CHRISTIAN INTERNATIONAL INFORMATION MEETING HELD IN ANTELIAS
ANTELIAS, December 9 (Noyan Tapan). The Christian International
Information Meeting started at the Mother Church of the Catholicosate
of the Great Cilician House in Antelias on December 5. It was held
upon the initiative of the Church World Council. The special
commission of the Church World Council participates in the
meeting. Manushak Boyajian is the Chairwoman of the Committee, she the
Chairowman of the Inter-Church Committee of the Catholicosate of the
Great Cilician House simultaneously.
According to the press divan of the Catholicosate of the Great
Cilician House, the work of the meeting completed on December 9.
Category: News
UE: les ratis de l’integration musulmane inquietent l’opinion public
Agence France Presse
10 décembre 2004 vendredi 9:52 AM GMT
UE: les ratés de l’intégration musulmane inquiètent l’opinion
publique (DOSSIER – SYNTHESE)
BERLIN
Les ratés de l’intégration des musulmans dans les sociétés
européennes accroissent encore le décalage entre des gouvernements
officiellement favorables à une entrée de la Turquie dans l’Union
européenne et une majorité de l’opinion qui l’appréhende
économiquement, socialement et culturellement.
L’assassinat par un islamiste du réalisateur Theo van Gogh aux
Pays-Bas a déclenché une prise de conscience dans de nombreux pays
européens de l’intégration insuffisante de la minorité musulmane.
La discussion est vive en France qui compte la plus forte communauté
musulmane d’Europe avec près de 5 millions de personnes. La majorité
de la classe politique et de l’opinion du pays, qui compte aussi
450.000 personnes d’origine arménienne, sont opposées à l’adhésion
turque. Le président Jacques Chirac s’y est toujours proclamé
favorable, alors que notamment son propre parti UMP s’est prononcé
contre.
Autres clivages profonds en Allemagne, qui compte près de 3,5
millions de musulmans, dont 2,8 de Turcs, où les troubles
interculturels aux Pays-Bas ont provoqué un débat sur le
“patriotisme”.
Le ministre de l’Intérieur Otto Schily a dénoncé le
“multi-culturalisme béat” des décennies passées. Le chancelier
Gerhard Schroeder a mis en garde contre les “sociétés parallèles” et
un “conflit des cultures”, demandant aux musulmans d’adhérer aux
“valeurs des Lumières” de la démocratie allemande.
Le gouvernement, qui soutient à fond une adhésion pleine de la
Turquie, veut persuader son opinion rétive de l’abîme séparant une
minorité extrémiste d’une majorité musulmane pacifique.
Aux Pays-Bas, réputés pour leur tolérance, l’affaire van Gogh a
suscité de véritables tensions intercommaunautaires. Une semaine
après le meurtre, 80% des Néerlandais espéraient un durcissement de
la politique d’intégration.
En Belgique, le débat sur l’intégration des musulmans s’est
radicalisé avec la montée en puissance en Flandre du Vlaams Blok,
parti d’extrême droite au discours xénophobe.
En Autriche, plus de 75% de la population est opposée à l’ouverture
de négociations avec Ankara.
En Grande-Bretagne, la tradition reste libérale à l’égard des 1,6
million de musulmans, mais la crainte du terrorisme islamiste a amené
les hommes politiques à leur demander de faire davantage pour
s’intégrer. Le ministère de l’Intérieur a relancé l’idée d’une loi
qui condamnerait l’incitation à la haine religieuse.
En Espagne, l’intégration des musulmans se pose sous l’effet conjugué
d’une poussée migratoire en provenance du Maghreb et du terrorisme
international. La xénophobie commence à se développer.
En Italie, le débat est surtout agité par la Ligue du Nord, populiste
et xénophobe. A propos de la Turquie, elle va à contre-courant des
positions du président du Conseil Silvio Berlusconi, de longue date
défenseur de son adhésion.
En Scandinavie, celle-ci fait surtout débat au Danemark, où elle est
plutôt mal vue. Le renforcement des lois sur l’immigration et
l’influence de l’extrême droite y traduisent un climat difficile dans
l’opinion vis à vis des musulmans.
Le facteur religieux joue un rôle dans ce débat. Dans l’entourage du
ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier
reconnaissait que l’opposition en France “est fondalement due à des
questions de religion”.
