FM MEETS WITH EU TROIKA DELEGATION
AzerTag, Azerbaijan
Oct 3 2006
Azerbaijan’s Foreign Minister Elmar Mammadyarov met October 3 with
the delegation of the European Union troika.
At the press conference following the meeting, Mr. Mammadyarov said
Azerbaijan and the EU have already ended the Action Plan-related
talks within the European Neighborhood Policy.
The Minister said the document would be adopted at the EU-Azerbaijan
Cooperation Council’s meeting in the Belgian capital Brussels on
November 14.
Mr. Mammadyarov said his meeting with the EU troika delegation
included discussions over the issues concerning the Action Plan,
adding this document will deepen the Azerbaijan-EU ties.
Finland’s Foreign Minister Erkki Tuomioja, in his turn, said the
Action Plan will enhance the cooperation between the European Union
and Azerbaijan.
European Commissioner for External Relations and European Neighborhood
Policy Mrs. Benita Ferrero-Waldner stressed the importance of the
document to Azerbaijan in terms of integration into the European Union.
***
The same day, the EU troika delegation gave a press conference in the
“Park INN-Azerbaijan” Hotel to sum up their visit.
Finland’s Foreign Minister Erkki Tuomioja said the main goal of the
visit to the South Caucasus was to end the Action plans-related talks
with the region’s countries.
On the Armenia-Azerbaijan conflict over Nagrono-Karabakh, Mr. Tuomioja
said it is the OSCE Minsk Group which is responsible for settlement
of this dispute, adding “we support their activity”.
ANKARA: CoE Criticises Chirac’s Remarks On So-Called Genocide
COE CRITICISES CHIRAC’S REMARKS ON SO-CALLED GENOCIDE
Turkish Press
Oct 3 2006
STRASBOURG – Rene van der Linden, President of Council of Europe
Parliamentary Assembly (PACE), criticised French President Jacques
Chirac who commented that Turkey should acknowledge the so-called
Armenian genocide in order to become a member of the European Union.
“I did not like Chirac`s statements. These statements are political
and have a clear intention”, said Van der Linden, speaking at a
press conference.
PACE President stated that Turkey had activated rapid reforms of
vital importance in recent years and kept its promises.
“We can not define new conditions at the moment just because Turkey
activated such reforms”, Rene van der Linden said.
Reminding that EU made promises to Turkey and such promises should
be kept, “rules can not change in the middle of the game”, PACE
President stressed.
Van Der Linden also emphasized that Turkey had further steps to
take prior to the membership, nonetheless, it was not appropriate to
determine the recognition of the so-called genocide as a precondition.
Stressing that politicians should inspire confidence to the society,
Van Der Linden noted that contradictional statements on such issues
ended up in distrust.
PACE President also said that supporters of the reforms in Turkey
should be encouraged.
Moreover, upon a reporter`s question on Cyprus, Van Der Linden said
that if Greeks had accepted the Annan Plan, there would not have been
problems regarding this issue.
Genocide Armenien: La Position De Chirac Est Celle Du PS (Strauss-Ka
GENOCIDE ARMENIEN: LA POSITION DE CHIRAC EST CELLE DU PS (STRAUSS-KAHN)
Agence France Presse
1 octobre 2006 dimanche
Dominique Strauss-Kahn, candidat a l’investiture du PS pour
l’election presidentielle, a releve dimanche “une convergence”
entre les positions du president Jacques Chirac et du PS demandant
que la Turquie reconnaisse le genocide armenien pour pouvoir adherer
a l’Union europeenne.
“C’est la position du Parti socialiste. Nous avons considere qu’en
effet, la reconnaissance, faite d’ailleurs par le Parlement europeen,
du genocide armenien devait etre une condition de l’entree de la
Turquie dans l’Union”, a affirme M. Strauss-Kahn au Grand jury RTL-Le
Figaro-LCI.
Selon le depute du Val d’Oise, “il y en a bien d’autres (conditions)
que celle-la” mais “celle-la est symbolique”. “Sur ce plan-la, il
y a une convergence entre les socialistes et moi-meme d’une part,
et Jacques Chirac d’autre part”, a-t-il dit.
Cette position du PS est ancienne. Le premier secretaire Francois
Hollande avait meme, au printemps 2004, fait de la reconnaissance du
genocide un prealable a l’ouverture des negociations entre l’UE et
la Turquie sur l’adhesion de celle-ci.
Conference Armenie, Jeudi 5octobre Au Havre
CONFERENCE ARMENIE, JEUDI 5OCTOBRE AU HAVRE
par Cheval Genevieve
Paris-Normandie
2 octobre 2006 lundi
Cap sur l’Armenie des forts, vallees et canyons
Lors du voyage en Armenie, propose par Marie-Dominique Masso, le
spectateur est convie a une aventure etonnante a travers les forts
profondes, les vallees encaissees, les canyons vertigineux, les sommets
dechiquetes, le lac Sevan, la douceur des cônes volcaniques, sous
l’ombre protectrice du mont Ararat qui pourtant se trouve aujourd’hui
en Turquie.
Sur ce territoire, jalonne de katchkars, ces pierres croix
brodees, surgissent des forteresses accrochees aux pitons rocheux,
des monastères tailles dans la roche qui defient les hommes et
s’offrent a Dieu. Ici, la vie et la mort s’entremlent lors de rituels
ancestraux. Malgre son histoire douloureuse, ce peuple de grande
culture possède une langue, un alphabet, une religion uniques et sa
principale richesse reside dans sa matière grise.
