Le soutien peu consistant de la Turquie à la lutte palestinienne

REVUE DE PRESSE
Le soutien peu consistant de la Turquie à la lutte palestinienne

Hier soir, au cours d’un vol Istanbul – Bruxelles, j’ai appris quelque
chose que j’ignorais. Les arméniens ont utilisé le terme « aghed » –
catastrophe – pour décrire les massacres infligés aux leurs par
l’empire ottoman en 1915.

Les palestiniens, bien entendu, utilisent également le terme de
catastrophe – ou Nakba – pour se référer au vicieux nettoyage ethnique
perpétré par les forces sionistes en 1948.

Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre turque, a offert cette
semaine ses condoléances aux petits-enfants des arméniens tués 99 ans
auparavant. Il a également promis de respecter les « opinions
différentes ». Cela signifierait-il qu’un tabou est en train d’être
brisé ?

En vertu du code pénal turque, ceux qui défendent le fait que le
massacre de 1,5 million d’arméniens constitue un génocide sont
passibles de poursuites. Hrant Dink, un journaliste turco-arménien,
fut accusé de dénigrement anti-turque pour avoir exprimé de telles
positions en 2005 ; il fut assassiné deux ans plus tard.

POUR LIRE LA SUITE CLIQUER SUR LE LIEN

?article14518

dimanche 4 mai 2014,
Stéphane ©armenews.com

http://www.info-palestine.net/spip.php

Amsterdam inaugurera le 15 mai le « Pont des Arméniens » (Armeensebu

PRESENCE ARMENIENNE A AMSTERDAM
Amsterdam inaugurera le 15 mai le « Pont des Arméniens » (Armeenseburg)

La présence arménienne à Amsterdam (Pays-Bas) remonte à plusieurs
siècles déjÃ. Dans cette ville qui recense plus de 1700 ponts, les
autorités de la ville ont décidé de donner au pont numéro 293 le nom
l’« Armeenseburg » le pont des Arméniens. Ce pont sera inauguré le 15
mai par la municipalité d’Amsterdam en présence de nombreuses
personnalités et des représentants de la communauté arménienne des
Pays-Bas. L’un des initiateurs de cette initiative, Nicolas Romachuk a
affirmé après l’annonce de l’inauguration de l’« Armeenseburg » « en
cette année de commémoration du 99e anniversaire du génocide arménien
qui nous plonge dans la tristesse, nous avons reçu cette merveilleuse
nouvelle ». Durant quatre ans N. Romanchuk a réitéré de nombreuses
demandes auprès de la ville d’Amsterdam pour nommer ce pont du nom de
« Pont des Arméniens » pour arriver enfin à cette réponse positive des
autorités de la ville. Il avait notamment sorti des archives
hollandaises des éléments qui affirmaient qu’il y a plusieurs siècles
déjà la population d’Amsterdam ainsi que les habitants du quartier où
les négociants Arméniens étaient nombreux, nommaient déjà ce pont du
nom de « Pont des Arméniens ».

Krikor Amirzayan

dimanche 4 mai 2014,
Krikor Amirzayan ©armenews.com

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=99595

20 ans du Cessez-le-feu : Les activités du Groupe de Minsk – échec o

ARMENIE
20 ans du Cessez-le-feu : Les activités du Groupe de Minsk – échec ou succès ?

Mai 2014 marquera le 20e anniversaire du cessez-le -feu au Karabagh
quand, après près de trois ans de combat farouche les armes se sont
finalement tus et les gens ont commencé Ã parler.

Le principal format international pour faire avancer les négociations
est le Groupe de Minsk de l’Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE). Ses co-présidents sont la Russie, les
Etats-Unis et la France.