Les Eglises, dépitées par l’absence de mention des racines
chrétiennes dans la Constitution de l’UE, alternent les appels au
respect mutuel et des remarques acerbes à l’égard des dignitaires
musulmans qu’ils accusent de non-réciprocité.
Le memorial armenien a Valence
Le Point
9 décembre 2004
Natation;
Le mémorial arménien à Valence
par Pascal Mateo
L’idée avait germé dès le milieu des années 90. En juin 2005 ouvrira
dans la capitale de la Drôme un Centre du patrimoine arménien.
«Il s’agit d’une première en Europe, souligne Annie
Koulaksezian-Romy, conseillère municipale chargée du dossier à la
mairie de Valence. Ce lieu sera consacré à l’histoire des Arméniens,
de la fin du XIXe siècle à nos jours.»
Un parcours interactif
Implanté sur 400 mètres carrés dans l’ancienne faculté de droit, le
centre présentera un parcours interactif autour des fondements de
l’identité arménienne: «Des bornes-son permettront aux visiteurs
d’écouter des témoignages d’immigrés», explique la conseillère. En
outre, une salle sera destinée aux objets identitaires, une autre à
la foi apostolique. Les 5 000 Valentinois d’origine arménienne
bénéficieront ainsi d’un lieu de mémoire. «Le centre abordera des
thématiques universelles: l’intégration, les diasporas et les
génocides, notamment celui des Rwandais ou celui que le peuple
arménien a subi en 1915 du fait du gouvernement turc», précise Annie
Koulaksezian-Romy. Une question épineuse au moment où la Turquie
frappe à la porte de l’UE
U.S. Wants Special U.N. Holocaust Session on January 24, 2005
U.S. Wants Special U.N. Holocaust Session
.c The Associated Press
UNITED NATIONS (AP) – The United States asked Friday for a special
session of the General Assembly in January to mark the 60th
anniversary of the liberation of the Nazi concentration camps in World
War II.
In a letter to Secretary-General Kofi Annan, U.S. Ambassador John
Danforth requested that the proper steps be taken to convene a
commemorative session of the 191-member assembly.
Danforth said the gathering should be convened Jan. 24, 2005, three
days before a similar event in the former Auschwitz death camp in
Poland. Between 1 million and 1.5 million prisoners – most of them
Jews – perished in gas chambers or died of starvation and disease at
Auschwitz. Advancing Soviet troops liberated the camp Jan. 27, 1945.
“We believe that it is important that the United Nations, an
organization that rose out of the ashes World War II and the
Holocaust, mark this occasion in a manner fitting its historical
significance,” Danforth wrote.
“This is a unique opportunity for us all to remember and recommit to
the founding principles and noble ideals upon which the United Nations
was founded.”
The United Nations was founded Oct. 24, 1945.
12/10/04 23:45 EST
Ankara refuse toute nouvelle condition =?UNKNOWN?Q?impos=E9e?= parBr
Le Figaro, France
10 décembre 2004
Ankara refuse toute nouvelle condition imposée par Bruxelles
UNION EUROPÉENNE Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan est
arrivé en Belgique hier, alors que l’UE étrenne sa nouvelle politique
de voisinage
Istanbul : Marie-Michèle Martinet
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan est aujourd’hui à
Bruxelles pour d’ultimes discussions avant une décision des
dirigeants de l’Union européenne sur l’ouverture de négociations
d’adhésion avec Ankara. Erdogan a énuméré trois demandes, qu’il
entend présenter aux Vingt-Cinq avant le sommet européen des 16 et 17
décembre, au cours duquel sera évaluée la candidature turque. « La
première est notre demande définitive pour l’adhésion, car il ne
reste rien à accomplir » en ce qui concerne les critères politiques –
les critères dits de Copenhague – que la Turquie doit remplir pour
commencer les négociations d’adhésion, a-t-il déclaré. Il a ensuite
cité la volonté de la Turquie d’obtenir le 17 décembre une date ferme
pour le lancement des pourparlers, plaidant pour l’ouverture de
négociations d’adhésion « dans la première moitié de 2005 » .