Nous partagerons le quotidien de ces Armeniens qui se sont racontes
avec pudeur et sincerite. Nous degusterons des lavatch et porterons
tant de toasts au Grand Charles et a l’amitie avec la France que vous
n’oublierez pas la legendaire generosite.
Marie-Dominique a voulu comprendre la douleur karabagh et s’est rendue
dans cette enclave chretienne en terre musulmane. Les larmes de la
guerre entachent encore les paysages et les âmes, mais le Karabagh
fait preuve d’un dynamisme surprenant.
La diaspora n’est pas etrangère aux changements qui s’opèrent en
Armenie, surtout dans les villes. Gumri, efface peu a peu les traces
du terrible seisme. Erevan, la ville rose toute de tuf vtue est un
grand chantier.
En un an et demi, la realisatrice a vu les buildings pour hommes
d’affaires presses, les cafes pour jeunesse branchee, se multiplier.
l A 14h15 et 18h30 au theâtre de l’Hôtel- de-Ville. Tarif: de 8 a 4 Û
(abonnements: 35 et 28 Û). Tel.02.35.46.26.60.
–Boundary_(ID_FjyAJpHulmINoG F7qyRF8Q)–
Conference De Presse Conjointe Du President De La Republique, Et Du
CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, ET DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE D’ARMENIE
NEWS Press
2 octobre 2006
Palais presidentiel, Erevan – Armenie, samedi 30 septembre 2006
LE PRESIDENT KOTCHARIAN – Je suis ravi et très heureux de saluer
le President de la Republique francaise, ici, en Armenie. C’est la
première visite d’Etat francaise en Armenie. Bien evidemment, dans le
cadre de cette visite, on a decide de continuer le dialogue cordial
entre nos deux Etats.
On a aborde plusieurs questions. Les contacts vont continuer. Les
discussions vont continuer. On n’a pas pu encore discuter de tous
les sujets dans leur pleine dimension durant cette première rencontre.
Mais il y aura un suivi, c’est certain.
J’accorde une très haute appreciation a nos relations bilaterales.
Surtout, je voudrais noter la dimension economique de nos relations
bilaterales, durant ces dernières annees. Il y a plus d’une centaine
d’entreprises qui ont une participation avec des capitaux francais.
Il y a de grandes societes francaises presentes en Armenie. Il y
a un changement vraiment qualitatif dans les relations bilaterales
economiques.
Je voudrais revenir aussi sur les contacts parlementaires actifs entre
nos deux pays. Il y a des visites reciproques. Parallèlement, il y a
une bonne vingtaine de villes francaises et armeniennes jumelees et les
contacts entre ces villes, au niveau local, regional, sont soutenus
par le dialogue parlementaire, très riche. Ces relations viennent
completer nos relations bilaterales, d’une facon plus generale.
Je voudrais souligner egalement la cooperation dans le domaine de
l’enseignement. A cet egard, je voudrais citer l’Universite francaise
en Armenie, un maillon très important qui relie les Francais et les
Armeniens dans le domaine de l’enseignement.
Bien evidemment, je voudrais revenir sur l’annee de l’Armenie
en France. C’est assez impressionnant. Il y aura plus de 500
manifestations avec plus de 120 000 Francais. La, nous sommes très
serieux et nous sommes interesses a presenter l’Armenie, son passe, son
present, sa culture, en France, dans votre pays Monsieur le President.
Avec le President CHIRAC on a parle de la situation actuelle dans
le processus de règlement du conflit du Haut Karabakh. Je tiens a
souligner particulièrement que le President de la Republique francaise,
personnellement, maîtrise tous les details de cette question, au
niveau d’un veritable expert.
Je voudrais revenir aussi a la diaspora, aux Francais d’origine
armenienne. La, j’ai remarque, lors de l’inauguration de la place de
France, beaucoup de visages de France et d’origine armenienne qui
sont venus vers moi pour me dire qu’ils sont venus specialement en
Armenie pour participer a cette serie de manifestations.
Je remercie, bien evidemment, Monsieur le President Jacques CHIRAC
d’avoir accepte l’invitation de se rendre en visite d’Etat en Armenie,
d’etre present ici. C’est un très grand evenement. Je transmets
avec un grand plaisir la parole a mon cher collègue, le President
Jacques CHIRAC.
LE PRESIDENT – Mesdames, Messieurs, vous comprendrez que mes premiers
mots soient pour remercier de son accueil chaleureux le President
KOTCHARIAN, mais nous nous connaissons bien. J’ai pour lui beaucoup
d’estime et d’amitie. Nous nous connaissons depuis longtemps.
Je voudrais souligner l’emotion qui est la mienne d’etre, pour la
première fois, un President de la Republique francaise sur la terre
d’Armenie. Pourtant, pour les Francais, l’Armenie, c’est quelque
chose qui paraît tout proche, et très connu. J’avais l’impression
de connaître l’Armenie avant meme d’y etre. Puis tout d’un coup,
je me suis apercu, qu’en verite, j’arrivais pour la première fois
sur cette terre. Donc, c’etait une emotion particulière.