Lors d’une réunion à Helsinki, en Finlande, le 24 Mars 1992, le
secrétaire général de l’organisation qui s’appelait alors CSCE
(Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe) a suggéré de
convoquer une conférence sur le Haut-Karabagh sous les auspices de la
structure. C’est alors qu’une telle conférence a été réalisée par les
ministres des Affaires étrangères des Etats membres de la CSCE. Les
participants à cette conférence étaient l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le
Bélarus, la République tchèque, la Slovaquie, la France, l’Allemagne,
l’Italie, la Russie, la Suède, la Turquie et les États-Unis. La
conférence a été fixée pour tche de parvenir à un cessez-le feu et
d’entamer des négociations politiques sur le statut final du
Haut-Karabagh. La Belarus a offert son capital, Minsk, comme lieu de
la négociation finale, d’où le nom de « Conférence de Minsk » ou «
Groupe de Minsk ». Mais ce qui était prévu lors de la conférence de
Minsk n’a pas eu lieu à ce jour.

En mai 1994, les parties au conflit ont réussi à parvenir à un accord
de cessez-le feu avec la médiation de la Russie. Les espoirs étaient
élevés alors qu’en l’absence des hostilités, les parties voulaient
également négocier un règlement pacifique du conflit dans quelques
années. Mais l’effort de médiation a déjà duré deux décennies et il
n’y a aucun signe clair que les parties sont toute proche d’un accord
de paix.

Le Groupe de Minsk a souvent été critiqué pour ne pas en faire assez
pour parvenir à un règlement, d’autre part beaucoup de gens croient
que la situation même dans laquelle il n’y a pas de reprise des
hostilités dans la zone du conflit du Karabagh est la plus grande
réussite du groupe.

Au cours de ses activités, le Groupe de Minsk est venu avec un certain
nombre de grands paquets de propositions de paix.

La première proposition officielle a été présentée par les
coprésidents du groupe en Juin 1997. C’est ce qu’on appelle une
`solution globale` qui impliquait l’accord préalable des parties sur
toutes les questions en litige à la fois. Mais les parties au conflit
n’ont pas accepté cette option.

La deuxième proposition, appelée « solution progressive », a été faite
par le Groupe de Minsk en Septembre 1997. Le régime progressive
implique que lors de la première étape un certain nombre de
territoires en dehors de l’ex-République autonome du Haut-Karabagh (Ã
l’exception du couloir de Latchine) serait retourné Ã l’Azerbaïdjan et
les réfugiés pourraient revenir, lors d’une deuxième étape, il avait
été prévu de discuter du statut du Haut-Karabagh et de la cession de
Chouchi et de Latchine. La variante progressive a causé de vives
protestations en Arménie et a finalement conduit à la démission du
président Levon Ter Petrossian au début de 1998. Robert Kotcharian,
originaire du Karabagh, est arrivé au pouvoir en Arménie.

Plus tard de cette même année, les médiateurs internationaux ont fait
une troisième proposition appelée « Etat commun ». Cette proposition
implique la création d’une confédération composée de la RHK et de
l’Azerbaïdjan, mais elle contredit la Constitution de l’Azerbaïdjan.
Pour cette raison, l’Azerbaïdjan a rejeté la proposition. Le Octobre
1999 une fusillade parlementaire en Arménie dans laquelle huit
représentants de l’État, y compris le Premier ministre et le président
du parlement ont été tués, a suspendu les négociations.

Des négociations infructueuses ont eu lieu en 2001, et les
propositions de 2002 de `Paris`, qui sont une synthèse des solutions
`paquet` et `progressivement` ont finalement été rejetées aussi.

En 2007, le Groupe de Minsk a présenté aux parties au conflit de la
version originale de ce qui deviendra connue comme principes de
Madrid. Les médiateurs ont dit que les principes de base reflètent un
compromis raisonnable sur la base des principes de l’acte final
d’Helsinki de non-usage de la force, de l’intégrité territoriale et
l’égalité des droits et de l’autodétermination des peuples. Les
principes de base appellent notamment : au retour des territoires
entourant le Haut-Karabagh sous contrôle azerbaïdjanais ; un statut
intérimaire pour le Haut-Karabagh prévoyant des garanties de sécurité
et d’autonomie ; un couloir reliant l’Arménie au Haut-Karabagh ; la
détermination future du statut juridique final du Haut-Karabagh par
une expression juridiquement contraignante de la volonté ; le droit de
toutes les personnes déplacées et des réfugiés à retourner dans leurs
anciens lieux de résidence ; et des garanties de sécurité
internationales qui incluraient une opération de maintien de la paix.

