanth (Gerard Meylan), un militaire lui aussi venu de Marseille. Au
passage, elle n’aurait peut-etre pas dû s’interesser de trop près au
sort de la jeune Schake (Chorik Grigorian, une decouverte), coiffeuse,
danseuse et convoyeuse qui joue un jeu dangereux…
Inaccessible Ararat
Qui trop embrasse mal etreint? C’etait le reproche fait en son temps
a Ararat d’Atom Egoyan, film trop alambique qui s’attaquait au tabou
du genocide de 1915. Ici, c’est avant tout du petit pays aujourd’hui
appele Armenie qu’il s’agit. Pour le faire decouvrir, Guediguian
a eu recours a cette trame d’enquete assez simple, mais fortement
teintee de documentaire. D’un côte la ville, l’arrière-pays et les
figurants, 100% reels; de l’autre le recit, avec ses tetes plus ou
moins connues (tiens, Jalil Lespert!), sa petite touche didactique
(saviez-vous que l’Armenie est le plus ancien pays chretien?) et son
action a deux balles (Anna tombe sur un trafic de medicaments).
Le film procède en ajoutant des couches. Ici le constat de la faillite
du communisme, la le portrait du nouveau monde des affaires, euphemisme
pour la mafia. Chorik represente le choix qui attend les jeunes;
Sarkis, Yervanth et l’humanitaire Simon les differentes attitudes des
Armeniens de la diaspora. Les rouages de la fiction grincent un peu,
on devine un peu trop les intentions, mais qu’importe. Globalement,
la methode opère a nouveau: le tableau se complexifie et on se demande
vraiment comment ce pays, si beau mais si pauvre, s’en sortira.
Alors que les certitudes d’Anna vacillent, pour finir, c’est
l’importance du reve pour vivre qui est ici affirmee, a travers
l’inaccessible mont Ararat, reste en Turquie. Plutôt que l’apologie
du communautariste lue par certains, nous avons vu dans ce Voyage
en Armenie une belle confrontation avec toutes les contradictions de
l’identite. Armenienne, mais pas seulement.
Le Voyage en Armenie, de Robert Guediguian (France 2006), avec
Ariane Ascaride, Gerard Meylan, Chorik Grigorian, Roman Avinian,
Simon Abkarian, Jalil Lespert, Jean-Pierre Darroussin. 2h05
Encadre: L’Armenie en images
Par Norbert Creutz
Avec Le Voyage en Armenie, Robert Guediguian est venu combler un
certain deficit d’image(s). A en croire Le cinema armenien, ouvrage
collectif edite a l’occasion d’une retrospective au Centre Pompidou
en 1993, ce dernier existe pourtant, dessinant les contours d’une
nation eclatee, mais non moins reelle. Quel rapport cependant entre
les films poetiques de Sergueï Paradjanov (alias Sarkis Parajanian)
et d’Artavaztd Pelechian et ceux des cineastes de la diaspora, comme
Rouben Mamoulian ou Henri Verneuil (alias Achod Malakian)?
Depuis l’independance, en 1991, l’Armenie a produit une quarantaine
de films, plus ou moins bricoles. Bien sûr, il y a eu Calendar et
Ararat du Canadien Atom Egoyan, mais le pays actuel y apparaissait
a peine. Seul Vodka Lemonde Hiner Saleem (un Kurde), situe dans
un village de haute montagne, en avait montre un peu plus. C’est
dire l’importance de ce Voyage en Armeniepour la construction d’une
nouvelle identite armenienne!
–Boundary_(ID_WOc8m2G0ecjoqAMO/XxFkw )–