A ce titre, je voudrais exprimer tous mes remerciements, mes chaleureux
remerciements aux autorites armeniennes, au President, au Maire
d’Erevan, a la population nombreuse qui est venue ce matin pour
l’inauguration de cette superbe place qui deviendra place de France.
J’espère aussi place de la paix, la paix dans le monde. Je voudrais
dire a l’ensemble de vos compatriotes, Monsieur le President, combien
j’ai ete sensible a leur accueil, et touche par leur accueil. Je me
rejouis que la France soit honoree par l’existence, au coeur de la
capitale de l’Armenie, d’une des places les plus grandes d’Erevan.
Ce soir, je me rejouis de retrouver un certain nombre d’habitants de
cette ville et probablement d’ailleurs, y compris de France, comme
le disait tout a l’heure Monsieur KOTCHARIAN, a l’occasion du concert
que va donner Charles AZNAVOUR, dont chacun sait qu’il est a la fois
un grand Francais, un grand Armenien et un immense artiste. Nous
nous rejouissons tous d’entendre celebrer les liens très profonds,
très chaleureux, culturels, mais aussi cordiaux qui existent entre
l’Armenie et la France.
Au-dela de cet aspect emotionnel, nous avons evoque un certain nombre
de sujets. Nous avons evoque les problèmes de la paix dans cette region
qui doit etre inlassablement confortee. Nous avons evoque les problèmes
concernant le reste, au sens très large du terme, de la region, des
pays voisins du Caucase, mais aussi l’Iran, la Turquie et l’eclairage
que peut avoir le President KOTCHARIAN et l’Armenie sur ces problèmes,
tout a fait essentiels, pour la reflexion d’un responsable europeen,
et notamment Francais. Je remercie beaucoup le President KOTCHARIAN
de nous apporter sa reflexion dans ce domaine.
Nous avons evoque, et nous allons encore evoquer tout a l’heure pendant
le dejeuner, les relations entre l’Armenie et l’Union europeenne, et
aussi nos relations bilaterales. Mais celles-ci sont excellentes. Elles
peuvent toujours devenir meilleures, aussi bien sur le plan economique
que culturel. Elles sont très bonnes, comme le rappelait tout a l’heure
le President KOTACHARIAN. Nous aurons l’occasion, lors de ce dejeuner,
de prendre toute la mesure des questions bilaterales et d’exprimer
notre satisfaction sur leur evolution positive.
Voila ce que nous avons fait aujourd’hui. Je remercie encore le
President, les habitants d’Erevan et le maire d’Erevan, mais surtout
tous les Armeniens d’Armenie, ceux de France aussi, mais je leur
parlerai tout a l’heure.
QUESTION – Monsieur le President, l’Assemblee nationale francaise doit
examiner très prochainement une proposition de loi d’origine socialiste
dont l’objet est de penaliser la negation du genocide armenien. Est-ce
que vous approuvez cette initiative ? Est-ce que vous la soutenez ?
LE PRESIDENT – Je voudrais rappeler, une fois de plus, que la France
reconnaît le genocide Armenien. Elle l’a officiellement reconnu de par
la loi. C’est donc notre loi. Cette loi s’impose a tous. En outre,
vous le savez parfaitement, nous sommes un Etat de droit. La loi
francaise condamne toute provocation a la discrimination, a la haine
ou a la violence raciale. Toute discrimination. C’est la loi qui le
veut. Je serai très heureux d’evoquer ces questions avec le President,
dans le cadre de cette visite d’amitie en Armenie qui nous permet
d’evoquer tous les problèmes, sans reserve. Cela montre bien que la
France a pleinement reconnu la tragedie du genocide et que le reste
relève plus, aujourd’hui, de la polemique que de la realite juridique.
QUESTION – Ma question s’adresse aux deux Presidents. La presence
francaise est très active et sensible en Armenie actuellement que
ce soit dans le domaine economique, dans le business, que ce soit a
l’Universite, la magnifique Universite francaise en Armenie. Est-ce
que vous avez parle de la possibilite de rendre plus active, encore
plus active cette participation de la France a l’economie armenienne ?
LE PRESIDENT KOTCHARIAN – J’ai dit que les discussions seront
poursuivies et on reviendra plus en detail sur les questions concernant
cette dimension economique. Nous attendons une participation francaise
active dans le domaine bancaire. On salue, a cette occasion, l’entree
en Armenie du Credit Agricole. Ces activites, nous les apprecions
hautement. J’ai egalement l’intention de demander de promouvoir
l’arrivee des societes d’assurances en Armenie. Parce que ce secteur
est assez faible, pour l’instant, en Armenie. Il y a egalement d’autres
perspectives liees, peut-etre, a la possibilite de creer un centre
medical en Armenie. Et d’autres projets encore. Encore une fois,
on y reviendra.
Je constate une chose. Avec le President francais, durant toutes
nos rencontres, tous les projets d’accords que nous avons eus avec
le President francais ont toujours ete realises, que cela concerne
les reseaux de distribution d’eau ou, encore une fois, le système
bancaire. Tous ces projets sur lesquels nous etions tombes d’accord
avec le President CHIRAC sont devenus immediatement une realite.
C’est la raison pour laquelle je suis très optimiste et je suis sûr
qu’il y a place pour une activite economique basee sur un terrain
d’entente mutuel.