Troisième point, Ankara ne se pliera à aucune nouvelle condition
politique imposée par l’UE avant le début des négociations, a-t-il
affirmé.
Déçus, mais pas abattus. Ainsi pourrait se résumer l’état d’esprit de
la Turquie, à huit jours du sommet des 16 et 17 décembre qui doit
sceller le sort de la candidature d’Ankara à l’adhésion européenne.
L’annonce par Bruxelles au début de cette semaine de nouvelles
conditions pour l’ouverture des négociations a été perçue à Ankara
comme une rebuffade. Mais la Turquie s’est vite ressaisie, se
raidissant à son tour pour formuler certains refus aux allures de
défi : non aux conditions supplémentaires imposées par Bruxelles, non
à toute formule alternative à l’adhésion complète, non à la
reconnaissance préalable de Chypre… Ankara veut reprendre la main
et fixer elle-même les limites d’un jeu, dont elle se dit prête à se
retirer plutôt que de perdre la face. La Turquie resserre les rangs,
mettant provisoirement de côté les rivalités de partis pour tirer à
boulets rouges sur le comportement jugé inadmissible de l’Europe.
Deniz Baykal, le chef du CHP, principal parti d’opposition, déclare
qu’il considérerait comme une «grave insulte» toute proposition
d’ouverture de négociations susceptibles d’être interrompues en cours
de route. Quant à Mehmet Agar, du parti DYP de la Juste Voie, il juge
«incroyable» que l’Europe se conduise avec la Turquie «comme avec un
pays qui viendrait s’asseoir à la table de négociation après avoir
perdu la guerre». La Turquie se sent donc rabaissée ; voire trahie.
Sur ce point, l’appel qui vient d’être lancé à l’opinion et
communiqué à la presse française par des intellectuels turcs en dit
long sur les liens très passionnels qui unissent la Turquie et
l’Europe, et tout particulièrement à la France : «Nous, les
signataires, avons deux choses en commun, précise le texte, écrit en
français.
La première c’est que nous nous sommes battus pour une démocratie de
plus en plus libérale et humaine en Turquie. Notre second
dénominateur commun est la connaissance de la langue et de la culture
française». Ces précisions étant données, les intellectuels
francophones expriment leur déception face à la «campagne de
dénigrement» menée, selon eux, en France. Ils sont universitaires,
journalistes, artistes, écrivains, anciens ministres, chefs
d’entreprise de renom… et s’inquiètent d’un «discours qui frise la
xénophobie». Ils expriment leur «incapacité totale à comprendre les
raisons de cette lame de fond antiturque, et à saisir les motivations
réelles de certaines voix de la France, qui prennent la tête d’un
mouvement visant à exiger de la Turquie plus qu’il n’exige de tout
autre candidat». Parmi les signataires, certaines personnalités de
renommée internationale, tels le romancier Yachar Kemal ou le
photographe Ara Güler se sont vu décerner par la France la Légion
d’honneur. Hervé Giraud porte également la rosette à sa boutonnière.
Il doit son nom français à l’histoire de sa famille, qui vit dans ce
pays depuis la fin du XVIII e siècle. Lui non plus ne comprend pas
que la candidature de la Turquie pose tant de problèmes : «L’Union
européenne ne peut trouver que des avantages à accueillir ce pays»,
assure ce grand patron de l’industrie textile. «Et puis,
comprenez-moi : avec la vie que j’ai vécue, moi qui suis né ici,
quand j’entends dire qu’Ankara n’est pas en Europe, je ne peux
m’empêcher de penser que c’est une blague !» L’éditorialiste Mehmet
Ali Birand a également inscrit son nom parmi les signataires de
l’appel. Dans son dernier billet, il tente d’analyser les motivations
de l’opinion publique française, dont l’attitude, «très nerveuse à
propos de la Turquie», est selon lui «sans commune mesure avec
n’importe quel autre pays». Le journaliste tente de faire
l’inventaire des griefs français à l’égard de son pays : l’Arménie,
Chypre, la torture… autant de raisons qui amèneraient les Français
à considérer que «la Turquie représente tout ce qui peut exister de
mal». Cette impression d’être mal compris par ses interlocuteurs, le
premier ministre lui-même a tenté de l’exprimer : selon Recep Tayyip
Erdogan, «le vrai problème est qu’une partie de l’opinion publique ne
connaît pas la Turquie».