Un Charme Oriental

UN CHARME ORIENTAL
Marie-Noëlle Tranchant
Le Figaro, France
28 juin 2006
CINEMA. Un homme disparaît. Barsam, Marseillais d’origine armenienne
(Marcel Bluwal), après s’etre dispute avec sa fille Anna (Ariane
Ascaride), cardiologue, qui lui a appris sans menagements qu’il devait
se faire operer, ferme sa maison et s’en va. Inquiète, Anna part a sa
recherche, ce qui va la conduire en Armenie, berceau de sa famille,
où Barsam a choisi de retourner finir ses jours.
Elle, femme moderne, active, cartesienne, n’y est jamais allee,
n’a jamais appris la langue armenienne, ne s’est jamais soucie de
ce passe lointain. Accompagnee par Sarkis Arabian (Simon Abkarian),
qui se rend regulièrement de Marseille a Erevan, et qui met a sa
disposition sa voiture et son chauffeur, Anna plonge dans ce pays
inconnu. Avec elle on fait un voyage plein de charme. Son point de
vue d’etrangère ignorante, un peu peremptoire mais contrainte de
s’abandonner aux rencontres, aux impressions, aux saveurs, selon
un itineraire qu’elle ne maîtrise pas, permet a Robert Guediguian
de deployer toute la richesse de sa palette. Son sens chaleureux du
pittoresque, son trait naïf et narquois, sa fraîcheur de perception,
son goût de l’utopie et d’une sociologie lyrique, servent très
justement sa peinture de l’Armenie. Croisement d’une civilisation
orientale chretienne millenaire et d’un pays naissant, tout juste
sorti du “sovietisme”, dans l’effervescence d’un liberalisme mafieux.
Guediguian evite le simplisme ideologique en immergeant Anna dans
la vie quotidienne. Et meme si les peripeties vers la fin sont un
peu chargees, meme si la fiction devient une sorte de repertoire des
figures sociales obligees, les personnages, affectueusement campes,
sont la pour donner de la chair et du sang a ce film qui celèbre
heureusement les noces de la tradition et de la modernite trouble
et bouillonnante, au pied du mythique Ararat. Le vieux chauffeur
delicatement ceremonieux, la jeune beaute brune, si fine au naturel,
qui se transforme par necessite en blonde trafiquee, les vieilles
grands-mères, les brigands d’occasion, forment un paysage humain
complexe, attachant et vivant. Sans nostalgie, mais plein de
generosite.
–Boundary_(ID_SIUzjhgc1mNaA3pyK+k Tzg)–