LE PRESIDENT – Il y a aussi une deuxième raison d’etre optimiste.
C’est que la croissance economique, en Armenie, se developpe a un
rythme très fort, fondee sur le developpement economique lui-meme,
mais fondee aussi et c’est essentiel, sur le genie propre du peuple
armenien, de sa jeunesse, de ses travailleurs, de sa formation,
de son experience. Ceux-ci sont des elements qui se traduisent par
une croissance qui s’accelèrent, et si la croissance s’accelère, les
echanges avec le reste du monde, notamment les echanges avec la France,
ne peuvent qu’augmenter. Et il ne faut pas s’etonner si aujourd’hui ils
de developpent de facon importante dans un climat qui est un climat de
confiance. Il faut savoir, qu’aujourd’hui, les investisseurs francais
ont confiance dans l’Armenie. Ce qui les encourage naturellement,
a juste titre, a y investir, dans toute la mesure du possible.
PRESIDENT KOTCHARIAN – M. Pigeon, un ami d’enfance de M. Jacques
CHIRAC a fait des investissements, il y a des annees, en Armenie. Il
s’agissait, je crois, de petites centrales electriques, cela fait
une dizaine d’annees. A ma connaissance, il est en train d’ouvrir
une deuxième centrale. C’est donc une reussite.
LE PRESIDENT – Le President sait tout !
QUESTION – Monsieur le President, l’adhesion de la Turquie a
l’Union Europeenne passe-t-elle imperativement, a vos yeux, par une
reconnaissance du genocide armenien ? Et si je peux me permettre, M.
le President KOTCHARIAN, pouvez-vous nous dire si vous etes inquiet de
la nouvelle tension qui se developpe entre la Russie et la Georgie et
comment cela pèse-t-il sur l’ensemble de la region de Transcaucasie ?
LE PRESIDENT KOTCHARIAN – Nos relations avec la Turquie ne sont
pas formees a l’heure actuelle. Souvent, on me pose la question de
savoir comment on regarde l’eventuelle adhesion de la Turquie a l’Union
europeenne. Nous sommes très interesses d’avoir pour voisins, des Etats
les plus developpes possibles, les plus democratiques possibles, les
plus ouverts possibles. Nous ne voyons pas d’inconvenient a continuer
sur le chemin de cette adhesion. Nous voudrions tout simplement que,
durant ce processus, les questions qui nous concernent trouvent aussi
leur solution et que le système de valeurs, des valeurs telles que la
liberte, l’ouverture des frontières qui sont les valeurs de l’Europe,
en fait, soient egalement les valeurs pour l’Union europeenne, et ne
soient pas seulement considerees a la dernière etape de l’adhesion
de la Turquie, mais durant le processus, et dès le depart.
En ce qui concerne la deuxième question : evidemment, cette tension
entre la Georgie et la Turquie se fait sentir en Armenie. Les routes
nous reliant a la Russie passent, traversent la Georgie, ce qui
influence directement les volumes de notre cooperation economique.
Nous esperons que ce qui s’est passe trouvera très rapidement, grâce
aux negociations, bien evidemment, une solution. J’ai toujours dit
en Russie, aussi bien qu’a mes collègues georgiens, que l’Armenie
est peut-etre le pays le plus interesse a l’amelioration et a la
normalisation des relations entre Georgiens et Russes. Peut-etre
meme un peu plus que les autres parce que tout ceci a une influence
directe sur notre situation economique.
LE PRESIDENT – La question posee, si j’ai bien compris, est ” faut-il
que la Turquie reconnaisse le genocide armenien pour entrer dans
l’Union “. C’est la question que vous avez posee.
Honnetement, je le crois. Tout pays se grandit en reconnaissant ses
drames et ses erreurs. Peut-on dire que l’Allemagne, qui a profondement
reconnu la SHOAH, a perdu son credit ? Elle s’est grandie. On pourrait
le dire pour la France, dans d’autres circonstances, et pour beaucoup
d’autres pays. Un pays, une nation, se grandit toujours de reconnaître
les erreurs qu’elle a pu commettre. Alors quand, de surcroît, il
s’agit de s’integrer dans un ensemble qui revendique l’appartenance
a une meme societe, et la croyance en de memes valeurs, je pense,
effectivement, que la Turquie serait bien inspiree, au regard de son
histoire, de sa tradition profonde, et de sa culture, qui est aussi
une culture humaniste, d’en tirer les consequences.
QUESTION – Ma question s’adresse au President francais. M. le President
ces derniers temps, il y a eu des tentatives de règlement du conflit
du Karabakh dans d’autres instances, par exemple l’ONU. Le groupe
de Minsk s’occupe depuis des annees de cette question dont vous
etes, M. le President, un des co-presidents. Comment evaluez-vous
l’efficacite des activites du Groupe de Minsk ?
Pensez-vous qu’une autre instance que le groupe de Minsk puisse
influencer positivement la solution de ce problème ?
LE PRESIDENT – C’est un problème extremement complexe. Vous en
connaissez tous les elements, je ne developperai pas.
Je dirais, premièrement, que les experts du Groupe de Minsk, depuis
des annees, font un bon travail, sur un sujet infiniment complexe.
