Quelle Institution Est La Plus Competente Pour Honorer Les Victimes

QUELLE INSTITUTION EST LA PLUS COMPETENTE POUR HONORER LES VICTIMES DE CRIMES CONTRE L’HUMANITE ?
L’analyse de Guillaume Perrault*
Le Figaro, France
18 mai 2006
Le Parlement doit-il legiferer sur l’histoire ? Une proposition
de loi PS qui prevoit d’instituer des sanctions penales contre la
negation du genocide armenien, et qui devrait etre examinee ce matin
a l’Assemblee si l’ordre du jour le permet, pose de nouveau cette
delicate question. En janvier 2001, le legislateur avait deja adopte
une loi laconique ainsi libellee : “La France reconnaît publiquement
le genocide armenien de 1915.” Il s’agissait alors d’une proclamation
solennelle sans portee juridique, destinee a contourner l’interdiction
faite au Parlement d’adopter des resolutions. Or, aujourd’hui, la
proposition de loi PS relève d’une tout autre logique et entend passer
d’une declaration de principe a un delit reprime par le Code penal.
Les deputes socialistes s’inspirent de la loi Gayssot, adoptee en
1990, et qui reprime la negation du genocide des Juifs pendant la
Seconde Guerre mondiale. Des arguments qui meritent le respect – la
memoire blessee des Francais d’origine armenienne, le refus obstine
de la Turquie d’assumer son passe – sont avances pour justifier cette
initiative parlementaire. Le texte debattu ce matin au Palais-Bourbon
pose neanmoins des problèmes de fond. Dans un pays obnubile par
l’egalite et volontiers envieux, tout traitement specifique accorde
a une “communaute” est aussitôt revendique par d’autres. Il pouvait
donc paraître inevitable que le precedent de la loi Gayssot soit
invoque par les Armeniens pour reclamer le meme statut. Et l’on ne
voit guère quel argument opposer, demain, aux revendications des
Cambodgiens ou des Rwandais de France – dont les compatriotes furent
eux aussi victimes d’un genocide -, s’ils venaient a reclamer un
traitement identique. La loi Gayssot a ouvert la boîte de Pandore. La
multiplication des legislations qualifiant le passe – qui pretendent
toutes reparer une injustice a la demande d’un secteur de l’opinion
– entretient de surcroît une confusion entre la morale, l’histoire
et le droit penal. La loi Taubira du 23 mai 2001 proclame ainsi
que la traite des Noirs et l’esclavage constituent “un crime contre
l’humanite”. Au prix d’un anachronisme de plusieurs siècles – la loi
penale ne s’applique pas aux faits anterieurs a sa promulgation -,
on peut admettre a la rigueur que la traite des Noirs et l’esclavage
correspondent a la definition du “crime contre l’humanite” issue du
Code penal de 1994 : “La pratique massive et systematique d’executions,
tortures ou enlèvements a l’encontre d’un groupe de population civile
realises en execution d’un plan concerte pour des mobiles politiques,
philosophiques, raciaux ou religieux.” Cependant, en vertu de cette
meme definition, le Parlement aurait le devoir de proclamer que les
massacres commis en Vendee en 1794 par les “colonnes infernales”
de Turreau constituent eux aussi un “crime contre l’humanite”
appelant des excuses publiques du chef de l’Etat, si la demande en
etait formulee. La meme remarque pourrait s’appliquer au massacre des
harkis. La loi ne saurait reconnaître certains episodes douloureux
du passe et garder le silence sur d’autres, faire “deux poids, deux
mesures” en fonction de l’air du temps et de l’opiniâtrete inegale des
groupes de pression. C’est donc pour rompre avec cet engrenage sans fin
que 600 historiens s’opposent a la proposition de loi PS sanctionnant
la negation du genocide armenien. Ces universitaires s’insurgent contre
les textes qui, derrière une apparence consensuelle et genereuse,
“ont restreint la liberte de l’historien, lui ont dit, sous peine
de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver”. Ils
soulignent que “l’historien ne plaque pas sur le passe des schemas
ideologiques contemporains et n’introduit pas dans les evenements du
passe la sensibilite d’aujourd’hui”. Les signataires de la petition
“Liberte pour l’histoire”, demandent aussi l’abrogation des principaux
articles des lois Gayssot et Taubira, et ne se satisfont pas de
l’abandon du seul article sur le “rôle positif de la presence francaise
outre-mer”, supprime le 16 fevrier dernier. C’est en effet en vertu
de la loi du 23 mai 2001 qu’un historien specialiste de l’esclavage,
Olivier Petre-Grenouilleau, a ete poursuivi pour “apologie de crime
contre l’humanite”. L’universitaire avait rappele que l’esclavage ne
se reduit pas aux seuls mefaits perpetres par des Europeens – seuls
evoques par la loi Taubira – et que “les traites negrières ne sont pas
des genocides”, car “la traite n’avait pas pour but d’exterminer un
peuple”. Il n’en fallut pas plus pour qu’une association “defendant
la memoire des esclaves et l’honneur de leurs descendants” s’estime
outragee et declenche l’action publique, comme la loi du 23 mai 2001
l’y autorise. Christiane Taubira, depute apparente PS de Guyane,
a publiquement encourage cette action en justice. Le droit penal est
ainsi devenu une arme de combat, utilisee par des associations a la
representativite non verifiee pour intimider leurs contradicteurs. La
liberte d’expression et la libre recherche, objet d’attaques regulières
depuis quinze ans, subissent de nouvelles restrictions. Le risque
apparaît enfin d’une societe de plaignants, d’indignes permanents qui
reclament le statut de victimes de l’histoire et estiment avoir une
creance a vie sur leurs concitoyens pour les fautes commises jadis par
d’autres. Les lois relatives a l’histoire consacrent le morcellement
communautaire de la societe francaise. Il est permis de penser que
ces textes, loin d’apaiser durablement les memoires blessees, de
rassembler et de preparer l’avenir, divisent, aggravent la competition
des souffrances et nourrissent le ressentiment. “Peut-etre serait-ce
un bienfait, pour un vieux peuple, de savoir plus facilement oublier,
ecrivait deja Marc Bloch dans L’Etrange Defaite. Car le souvenir
brouille parfois l’image du present et l’homme, avant tout, a besoin
de s’adapter au neuf.” Accordons aux morts la piete du souvenir,
mais n’etouffons pas le present sous le poids du passe. *Journaliste
au service politique du Figaro.
–Boundary_(ID_lIHSst5axlw+5/YlStPbGQ)–
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Glasnost Turque Sur La Question Armenienne