Guediguian Sur Les Traces De Ses Ancetres

GUEDIGUIAN SUR LES TRACES DE SES ANCETRES
Par Emmanuèle Frois
Le Figaro, France
28 juin 2006
DEPUIS PEU, Robert Guediguian prend des chemins de traverse. Il avait
deja deserte l’Estaque, le soleil de Marseille, sources d’inspirations
familières, pour le palais de l’Elysee avec le crepusculaire Promeneur
du Champs-de-Mars, autour des derniers jours de Francois Mitterrand. Et
il evoque aujourd’hui pour la première fois ses racines armeniennes
a travers son film, Le Voyage en Armenie. Histoire d’une quete, celle
d’Anna (Ariane Ascaride), medecin au coeur rempli de certitudes parti
a la recherche de son père malade (Marcel Bluwal) qui s’est enfui en
Armenie, la terre qui l’a vue naître. Pour Anna, ce sera un voyage
initiatique et la decouverte d’une identite qui se construit peu a peu.
Le Voyage en Armenie
Le cineaste revient a ses origines armeniennes a travers l’histoire
d’une femme medecin a la recherche de son père malade
LE FIGARO. – Pourquoi avez-vous eprouve le besoin d’effectuer ce
voyage en Armenie, d’aller dans les pas de vos ancetres ?
Robert GUEDIGUIAN. – Je n’ai jamais revendique mon ” armenite “. Je
me suis en quelque sorte laisse faire. En 2000, des Armeniens de la
diaspora ont organise a Erevan une retrospective de mes films.
L’accueil qu’Ariane et moi avons recu a ete bouleversant. C’etait
la première fois que je me rendais en Armenie. J’ai subi un choc,
physique, sensuel. À chaque coin de rue, j’avais l’impression de me
retrouver face a mon père. Ce sont mes grands-parents paternels qui
etaient armeniens. Mon grand-père, ne a Sivas, est venu en France pour
poursuivre ses etudes de theologie. Il se destinait a la pretrise. En
1915, après le genocide, l’exode massif, il s’est mobilise pour
aider les immigres, pour s’occuper des Armeniens qui debarquaient
a Marseille. C’est a ce moment-la que ma grand-mère est arrivee,
comme ma grand-tante qui est encore en vie et qui se souvient de sa
deportation a travers le desert, lorsqu’elle etait âgee de 4 ou 5 ans.
Evoquaient-ils leur passe, leurs racines ?
Non car cette generation a mis toute son energie, tous ses efforts
a s’integrer. Mon père ne parlait pas armenien. D’ailleurs, un
des personnages du film declare a un moment : ” On dit la langue
maternelle, pas la langue paternelle. Ca n’existe pas, la langue
paternelle. ” J’ai appris l’allemand, la langue de ma mère.
Comment est nee cette histoire ecrite avec la collaboration d’Ariane
Ascaride et de Marie Desplechin ?
Grâce a Ariane qui dans Brodeuses jouait une couturière d’origine
armenienne. Elle avait rencontre, au moment du tournage a Lyon, un
vieux cordonnier armenien. Et ce vieil homme lui a rappele son père,
un Napolitain avec lequel elle entretenait des rapports difficiles.
C’est elle qui a eu l’idee de la relation au père, du voyage
initiatique en Armenie. Ce père qui veut faire comprendre a sa fille
a travers sa fuite, que le bonheur c’est d’assumer la complexite
des choses, de douter, de ne pas avoir de certitudes. Il a mis des
cailloux sur son chemin, mais, au debut, sa fille est aveugle.
Dans ce film, vous montrez sans detour tous les visages de l’Armenie,
autant la pauvrete que la richesse naissante, les actions humanitaires
comme les actes mafieux.
Le scenario devait a la fois montrer le present mais laisser egalement
filtrer toutes les tragedies passees de l’Armenie. Le genocide perpetre
par les Turcs, le joug sovietique, le tremblement de terre de 1988,
puis l’independance en 1991 et, enfin, le conflit du Karabakh avec
l’Azerbaïdjan. Depuis l’independance, il s’est constitue, comme dans
certains Etats naissants, des sortes de groupes de seigneurs feodaux,
melange de mafieux et d’anciens du KGB, qui contrôlent des territoires,
le commerce des voitures, du sexe, des medicaments… L’anarchie est
totale. Des gens sont assassines dans les rues. Et en meme temps,
il existe des justiciers tels que Yervanth qui est interprete par
Gerard Meylan. Le personnage s’inspire d’un de mes amis soupconne
de braquage revolutionnaire dans les annees 1980 et qui est parti
pour l’Armenie. Il est devenu un heros national après la guerre du
Haut-Karabakh et tente, comme il peut, de negocier avec des realites
qui ne sont pas toujours ” propres “. Dans le film, l’etrangère
qu’est Anna tente de lui donner des lecons du haut de son ” purisme
a l’occidental “.
Vous n’etes pas croyant. Et pourtant on trouve une vraie dimension
spirituelle dans votre film, avec, entre autre, la visite de plusieurs
eglises.
On ne peut pas vraiment y echapper la-bas. L’Armenie est le premier
pays a avoir adopte la religion chretienne comme religion d’Etat. Et
puis la première phrase de l’Ancien Testament dit que c’est entre les
deux sommets du mont Ararat que l’Arche de Noe s’est arretee. Mais
c’est surtout la beaute de ces lieux qui me touche.
A travers le discours de certains personnages, vous en profitez pour
porter un sacre coup au communisme.
Oui, mais je dirais plutôt le sovietisme car c’est le mot qui est
employe en Armenie. J’ai ete membre du Parti communiste francais
jusqu’en 1980. Je n’y suis plus. Mais j’ai toujours un reve egalitaire,
celui du partage des richesses.
Comedie dramatique de Robert Guediguian, avec Ariane Ascaride, Gerard
Meylan, Chotik Grigorian. Duree : 2 h 05.
– Voir la critique page 36 Ariane Ascaride et Jean-Pierre Daroussin,
acteurs fetiches de Robert Guediguian (en medaillon).
–Boundary_(ID_TTYSBVMxT8G9FSz/QX14Tw )–