Les experts estiment que la principale réalisation du Groupe de Minsk
au cours des dernières années est le maintien de la paix – les
pourparlers continus ne permettent pas aux parties d’utiliser leur
arme à feu à nouveau. En outre, c’est une plate-forme pour des
discussions, ce qui est très important pour l’Arménie et l’Azerbaïdjan
qui n’ont pas de relation autrement.

Mais la « fonction » principale du Groupe de Minsk peut être considéré
comme le maintien d’un équilibre entre les centres mondiaux du pouvoir
– la Russie, les États-Unis et en Europe. Comme les analystes le
notent, le Groupe de Minsk permet aux parties de prévenir la
domination de l’un d’eux, ce qui contribue à maintenir le statu quo
et, finalement, la paix dans la région. La Russie a essayé de prendre
l’initiative dans la solution du Karabagh à un moment donné, mais au
cours de la présidence de Dmitri Medvedev la tentative a échoué
essentiellement parce que le plan de paix de Moscou a été rejeté lors
du Sommet de Kazan en 2011.

La co-présidence du Groupe de Minsk de l’OSCE sur le Karabagh est
peut-être la seule forme sous laquelle les présidents des trois
pouvoirs – États-Unis, la Russie et la France – ont publié quatre
déclarations communes sur des approches communes. Mais les experts
reconnaissent que ces déclarations visaient en réalité pas tant la
réalisation de la résolution du conflit que d’empêcher le règlement
conformément à un plan d’une seule des trois nations.

Par Naira Hayrumyan

ArmeniaNow

dimanche 4 mai 2014,
Stéphane ©armenews.com

Arménie : encore un effort, monsieur Erdogan !

Le Monde, France
26 avril 2014 samedi

Arménie : encore un effort, monsieur Erdogan !

En présentant pour la première fois, mercredi 23 avril, ses ”
condoléances ” aux victimes arméniennes des massacres de 1915, le
premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a accompli un geste
historique dont il ne faut pas minorer la portée.

Pour la première fois, à la veille du 99e anniversaire du
déclenchement du génocide, l’Etat turc reconnaît, par la voix de son
plus important responsable politique, l’existence d’un drame arménien,
et affirme compatir aux souffrances exprimées par les descendants de
victimes.

Ce faisant, il s’inscrit dans la continuité de timides mesures
symboliques prises par le gouvernement AKP (islamo-conservateur)
depuis son arrivée au pouvoir en 2002 et en rupture avec l’héritage
politique des kémalistes, farouchement opposés à toute forme de
reconnaissance de l’ampleur des tragédies qui ont marqué la fin de
l’Empire ottoman et la naissance de la Turquie moderne.

Mais ce pas en avant savamment calculé ne saurait, pour autant, être
considéré comme une reconnaissance, même voilée, du génocide de 1915.

En effet, il fait des Arméniens les victimes d’un crime sans coupables
: M. Erdogan a soigneusement évité de mentionner la responsabilité des
soldats ottomans dans les massacres, qui ont fait autour d’un million
de victimes. De même, le caractère spécifique de l’extermination,
pensée, organisée et mise en oeuvre au sommet de l’appareil d’Etat
turc, reste totalement absent du discours officiel.

Le négationnisme d’Etat institué par Mustafa Kemal, dès la création de
la République turque, continue à avoir valeur de dogme, et l’article
301 du code pénal, punissant de deux ans de prison ferme toute
atteinte à la ” nation turque “, reste en vigueur, dans un pays qui
détient depuis des années le triste record du monde du nombre de
journalistes emprisonnés.

Les présidents Barack Obama et François Hollande ne s’y sont pas
trompés. Jeudi 24 avril, l’un et l’autre ont salué, respectivement,
une ” étape positive ” et une ” évolution ” notable d’Ankara. Sans
cesser, pour autant, d’appeler à une reconnaissance pleine et entière
du génocide.

La France n’ira pas plus loin : depuis l’annulation par le Conseil
constitutionnel de la loi du 22 décembre 2011 et malgré la promesse de
François Hollande de proposer un nouveau texte punissant la négation
du génocide, Paris semble avoir renoncé à la tentation de légiférer
sur un sujet qui a empoisonné pendant de longs mois les relations
franco-turques.

Par sa déclaration millimétrée, le premier ministre turc a
incontestablement réussi un ” coup ” tactique, atténuant la portée
diplomatique des demandes de reconnaissance émanant de la diaspora
arménienne et de nombreux pays occidentaux.

Reste qu’en admettant la réalité d’un drame nié pendant des décennies,
même sans reconnaître la moindre responsabilité de l’Etat, M. Erdogan
risque d’avoir donné de nouvelles armes aux opposants, intellectuels
et militants des droits de l’homme, qui oeuvrent pour que la Turquie
affronte enfin les zones d’ombre de son passé. De fait, il a offert
une légitimité nouvelle à ceux qui veulent poser sur la place
publique, à haute voix, la question de la responsabilité écrasante de
l’Etat turc dans le premier génocide du XXe siècle. Bon gré, mal gré,
la Turquie devra le reconnaître.

Chabanian, suicidé – Histoire. Il y a 75 ans, la mort d’un peintre a

Presse Océan, France
samedi 26 avril 2014

Chabanian, suicidé
HISTOIRE. Il y a 75 ans, la mort d’un peintre arménien

Il y a 75 ans disparaissait, à Nantes, dans des conditions tragiques
le peintre Héran Chabanian dit Sabanyan.

Que lui est-il, passé par la tête ? On ne le saura probablement
jamais. Mais le 23 septembre 1939, ce peintre décide de mettre fin à
ses jours dans une chambre d’hôtel. Dans l’ouvrage « Les artistes dans
les cimetières nantais » (Le veilleur de nuit), les auteurs retracent
le destin de cet artiste méconnu Héran Chabanian ou Sabanyan) un
Arménien, dont on trouve toujours, au gré des sites et des ventes aux
enchères des tableaux ou des dessins. Dès 1909, la presse est
enthousiaste pour ce jeune homme né en 1888, à en lire cet article du
Journal des Arts.

«On retrouve, en effet, chez M. H. Chabanian, les ciels souples et
doux de son père et sa façon si réussie et si particulière d’exprimer
le clapotis oubouleversement du flot ». Un an plus tôt, alors qu’il
n’a que 20 ans, le Journal des artistes le qualifie d’artiste
prometteur. Juste avant la guerre, le Courrier du Pas-de-Calais décrit
les quais à Boulogne-sur-Mer, peints par Chabanian, une « atmosphère
souvent assombrie, un horizon brumeux familier ». Dans les années
trente, le peintre poursuit ses créations telles que « Le Pêcheur »,
une « eau-forte, aquatinte et roulette ». À quel moment
s’installe-t-il à Nantes ? L’histoire ne le dit pas encore. Il y est
mort et a été enterré au cimetière Saint-Jacques. Sa tombe est
toujours visible.

REPÈRES

Livre : « Les artistes dans

les cimetières nantais » par

Eric Lhomeau et Karen Roberts

13 ¤. En librairie.

Cuisine franco-arménienne au restaurant " Le Massis "

La Nouvelle République du Centre Ouest, France
vendredi 25 avril 2014

Cuisine franco-arménienne au restaurant ” Le Massis ”

Dominique BORDIER

Un nouvel établissement de restauration aux couleurs orientales a
ouvert ses portes à la mi-février au 18, place Charles-de-Gaulle. A
deux pas du marché, « Le Massis » propose du lundi au samedi (à midi)
et du mercredi au samedi (le soir) des spécialités franco-arméniennes.
Simon Abraham, le jeune gérant d’origine arménienne de ce restaurant
familial, est gé de 23 ans. Après avoir quitté la Turquie en 2005, il
a suivi ses études puis son apprentissage de cuisine à Poitiers. « Le
Massis, c’est le mont Ararat en arménien, explique Simon Abraham, nous
proposons de la cuisine traditionnelle française élaborée avec les
produits frais du marché et bientôt des plats traditionnels arméniens.
»
A 32 ans, Yan Cambien, qui a déjà travaillé dans plusieurs
d’établissements poitevins, oeuvre en cuisine aux côtés du gérant.
Avec 36 places intérieures et une quarantaine en terrasse, le Massis
propose également des burgers maison et une fois par semaine (le jeudi
soir) une soirée à thème.

Simon et Yan.

Pour Devedjian, Erdogan a été contraint de faire ce premier pas

La Voix du Nord, France
vendredi 25 avril 2014

Pour Devedjian, Erdogan a été contraint de faire ce premier pas

Toutes éditions – Patrick Devedjian, député UMP issu d’une famille
arménienne, voit dans les condoléances exprimées par le Premier
ministre turc Recep Tayyip Erdogan aux descendants des Arméniens tués
en 1915 «un premier pas» auquel l’a contraint l’opinion turque et
mondiale. -Les propos de M. Erdogan vous semblent-ils un pas décisif
vers une reconnaissance du génocide? «C’est un fait indéniable que
c’est la première fois depuis 99 ans que la Turquie présente des
condoléances aux descendants des victimes.

Il s’agit donc d’un pas sur le chemin de la reconnaissance. De plus,
il a choisi le 24 avril, date anniversaire de la grande rafle où toute
l’élite arménienne de Turquie a été arrêtée et assassinée. Il
reconnaît le drame. Mais refuse de le qualifier.» -Comment expliquer
ce geste? «Erdogan est inquiet des évolutions de l’opinion turque. On
n’est plus dans le temps où une chape de plomb pesait sur
l’information de ce pays. La mondialisation permet de s’informer. Les
élites turques sont de plus en plus dans la reconnaissance du
génocide, à l’image de leur seul prix Nobel (de littérature), Orhan
Pamuk, ou de l’historien Taner Akçam, auteur d’une contribution
majeure sur la planification du génocide. Il y a aussi les États-Unis,
tuteurs de la Turquie, très proches de la reconnaissance, qui a été
promise par Obama. À un an du centenaire de l’événement, Ankara risque
d’être de plus en plus isolée. Erdogan a voulu déminer tout cela».
-Quelle doit être la prochaine étape? «Erdogan appelle à un dialogue
entre les peuples turc et arménien. Pour dialoguer, il faut se
rencontrer. Qu’il ouvre la frontière!». François Hollande a annoncé
hier qu’il serait présent à Erevan le 24 avril 2015 pour assister aux
cérémonies du centenaire du génocide arménien.

M. Erdogan présente ses " condoléances " aux Arméniens pour les mass

Le Monde, France
25 avril 2014 vendredi

M. Erdogan présente ses ” condoléances ” aux Arméniens pour les
massacres de 1915

Guillaume Perrier

Ce geste symbolique intervient à la veille de la date anniversaire du
déclenchement du génocide

Pour la première fois depuis 1915, la Turquie, dans un communiqué
officiel publié mercredi 23 avril sur le site du premier ministre, a
présenté ses ” condoléances ” aux descendants des 900 000 Arméniens,
massacrés il y a près d’un siècle par les troupes ottomanes. ” Nous
souhaitons que les Arméniens qui ont perdu la vie dans les
circonstances qui ont marqué le début du XXe siècle reposent en paix
et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants “, a déclaré
Recep Tayyip Erdogan dans cette longue mise au point, qui a été rendue
publique la veille du 24 avril, le jour annuel de commémoration.

Le reste de son message est plus conforme à la ligne de déni
poursuivie par l’Etat turc depuis sa fondation en 1923. La
reconnaissance du caractère génocidaire de ces crimes et la question
des responsabilités sont loin d’être à l’agenda. Mais pour le
journaliste arménien d’Istanbul Etyen Mahçupyan, l’acte est ” très
important ” : ” Cette allusion est une première, même symbolique “.

L’annonce a été publiée en huit langues, dont l’arménien, pour donner
une portée internationale au message. Par cette opération, le premier
ministre turc et le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu
dont le style transparaît tout au long du texte ont pris tout le monde
de court et ont pimenté la tache des conseillers de Barack Obama et de
François Hollande. Les présidents américain et français doivent tous
deux prononcer une allocution jeudi.

La Maison Blanche marque chaque année le 24 avril mais évite
généralement de prononcer le mot génocide. M. Hollande participe, lui,
à une cérémonie officielle à Paris, quelques mois après une visite en
Turquie au cours de laquelle il avait appelé Ankara à ” faire son
travail de mémoire “. A Istanbul, une cérémonie publique en mémoire
des victimes du génocide se tient sur la place Taksim, à 19 h 15.

La prise de position d’Ankara a été accueillie avec scepticisme par
les Arméniens à travers le monde et par la société civile turque qui
s’est engagée dans la reconnaissance du génocide de 1915. Pour le
politologue Cengiz Aktar, l’un des intellectuels turcs qui avaient
initié une demande publique de ” pardon ” aux Arméniens en 2008, ” il
ne faut pas tirer de conclusion htive sur une reconnaissance dans la
perspective du centenaire “. ” Les condoléances ne sont pas des
excuses “, souligne pour sa part l’universitaire Ahmet Insel, autre
acteur de cette évolution. ” C’est un petit pas, mais pas une rupture
profonde. C’est le pas en avant, très lent, de la société turque sur
la question. ”

L’homme d’affaires et mécène Osman Kavala note que, dans le discours
de M. Erdogan, ” les Arméniens ont perdu la vie, mais on ne sait pas
comment ils l’ont perdue et qui la leur a prise “. La Turquie admet en
partie les déportations et les massacres mais refuse catégoriquement
le qualificatif de génocide. Au contraire, M. Erdogan fustige toujours
les revendications de ceux qui ” utilisent les événements de 1915
comme prétexte pour créer de l’hostilité contre la Turquie “.

Politiquement, l’appel lancé par le premier ministre turc est ” une
répétition pour 2015, car la Turquie se positionne pour tenter de
sortir de l’affrontement stérile entre la revendication et la posture
négationniste “, estime M. Insel.

Ankara s’inquiète devant la campagne de mobilisation et d’information
qui s’annonce à travers le monde, mais aussi en Turquie, pour l’année
du centenaire. Et sous l’impulsion de M. Davutoglu, elle a essayé
d’affiner sa stratégie. La nouvelle rhétorique turque parle de ”
souffrances partagées ” des citoyens de l’empire ottoman et met sur le
même plan le sort des Arméniens et celui des ” musulmans ” victimes de
massacres dans les Balkans. Les descendants des victimes n’y voient
souvent qu’une forme plus sophistiquée de négation. ” Reconnaître les
souffrances de chacun n’exclut pas de reconnaître les spécificités de
chacune de ces souffrances “, a répondu mercredi, depuis Erevan, Giro
Manoyan, le secrétaire général de la Fédération révolutionnaire
arménienne, qui possède de solides réseaux dans la diaspora.

En 2015, Ankara pourrait aussi jouer la carte de la concurrence des
mémoires, sur fond de centenaire de la première guerre mondiale. De
fastueuses cérémonies, en présence de nombreuses délégations
étrangères, sont prévues pour l’anniversaire du déclenchement de la
bataille des Dardanelles, le 25 avril.

Génocide arménien: Hollande note "une évolution" de la Turquie mais

Agence France Presse
24 avril 2014 jeudi 7:47 PM GMT

Génocide arménien: Hollande note “une évolution” de la Turquie mais
qui “ne suffit pas”

Paris 24 avr 2014

François Hollande a affirmé jeudi que les condoléances du Premier
ministre turc Recep Tayyip Erdogan, 99 ans après le génocide arménien,
constituaient “une évolution” mais n’étaient pas suffisantes.

“C’est un mot qu’il faut entendre mais qui ne peut pas encore
suffire”, a déclaré M. Hollande à Paris lors des commémorations du
génocide.

“Ce qui doit être dit, c’est ce qui s’est produit, même s’il y a là
une évolution” de la part de la Turquie, a-t-il ajouté devant quelques
journalistes après un discours devant plusieurs milliers de membres de
la communauté arménienne de France réunis à Paris pour la
commémoration du génocide perpétré il y 99 ans sous l’empire ottoman.

A l’issue de la cérémonie, certains, en majorité des jeunes
brandissant des drapeaux arméniens, ont manifesté en criant “Turquie
assassins, Turquie réparation” et lancé des fumigènes.

Lors de son allocution, M. Hollande n’avait pas évoqué les
déclarations du Premier turc mais affirmé sa volonté “d’une
reconnaissance par le monde entier du génocide arménien”.

“Cette tragédie porte un nom, un seul nom c’est le génocide, il n’y en
a pas d’autres, c’est la raison pour laquelle la République française
l’a officiellemnt reconnu par une loi” en janvier 2001, a-t-il
rappelé.

Il a aussi annoncé qu’il se rendrait à Erevan pour la célébration du
centenaire du génocide, le 24 avril 2015.

“La commémoration d’aujourd’hui est une répétition parce que nous
préparons ensemble la célébration du centenaire de 2015, la France
sera à vos côtés pour cette célébration et le 24 avril je ne serai pas
là parmi vous, je serai à Erevan pour le centenaire”, a lancé le
président de la République sous les applaudissements.

“Pourquoi cette présence? Non pas pour faire la leçon, non pas pour
être le seul et le premier, je serai à cette cérémonie parce que nous
devons continuer jusqu’au bout le devoir de mémoire et donc la
reconnaissance par le monde entier du génocide arménien”, a-t-il
ajouté.

Le Premier ministre turc a fait un geste inattendu en présentant les
condoléances de la Turquie “aux petits-enfants des Arméniens tués en
1915”. Mais l’Arménie a rejeté ces condoléances, réclamant
reconnaissance du génocide et “repentir”.

Condoléances turques: Aznavour sceptique

Le Figaro , France
jeudi 24 avril 2014 12:28 GMT

Condoléances turques: Aznavour sceptique

Le chanteur français d’origine arménienne Charles Aznavourestime que
le terme de”condoléances” utilisé par le premier ministre turcdans son
message “aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915” doit être lu
“non comme une reconnaissance et encore moins comme une présentation
d’excuse” pour le génocide.

“L’humanisme qui doit présider aux relations entre les peuples et plus
largement entre les gens voudrait que cette déclaration soit un
premier pas vers un dialogue qui nous était refusé depuis cent ans”,
explique l’artiste dans un communiqué diffusé aujourd’hui à l’AFP.

“Pour autant, la prudence amènerait à penser que cette expression de
condoléances est motivée par d’autres considérations que ce dialogue
tant voulu pour la vérité historique”, poursuit Aznavour, l’un des
ambassadeurs de la chanson française à travers le monde et qui était
venu en aide en 1988 à l’Arménie, meurtrie par un tremblement de
terre, en fondant le comité “Aznavour pour l’Arménie”.

“Ne reconnaissant toujours pas le génocide, il faut donc lire dans la
déclaration de M. Erdogan le terme de ‘condoléances’ non comme une
reconnaissance et encore moins comme une présentation d’excuses, mais
comme une simple volonté personnelle à vouloir se montrer un homme
politique prétendument ‘ouvert'”, estime le chanteur, qui fêtera ses
90 ans en mai.