Iran, Russia, Azerbaijan to syncronize power grids
Iran, Russia, Azerbaijan to syncronize power grids
IRNA web site
11 Dec 04
Tehran, 11 December: By signing a tripartite agreement in a meeting
here Saturday [11 December] Iran, Russia and Azerbaijan agreed to
synchronize their power grids.
The document was inked by the managing directors of Iran’s Power
Generation, Transmission and Distribution Company (TAVANIR), Russia’s
Reivas and Azerbaijan’s Azer Energy.
Managing Director of TAVANIR Mohammad Ahmadian said that such
synchronization will enable the three countries to benefit from the
facilities of one another’s grids in case of power shortage or
failure.
Putting the volume of energy exchanged among the signatories of the
document at 500 MWs, he noted: “The operations for construction of
power transmission lines are already underway and the exchange of
electrical energy will start in 2006.
“The synchronization of the three power grids will expand the national
power network on the one hand and will make it more stable on the
other. Thus, Iran’s power network will be synchronized with Russia’s
200,000-MW power grid via Azerbaijan, which will pave the way for
introducing Iran’s power industry to the world market.”
For his part, Chairman of the Board of Directors of Russia’s and
Commonwealth of Independent States (CIS) electricity monopoly United
Energy Systems (UES) Anatoli Chubais underlined the significance of
synchronization of Iran’s power grid with that of Russia to his
country.
“Once the project is implemented, the power grids of the three
countries will operate in parallel. This would facilitate transmission
of power to any destination in the three countries at any time,” he
added.
Addressing the meeting, the deputy head of Azer Energy, Marlen
Askarov, he said that given that peak time in Iran and the two CIS
countries occur in summer and winter respectively, the three states
can compensate each other’s shortages.
“Besides exchange of energy, the project aims to stabilize the power
networks of the three countries,” he added, hoping that other regional
countries will also sign such agreements in the future.
Mechonneurs de tous les pays
La Nouvelle République du Centre Ouest
11 décembre 2004
Mchonneurs
Mchonneurs de tous les pays
Deux Arméniens, nés en Azerbaidjan et s’exprimant en russe,
comparaissaient, mardi, accompagnés d’un interprète russophone,
devant le tribunal correctionnel pour une banale affaire de
filouterie de carburant. Leurs avocates demandaient l’une et l’autre
l’annulation de la procédure, les deux prévenus n’ayant pas bénéficié
de l’assistance d’un interprète lors de leur garde à vue. Le
procureur de la République, M. Alain Durand, est persuadé que les
deux hommes, qui vivent en France depuis trente mois, feignent de
méconnaître le français. Il leur tend donc un piège diabolique : «
Crachez donc ce chewing-gum », lance-t-il en se frappant les lèvres
du doigt à l’un des deux prévenus qui mchonne effectivement depuis
qu’il est arrivé à la barre. L’homme s’exécute immédiatement. « Ah,
ah, vous voyez, ils comprennent parfaitement le français ! »,
triomphe le magistrat. « C’est que, s’interpose timidement
l’interprète, chewing-gum en russe, ça se dit aussi chewing-gum ! »
Caramba, encore raté !
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
UE: Bruxelles face aux pretentions d’Ankara
Le Figaro, France
11 décembre 2004
Non à un élargissement excessif !;
UNION EUROPÉENNE Bruxelles face aux prétentions d’Ankara
Par RUDOLF SCHARPING *
Il ne fait aucun doute qu’en l’état actuel des choses, la Turquie
n’est pas en mesure de devenir membre de l’UE. Si ce pays a accompli
des progrès tout à fait étonnants en un laps de temps des plus court,
il demeure toutefois fort éloigné encore de l’objectif : la société
civile est loin d’être stable ; la Turquie n’assume pas son histoire
dans son intégralité, je pense notamment au génocide arménien. Les
droits de la femme ne sont pas garantis. Les ressortissants turcs
continuent de former le groupe le plus important de réfugiés
politiques en Allemagne. Il faudra attendre plusieurs années et
quelques conflits pour voir si le contrôle du civil sur le militaire
ou l’interdiction de la torture constituent les piliers réels et
durablement acceptés d’une démocratie fondée sur un État de droit
véritable. Pour toutes ces raisons, on ne saurait répéter
l’expérience des années précédentes : l’entame de négociations ne
peut déboucher de manière quasi automatique sur une adhésion.