En Cherchant Papa Dans Sa =?unknown?q?M=E8re?= Patrie: =?unknown?q?=

EN CHERCHANT PAPA DANS SA MèRE PATRIE: ” LE VOYAGE EN ARMENIE ” DE ROBERT GUEDIGUIAN
Par Francoise Maupin
Le Figaro, France
28 juin 2006
Le coeur battant la chamade, Barsam souhaite retourner en Armenie,
sa terre natale. Anna, sa fille cardiologue, ne l’entend pas de
cette oreille : forte de son savoir, elle exige que son père se fasse
d’abord operer. Mais il prend la poudre d’escampette et elle decide
d’aller le rechercher. A Erevan, Anna ne trouve pas qui elle veut,
mais se fait toutes sortes de relations : un chauffeur devoue, une
manucure aux pratiques etranges et, surtout, un drôle de bonhomme, une
sorte de caïd bourru qui dirige une antenne medicale. Petit a petit,
ses certitudes d’Occidentale s’effritent. Après maintes aventures,
et pas des plus catholiques, elle retrouvera son père, paisible, au
beau milieu d’un champ d’abricots. Barsam est heureux : il a retrouve
sa fille, et il se rejouit qu’elle ne soit plus tout a fait la meme.
CRITIQUE++ Le sujet en soi – le retour d’un père, puis de sa fille dans
leur mère patrie, surtout quand il s’agit de l’Armenie, terre symbole,
douloureuse et martyre – n’etait pas vraiment rassurant. On pouvait
craindre de voir arriver tous les poncifs nationalistes très a la mode
ces temps-ci. Eh bien pas du tout ! Robert Guediguian a le courage
de nous montrer l’Armenie telle qu’elle est, une ancienne Republique
sovietique livree maintenant aux derives de l’ultraliberalisme,
avec ses mafiosis, et ses trafics en tout genre.
Un pays en deliquescence, mais genereux et captivant, decrit sans
durete, avec tendresse et empathie. Guediguian mele ici tous les
genres : le polar, le melo, le conte, n’evite pas la carte postale :
Ah ! le mont Ararat protecteur de la terre armenienne… Mais son
film est fort et genereux : Guediguian est a l’aise en Armenie comme
a l’Estaque. Et ses interprètes – habituels – : Ariane Ascaride et
Gerard Meylan, sont une fois de plus epatants.
–Boundary_(ID_nIjIWX4HI3CmfanBwjzc0g)- –
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Eurocopter Vise Un Contrat De 2 Milliards D’Euros

EUROCOPTER VISE UN CONTRAT DE 2 MILLIARDS D’EUROS
La Tribune
27 juin 2006
Eurocopter, la filiale d’EADS, va avoir aujourd’hui le regard tourne
vers la Turquie. Ankara doit en principe se decider a l’occasion
d’une reunion, a laquelle participeront le Premier ministre Turc,
Recep Tayyip Erdogan, les ministres de la Defense et des Finances
ainsi que le directeur des achats d’armement, sur le choix de son
nouvel helicoptère de combat.
Ils vont examiner cinq propositions de constructeurs d’helicoptères,
qui ont repondu a un appel d’offres en vue d’equiper les forces armees
terrestres turques de 50 appareils fermes (et 43 en option) pour un
contrat de l’ordre de 2 milliards d’euros : le Tigre d’Eurocopter,
l’Apache de l’americain Boeing, l’A129 de l’italien AgustaWestland,
le Rooivalk du sud-africain Denel et enfin le Kamov 50 russe. En
contrepartie, la Turquie demande que 40 % a 50 % des helicoptères
soient fabriques sur son territoire. Cette reunion pourrait toutefois
etre reportee a mi-septembre, estime-t-on de source proche du dossier.
Les Turcs semblent hesiter pour l’heure entre le Tigre, l’Apache
et l’A129, le moins cher des trois, selon nos informations et qui
est appele Mangusta en Italie, l’unique acheteur. Le Rooivalk et le
Kamov 50 font figure d’outsiders. S’agissant d’Eurocopter, il entre
en ligne de compte la politique francaise vis-a-vis de la Turquie,
notamment la position de la France sur le genocide armenien. Il y
a dix jours, la ministre deleguee au Commerce exterieur, Christine
Lagarde, avait estime en compagnie de son homologue turc a Istanbul
que ” les relations entre les deux pays sont excellentes, toutes les
courbes sont ascendantes “.
Pour autant, estime-t-on dans les milieux de la defense, ” si les
Turcs devaient choisir techniquement le Tigre, ils attendraient de
concretiser le contrat a l’automne pour juger de l’evolution de la
proposition de loi francaise visant a penaliser les propos niant
le genocide armenien ” commis en Anatolie entre 1915 et 1917. Deja
present en Turquie, Eurocopter – qui engrange de nombreux contrats en
ce moment – a deja vendu une vingtaine d’helicoptères Cougar a l’armee
turque dans les annees 90. La Turquie avait ete aussi interessee
par le Rooivalk dans les memes annees, mais a ete econduite par
l’administration de l’ancien president Nelson Mandela, qui refusait de
vendre des armes a des pays menant sur leur territoire des conflits
contre des mouvements separatistes. L’armee turque combat depuis
vingt-deux ans la rebellion de separatistes kurdes en Anatolie où
les helicoptères sont particulièrement utilises dans les terrains
montagneux.
–Boundary_(ID_R+kdi1cH6vpvL rzFnHvfIQ)–

Are EU-Turkish Negotiations A Fool’s Game?