GLASNOST TURQUE SUR LA QUESTION ARMENIENNE
La chronique d’Alexandre Adler
Le Figaro, France
18 mai 2006
Ala demande du groupe socialiste, le Parlement francais discute en
ce moment meme de la question du genocide armenien. Pour une fois,
il ne s’agira pas d’un acte de repentance, puisque, en 1915, date
du terrible massacre des Armeniens de Turquie, la France combattait
l’Empire ottoman, et aida, dès l’instauration de son mandat sur la
Syrie, les rescapes du genocide a se reinstaller plus au sud, voire
a combattre sous l’uniforme francais la nouvelle Republique turque
de Mustafa Kemal. En revanche, fidèle a sa vocation de protectrice
des droits de l’homme, la France viendrait a la rescousse d’une
petite nation longtemps humiliee, n’ecoutant ainsi que son courage
et ses principes, dont chacun sait que notre Parti socialiste est
le depositaire quasi perpetuel. Nous n’avons l’intention ni de nier
l’atrocite des crimes commis en 1915, ni meme la legitimite du peuple
armenien, en tant qu’Etat et dans sa diaspora, a demander a la justice
des hommes de reparer le premier crime contre l’humanite de grande
ampleur perpetre au XX e siècle.
Nos critiques a la demarche actuelle sont d’abord et avant tout d’ordre
politique : la Turquie, pour des raisons multiples, dont certaines
etaient legitimes, n’a pas su ouvrir une discussion honnete sur ce
sujet pendant de longues annees. Elle fut protegee dans cette attitude,
tout d’abord, par l’ampleur des devastations qu’elle eut a subir
entre 1911, date du declenchement des premières guerres balkaniques,
et 1922, achèvement de la restauration nationale par le mouvement
kemaliste. Au cours de ces annees de sang, l’Empire ottoman s’effondra,
nombreux furent les Turcs et autres musulmans massacres en Bulgarie et
en Macedoine par les Slaves chretiens armes par la Russie en 1912,
puis nombreux encore les Turcs qui durent quitter leurs terres
ancestrales. Comme en Union sovietique après 1945 où le souvenir
de Stalingrad servit a faire passer sous la table les repressions
des annees 30, le Goulag, mais aussi les crimes commis contre des
peuples allies des Allemands, notamment les Tchetchènes, la Turquie
de 1925 voulut tourner la page de l’Empire ottoman et de sa faillite
avec d’autant plus d’enthousiasme que les veritables instigateurs du
genocide, les Enver et les Talat, opposants de la première heure au
republicanisme francophile d’Ataturk, avaient, eux aussi, ete balayes
par le grand vent de l’histoire. Lorsque la question armenienne reparut
ailleurs que sous la plume de talentueux ecrivains de gauche tels Franz
Werfel dans la Prague des annees 30 ou Robert Merle dans le Paris des
annees 60, ce fut helas dans le cadre de manipulations politiques de
grande ampleur dirigees contre une Turquie qui opposait son tenace
verrou a l’expansionnisme sovietique et au modèle d’Etat totalitaire
sovieto-arabe, si populaire tout autour de ses frontières. Après la
liquidation de la presence sovietique en Egypte a la fin des annees
1970, une faction violente et terroriste des organes de securite
sovietiques mirent sur pied une vengeance dirigee contre ce pilier de
l’Otan qu’etait la Turquie, et qui passait par l’activation de tous
les objets contondants antiturcs qu’ils pouvaient ramasser sur leur
chemin depuis la Bulgarie islamophobe de Jivkov a d’ex-gauchistes
turcs ainsi qu’a certaines fractions extremes de l’extreme droite
dans lesquelles on recruta in fine Mohamed Ali Agca et, pour finir,
jusqu’a la mafia turque elle-meme et, bien sûr, un nouveau terrorisme
armenien. C’est un secret de Polichinelle que la montee des violences
de l’Asala, depuis son poste de commandement de Chypre, fut orchestree
de bout en bout par Damas, Moscou et Sofia dans des buts geopolitiques
peu acceptables et qui finirent dans l’attentat sanglant de mai 1981
contre Jean-Paul II. Pendant toute cette periode, la Turquie tint
bon, serra les dents quand ses jeunes diplomates et ses ouvriers qui
rentraient de vacances furent assassines sommairement et pour finir,
grâce a des hommes eclaires par l’ideal democratique et republicain
du kemalisme – l’amiral Koruturk, le general Evren, Turgut Ëzal –
reussit a eviter le basculement dans la dictature nationaliste et
la repression aveugle que les stratèges devoyes du KGB voulaient
provoquer. Il y eut aussi, au KGB et dans l’armee sovietique, des
hommes droits et honorables – Andropov ; Aliev, le defunt president
de l’Azerbaïdjan independant ; le marechal Ogarkov et le Bulgare
Alexandre Lillov qui le paya tardivement de sa vie -, pour s’opposer
a ces folies terroristes, notamment après 1981. De cela aussi, il
serait necessaire qu’Armeniens et Turcs en discutent aujourd’hui,
sereinement. Car nos socialistes francais, qui ont econduit sans meme
les entendre leurs amis de la gauche turque, semblent faire comme si
la Turquie, par la voix de son premier ministre Erdogan, n’avait pas
considerablement evolue en la matière en proposant un debat ouvert et
sans tabous entre historiens turcs et armeniens, y compris ceux de la
diaspora de toute evidence, et pourquoi pas d’autres nationalites. Le
grand ecrivain turc Orhan Pamuk, qui eut le courage de parler sans
barguigner de la tragedie armenienne, vient de voir le procès qui lui
avait ete intente, annule par un procureur. Est-ce bien le moment de
poignarder dans le dos cette formidable glasnost turque pour le seul
benefice de quelques electoralistes gaulois, qui croient avoir trouve
dans la rhetorique humanitaire un moyen imparable de creer de toutes
pièces un “villierisme de gauche” en croyant, comme tous les pervers
le font volontiers, que personne ne les comprend ni ne les voit ?
–Boundary_(ID_wMbfqPu6vm5MnzXGtUuSaA)–

Le Gouvernement D’Ankara S’Apprete a Riposter

LE GOUVERNEMENT D’ANKARA S’APPRETE A RIPOSTER
Par Thierry Oberle
Le Figaro, France
18 mai 2006
SI LE PARLEMENT devait adopter la proposition de loi socialiste sur
la criminalisation de la negation du genocide armenien, la France
peut craindre des mesures de retorsion. ” La patience a ses bornes.
Nous n’aurons pas de haine mais nous imposerons des sanctions “,
a prevenu Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre turc.
La menace est a prendre au serieux. La Turquie a deja fait savoir
que les relations bilaterales pourraient souffrir des ” dommages
incalculables “. Des degâts sans doute plus importants que ceux
provoques en 2001 par la reconnaissance par l’Assemblee nationale du
caractère genocidaire des massacres d’Armeniens de 1915. Car cette
fois, les autorites turques se sentent en position de force. Depuis
qu’elles ont le feu vert de l’Union europeenne, en 2001, pour
l’ouverture de negociations d’adhesion, elles ne cherchent plus a
s’attirer les grâces de Paris. Dans le meme temps, une course au
patriotisme s’est engagee dans la classe politique tout entière,
des islamistes a l’extreme droite.
” Insulte a la nation ”
S’ils reconnaissent du bout des lèvres que les Armeniens ont bien ete
deportes en masse en 1915 et que des massacres ont eu lieu, les Turcs
recusent avec vehemence le terme de genocide. A en croire leur histoire
officielle, quelque 300 000 Armeniens – et non pas 1,5 million comme
l’affirment les Armeniens – auraient ete tues durant cette periode. Les
victimes seraient de surcroît mortes en grande partie de maladies,
de faim ou de froid durant leur marche vers l’exil. Leur nombre est
mis en balance avec les 400 000 soldats turcs morts durant la Première
Guerre mondiale. Ces arguments sont marteles dès le plus jeune âge
dans les ecoles de la Republique. La querelle ne porte pas seulement
sur les chiffres : le refus de reconnaître la dimension genocidaire
des tueries est un des elements federateurs du nationalisme.
La levee de boucliers traduit aussi des crispations plus generales.
Ankara redouble d’intransigeance sur Chypre comme sur les minorites.
Pas question d’ouvrir en 2006, comme le demande Bruxelles, les ports
turcs aux Chypriotes. Et, en janvier, la justice turque n’a renonce
a poursuivre le romancier Orhan Pamuk que sur pression des Europeens.
L’auteur de Neige risquait une peine de prison pour ” insulte a la
nation “, après avoir declare dans une interview qu’ ” un million
d’Armeniens et 30 000 Kurdes ont ete tues ” en 1915.
Un debat, riche de promesses, s’etait pourtant ouvert avec la tenue
a Istanbul a l’automne, après plusieurs reports, d’une conference
organisee par de prestigieuses universites stambouliotes. Une
soixantaine d’universitaires avaient remis en cause les dogmes en
exposant des analyses contradictoires sur cet episode. ” En heurtant
de front les susceptibilites, la proposition de loi sur le genocide
risque malheureusement de freiner la societe civile dans sa recherche
historique “, deplore un diplomate francais en poste a Ankara. Un
point de vue que partagent de nombreux intellectuels turcs.
–Boundary_(ID_F9nY33wQy0loZ04H0+hVjQ)–

Ara Abrahamian Has Quite Critical View Of His Deeds,Unlike Our Autho

ARA ABRAHAMIAN HAS QUITE CRITICAL VIEW OF HIS DEEDS, UNLIKE OUR AUTHORITIES
By Ruzan Poghosian
AZG Armenian Daily
18/05/2006
“The Union of Armenians of Russia and the World Armenian Congress of
can’t settle complicated political and economic issues and will make
no progress without collaboration with the Armenian authorities. There
is certain positive development in the relations with the Armenian
authorities, but I should state with regret that some of the Armenian
officials do not notice us. Everyone can see our activities. I want
to draw attention on self-criticism and dwell on the drawbacks,”
Ara Abrahamian, chairman of the World Armenian Congress and the Union
of Armenians of Russia, said at WAC sitting at the Armenia-Marriott
Hotel May 16.
The participants of the congress touched upon the issues of opening
representative bodies of the Western-Armenian unions, as well as
the implementation of “The Days of the World Congress of Armenians
and the Union of Armenians of Russia in Armenia and Artsakh” project,
organization of “Armenia-Diaspora” third congress and other issues. RA
Foreign minister Vartan Oskanian, NKR foreign minister Anushavan
Danielian, as well as many representatives of political and cultural
spheres were present at the sitting.
“This congress is a new phenomenon in the context of developing new
events and overcomes all the challenges that the Armenian people
faces. I highly appreciate the activities that are carried out under
the leadership of Ara Abrahamian,” Yervand Azatian, political and
public figure, literature critic, said.
Mihran Dabag, head of the Center for the Armenian Studies at
Bohum University, stated the importance of the fact that different
representatives of the Armenian organizations have gathered in Armenia.
Ruben Mirzakhanian, chairman of Tekeyan Cultural Union, stated that
many documents testify to the activities of the Congress, while the
deeds of this organization say more. He added that the activities of
the Union of the Armenians of Russia prove that the World Armenian
Congress will develop and unite the goals and activities of the
Armenian organizations of Diaspora. “We know that about 500 Armenian
organizations used to function in Russia. Being quite respectful of
their activities, I should state nothing united them and their common
deed was harmed. Ara Abrahamian managed to settle that issue and this
fact gave hope that he will also mange to solve all the issues put
forward in front of the Congress,” Mirzakhanian stated.

Halil Berktay :” Le Paysage Intellectuel En Turquie A Change Sur Le

HALIL BERKTAY : ” LE PAYSAGE INTELLECTUEL EN TURQUIE A CHANGE SUR LE GENOCIDE ARMENIEN ”
Propos recueillis par Sophie Shihab
Le Monde, France
18 mai 2006
Dans un entretien au ” Monde “, l’historien turc, qui reconnaît le
genocide, estime que la nouvelle loi preparee en France aurait des
effets desastreux.
Vous etes presente comme la première figure turque a avoir reconnu la
realite du genocide armenien en Turquie. Quelle a ete votre demarche
? Les premières voix turques dissidentes, critiques du discours
nationaliste officiel, sont venues, dans les annees 1990, de Turcs
residant a l’etranger, tels Taner Akcam, Fikret Adamir ou Fatma
Muge Gocek. En octobre 2000, je fus le premier historien travaillant
en Turquie a donner une interview pour dire ce qui pousse a croire
que les massacres de 1915-1916 repondaient a des ordres de l’Etat,
illegaux et secrets. Mes propos ont paru dans un quotidien national,
Radikal, et non dans des revues confidentielles. Cela a provoque une
immense fureur, et ce fut une brèche dans le mur du silence.
Mais cette brèche ne s’est guère elargie ensuite ? Au contraire. De
plus en plus de voix se sont alors elevees. En septembre 2005, nous
avons pu organiser une conference sur les Armeniens et le declin de
l’Empire ottoman. Ce qui a mis en exergue une realite qui ne plaît pas
du tout a nos milieux dirigeants nationalistes, a savoir qu’en moins
de cinq ans le paysage intellectuel en Turquie a change. Ce n’est
plus un groupe de marginaux, mais une large couche d’universitaires,
et les journalistes les plus connus, qui pensent a l’oppose du discours
negationniste officiel, ou semi-officiel.
Les lois reconnaissant le genocide armenien adoptees a l’etranger
ont-elles eu un effet ?
Un effet complexe, contradictoire. Car toute solution durable de
cette question suppose une democratisation de la Turquie. Le deni
de la realite est un problème qui fait partie de la tragedie de la
societe turque. Il doit etre surmonte en Turquie. Ce que d’autres
pays font est certes important, mais finalement secondaire.
Comment expliquer l’amnesie collective en Turquie sur ce passe ? La
Turquie moderne, nee en 1923, n’avait aucun interet a entretenir
la memoire de ce qu’ont fait ses predecesseurs. Les puissances
occidentales, alliees de la Turquie, non plus. Après des decennies
de refoulement impose, il y a un gouffre entre ce que le monde sait
sur ce passe et ce que la societe turque, dans son ensemble, croit
savoir en toute sincerite. Après les attentats de l’Armee secrète pour
la liberation de l’Armenie – Asala, dans les annees 1970 et 1980 –
visant des diplomates turcs, la politique du silence fut remplacee
par celle du deni.
La seule riposte possible, c’est de parler, et de se faire entendre.
Certains succès sont deja la. La repetition hypocrite des cliches
negationnistes a beaucoup diminue. Mais ce n’est qu’un debut. Nous
sommes en train de creer graduellement les conditions d’un debat
normal, sans hysterie, imprecations, terreur psychologique et menaces
de lynchages. La solution ne peut pas venir d’une decision autoritaire,
par le haut.
Mais cela peut aider ? Il faut etre realiste : l’establishment va
traîner des pieds. C’est a la societe civile de faire le travail.
L’Histoire suggère d’ailleurs que le despotisme eclaire, ca ne marche
pas. Le dynamisme doit venir des mouvements d’opposition. Or il y a
une tendance actuellement en Occident, y compris en France avec le
projet de loi criminalisant le deni du genocide armenien, a vouloir
imposer des solutions a la Turquie sous forme d’ultimatums. Mais la
politique n’a pas a dicter les savoirs.
L’experience du XXe siècle devrait suffire a s’en convaincre. Il
faut des debats ouverts, libres, forcement lents. Il ne s’agit pas
d’approuver ou non ces crimes. On peut criminaliser le fait d’en
faire l’apologie, mais peut-on juger criminelle une opinion sincère
sur l’Histoire ? Voyez les debats sur les très nombreux cas où on
parle de genocide. Où mettre les limites ?
Quelles seraient en Turquie les effets d’une adoption de la nouvelle
loi en France ? Ils seraient desastreux, avant tout pour l’action
des democrates. On peut craindre que le Parlement turc n’adopte une
contre-loi, criminalisant la reconnaissance du genocide. Il y a en ce
moment une forte vague nationaliste, anti-europeenne, en Turquie. Ces
forces seraient ravies de voir l’Europe refuser l’adhesion de la
Turquie. Elles la verraient volontiers isolee comme une Birmanie.
Si la France adopte la loi, elle se privera des moyens de faire
pression contre une telle evolution. La France des droits humains se
sera tire une balle dans le pied… Le parti du premier ministre,
Recep Tayyip Erdogan, a tente de se montrer plus flexible sur les
causes nationales, dont la question armenienne. Mais il est en butte
a de vives pressions. L’adoption du projet de loi en France serait une
invite directe a son parti de se debarrasser de ses habits europeens.
–Boundary_(ID_uKiauuykZ2MVABgmFX32/g) —