Pourtant, nombre d’enthousiastes plaident pour l’intégration de la
Turquie. À l’exception du cas de l’Allemagne, ils comptent aussi,
dans leurs pays ou leurs partis respectifs, au rang des sceptiques
résolus lorsqu’il est question d’approfondir l’intégration
européenne. C’est là un fait qu’il nous faut considérer avec
attention. Car, à l’avenir, tout élargissement de l’UE constituera un
«test double», portant sur la capacité d’intégration du pays en
question et sur la capacité d’élargissement de l’Union européenne.
En effet, une Europe dont le corps devient toujours plus massif, mais
dont la musculature politique reste faible, ne sert pas plus les
intérêts de ses citoyens qu’elle ne répond à sa responsabilité au
plan mondial. Nous sommes nombreux à le percevoir, instinctivement.
D’où l’émergence du scepticisme et du refus, y compris en Allemagne.
Et tandis que les uns prônent l’apaisement, arguant que cela n’est
pas pour demain et ne se passera pas comme le craignent les citoyens
et qu’ils ont bien les choses en main, d’autres brandissent d’un ton
hésitant l’idée d’un «partenariat privilégié», sans investir ce
concept d’une signification tangible. Ces attitudes ne sont pas de
nature à aller à la rencontre des citoyens ou à leur donner confiance
dans les capacités de leurs dirigeants. En dépit du grand progrès que
constitue le traité constitutionnel, le corpus institutionnel ne
répond ni à l’exigence de transparence démocratique et d’attribution
claire des compétences, ni à celle d’une action menée avec précaution
et efficacité. Il suffit pour s’en convaincre de considérer le nombre
de députés européens, la taille et la composition de la Commission ou
la pondération des voix au sein du Conseil européen, notamment après
les adhésions à venir. Non, il est de l’intérêt de l’Europe dans son
ensemble que l’UE des Vingt-Cinq s’engage désormais dans une longue
phase de consolidation interne, notamment après l’intégration de la
Bulgarie, de la Roumanie et, probablement, de la Croatie. La
consolidation doit donc être un préalable absolu à tout nouvel
élargissement. Chaque nouveau membre renforce l’obligation de
réformer la politique structurelle et, surtout, la politique
agricole. Cette obligation s’imposerait, ne serait-ce que pour
honorer nos idéaux d’un meilleur développement des parties
désespérément pauvres de notre village global. On peut également
envisager la question des frontières. Toute extension de celles-ci
présuppose volonté et courage, mais, aussi et surtout, d’arrêter des
critères clairs : qui entend intégrer la Turquie tout en barrant la
route de l’UE aux pays des Balkans, à l’Ukraine, ou à d’autres États
? Et qu’est-ce qui différencie, sur le plan sécuritaire, économique,
culturel, historique ou linguistique, l’Anatolie orientale de Tunis,
Rabat ou Casablanca ? Sans parler même d’Israël. Autant de questions
en suspens qui soulignent une lacune lourde de conséquences : il n’y
a pas de politique étrangère commune, même si l’on note, sur des
questions tout à fait importantes, et je ne veux pas sous-estimer ce
fait, des efforts en vue d’une action commune. Toutefois, ces efforts
concernent les «Grands» de l’Union – et non l’Union dans son
ensemble, qui propose, quant à elle, le concept de «wider Europe» ou
une politique de voisinage, laquelle peut permettre de jeter un pont
vers l’Europe, mais ne suffira pas à plus long terme. Faute d’une
politique étrangère et de sécurité commune, faute de conceptions
communes de nos intérêts et de notre responsabilité dans le monde,
tout élargissement fera de l’Europe un marché doté d’une certaine
dose de protection commune des frontières extérieures et de la
sécurité intérieure, ou doté d’un espace juridique commun. C’est déjà