ARE EU-TURKISH NEGOTIATIONS A FOOL’S GAME?
by Alexandrine Bouilhet
Le Figaro (In English)
27 juin 2006
Negotiations between the EU and Turkey embarked on a crucial stage
in Luxembourg last week. The two contracting parties completed the
first chapter – devoted to science and research – of the accession
negotiations. Technically, it is an insignificant step. This field
includes very few “communitaire gains” – that is, European laws to
be transposed into Turkish national legislation.
Turkey already participates in joint scientific programmes such as
Euratom and Eureka; it can already use Brussels’ funds allocated to
these projects. So its importance in this regard is therefore small.
“It is like having a fully bilingual person sit an English-language
exam,” according to Brussels. At the European Council meeting, [French
President] Jacques Chirac played down the event. “Yes, we have opened
a chapter, but the negotiations could still be called into question
if Turkey does not meet its obligations…” he commented. Despite
what the Turko-sceptics may think, Turkey has scored an important
point on the legal and political plane. The EU is above all a legal
community. After nine months in the waiting room, Turkey can boast
of having entered the heart of communitaire matters.
In Luxembourg it moved its pieces onto the first square of the huge
European board game, which has 35 squares or chapters, corresponding
to 80,000 pages of legislation. At the end of the game, once all
the squares have been filled, the candidate country in principle
becomes an EU member. For Turkey, which has never been regarded as
just another candidate, are these real negotiations or a fool’s game?
There are few people, either in Brussels or in Ankara, who are not
pondering this question, at least silently. This, particularly since
the last word on Turkey’s membership will, as we know, lie with the
French people, who are required to approve, by referendum, any future
EU enlargements, apart from those of Bulgaria, Romania and Croatia.
The first test for Turkey, and for Europe, regarding the seriousness
of these negotiations will occur in the autumn, when the internal
market and transport chapters, requiring free circulation of goods
and citizens, are examined. If Ankara still refuses to open its ports
to Greek Cypriot ships, will the EU suddenly break off its talks with
Turkey? This is a risk that Prime Minister Recep Tayyip Erdogan seems
willing to take, judging from his latest statements in Istanbul. When
they began membership negotiations with Ankara on 3 October 2005,
the Twenty-Five demanded a normalization of Turkish Cypriot relations
before the end of 2006. If the deadlock continues, the European
Council in December will tackle the issue. The Cyprus question, more
than the recognition of the Armenian genocide, is a major obstacle
to Turkey’s candidacy. In the likely event of Cyprus’ not being
recognized within the next six months, Brussels is preparing to break
off negotiations, at least on the chapters concerned – the internal
market, customs and transport. The examination of the other chapters
would continue, thus leaving the way open to Turkey. “Technically,
we will so arrange matters that the train can stay on track, but
politically, these negotiations will become increasingly difficult
to sell to the public,” one expert in Brussels forecast. Cyprus,
with its veto rights, could derail everything. The Commission, which
is the arbiter in these negotiations, is Turkey’s most loyal ally.
“Sometimes it even goes too far!” one Italian diplomat quipped. The
Turkey desk in Brussels is headed by a pro-Turkish Swede, himself
flanked by a Briton, Michael Leah, who believes that enlargement
remains the best and most modern of the EU’s policies, a guarantee
of peace and prosperity on the continent. Among the Twenty-Five,
Turkey can rely on the support of several countries, and not the
least important – Britain, Sweden, Finland, Belgium, Italy, and all
the new member states. Though it must remain neutral, the Finnish
EU presidency, which begins on 1 July, is likely to do its utmost
to avert a rift over the Cyprus question. And Turkey, a leading
NATO member country, can always rely on Washington, as it did on 3
October 2005. Confronted by this solid bloc, the “anti-Turkey” camp
is weaker and more fluctuating. It comprises Austria, the Netherlands,
Denmark, Cyprus, and post-29 May [2005, date of European constitution
referendum] France. However, France’s line remains ambiguous,
divided between the Elysee [president’s office], which is in favour
of Turkey’s accession, for strategic reasons, and the Quai d’Orsay
[Foreign Ministry], which is often more sceptical. According to
[President] Jacques Chirac, Turkey must join Europe so that the
latter does not remain a “Christian club”. According to numerous
French diplomats, however, Turkey’s accession could “denature” the
European blueprint. This twofold approach makes France’s position
often opaque to the public, except for experts on the matter, who
have learned to decipher Paris’s strategy. “In the background, French
diplomats are the most nit-picking, together with the Cypriots,”
one negotiator said. “They increase the pressure to the last moment,
but once a rift threatens, they side with Ankara. Suddenly Cyprus finds
itself isolated, alone versus everyone else, and has to yield.” In the
European diplomatic interplay, France is less decisive than Germany,
which has always voted for Turkey. “In Germany, Turkey is a domestic
political issue more than a foreign policy one,” one diplomat said,
in an allusion to the 2.7m Turks living in Germany, 550,000 of them
with voting rights. In France, Turkey will remain a foreign policy
issue, until it becomes the subject of a referendum, expected to take
place in 10 years’ time at least, that is, at the end of the European
board game.