Russian Military Convoy Crosses Georgian-Armenian Border

RUSSIAN MILITARY CONVOY CROSSES GEORGIAN-ARMENIAN BORDER
RIA Novosti news agency, Moscow
18 May 06
Tbilisi, 18 May: The first convoy carrying the property of the 62nd
Russian military base in Akhalkalaki has crossed the border with
Armenia, Col Igor Konoshenkov, an aide to the Russian ground troops
commander, told RIA Novosti on the phone from the Georgian-Armenian
border.
“This is the first out of 12 convoys with the property of the 62nd base
reassigned to replenish Russia’s 102nd military base located in Gyumri,
Armenia. The convoy of 10 trucks was accompanied to the border by two
vehicles that have already gone back to Akhalkalaki,” Konoshenkov said.
There were no problems with the journey, he added. The convoy left
Batumi at 0600 today [0200 gmt]. “On its way across the Georgian
territory it was accompanied by the officers of Georgia’s criminal
and military police and Russian servicemen,” Konoshenkov said.
‘The only difficulty was poor roads to the Armenian border. That is why
it took us more than three hours to cover 40 km,” he said. The convoy
plans to make the remaining 80 km to Gyumri in three hours to reach
the destination point by midday, Konoshenkov added. [Passage omitted
to end: earlier reported details of the Russian pullout from Georgia.]
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Bill Takes Up Unsolved Case Of U.S. Teacher Killed In Armenia

BILL TAKES UP UNSOLVED CASE OF U.S. TEACHER KILLED IN ARMENIA
AP Worldstream
May 18, 2006
On the Net:
Joshua Haglund Memorial Peace Scholarship Fund:
A bill introduced in the U.S. House Wednesday is aimed at finding
answers about the unsolved death of an American teacher two years
ago in Armenia.
Joshua Haglund, 33, of Minnesota, was killed less than a year after he
began teaching English at Armenia’s state-run Linguistics University
through an exchange program overseen by the United States.
The bill introduced by Minnesota Congresswoman Betty McCollum
seeks answers in the death and authorizes $250,000 (A194,069) for
a scholarship fund in Haglund’s name at the University of Minnesota
for study abroad and diversity training programs.
Haglund was found fatally beaten on May 17, 2003, on the street
outside his apartment in Yerevan, the Armenian capital.
Before moving to Armenia, Haglund taught in inner-city schools in
the United States as well as in Japan, India and Puerto Rico.
Haglund’s family went to Armenia five months after he died, hired an
Armenian lawyer and has been in frequent contact with the U.S.
Embassy in Yerevan. The family also asked for help from McCollum and
Minnesota’s two U.S. senators.
“Somebody knows who did it,” said Haglund’s mother, Maxine
Haglund-Blommer.
“I don’t know if I’ll see it (resolved) in my lifetime, but maybe
my kids will,” she said. “Maybe someday as those people get older,
their conscience will bother them.”
Haglund’s family thinks he may have been the victim of a hate crime
because he was gay. Armenia has a strong stigma against homosexuality.
“The Haglund family deserves justice, and the Armenian and American
governments need to continue working together to resolve the
investigation into Joshua’s death,” McCollum said.
“The bill is also an opportunity to honor Joshua’s life. He selflessly
dedicated his life to peace and cross-cultural understanding,
becoming an educator who invested his energy in students around the
world. Encouraging others to reach out with a helping hand is a truly
fitting legacy for Joshua,” she said.
Haglund’s family has established the Joshua Haglund Memorial Peace
Scholarship Fund at the University of Minnesota, to “continue his
vision, through love and education, to make the world a better place,
one person at a time.”

Russian Military Chief Urges More Contacts Between CIS Countries’ To

RUSSIAN MILITARY CHIEF URGES MORE CONTACTS BETWEEN CIS COUNTRIES’ TOP BRASS
ITAR-TASS news agency, Moscow
18 May 06
Chief of the General Staff of the Russian armed forces Yuriy
Baluyevskiy has called on his Collective Security Treaty Organization
[CSTO] counterparts to improve cooperation between the general and
main staffs of the member states’ armed forces, the ITAR-TASS news
agency reported at 0716 gmt on 18 May. In an opening speech at the
meeting of the chiefs of the CSTO main and general staffs, which
was held on 18 May in Moscow, Baluyevskiy said the efficiency of the
CSTO’s military component relies extensively on practical interaction
between the member nations’ armed forces.
“We know that not everybody is happy with [the current state of] this
interaction. It has weakened for a number of reasons. This is how
our performance was appraised at a meeting of the Council of Defence
Ministers of the CIS and the CSTO member states,” Baluyevskiy said.
The member states of the CSTO are Armenia, Belarus, Kazakhstan,
Kyrgyzstan, Russia and Tajikistan. ITAR-TASS reports that Belarus
was not represented at the meeting in Moscow.

Marzpet Alik Sargsyan At RA President’s Office

MARZPET ALIK SARGSYAN AT RA PRESIDENT’S OFFICE
ArmRadio.am
18.05.2006 15:25
Issues related to state assistance for elimination of spring flood
consequences in Ararat marz were discussed today during President
Robert Kocharyan’s working meeting with Marzpet Alik Sargsyan.
The President instructed the Marzpet to provide assistance to those
citizens who suffered losses because of the deluge. Reference was
made also socio-economic, health, cultural and educational programs
to be implemented in the region this year.

Andre To Represent Armenia At “Eurovision-2006”

ANDRE TO REPRESENT ARMENIA AT “EUROVISION-2006”
ArmRadio.am
18.05.2006 15:32
The semifinal of the “Eurovision-2006″ song contest will be held today
at the Olympic Stadium of Athens meant for 18 spectators. Armenia will
be represented by best singer of the year Andre, who will present a
song titled ” Without your love.”
In a few hours the third general rehersal will be held in Athens. It
completely performs the concert program.
“After having a rest after the rehearsal, the actors and singers will
perform already at the semifinal. The spirit is high, the atmosphere
is friendly,” director Hrach Keshishyan said in his phone talk with
“Radiolur” correspondent.
The interest towards Armenia, Armenians and Andre, in particular,
is great in Athens. Andre is well known, local TV and radio Channels
often air his song.