beaucoup. Mais cela ne répond pas à la responsabilité mondiale de
l’Europe. Devenir un partenaire à part entière des Etats-Unis et
demeurer leur ami fiable, pouvoir regarder dans les yeux les
puissances émergentes que sont la Chine, l’Inde, ou encore à nouveau
la Russie, et ancrer de manière irréversible l’idée européenne dans
le coeur et l’esprit des citoyens européens exige des hommes d’État
des accomplissements réellement nouveaux. Dans le cas contraire, tout
nouvel élargissement accroîtra les problèmes de l’Union. C’est
probablement pour cette raison que le président Chirac a plaidé,
devant le Bundestag allemand, pour que chacun puisse avancer à des
vitesses différentes et pour une intégration «différenciée». Quant au
ministre fédéral des Affaires étrangères, il a tenu sa célèbre
allocution à l’université Humboldt à titre privé. C’est pourquoi le
ministre n’entend pas s’en souvenir (ou qu’on la lui rappelle). Les
élargissements devraient-ils «forcer» le noyau dur de l’Europe ? Il
m’apparaît préférable de disposer d’une stratégie claire et de
travailler proprement. Tout autre évolution contribuera à accroître
plus encore la distance entre l’Europe et ses citoyens et à
dépouiller cette oeuvre pacifique extraordinaire de son lustre, de sa
force et de son avenir. * Ancien président de parti et président du
groupe parlementaire du SPD, Rudolf Scharping a occupé, jusqu’en
2002, les fonctions de ministre fédéral de la Défense au sein du
gouvernement Schröder.
L’urgence d’une politique kurde de l’Europe
Le Figaro, France
11 décembre 2004
L’urgence d’une politique kurde de l’Europe;
Le régime turc et le traitement des minorités en question
PAR KENDAL NEZAN *
Dans son plaidoyer pour «le retour à la raison» publié dans Le Figaro
(1), le président Valéry Giscard d’Estaing examine tous les arguments
relatifs au débat sur la question turque, sauf un, qui pour être
embarrassant n’en est pas moins incontournable : l’engagement
solennel et unanime des quinze chefs d’Etat et de gouvernement des
pays de l’UE, réuni en décembre 1999 à Helsinki, d’accorder à la
Turquie le statut d’un pays candidat à part entière et dont la
candidature doit être examinée à la seule aune des critères de
Copenhague. Cette décision est, bien entendu, postérieure à l’accord
d’union douanière conclu en 1995 avec Ankara, que l’ancien président
français semble considérer comme solde de tout compte des promesses
faites aux Turcs depuis 1963. Elle fut cosignée par le président
Chirac qui a, depuis, à maintes reprises, souligné «la vocation
européenne de la Turquie». Les données concernant la géographie,
l’histoire, la culture, la religion, le poids démographique de la
Turquie, étaient connues de tous, notamment des princes qui nous
gouvernent, et elles n’ont pas changé depuis. Les Turcs étaient
appelés à entreprendre des réformes économiques et politiques de fond
pour rendre leur économie, leur législation et leurs institutions
compatibles avec les normes européennes. La Commission a, dès lors,
engagé un processus de préadhésion et débloqué des sommes
conséquentes pour favoriser les réformes turques. Les résultats, sans
être aussi «révolutionnaires» que voudraient nous le faire croire les
avocats d’Ankara, constituent, dans le contexte turc, des avancées
véritables : suppression de la peine de mort et des cours de sûreté
de l’Etat qui les dispensaient régulièrement ; démilitarisation
relative des institutions ; libération de nombreux prisonniers
d’opinion, dont Leyla Zana et ses collègues ex-députés kurdes ;
amendement de la Constitution imposée par les militaires en 1982 ;
introduction d’un nouveau Code pénal en remplacement de celui
emprunté dans les années 20 à l’Italie de Mussolini ; réduction de la
torture, qui n’est plus systématique.