Mais ils font un bon travail. Leurs dernières propositions, sur
lesquelles je ne fais de commentaires, peuvent etre contestees d’un
cote ou de l’autre, par Erevan ou par Bakou, c’est vrai, mais on ne
peut pas dire que ce soit des propositions legères. Elles emanent
de gens competents et de bonne volonte. Dans ce contexte, vouloir
transferer la responsabilite du Groupe de Minsk a d’autres experts qui,
par definition, connaîtront beaucoup moins bien le problème et depuis
beaucoup moins longtemps, qui n’auront pas la memoire des choses,
honnetement, je crois que c’est une facilite qui n’est pas justifiee
et qui risque de creer plus de difficultes que de satisfaction.
LE PRESIDENT KOTCHARIAN – Je voudrais egalement revenir sur cette
question. Je suis persuade que la solution de tout conflit doit etre
trouve par des negociations de professionnels, entre professionnels,
et non au moyen de votes, dans des forums differents. Chaque vote
signifie des efforts de part et d’autres, uniquement pour avoir la
quantite de voix necessaire. Mais tout ceci ne peut aboutir a une
solution du conflit, simplement a une augmentation du volume de tel
ou tel dossier. Les parties vont essayer de trouver des resolutions
favorables, ou peu favorables, mais ce n’est pas une solution du
problème, mais peut-etre juste le contraire, la continuation des
problèmes. S’il y a des gens qui essayent de diriger le processus de
negociation dans cette direction, alors nous avons de serieux doutes.
Je repèterai donc encore une fois, il faut des negociations avec des
professionnels, avec des diplomates informes. C’est certain.
QUESTION – Ma question s’adresse au President KOTCHARIAN et si
necessaire, pour commentaires de M. le President. M. le President,
dans une lettre officielle, le Premier ministre turc, M. ERDOGAN,
datant d’avril 2005 et approuvee par la grande Assemblee nationale de
Turquie, celui-ci vous avez propose la constitution d’une commission
mixte composee d’historiens et d’experts armeniens, turcs et de pays
tiers, si necessaire francais, pour faire la lumière sur le passe,
au travers d’une recherche active sur les archives et par le dialogue.
Pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous n’avez pas donne suite a
cette proposition qui etait une ” première ” dans l’histoire de la
Republique de Turquie ?
LE PRESIDENT KOTCHARIAN – Je suis vraiment desole que vous ne soyez
pas informe de ma reponse ; c’est une première chose que je voulais
vous dire. Deuxièmement, les chefs de deux Etats voisins, j’en suis
certain, doivent communiquer, non pas par le biais de la presse et
des medias, mais au moyen des representations diplomatiques, qu’ils
doivent avoir dans leurs pays, sur une base reciproque. Il faut qu’il
y ait des consultations, notamment entre les Ministères des Affaires
Etrangères, ou d’autres moyens adaptes. Je suis desole que ce genre
de relations entre les Etats Turc et Armenien n’existent pas. En
repondant au Premier ministre ERDOGAN, j’ai propose de creer une
commission intergouvernementale qui pourrait traiter de toutes ces
questions, y compris la creation d’une commission d’historiens. Cela
a ete ma reponse, dont je n’ai pas encore l’echo.
Merci, M. le President.
LE PRESIDENT – Je vous remercie.
–Boundary_(ID_iom5A1niHAFLYwRLZ/BhzA)- –
Aznavour, Un Grand Moment D’Emotion A Erevan
AZNAVOUR, UN GRAND MOMENT D’EMOTION A EREVAN
Par Anne-Marie Romero
Le Figaro, France
02 octobre 2006
” ILS SONT VENUS, ils sont tous la “, les Armeniens d’Armenie, toutes
generations confondues, mais aussi ceux de la diaspora, comme Michel
Legrand, lui aussi fils d’une emigree armenienne, ses amis de toujours,
Line Renaud, Jean-Claude Brialy – dans le rôle du presentateur -,
sans oublier les couples presidentiels des deux pays et une foule
d’invites de marque. Ils etaient, en effet, près de 50 000, samedi
soir, sur l’immense place de la Republique d’Erevan, pour acclamer
l’Armenien le plus adule de la toute jeune Republique caucasienne,
Varenagh Aznavourian, plus connu sous le nom de Charles Aznavour,
dans un concert exceptionnel et benevole, marquant l’inauguration de
l’Annee de l’Armenie en France.
Dans une première partie du spectacle, Nana Mouskouri, Dany Brillant,
Isabelle Boulay, Michel Legrand et sa soeur, Helène Segara, venue
avec sa mère et sa grand-mère armeniennes, ont chante chacun deux
chansons, benevolement aussi, et par amitie pour Charles. Puis,
sous un tonnerre d’applaudissements, celui que Jacques Chirac avait
qualifie, le matin meme, dans son discours, de ” grand Francais,
grand Armenien et immense artiste “, est enfin monte sur la grande
scène dressee devant le Musee national et il n’a pas decu son public.
Loin de la.