Steve Tobin, Hagop Hagopian

STEVE TOBIN, HAGOP HAGOPIAN
By Peter Frank
LA Weekly, CA –
June 28 2006
Steve Tobin, a many-faceted sculptor, began his career as a ceramist,
and has returned to the earth to – well, to blow it up. Tobin fashions
vessels of various sizes, details their skins, and then, instead of
firing them, sets off depth charges in their bowels, practically
turning them inside out and leaving a residue of glass at their
cores. Of course, how the vessels exfoliate is beyond Tobin’s control,
but that’s part of the beauty of the outcome. He’s certainly exhibiting
no duds here; the objects thus created, whether small enough for the
shelf or large enough for the floor, roil, flare, split and blister
like unearthly plants during mating season, or like the abandoned
pupae of dinosaur-size butterflies.
Hagop Hagopian, Sahghmosavank (1995)
Born in Egypt, Hagop Hagopian returned to Armenia, his ancestral
home, while it was still a Soviet republic. His decision to eschew
Social Realist bombast for brittle, tender renditions of the local
countryside cost him prominence, but endeared him to his countrymen.
Hagopian’s style recasts the muted expressionism of postwar School
of Paris painters as a poetically elliptical approach to what was
at once entirely ordinary and politically charged imagery – a way
of declaring a love for a patch of land without turning it into so
many post-card views. Even Hagopian’s renditions of Mount Ararat,
the touchstone of Armenian nationalism, are aloof and contemplative.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Ararat Gold Recovery Company Intends To Sue RA Ministry Of Nature Pr

ARARAT GOLD RECOVERY COMPANY INTENDS TO SUE RA MINISTRY OF NATURE PROTECTION
Noyan Tapan
Jun 28 2006
YEREVAN, JUNE 28, NOYAN TAPAN. The Ararat Gold Recovery Company (AGRC)
intends to sue the RA Ministry of Nature Protection soon. AGRC lawyer
Armen Ter-Tachatian told NT correspondent that the ministry prepared
an act about the company’s failure to make its environmental protecion
payments, which, according to him, does not correspond to reality. He
said that AGRC’s lawsuits contesting 3 similar acts of the ministry
had been upheld previously. According to A. Ter-Tachatian, the last
act cannot be a ground for depriving AGRC of its licence. However,
if the question of depriving the company of its licence is raised
again, AGRC will appeal to an international court. To recap, AGRC
was founded in 1998 with the aim of extracting gold ore from Sotk
and Meghradzor mines and processing it at the Ararat Gold Recovery
Plant. Since 2002, First Dynasty Mines Armenia company (India) has
been a 100% owner of the enterprise.
Recently it sold 55% of its shares to Vedanta company.

"A Strange Slap In The Face Of Armenia"