Cependant, les progrès restent beaucoup moins tangibles sur la
question des minorités. La Turquie qui ne respecte pas ses
obligations découlant du traité de Lausanne de 1923, qui est pourtant
à la base de sa reconnaissance en droit international, fait preuve
d’un manque de volonté politique manifeste dans ce domaine. Après des
années de tergiversations, elle a fini par accepter de tolérer
l’ouverture de six cours privés de langue kurde et diffuse, depuis
juin dernier, une émission hebdomadaire de 30 minutes en langue
kurde. Voilà pour ce qui est des droits culturels reconnus aux Kurdes
qui, selon l’estimation du récent rapport de la Commission, sont
entre 15 et 20 millions en Turquie. Comme le constate ce même
rapport, Ankara n’a aucun projet, ni pour la reconstruction des 3 428
villages kurdes détruits dans les années 90 par l’armée turque, ni
pour favoriser le retour sur leur terre des quelque 3 millions de
déplacés kurdes. Sa politique traditionnelle de dispersion et
d’assimilation forcée des Kurdes reste donc inchangée. Une telle
politique ne peut qu’alimenter des conflits et tensions entre Kurdes
et Turcs en Turquie, et, au-delà, entre celle-ci et les communautés
kurdes des pays voisins, notamment d’Irak où s’affirme un Etat kurde
autonome. Si l’Europe veut intégrer à terme la Turquie, elle doit,
sous peine d’importer les conflits de celle-ci avec ses minorités et
avec ses voisins, exiger le règlement préalable de la question kurde.
Mieux encore, elle doit élaborer elle-même une politique kurde afin
d’espérer jouer un rôle dans cette région hautement stratégique du
monde, située dans sa périphérie immédiate. L’absence d’une telle
politique est d’autant plus incompréhensible que les Kurdes jouent
déjà un rôle central dans la construction d’un Irak nouveau, que la
question kurde est au coeur même de la problématique de la
démocratisation de la Turquie qui frappe à la porte de l’Union, et
que celle-ci abrite plus d’un million d’immigrés kurdes. Ce sont deux
puissances européennes, le Royaume-Uni et la France, qui, au
lendemain de la Grande Guerre, ont dessiné la carte du Proche-Orient
en fonction de leurs intérêts coloniaux, écartelant ainsi
arbitrairement le pays kurde entre quatre Etats de la région, alors
que le président américain Woodrow Wilson préconisait la création
d’un Kurdistan indépendant et que le traité international de Sèvres,
avait, en 1920, reconnu le droit des Kurdes à disposer de leur propre
Etat. Pour réparer l’injustice historique faite au peuple kurde et
pacifier sa périphérie immédiate, l’Europe doit proposer un statut
pour les quelque 35 millions de Kurdes du Proche-Orient. C’est là une
exigence de justice mais aussi de cohérence politique. En effet, au
nom de quel droit, de quel principe supérieur peut-elle justifier son
action militante en faveur de la création d’un Etat pour 4 millions
de Palestiniens et, dans le même temps, son silence persistant sur le
sort des Kurdes, qui sont dix fois plus nombreux ? Il est temps de
mettre un terme à cette pratique de deux poids, deux mesures. Le
processus de négociations avec Ankara offre à l’Union l’occasion
d’élaborer une politique kurde basée sur un compromis entre
l’aspiration légitime du peuple kurde à maîtriser son destin, à
organiser sa vie et ses institutions sur la terre de ses ancêtres, et
le respect des frontières existantes. Elle peut exiger d’Ankara de
garantir à ses citoyens kurdes un statut et des droits similaires à
ceux qu’il revendique pour les quelque 150 000 Turcs chypriotes. La
France, qui a souvent joué un rôle moteur dans la construction
européenne, pourrait prendre l’initiative dans ce domaine. Le
président Mitterrand avait, en son temps, amorcé un dialogue avec les
leaders kurdes irakiens et certaines personnalités kurdes de Turquie.
Les fils de ce dialogue interrompu devraient être renoués si Paris
veut un jour jouer un rôle en Irak ou influer positivement sur la
question de l’adhésion de la Turquie. Loin de se réfugier dans une
position frileuse de refus, la France devrait se prononcer clairement
en faveur de l’ouverture des négociations avec Ankara en accompagnant
celles-ci d’une feuille de route rigoureuse en matière de
démocratisation, de droits de l’homme, du règlement du problème
kurde, de la reconnaissance du génocide arménien et du retrait des
troupes turques de Chypre. Si la Turquie remplit ces conditions et
devient un pays démocratique, en paix avec ses populations, ses
voisins et son passé, son intégration ne dénaturera probablement pas
davantage le projet européen que celle, longtemps rejetée par la
France, de la Grande-Bretagne. Sinon, les Turcs n’auront qu’à s’en
prendre à eux-mêmes. * Président de l’Institut kurde de Paris. (1)
«Débats et opinions», 25 novembre 2004.