Bien sûr, il y a eu quelques couacs, quelques notes difficiles a
tenir en debut de concert, mais le petit homme frele d’apparence,
en veste de satin noir, a montre qu’a 82 ans il etait encore une
bete de scène. Depuis Les Emigrants – un must en la circonstance –
jusqu’a Emmenez-Moi, qui a clôture la soiree, chauffe par la foule,
de chanson en chanson, il recuperait en effet son punch, ses fameux
tremolos, et les intonations puissantes et eraillees qui ont fait son
succès. Et c’est l’Aznavour d’il y a vingt ans que l’on a finalement
retrouve dans Je me voyais deja et dans La Bohème par une ovation
du public, qui chantait avec lui des paroles dont il ne comprenait
pas le sens, mais que chacun, ici, connaît par coeur. ” Aujourd’hui,
c’est la fete de l’amour “, avait dit Jean-Claude Brialy en presentant
ce gala celebrant l’amitie indefectible entre la France et l’Armenie.
C’etait surtout la fete de l’emotion. Emotion due au choix des textes,
comme Les Emigrants, bien sûr, ou comme une chanson inedite, Un mort
vivant, qu’Aznavour a ecrite en memoire de Daniel Pearl, le journaliste
americain decapite au Pakistan, et en hommage a tous les journalistes
assassines pour avoir defendu le droit de dire la verite.
Mais ce qui a le plus touche ses compatriotes, c’est que le heros
vivant, dont une place d’Erevan porte le nom, a parle dans leur langue,
a plusieurs reprises et longuement. Et, en francais cette fois,
il a remarque : ” Je n’ai jamais parle armenien sur scène.
C’est la première fois et ca me plaît bien. Je crois que je
recommencerai, meme en France ! ”
L’integrale de ce concert (douze chansons), plus deux autres,
enregistrees la veille, au Memorial du genocide, Ave Maria et Ils sont
tombes – un hommage aux 1 500 000 victimes des massacres perpetres
par les Turcs durant la Première Guerre mondiale – sera diffusee sur
Arte, le 12 novembre, a 19 heures. Enfin, dernière contribution de
Charles Aznavour a l’Annee de l’Armenie : une soiree de gala, dont
le programme sera, paraît-il, complètement different, le 17 fevrier
2007, a l’Opera Garnier. Il est vrai qu’avec un millier de titres en
50 ans de carrière, il n’aura que l’embarras du choix.
n Lire egalement page 6
Temps forts de l’Annee de l’Armenie
n L’Annee de l’Armenie rend compte de l’histoire, du rayonnement et
du destin d’un peuple ancien dans toutes ses dimensions, de l’arche
de Noe echouee au sommet du mont Ararat jusqu’au genocide de 1915.
Cela a travers la richesse de son patrimoine (” Le Livre armenien
” a la BNF et a Strasbourg, l’art liturgique ” Armenia sacra ”
au Louvre, ” Lumières d’Armenie ” a Cluny ou ” Or et tresors ” a
Lyon). Dans l’ oeuvre de ses artistes contemporains, notamment Gorky,
père de l’expressionnisme abstrait americain auquel rend hommage
le Centre Pompidou, et du cineaste plasticien Sergueï Paradjanov
expose a L’ENSBA Paris et Saint-Etienne. En suivant les travaux
photographiques presentes a l’lnstitut du monde arabe, notamment de
la famille Boyadjian, de Varta et du grand Yousuf Karsh.
En assistant aux projections des films du Hollywoodien Rouben
Mamoulian, du Francais Henri Verneuil et de jeunes cineastes actuels
tant de la Republique d’Armenie que de la diaspora comme Artavazd
Pelechian, Atom Egoyan ou en France Robert Guediguian.
En ecoutant les sonorites de la musique traditionnelle, le tempo du
jazz armenien de Tigran Hamasyan ou du duo Mouradian-Tchmitchian,
les compositions du XX e siècle de Khatchatourian ou Komitas, ainsi
que les formations instrumentales comme l’Orchestre philharmonique
d’Erevan et l’Orchestre national de chambre d’Armenie, ou vocales
comme le choeur Hover, qui revèlent des jeunes talents, le violoniste
Sergueï Katchatrrian ou le pianiste Vahan Mardirossian.
Enfin, en decouvrant le theâtre et ses auteurs modernes comme Torikian,
Varroujean ou Tokatlian dont les textes sont traverses par le thème
de l’interrogation sur soi, et la danse avec les ensembles Yeraz
et Navasart.
–Boundary_(ID_j3DlA8An1LdWowyZSDk71w)- –
Devoir De Civilisation
DEVOIR DE CIVILISATION
Le Figaro, France
02 octobre 2006
L’editorial d’Yves Threard
En invitant la Turquie a reconnaître le genocide armenien, Jacques
Chirac a brise, samedi a Erevan, un tabou diplomatique. Certes,
la declaration du president de la Republique etait previsible. La
France fut, en 2001, le premier grand pays europeen a legiferer pour
qualifier de genocide le massacre de 1,5 million de personnes par
l’Empire ottoman au debut du siècle dernier.
Les propos du chef de l’Etat devraient indisposer Ankara, dont
la reaction se fait attendre. En d’autres temps, elle aurait ete
immediate. Et certains ne manqueront pas de denoncer l’ingerence
de Paris dans un dossier qui lui est etranger. La presence d’une
importante communaute armenienne en France, constituee de nombreux
descendants de rescapes, explique que notre pays a toujours ete
sensible a ce sujet. Mais c’est egalement a l’avenir de l’Europe
que pensait Jacques Chirac en s’adressant a la Turquie. Partisan
de l’entree de cette dernière dans l’Union, il a tenu a souligner
l’exigence democratique europeenne : une entite ” qui revendique
l’appartenance a une meme societe et la croyance en de memes valeurs
“. Message destine aux Turcs, bien sûr, qui doivent se resoudre a
rendre leur histoire transparente. Aux institutions europeennes aussi,
qui n’ont pas fait de la reconnaissance du genocide une condition
prealable a l’acceptation de la Turquie. A tous ceux enfin, notamment
en France, qui s’opposent a l’elargissement au-dela des rives du
Bosphore. Pour des raisons, entre autres, religieuses. Le chef de
l’Etat a-t-il voulu indirectement les rassurer ? Hostile a toute
reference chretienne dans le preambule au projet de Constitution, il
vient de reaffirmer sa definition de l’Europe : liberte, democratie et
laïcite en sont, pour lui, les indispensables fondements. En melant,
dans le meme discours, le genocide armenien et la reconnaissance de
la Shoah par l’Allemagne, Jacques Chirac s’expose a d’inevitables
critiques, chaque tragedie revendiquant sa singularite. Mais la
comparaison sert, dans son esprit, a rappeler que l’Europe est un
socle de valeurs communes tout autant qu’un continent. Un exemple
unique, un modèle a l’ambition universelle pour propager la paix. Le
president de la Republique affectionne les rôles de paladin du dialogue
entre les nations et d’avocat des damnes de la Terre. Ce week-end,
en Armenie, loin du debat sur la repentance et la question de savoir
si c’est aux seuls historiens d’ecrire l’histoire, il a fait un
acte de civilisation. Sans doute etait-il necessaire a l’heure où,
meme en Turquie, quelques initiatives officielles se dessinent pour
revisiter le passe. Non sans mal puisque Ankara s’est toujours mefie de
ses minorites, et que des intellectuels denoncant le genocide, comme
l’ecrivain Orhan Pamuk, continuent d’etre des cibles de choix pour le
regime. OEuvre utile egalement, bien davantage que cette proposition
de loi francaise, defendue par le Parti socialiste, visant a faire
de la negation du genocide armenien un delit. Il est bienvenu que la
France, en certaines circonstances, affirme son devoir de civilisation.
–Boundary_(ID_mdciNvvVocGpjfmK+p/r /Q)–
L’Hommage De Chirac Aux Victimes Du Genocide
L’HOMMAGE DE CHIRAC AUX VICTIMES DU GENOCIDE
La Nouvelle Republique du Centre Ouest
02 octobre 2006 lundi
Edition Informations Generales
Le president a effectue, samedi et dimanche, une visite d’Etat
empreinte d’emotion en Armenie, où la question des massacres
d’Armeniens entre 1915-1917 dans l’Empire ottoman, reconnus par la
France comme un ” genocide “, a ete omnipresente.
” C’est avec une emotion profonde que je decouvre la terre d’Armenie
“,a lance Jacques Chirac samedi, saluant” l’histoire heroïque et
tourmentee de ce peuple d’Armenie issu de la plus haute antiquite “.
Il a rendu hommage a” tous les survivants de cette tragedie “, evoquant
les tueries de 1915-1917. Au cours de cette periode, les massacres
et deportations d’Armeniens dans l’Empire ottoman ont fait plus de
1,5 million de morts, selon les Armeniens, entre 250.000 et 500.000
selon les Turcs qui refutent la notion de genocide. Jacques Chirac a
debute la première journee de sa visite d’Etat par un hommage a ces
victimes au pied du Tsitsernakaberd, le ” Monument au genocide des
Armeniens “,en presence du couple presidentiel armenien.
Parmi ses invites de la diaspora armenienne, le numero un mondial du
caviar Armen Petrossian confiait etre” submerge par l’emotion “,le
journaliste Daniel Bilalian eclatait en sanglot et le footballeur
Youri Djorkaeff observait, fige, la minute de silence. La France est
devenue en 2001 le premier grand pays europeen a reconnaître comme”
genocide “ces evenements par une loi, alors qu’un grand nombre de
pays ne retiennent pas cette qualification.
La Turquie montree du doigt
En conference de presse, Jacques Chirac a enfonce le clou en jugeant
que la Turquie devait proceder a une reconnaissance similaire avant
de pouvoir adherer a l’Union europeenne.” Tout pays se grandit en
reconnaissant ses drames et ses erreurs “, a-t-il juge. En soiree,
il a assiste a un concert geant de Charles Aznavour, 82 ans, veritable
monstre sacre dans ce pays, qui a lance l’annee de l’Armenie en France,
” Armenie mon amie “..
GRAPHIQUE: Avant le concert d’Aznavour, les presidents armenien
(Kotcharian) et francais ont rencontre l’artiste d’origine armenienne.
–Boundary_(ID_jnY9iI3ui3pzgsUCAXT0iw )–
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
Chirac Pour La Reconnaissance Du Genocide Armenien
CHIRAC POUR LA RECONNAISSANCE DU GENOCIDE ARMENIEN
par Damien Roustel
L’Humanite, France
2 octobre 2006
Armenie . À Erevan, le president francais a presente cette demarche
comme la condition de l’integration europeenne de la Turquie.
La visite d’Etat de Jacques Chirac en Armenie samedi et dimanche, la
première d’un president francais dans ce pays independant depuis 1991,
fera date pour les Armeniens. Le chef d’Etat francais a clairement
pris parti pour ses hôtes en conditionnant l’entree de la Turquie dans
l’Union europeenne a la reconnaissance du genocide armenien de 1915.
À la question “Faut-il que la Turquie reconnaisse le genocide armenien
pour entrer dans l’Union ? “, posee par un journaliste lors d’une
conference de presse, Jacques Chirac a repondu : ” Honnetement, je
le crois “. “Tout pays se grandit en reconnaissant ses drames et ses
erreurs “, a-t-il ajoute, prenant l’exemple de l’Allemagne et de la
Shoah. ” Quand de surcroît il s’agit de s’integrer dans un ensemble qui
revendique l’appartenance a une meme societe et la croyance en de memes
valeurs, je pense qu’effectivement la Turquie serait bien inspiree,
au regard de son histoire, de sa tradition profonde, de sa culture
qui est aussi une culture humaniste, d’en tirer les consequences “,
a-t-il poursuivi.
C’est la première fois que la France, le seul pays au monde a avoir
vote une loi reconnaissant le genocide armenien, etablit un lien
aussi direct entre le genocide armenien et la candidature turque.
L’Union europeenne n’a jamais voulu en faire une condition prealable.
Le gouvernement turc refuse le terme de ” genocide ” et conteste le
nombre des victimes massacres par les Ottomans entre 1915 et 1917.
Selon les Armeniens, près d’un million et demi des leurs aurait
ete tue.
Par ailleurs, Jacques Chirac a juge que l’amendement socialiste visant
a sanctionner la negation du genocide armenien n’etait pas utile dans
la mesure où la loi condamne deja la discrimination et les appels a
la haine ou a la violence raciale. Cet amendement doit etre examine
par l’Assemblee nationale le 12 octobre. Il a egalement evoque avec
son homologue armenien l’epineuse question du Haut-Karabakh, cette
enclave armenienne situee sur le territoire de l’Azerbaïdjan. Les deux
presidents ont renouvele leur confiance au groupe de Minsk (France,
Etats-Unis, Russie) pour trouver une solution.
–Boundary_(ID_1sM2M1DaFfGRlpUSbFPL5Q)- –
Chirac Au Nom De La Memoire
CHIRAC AU NOM DE LA MEMOIRE
Dominique Garraud
Charente Libre
2 octobre 2006
L’enjeu principal n’est pas de contraindre la Turquie a faire
repentance, mais bien de l’amener a scruter sans complaisance les
pages noires de son Histoire
Pour la première visite officielle d’un President francais dans la
jeune republique d’Armenie, un geste fort de Jacques Chirac etait
attendu. Il est venu lors d’une conference de presse, lorsque
la question lui fut posee de savoir si pour entrer dans l’Union
europeenne, la Turquie devait d’abord reconnaître le genocide
armenien. Honnetement, je le crois, a repondu le chef de l’Etat,
soulignant qu’a l’instar de l’Allemagne qui a reconnu la Shoah, une
nation se grandit de reconnaître les erreurs qu’elle a pu commettre.
Outre que la comparaison avec la Shoah risque d’etre fort mal prise
a Ankara où les autorites nient toujours la realite du genocide de
1915 et son bilan de 1,5 million de morts, Jacques Chirac ne pouvait
guère aller plus loin que la delivrance d’un conseil. La Commission
europeenne et la semaine dernière le Parlement europeen ont en effet
formellement exclu que la reconnaissance par Ankara du genocide
armenien constitue un prealable a l’adhesion de la Turquie. Sans
incidence directe sur le dossier turc vis-a-vis de Bruxelles, le coup
d’eclat de Jacques Chirac a Erevan a une double portee, de politique
interieure a court terme, a long terme sur le plan des valeurs
partagees de l’Europe politique. Le soutien sans reserve apporte
au respect de la memoire armenienne gomme une image chiraquienne
turcophile entretenue par son approbation d’une adhesion a terme
de la Turquie. Il lui permet aussi de justifier son opposition a un
amendement socialiste prochainement examine a l’Assemblee preconisant
l’ajout de peines penales pour negationnisme dans la loi francaise
de 2001 qui reconnaît formellement l’existence du genocide armenien.
Dans la lignee de sa reconnaissance de la responsabilite de l’Etat
francais de Vichy dans la deportation des juifs lors de son discours
de 1995 au Vel d’Hiv, Jacques Chirac montre un souci salutaire d’un
devoir de memoire et d’histoire qui ecarte de toute exploitation
politicienne des tragedies comme le genocide armenien.
Plus qu’une mise en garde a la Turquie, la declaration d’Erevan est
un encouragement a destination des autorites d’Ankara, pour qu’elles
rompent avec des decennies de negation en poursuivant resolument
le chemin qui les a recemment conduites a envisager la mise sur
pied d’une commission mixte turco-armenienne d’historiens sur les
massacres de 1915. L’enjeu principal n’est pas de contraindre la
Turquie a faire repentance, mais bien de l’amener a scruter sans
complaisance les pages noires de son Histoire condamnables a l’aune
des valeurs europeennes qu’elle pretend vouloir partager. Ces valeurs
doivent conduire la Turquie a admettre qu’etre Europeen signifie aussi
reconnaître pleinement son voisin armenien et les douleurs d’un passe
qui ne peut etre passe sous silence.
–Boundary_(ID_qdUwU3Ip6eHxxHINwcbJZg)–