“A STRANGE SLAP IN THE FACE OF ARMENIA”
Anna Israelian
Aravot.am
28 June 06
The former Ministers of Foreign Affairs of Armenia about the NK
conflict settlement.
After the unprecedented step of the OSCE Minsk group American
cochairman Mathew Brayza, which declassified some details of the
negotiations, we turned to the former Minister of Foreign Affairs of
Armenia Vahan Papazian for interpretation. We got the same answer,
which we had already heard as the answer to our request for interview
after Robert Kocharian and Ilham Aliev meeting in Bucharest. That
is, he won’t say anything new besides what he has already said
in his interview given to our newspaper in 2000 and he insists on
his remarks. Vahan Papazian said in 2000 that it was impossible in
principle to get better results than we could conceivably have in
1997. ”I’m not sure that nowadays political leadership is sincerely
anxious for the settlement of this conflict. Certainly, they can
declare that they do their best, look, we negotiate, discuss versions
and when we come to a conclusion, we’ll produce it to the political
powers and public and will hold a referendum necessarily etc. But
there isn’t any certain agreement, and they can negotiate for many
years.” A comparison was published in ”Aravot” 6 years ago, which
showed how Robert Kocharian’s and Levon Ter-Petrosian’s approaches
round the NK conflict settlement had become too close.
Vahan Papazian also noticed that similarity; ” And it is natural. In
general, I mark the end of 1997 and beginning of 1998 as a greatest
nonsense in the political life of our country. For not being understood
wrong, I must stress that it was irreversible nonsense. We missed the
opportunity of settling the NK conflict by dignified peace. Even the
common diplomat knows that we must go for concessions from the strong
position. Our positions were stronger in 1997. It seems to me that if
there is a political settlement, Armenia, in particularly Karabakh,
won’t have decisive vote any more. The word ”If” in this affirmation
is very essential”.
Another Former Minister of Armenia Alexander Arzumanian spoke about
Mathew Brayza’s interview in the ”Pastark” club mentioning that
he saw ”nothing strange” in declassification of proposals. In
his opinion, the meaning of Brayza’s interview is; ”that we have
already proposed and the presidents of the countries must be brave
to explain this to their people. And they try to involve the public
into dispute, which is indeed a natural process. If you remember,
Levon Ter-Petrosian’s proposal of dispute led to the changeover of
political powers in time. Now a proposal of dispute is made again”.
To the ”Azatutiun” b/s question whether Robert Kocharian would be
invited to Washington Mathew Brayza answered; ”There is no reason
for Robert Kocharian not to visit Washington. I hope that we can see
in Armenia the same positive steps of democratic reforms as we see
in Azerbaijan”. Alexander Arzumanian mentioned on this occasion;
”It is strange when the official of middle section allows himself
to tell Armenia; go and reach to the level of Azerbaijan then we’ll
invite your president. It is a strange slap. I have spoken for many
times, that there isn’t democracy in Armenia, but saying democracy,
I have never mean to be compared with Azerbaijan or Belarus”.
Speaking on Brayza’s detections to the RA MFA replies, the former
Foreign Minister has said that it simply showed the weakness of
our Foreign Ministry. The MFA wanted by that declaration to remove
doubts but it deepened them, showing that they negotiate today about
territories of the NK security zone, about withdrawal of military
forces from all territories. “What does Karabakh get? To hold a
referendum? That people have already made their decision. This
authority has come to power just for that reason, to settle the
problems of the NK conflict and re-annexation with Armenia. Please,
settle it”, – Alexander Arzumanian recorded the failure of “triumphal”
and “no piece of land” policy.
–Boundary_(ID_v8bEbjwrJSrHlQ2Wyq+OQw)–

Non-Complementary Damnation

NON-COMPLEMENTARY DAMNATION
Tigran Avetisian
Aravot.am
28 June 06
There is an impression that the unpleasant incident happened to the
Catholicos of the whole Armenians in Istanbul was just what a lot of
people in Armenia wished. And how great and deep their desperation
would be if the Catholicos’ visit passed without adventures and
didn’t mark by hooliganism of some extremist idiots. Unless they
wouldn’t have such a wonderful occasion to cry about “vandal essence”
of Turkish type and “that people’s indisputable incompatibility to
European standards”. This underlining are quoted from the press.
While a lot of people who consider themselves politicians, public men
or art workers put into circulation such shameful expressions that
they made us think about mass psychotherapy of some groups of our
society. The most interesting thing is that nobody declared about the
above-mentioned incident; ”Dear compatriots, you shouldn’t describe
the whole nation for the reason of some rabbles, which is full of
dangerous political consequences”.
We shouldn’t remind that we don’t have the lack of such kind of
declarations when our innocent compatriots are killed in Russian
cities owing to national identity.
Another observation; nowadays Turks are accused of “false reforms”
and ” providing for the veil of democracy”. But I’d advise those who
accuse, to mark first of all the last presidential and parliamentary
elections, not forgetting the shameful referendum in autumn. Then it
will be clear what veil means.
–Boundary_(ID_Cf7VeNfXyGurz5ruj9VirQ)–
From: Baghdasarian