La democratisation en Ukraine aidera la Russie, pense Zourabichvili
Agence France Presse
10 décembre 2004 vendredi 3:57 PM GMT
La démocratisation en Ukraine aidera la Russie, pense Mme
Zourabichvili (INTERVIEW)
MOSCOU 10 déc
La Russie devrait comprendre que la démocratisation en Ukraine lui
sera bénéfique, a estimé vendredi le chef de la diplomatie géorgienne
Salomé Zourabichvili, dans une déclaration à l’AFP.
Pour que le prochain scrutin en Ukraine se déroule “dans le calme et
la stabilité”, il faut “mettre en garde la Russie contre des
tentations d’ingérence et surtout déployer le plus grand nombre
possible d’observateurs”, de manière à garantir sa transparence, a
dit Mme Zourabichvili, interrogée par téléphone à Tbilissi.
“Si l’Ukraine devient un pays démocratique à la frontière de
l’Europe, il n’y aura que des gagnants”, la Russie comprise, a
poursuivi la ministre géorgienne des Affaires étrangères. Car,
a-t-elle expliqué, “avoir à ses frontières des pays stables et
démocratiques est ce qui peut engager (la Russie) dans cette voie”.
Commentant les violentes critiques adressées récemment par Moscou et
notamment par le président Vladimir Poutine à l’Occident, Mme
Zourabichvili a parlé d'”oscillation permanente entre des éléments où
l’on croit reconnaître une possible normalisation de la Russie et des
retours en arrière, voire des régressions”.
“Il faut tout faire pour encourager la Russie dans cette voie qui est
difficile à prendre. C’est une véritable décolonisation à l’intérieur
qui est en train de se produire en Russie. Il faut l’encourager,
l’encadrer, l’aider dans cette voie difficile, mais qui est la seule
solution possible pour que l’évolution de la Russie se fasse de façon
responsable et aussi sûre que possible pour elle et pour ses
voisins”, a encore estimé le ministre géorgien.
Interrogée sur les accusations russes d'”ingérence” occidentale en
Ukraine, Mme Zourabichvili a déclaré qu’il “n’y avait pas eu
d’intervention”.
“Nous ne sommes pas intervenus en faveur d’un candidat ou de l’autre.
Nous sommes intervenus en faveur d’un processus démocratique. Tant
que la Russie considérera que le soutien à la démocratie, que ce soit
dans le Caucase, en Ukraine ou ailleurs, est quelque chose qui se
fait contre elle, elle n’aura pas compris où va le monde”.
Quant aux manifestations de mécontentement de Moscou, la responsable
géorgienne les a qualifiées de “retour aux instincts de l’Union
soviétique”.
“La grande différence, c’est que cela ne fait plus aucun effet. Les
mauvaises humeurs russes, qui autrefois pétrifiaient la communauté
occidentale, sont prises aujourd’hui avec pas mal de philosophie
(…) et ne produisent plus d’effets attendus”.
Interrogée sur la position de Tbilissi face à la situation confuse en
Abkhazie, Mme Zourabichvili a appelé Moscou à “comprendre que les
anciennes républiques soviétiques étaient devenues pays indépendants”
où la Russie “ne peut pas faire de l’ingérence directe”.
Quant au “conflit ferroviaire” opposant Tbilissi à Bakou – qui bloque
des centaines de wagons soupçonnés de transporter via la Géorgie des
chargements à usage militaire à destination de l’Arménie
(formellement en guerre avec l’Azerbaïdjan), le ministre a souligné
que son pays “entretenait d’excellentes relations politiques et
économiques avec chacun des deux pays”.
Tbilissi accepte d’empêcher le transit par son territoire de produits
militaires ou assimilés. Mais “nous nous refusons à exercer la
moindre sanction économique contre l’Arménie”, a déclaré Mme
Zourabichvili, affirmant la “stricte neutralité” de son pays.
“Sinon, on serait entraîné dans une sorte de surenchère, non
seulement néfaste pour nous et pour nos voisins, mais pour la région
toute entière”, a-t-elle conclu.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress