L’Uejf Denonce Les Agressions Antisemites De Villeurbanne

L’UEJF DENONCE LES AGRESSIONS ANTISEMITES DE VILLEURBANNE

Publie le : 04-06-2012

Info Collectif VAN – – Le Collectif VAN s’associe
a l’UEJF pour denoncer les agressions antisemites intolerables qui se
sont produites samedi soir a Villeurbanne. En matière d’antisemitisme
et de negationnisme, la tolerance-zero doit etre appliquee. Nous
diffusons ici le Communique de Presse de l’UEJF Lyon qui cite egalement
Jonathan Hayoun, President de l’UEJF : ” La France, et la communaute
juive de Villeurbanne viennent d’etre a nouveau frappees par des
actes antisemites. Il est urgent que les pouvoirs publics prennent
toute la mesure de ces passages a l’acte antisemites extremement
violents. Il doivent trouver des solutions efficaces pour endiguer
cette recrudescence des actes antisemites “.

Legende photo: Les parents d’elèves de l’ecole juive Beth Menahem
de Villeurbanne (Rhône) sont très choques après l’agression qui a eu
lieu près de l’etablissement samedi. C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Lyon-communiques.com

L’UEJF Lyon denonce les violentes agressions antisemites de
Villeurbanne

UEJF Lyon

Communique le 04/06/2012

La communaute juive de Villeurbanne vient d’etre a nouveau frappee
par des actes antisemites. Cette ville est generalement le theâtre de
l’importation du conflit israelo-palestinien en France. Il est plus
que temps que les pouvoirs publics de Villeurbanne et de la region
veillent a mettre un terme cette repetition d’actes antisemites

Objet : L’UEJF condamne l’agression antisemite de Villeurbanne et
s’inquiète de la recrudescence et de la violence des actes antisemites
en France .

Hier après midi, a Villeurbanne, trois jeunes portant une kippa,
se sont fait une première fois agresser physiquement et verbalement
par trois autres jeunes. Ces derniers reviennent plus nombreux et
frappent l’un des jeunes a la tete avec un marteau et un autre avec
une barre de fer au bras.

Pour l’UEJF, les pouvoirs publics doivent tout mettre en oeuvre pour
retrouver les auteurs de ces actes.

L’UEJF constate une recrudescence des actes antisemites a Villeurbanne
depuis plusieurs mois. En France, il existe des zones comme a
Villeurbanne, où les citoyens juifs sont des cibles recurrentes des
actes antisemites. Il est essentiel d’identifier ces lieux, et de
lutter de manière generale contre cette insecurite grandissante pour
les juifs en France.

Depuis le drame de Toulouse qui a atteint un niveau rarement vecu en
France, il serait dangereux de sous estimer la gravite des agressions
antisemites parce que ne relevant pas d’un meme niveau de violence.

Pour Jonathan HAYOUN, President de l’UEJF : ” La France, et la
communaute juive de Villeurbanne viennent d’etre a nouveau frappees par
des actes antisemites. Il est urgent que les pouvoirs publics prennent
toute la mesure de ces passages a l’acte antisemites extremement
violents. Il doivent trouver des solutions efficaces pour endiguer
cette recrudescence des actes antisemites ”

Pour Moise DARAI, President de l’UEJF Lyon: “La communaute juive de
Villeurbanne vient d’etre a nouveau frappee par des actes antisemites.

Cette ville est generalement le theâtre de l’importation du conflit
israelo-palestinien en France. Il est plus que temps que les pouvoirs
publics de Villeurbanne et de la region veillent a mettre un terme
cette repetition d’actes antisemites.”

Lire aussi:

Agression antisemite a Villeurbanne : Manuel Valls contre toute
agression a caractère religieux

Agression/Villeurbanne: le Crif en colère

Agression antisemite près de Lyon: Valls denonce des actes “d’une
extreme gravite”

Villeurbanne : “Très clairement une agression antisemite”

Agression a Villeurbanne: “Notre communaute est visee en permanence”

Agression antisemite de Villeurbanne : les elus du Rhône entre emotion
et colère

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From: Baghdasarian

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=64432
www.collectifvan.org

Une Histoire De L’Horreur : "Le Sièle Des Camps"

UNE HISTOIRE DE L’HORREUR : “LE SIECLE DES CAMP”

Publié le : 05-06-2012

Info Collectif VAN – – Le Collectif VAN vous
livre cette information traduite par Georges Festa et publiée sur
le site Armenian Trends – Mes Arménies le 2 juin 2012.

Armenian Trends – Mes Arménies

samedi 2 juin 2012

JoÔl Kotek, Pierre Rigoulot – Le Siècle des camps. Détention,
concentration, extermination : cent ans de mal radical / Century of
Concentration Camps : 100 Years of Radical Evil

Photo: © J.C. Lattès, 2000

par Anne Applebaum

The New York Review of Books, 18.10.2001

Contrairement a ce a quoi l’on pourrait s’attendre, le premier usage
constaté de l’expression ” camps de concentration ” n’eut lieu
ni en Allemagne, ni en Russie. Le terme n’est pas non plus d’origine
anglaise, comme beaucoup de gens, de même, le croient par erreur. En
fait, aussi loin qu’il est possible de le vérifier, la première
personne qui parla de camps de concentration – ou, plus précisément,
d’une politique de reconcentración – fut Arsenio Martinez Campos,
alors commandant de la garnison espagnole a Cuba. Nous sommes en 1895
et Martinez Campos repousse la dernière, apparemment, de toute une
série ininterrompue de révoltes locales. Cherchant a mettre fin,
une fois pour toutes, a la lutte des Cubains pour l’indépendance,
il propose, dans une lettre confidentielle au gouvernement espagnol,
de ” reconcentrer ” la population civile des régions rurales dans
des camps. Tout en admettant que cette politique puisse entraîner ”
misère et famine ”, cela pourrait aussi, explique-t-il, priver les
insurgés de nourriture, d’abri et de soutien, amenant ainsi la guerre
a une conclusion plus rapide.

Martinez Campos ne réussit pas a mettre en Ŕuvre cette politique,
mais son successeur y parvint. Durant les deux années qui suivirent,
de 1896 a 1898, le général Valeriano Weyler y Nicolau délogea par
la force plusieurs milliers de paysans cubains de leurs foyers. Comme
prévu, ” misère et famine ” s’ensuivirent. En théorie, les camps
étaient censés consister en habitations bâties convenablement, sur
des terres fertiles, près de sources d’eau potable. Dans la pratique,
les paysans cubains furent jetés dans ” de vieilles cabanes, des
maisons a l’abandon, des abris de fortune ”, partout où il semblait
commode de les jeter. La nourriture était distribuée de facon
irrégulière. Typhus et dysenterie se propagèrent rapidement. Des
jeunes filles se prostituaient d’elles-mêmes pour un morceau de
pain. Plus de 200 000 reconcentrados auraient trouvé la mort.

Un historien cubain contemporain décrivit ces premiers camps comme un
” holocauste aux proportions gigantesques ”. Au vue des connotations
liées au mot ” holocauste ”, cette description est inadéquate.

Néanmoins, il existe une étrange, et assez étonnante, chaîne de
connections entre ces premiers camps de concentration caribéens
et les camps de concentration nazis, qui virent le jour, moins de
quarante ans plus tard.

En fait, le terme, comme le concept, se propagèrent et évoluèrent
assez rapidement. En 1900, deux ans seulement après la fermeture
des camps cubains, le terme espagnol de reconcentración avait déja
été traduit en anglais et fut utilisé pour décrire un projet
britannique similaire, lancé pour des raisons similaires, durant la
guerre des Boers en Afrique du Sud. Tout comme les Espagnols avaient
été contrecarrés par la tactique de guérilla des Cubains, les
Britanniques furent démontés par la capacité des soldats boers
a vivre grâce a l’aide de leurs sympathisants civils. Lesquels
sympathisants civils furent dÔment ” concentrés ” dans des
camps, afin de priver les combattants boers d’abri et de soutien. A
nouveau, misère et famine, ainsi que maladie et privations, en
résultèrent. Pour les contemporains, le lien entre les camps
sud-africains et les camps cubains était clair : a l’époque,
les Britanniques furent a la fois admirés et critiqués pour avoir
adapté ” les méthodes du général Weyler ” au Tansvaal.

Quatre ans plus tard, la même politique fut a nouveau adoptée,
a nouveau dans un contexte colonial, bien que légèrement différent.

Cette fois, les colonisateurs n’étaient ni espagnols, ni anglais,
mais allemands. Peu de gens s’en souviennent, mais les Allemands
possédèrent, durant une brève période, des colonies en Afrique :
l’une d’elles fut la Deutsche Sud-West Afrika, l’actuelle Namibie. Le
territoire était peuplé par les Héréros, une tribu qui contrariait
les Allemands ; non seulement leur nombre gênait la colonisation
blanche, mais leur présence troublait la pureté ethnique du
nouvel Etat ” allemand ”. Tout d’abord, la politique coloniale
fut simplement de massacrer les Héréros. Aux yeux de certains
colonialistes allemands, la chose parut inefficace. Suivant l’exemple
britannique dans l’Afrique du Sud voisine, les Héréros furent
dÔment conduits dans des camps de concentration. Mais les Héréros
ne furent pas seulement affamés. Ils moururent aussi d’épuisement,
après avoir été contraints d’effectuer des travaux physiques très
durs pour le compte de la colonie allemande. Début 1905, il y avait
14 000 Héréros en captivité.

A la fin de cette même année, la moitié d’entre eux étaient morts.

Du fait des Héréros, le mot Konzentrationslager apparaît pour
la première fois en allemand, en 1905. C’est aussi dans ces camps
africains que les premières expériences médicales allemandes sont
menées sur des êtres humains. Deux professeurs de Joseph Mengele,
Theodor Mollison et Eugen Fischer, menèrent des recherches sur les
Héréros, le second pour tenter de prouver ses théories sur la
supériorité de la race blanche. Il n’était pas le seul a être de
cet avis. En 1912, un ouvrage allemand qui connut un grand succès,
La Pensée allemande a travers le monde, affirmait que rien ”
ne saurait convaincre les gens sensés que la préservation d’une
tribu de cafres sud-africains importe davantage, pour l’avenir de
l’humanité, que l’expansion des grandes nations européennes et de
la race blanche, en général, ” et que ” c’est seulement lorsque
les populations indigènes auront appris a produire quelque chose
de valable au service de la race supérieure […] qu’ils pourront
être déclarés avoir un droit moral d’exister. ”

L’analogie avec le langage raciste de la Shoah est des plus claire
; il existe, en outre, une autre coïncidence étrange. Le premier
gouverneur impérial de la Deutsche Sud-West Afrika fut le docteur
Heinrich Goering – le père d’Hermann, qui instaura les premiers camps
nazis en 1933. Les auteurs du Siècle des camps posent la question : ”
Ceci explique peut-être cela ? ” – l’un explique-t-il, peut-être,
l’autre ? L’expérience corruptrice du colonialisme – qui renforca
le mythe de la supériorité raciale des Blancs, tout en légitimant
l’utilisation de la violence contre d’autres races – a peut-être
contribué a préparer la voie au totalitarisme du 20ème siècle.

Ce n’est pas aussi simple, bien sÔr : les camps allemands ne peuvent
être ” expliqués ” par les camps sud-africains ou cubains, pas plus
que les camps soviétiques peuvent être ” expliqués ” par le fait
que le terme kontslager apparut, pour la première fois, en russe dans
une traduction de l’anglais, du fait, probablement, de la familiarité
de Trotski avec l’histoire de la guerre des Boers (1). Néanmoins,
il s’agit la de points utiles a explorer. Des étagères entières
de livres ont été écrites, soutenant que les camps nazis peuvent
être entièrement expliqués par l’antisémitisme allemand, ou par
l’histoire intellectuelle allemande, ou encore par l’héritage de
la Prusse. De même, les camps soviétiques ont été imputés a
la nature particulière de la théorie révolutionnaire bolchevik,
a la personnalité de Lénine, a l’héritage tsariste. Bien que des
nations différentes aient fait un usage très différent des camps,
et bien que les camps de concentration se soient développés dans
des situations nationales très particulières pour des raisons
spécifiques, le phénomène du camp de concentration possède lui
aussi une histoire multinationale. Il est peut-être temps d’explorer
comment des méthodes de répression – telles que les méthodes de
guerre – se sont transmises a travers les frontières et les cultures.

Tel est, en tout cas, l’argument du Siècle des camps, première
tentative d’une histoire du camp de concentration au 20ème siècle.

Mais il s’agit d’un argument que les deux auteurs du livre développent
avec beaucoup de précautions. En le rédigeant, ils ont pris en compte
la polémique portant sur les points de vue de l’historien allemand
Ernst Nolte, lequel soutenait, pour abréger, que les crimes d’Hitler
peuvent être ” expliqués ” par le fait que l’Union Soviétique
construisit ses camps de concentration a une date antérieure. Ils
veulent aussi, semble-t-il, éluder certains débats qui surgirent
avec le Livre noir du communisme – une tentative pareillement
transculturelle, prolixe et francaise, d’évaluer les dommages causés
par les régimes communistes, de Lénine a Mao et a Kim Il Sung (2).

Lors de sa publication, le Livre noir déclencha une tempête de
polémiques en France, en partie parce que son éditeur relevait,
notamment dans son introduction, que davantage de gens furent tués,
de facon différente encore, par les régimes communistes qu’il n’y
en eut a cause d’Hitler. Pour certains, cela ressemblait a nouveau
a une tentative pour amoindrir la signification de la Shoah.

Dans leur préface au Siècle des camps, Pierre Rigoulot et JoÔl
Kotek, son coauteur, déclarent vouloir éviter la controverse des
plus stérile quant a savoir ” qui fut pire, Hitler ou Staline ”
(ainsi que les polémiques sur ” qui fut pire, Staline ou Mao,
la Chine ou le Cambodge, l’Amérique Latine autoritaire ou l’Europe
totalitaire ”). De même, ils se refusent a établir un parallèle
entre les Britanniques en Afrique du Sud et les communistes en Chine
ou les nazis a Auschwitz, ou a affirmer que les camps de détention
bâtis pour les Américains d’origine japonaise, durant la Seconde
Guerre mondiale, peuvent être présentés, a juste titre, comme
” le goulag américain ”, comme c’est souvent le cas. Toutefois,
ils soutiennent que des comparaisons peuvent, en fin de compte, nous
aider a voir plus clairement l’horreur des camps les plus terrifiants,
a comprendre d’où elle provint et pourquoi elle advint :

” Affirmer que Treblinka est ” unique ”, c’est supposer qu’on l’a
comparé avec d’autres camps et que l’on est arrivé a la conclusion
que celui-ci est radicalement différent. L’étude comparée du
phénomène du camp de concentration n’est pas seulement légitime,
mais nécessaire, si l’on veut dégager les traits spécifiques de
chaque cas particulier.

Finalement, leur recherche est éclairante, car ce phénomène global
est un de ceux auxquels nous n’avons pas suffisamment réfléchi. Du
fait de l’horreur que le terme ” camp de concentration ” inspire,
il y a un désir naturel de ne pas l’analyser. Mais savons-nous
vraiment ce que nous entendons, exactement, par le terme ” camp de
concentration ” – ou encore pourquoi l’utilisons-nous comme nous le
faisons ? Peut-être est-il plus facile de commencer par définir
ce que n’est pas un camp de concentration – ce par quoi commencent
Rigoulot et Kotek. Un camp de concentration, écrivent-ils, n’est pas
un camp pour prisonniers de guerre, ni un camp de réfugiés, même si,
parfois, les deux ont pu ressembler a des camps de concentration ;
l’on songe, par exemple, aux conditions atroces dans lesquelles les
prisonniers de guerre soviétiques furent détenus dans l’Allemagne
nazie, ou a la misère dans laquelle les populations déplacées ont
vécu après la Seconde Guerre mondiale.

Un camp de concentration n’est pas, non plus, semblable a une banale
prison, ni a un banal camp de détention pour criminels, bien que
la démarcation entre prisons et camps de concentration ne soit pas
toujours facile a établir, elle non plus. Généralement parlant, les
criminels sont condamnés par un système judiciaire qui examine la
culpabilité individuelle, alors que les gens sont envoyés dans des
camps de concentration par la police et les forces armées exécutant
des ordres politiques. La encore, cette distinction est parfois mise
a bas. Dans le cas de l’Union Soviétique, un système judiciaire fut
mis en place pour condamner un grand nombre d’ ” ennemis de l’Etat
” a des camps de concentration. Cet système fut de pue forme –
les ” procès ” prenaient rarement plus de quelques minutes – mais
il exista, contribuant a légitimer les camps aux yeux de ceux qui
les concurent.

De même, le fait que les prisonniers politiques, les prisonniers
criminels et même les prisonniers de guerre soviétiques étaient
fréquemment détenus ensemble dans les mêmes camps et prisons.

Un système de camps de concentration n’est pas, non plus, un système
de meurtre en masse. Au risque de brouiller la aussi les définitions,
la plupart des camps de concentration, y compris la plupart des camps
nazis, ne furent pas organisés seulement pour éliminer des gens,
même si cela fut le résultat pratique du travail forcé, d’une
hygiène déplorable et de rations alimentaires drastiques. Les auteurs
soulignent, comme d’autres l’ont fait, que les nazis ne considéraient
pas leurs camps de la mort – a savoir, les camps où les prisonniers
arrivaient et étaient immédiatement exécutés – comme faisant
partie du même système que leurs camps de concentration. Ces camps
de la mort furent au nombre de quatre – Belzec, Chelmno, Sobibor et
Treblinka. En outre, Majdanek et Auschwitz servirent a la fois de
camps de concentration et de camps de la mort. Ces six camps sont
parfois appelés Vernichtungslager – camps d’extermination – plutôt
que camps de concentration.

Il devrait être évident, par ailleurs, que les camps ne sont pas
nécessairement au service du meurtre de masse : maints régimes, dans
nombre d’endroits, durant des siècles, ont trouvé des méthodes pour
massacrer un grand nombre de gens, sans recourir a quelque camp que ce
fÔt. Si le choix de Rigoulot et Kotek de n’écrire que sur les camps
a certainement un sens, cela signifie aussi que beaucoup de choses en
rapport sont éludées. Ils font, par exemple, brièvement allusion
a la politique de réinstallation du gouvernement sud-vietnamien,
qui concentra les civils dans des ” villages stratégiques ”, afin
de nuire aux guérillas communistes. Ce fut certainement une politique
cruelle, mais pas plus cruelle que le bombardement de l’Afghanistan par
le gouvernement soviétique, censé avoir fait un million de victimes.

Cette politique se proposait, elle aussi, de réduire le soutien aux
guérillas, mais ne cadre pas avec le propos de cet ouvrage.

Néanmoins, si l’on compare les camps de concentration a d’autres
formes d’emprisonnement, une définition émerge progressivement.

Rigoulot et Kotek concluent que, lorsque l’on parle de camps de
concentration, l’on entend généralement des camps pour des gens
qui furent emprisonnés non pour ce qu’ils ont fait, mais pour ce
qu’ils furent. Les camps de concentration ne sont pas construits
pour des délinquants individuels, mais plutôt pour un genre
particulier de prisonniers non criminels, civils, les membres d’un
groupe ” ennemi ” ou, en tout cas, d’une catégorie de gens qui,
en raison de leur race ou de leur supposée appartenance politique,
sont regardés comme dangereux ou inutiles pour la société. Dans son
premier usage recensé du terme kontslager en aoÔt 1918 – il semble
l’avoir emprunté a Trotski – Lénine n’appelle pas a ce que les ”
coupables ” soient condamnés aux camps, mais a l’emprisonnement
en masse des ” éléments non fiables ”. Ce n’est pas un hasard
si les camps de concentration sont réapparus en Europe durant la
décennie précédente, lors de la guerre de Bosnie, qui fut une
guerre se proposant d’instaurer la pureté ethnique dans certaines
régions de l’ancienne Yougoslavie.

Par dela leur recherche d’un type particulier de prisonnier, on ne
saurait affirmer que les camps décrits dans Le Siècle des camps
aient beaucoup en commun. Certains, tels les camps de détention mis
en place pour les Américains d’origine japonaise durant la Seconde
Guerre mondiale, visaient simplement a isoler des gens considérés,
sans preuve individuelle, comme potentiellement déloyaux. D’autres
furent concus pour faire pleinement usage du travail bon marché des
détenus : a son apogée, le système soviétique des camps constituait
une part essentielle de l’économie soviétique, et les prisonniers
étaient employés dans toutes les industries imaginables. D’autres
encore se proposèrent de ” rééduquer ” des prisonniers a
la loyauté douteuse, exigeant parfois d’eux qu’ils s’accusent
et des aveux imaginaires, tout en leur infligeant un traitement
rigoureux. Généralement parlant, les régimes démocratiques ont
utilisé les camps de concentration comme mesures temporaires, en
temps de guerre. Les régimes totalitaires les déploient comme faisant
partie permanente et intrinsèque du système : par définition, les
régimes totalitaires sont ceux qui établissent un idéal social,
cherchant ensuite a éliminer ou a rééduquer tous ceux qui ne
cadrent pas avec lui.

Rigoulot et Kotek s’attellent a ces différences, en partie
via une exploration de la singularité de la vie quotidienne
dans chaque complexe du camp, utilisant les sources secondaires
disponibles. Ces récits sont des plus inégaux, ce a quoi il
fallait peut-être s’attendre : tous les camps créés au cours
des cent dernières années n’ont pas été étudiés avec une
égale minutie. La documentation n’est pas, elle non plus, toujours
accessible. Les camps nazis sont décrits dans des centaines de
mémoires, documents d’archives et une littérature secondaire qui
continue a s’accroître. Nous ne connaissons les camps contemporains
de Corée du Nord qu’a travers les descriptions de très rares
transfuges. Néanmoins, les auteurs semblent parfois n’avoir
pas connaissance de publications récentes a partir d’archives
soviétiques récemment ouvertes ; ils s’interrogent, par exemple, sur
l’existence possible de ” camps au régime spécial ” – a savoir,
des camps comportant des régimes particulièrement brutaux – pour
les prisonniers politiques, alors qu’en fait, l’existence de tels
camps est amplement documentée.

Les auteurs classent, de même, les camps en quatre catégories assez
vagues : ceux concus a seule fin d’isoler des populations (Cuba,
Afrique du Sud) ; ceux concus en vue de profiter des travaux forcés
(camps soviétiques, premiers camps nazis, camps chinois et autres
d’Asie) ; ceux concus pour humilier tout d’abord, puis éliminer
les prisonniers (les camps nazis ultérieurs) ; et, finalement,
les six Vernichtungslager, qui n’étaient pas du tout, en fait,
des ” camps ”, mais des usines de mort. Les auteurs reconnaissent
que certaines distinctions opérées entre leurs catégories sont
difficiles a tracer.

Quoi qu’il en soit, tant les descriptions quelque peu prolixes de
camps particuliers que les catégories utilisées servent un objectif.

Elles constituent, simplement, un dispositif qui permet a Rigoulot et
a Kotek d’analyser le phénomène global du camp de concentration,
sans avoir a dire que tous les camps de concentration, ou tous les
régimes totalitaires, furent partout identiques, ou que l’existence
de crimes atroces dans tel pays amoindrit la culpabilité de ceux
qui perpétrèrent des crimes horribles dans tel autre.

Si l’on considère les camps d’un point de vue global, plusieurs
modèles émergent. Il est frappant de voir, par exemple, comment
de nombreux systèmes de camps surgissent spontanément. Goering
lui-même, lors de son procès a Nuremberg, remarque que les premiers
camps nazis apparurent du simple fait que, du jour au lendemain, ”
nous nous retrouvâmes avec plusieurs milliers de prisonniers entre
nos mains ”.

Même chose en Union Soviétique, où les prisonniers, a partir de
1918, furent souvent installés, par mesure d’urgence, dans d’anciens
monastères et églises. Pas plus tard qu’en 1943, les camps italiens
réservés aux Juifs – ils commencèrent a apparaître en 1939,
sous l’influence directe d’Hitler – se trouvaient encore dans des ”
écoles, villas, couvents, châteaux ”. Lors de la guerre civile en
Grèce, des camps furent installés en toute hâte dans des îles,
où les détenus vivaient dans des campements de fortune ou dormaient
simplement a la belle étoile.

Il est de même frappant de voir comment, souvent, les camps
émergent en pleine guerre, au beau milieu d’une révolution et
dans un climat de violence généralisée. Tout en affirmant que
l’héritage de l’impérialisme a été souvent négligé comme
influence dans la préhistoire du totalitarisme au 20ème siècle,
Kotek et Rigoulot soulignent aussi l’influence brutalisante de la
guerre au 20ème siècle, telle qu’elle fut conduite, en particulier,
durant la Première Guerre mondiale en Europe et, par extension,
durant la Seconde Guerre mondiale en Chine. Des armes nouvelles
et des inventions nouvelles (le fil de fer barbelé, entre autres)
rendirent soudain plus facile de terroriser davantage de gens plus
rapidement. La Première Guerre mondiale engendra aussi ses propres
camps : vastes camps d’internement, en Alsace-Lorraine, pour les
civils ” suspects ”, et immenses camps pour prisonniers de guerre,
plus a l’Est. L’expérience infernale des tranchées peut, elle aussi,
avoir contribué, en Allemagne et en Russie, a inspirer un mépris pour
la vie humaine, qui est une composante essentielle du totalitarisme.

Mais, pour que les différentes sortes de camps se développent
et perdurent sur une longue période – comme ce fut le cas dans
l’Allemagne nazie, en Union Soviétique et en Chine – quelque chose
d’autre devait être présent, outre la nécessité immédiate et
spontanée de rassembler un grand nombre de prisonniers et de les
traiter comme du bétail ou une cargaison. A savoir l’idéologie,
mais il convient de préciser qu’il devait exister une rhétorique
de déshumanisation, de dépersonnalisation. Comme cela a été
maintes fois décrit, la déshumanisation nazie des Juifs précéda
la création, de fait, des camps : avant que les Juifs ne fussent,
en pratique, raflés et déportés, ils furent privés du droit de
travailler en tant que fonctionnaires, avocats et juges ; il leur
fut interdit d’épouser des Aryens, de s’inscrire a des écoles
aryennes, d’abattre des animaux selon le rite casher ; ils furent
obligés d’arborer l’étoile jaune de David et subissaient mauvais
traitements et humiliations en pleine rue.

Au sein des camps, ce processus se fit plus extrême. Dans son long
entretien avec Franz Stangl, le commander de Treblinka, Gitta Sereny
lui demande pourquoi les détenus du camp, avant d’être tués,
étaient aussi battus, humiliés, privés de leurs vêtements. Stangl
répond : ” Pour conditionner ceux qui, en fait, devaient mettre
en Å”uvre cette politique. Pour qu’il leur soit possible de faire ce
qu’ils ont fait.

” (3). Dans son ouvrage qui eut un grand retentissement, The Order of
Terror : The Concentration Camp [L’Ordre de la terreur : le camp de
concentration], le sociologue allemand Wolfgang Sofsky a, lui aussi,
montré comment la déshumanisation des prisonniers dans les camps
nazis fut méthodiquement appliquée a chaque aspect de la vie du
camp, des haillons uniformes a la privation de l’intimité, a une
discipline de fer – des règles strictes présidaient au couchage –
et a l’attente constante de la mort (4).

Ce n’est peut-être pas totalement un hasard si, dans le cas
soviétique, les comportements a l’égard des prisonniers connurent
une profonde transformation, précisément a l’époque où le système
des camps commenca a se développer. Dès la fin des années 1930,
Staline se mit a faire référence en public aux ” ennemis du
peuple ”, recourant a ce qu’un historien a nommé des ” termes
biologico-hygiéniques ”. Les dénoncant comme de la vermine, une
pollution, une saleté devant ” faire l’objet d’un nettoyage ”,
et les comparant a de ” mauvaises herbes vénéneuses ” (5). Les
prisonniers furent parallèlement ” excommuniés ” de la vie
soviétique, n’étaient pas autorisés a se traiter mutuellement de ”
camarades ”, ne pouvaient plus porter le titre de ” stakhanoviste
” ou d’ ” ouvrier de choc ”, se fussent-ils bien comportés ou
eussent-ils travaillé avec ardeur. Cette exclusion de la société
soviétique affecta si fortement les prisonniers concernés, écrit
Jacques Rossi, que dès les années 1940,

” une brigade qui venait juste d’effectuer un poste de 11 heures et
demie accepta de rester et de travailler le poste suivant, uniquement
parce que l’ingénieur en chef […] déclara aux prisonniers : ”
Je vous demande de le faire, camarades ! ” (6)

Les sociétés asiatiques qui ont instauré des systèmes de camps en
masse et des systèmes de répression en masse, ne font pas exception.

En Chine, la Révolution Culturelle diabolisa les ” Noirs ” par
opposition aux ” Rouges ”. Au Cambodge, les Khmers Rouges punirent
sévèrement les ” 75 ”, les gens qui furent expulsés des villes en
1975. En Corée du Nord, les autorités parlent des ” non réformables
”, semblables a de la ” mauvaise herbe qui doit être arrachée ”.

Que ce genre de langage franchisse les frontières, tel groupe
de révolutionnaires l’empruntant a d’autres (et il est utile de
noter combien, souvent, la métaphore des ” mauvaises herbes ”
est utilisée), ou que le besoin de déshumaniser des groupes
étrangers soit comme intrinsèque a la nature humaine, pose une
question apparemment insoluble. Mais il est clair que les méthodes
d’organisation des camps purent et furent exportées. En mettant a
part la question probablement insoluble de savoir ce qu’Hitler savait
réellement des camps de Staline, l’on peut affirmer, sans aucun doute,
que les Chinois en avaient une connaissance approfondie. A l’apogée de
la collaboration sino-soviétique, au début des années 1950, des ”
spécialistes ” soviétiques aidèrent a mettre en place plusieurs
camps chinois et organisèrent des brigades de travaux forcés dans
une mine de charbon, près de Fuchun.

Dans l’Europe orientale de l’après-guerre, les camps communistes ne
furent pas simplement mis en place sur les conseils des Soviétiques,
mais furent en fait organisés et dirigés, au début, par l’Armée
Rouge et la police secrète soviétique. Tel fut certainement le cas
en Allemagne de l’Est, où certains prisonniers du nouveau régime
furent affectés dans des camps nazis récemment libérés, dont
Sachsenhausen et Buchenwald. En Roumanie, qui instaura, elle aussi,
un vaste système de travaux forcés a la soviétique, la police
secrète agissait sous les ordres directs de son homologue soviétique.

Rien, naturellement, n’empêcha d’autres cultures de revoir le modèle
soviétique pour l’adapter a leurs besoins spécifiques. Après la
mort de Staline, même les camps situés dans les Etats communistes
d’Europe de l’Est commencèrent a différer sensiblement. Les
Tchèques démantelèrent progressivement leurs camps, alors que
les communistes bulgares conservèrent les leurs jusque dans les
années 1970. Les camps chinois – les laogai – existent toujours,
même s’ils ne ressemblent plus aux camps staliniens qu’ils étaient
censés reproduire. Bien que les camps staliniens maintinssent leurs
services ” culturels – éducatifs ”, et bien que leurs commandants
adhérassent pour la forme a l’idée de rééducation, ils n’avaient
rien a voir avec le système rigide de rééducation que les camps
chinois comportent actuellement, un système dans lequel l’expiation
et l’avilissement rituel des prisonniers devant le Parti – autre forme
de dépersonnalisation – semblent revêtir une importance bien plus
grande, aux yeux des autorités, que les biens que les prisonniers
réussissent a produire.

L’idée du camp de concentration est suffisamment vague pour qu’elle
s’exporte ; mais les détails spécifiques – a quoi servent les camps,
comment ils se développent finalement, a quel point ils se rigidifient
ou se désorganisent, ou encore demeurent cruels ou libéraux – tout
cela dépend de tel ou tel pays, de la culture, du régime en place.

En fin de compte, toute exploration du sujet général des camps
ramène invariablement a un débat sur ce qui les différencie et sur
la singularité du régime qui les a instaurés. Ce qui ne veut pas
dire que les comparaisons s’arrêteront : en fait, a mesure que l’on
commence a avoir un regard rétrospectif sur l’histoire du 20ème
siècle, il sera difficile d’éluder le sujet. Dans leur conclusion,
les auteurs du Siècle des camps notent que la ” globalisation ”
de l’histoire des camps a peut-être déja commencé. Deux anciennes
victimes des camps asiatiques, Pramoedya Ananta Toer, d’Indonésie,
et Harry Wu, de Chine, ont visité les sites des camps nazis. J’étais
présente a un séminaire a Cracovie, où les camps nazis, soviétiques
et nord-coréens furent évoqués. Un des ouvrages récents les
plus intéressants sur ce que les Francais nomment le ” phénomène
concentrationnaire ”, Face a l’extrême, de Tzvetan Todorov (1991),
examine l’expérience des prisonniers dans les systèmes nazi et
soviétique, se demandant s’il leur était possible de maintenir
quelque morale que ce soit dans le monde inhumain des camps (7).

De même, la globalisation n’est pas entièrement nouvelle. C’est
Hannah Arendt, après tout, qui appelait a écrire une histoire du camp
de concentration, depuis ses débuts dans les pays impérialistes,
en passant par son utilisation, comme mesure temporaire, en temps de
guerre, pour arriver a son institutionnalisation comme organe permanent
de gouvernement dans des régimes de terreur. ” Kotek et Rigoulot
reconnaissent humblement que leur ouvrage constitue simplement un
début de réponse a sa proposition. Espérons qu’il y en ait d’autres.

Notes

1. Mikhail Geller, Kontsentratsionni Mir i Sovetskaya Literatura [Le
monde concentrationnaire et la littérature soviétique], Londres :
Overseas Publications Exchange Ltd, 1974. L’ouvrage de Geller, qui
a été traduit en francais [éd. L’Age d’Homme, 1974 – NdT], mais
pas en anglais, est le premier a étudier l’évolution des camps de
concentration dans le cadre de l’idéologie bolchevik.

2. Stéphane Courtois, Nicolas Werth, Jean-Louis Panné, Andrzej
Paczkowski, Karel Bartošek, Jean-Louis Margolin. Le Livre noir du
communisme. Paris : Editions Robert Laffont, 1997, 846 p.

3. Gitta Sereny, Into that Darkness : An Examination of Conscience,
New York : McGraw-Hill, 1974, p. 101. [Traduction francaise par Colette
Audry, Au fond des ténèbres, parue en 1975 aux éditions DenoÔl,
rééd. en 2007 – NdT].

4. Wolfgang Sofsky, The Order of Terror : The Concentration Camp,
Princeton University Press, 1997. [Traduit de l’allemand en francais
par Olivier Mannoni, édtions Calmann-Lévy, 1995 – NdT].

5. Amir Wiener, ” Nature, Nurture, and Memory in a Socialist Utopia :
Delineating the Soviet Socio-Ethnic Body in the Age of Socialism, ”
The American Historical Review, Vol. 104, n° 4 (oct. 1999), p. 1121.

6. Jacques Rossi, The Gulag Handbook : An Encyclopedia Dictionary of
Soviet Penitentiary Institutions and Terms Related to the Forced Labor
Camps, traduit du russe en anglais par William A. Burhans, New York
: Paragon House, 1989, p. 449. [Traduction francaise, Le Manuel du
Goulag, du russe en francais, par l’A. en collaboration avec Sophie
Benech et Véronique Patte, Le Cherche Midi Editeur, 1997 – NdT].

7. Tzvetan Todorov, Facing the Extreme : Moral Life in the
Concentration Camps, traduit du francais en anglais par Arthur Denner
et Abigail Pollak, New York : Metropolitan Books, 1996. [Edition
francaise, Face a l’extrême, Seuil, 1991 – NdT].

[Anne Applebaum est notamment l’auteure de Gulag. A History of the
Soviet Camps, Londres : Allen Lane, 2003. L’ouvrage de JoÔl Kotek
et Pierre Rigoulot est paru en anglais, Londres : Orion / Weidenfeld,
2004. (NdT)].

______________

Source :

Traduction : © Georges Festa – 06.2012.

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Source/Lien : Armenian Trends – Mes Arménies

From: Baghdasarian

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=64441
http://www.nybooks.com/articles/archives/2001/oct/18/a-history-of-horror/?pagination=false
www.collectifvan.org

Les Europeens Reaffirment Leur Attachement Au Processus De Minsk

LES EUROPEENS REAFFIRMENT LEUR ATTACHEMENT AU PROCESSUS DE MINSK
Gari

armenews.com
mardi 5 juin 2012

L’Union europeenne continue a soutenir le format actuel des
negociations de paix entre Armeniens et Azerbaïdjanais et s’oppose
fermement a toute tentative de regler le conflit du Haut-Karabagh
par la force, a rappele l’envoye special de l’UE au Sud Caucase,
le 1er juin.

Philippe Lefort a mis en garde contre les effets destastreux d’une
reprise des hostilites au Karabagh, non seulement pour les parties
en conflit mais pour l’ensemble de la region. “Non a la guerre, non
a la guerre”, a martele le responsable europeen alors qu’il donnait
une conference devant des etudiants de l’universite a Erevan. “La
guerre dans cette region provoquerait une catastrophe terrible pour
toutes les parties concernees”, a declare M. Lefort, en ajoutant
qu’il fallait deployer tous les efforts pour que ce “conflit gele
ne se reactive pas”. Le diplomate a reitere le soutien de l’UE aux
principes de base en vue d’un règlement du conflit du Karabagh tels
qu’ils ont ete enonces par les Etats-Unis, la France et la Russie,
les trois puissances copresidant le Groupe de Minsk de l’OSCE. Il
les a designes comme une ” alternative très serieuse a l’actuelle
situation” de statu quo.

Chacune des parties en conflit affirme avoir accepte dans leurs grandes
lignes les termes de l’accord de paix presente par les mediateurs
internationaux. Mais des divergences subsistent sur des elements
determinants du plan et singulièrelent sur ces principles de base,
desaccords dont chaque partie se renvoie la responsabilite. M.

Lefort a indique que l’UE etait toujours convaincue que le Groupe de
Minsk devait rester la principale et seule instance internationale
ayant vocation a contribuer a un accord de paix entre Armeniens et
Azerbaïdjanais. “Si nous devions changer de format, alors il y aurait
de gros risques que le plan [ de paix] soit perdu”, a-t-il explique.

Les responsables azeris appellent regulièrement a la remise en cause
du format actuel des negociations, qu’ils jugent inefficace, après
20 ans de negociations, et proposent que d’autres instances, sous
l’egide des Etats-Unis, prennent le relais. La partie armenienne,
pour sa part, est fermement opposee a cette idee, et estime que le
processus de Minsk a prouve son efficacite en aidant au maintien de
la paix dans la region.

From: Baghdasarian

ANKARA: Clinton Dives Into Caucasus Politics With Four-Nation Tour

CLINTON DIVES INTO CAUCASUS POLITICS WITH FOUR-NATION TOUR

Hurriyet
June 5 2012
Turkey

US Secretary of State Clinton launches a South Caucasus tour with
Karabakh and regional issues on the agenda. After Armenia, Georgia
and Azerbaijan, she will head to Turkey

U.S. Secretary of State Hillary Clinton kicked off a tour of the South
Caucasus yesterday, including stops in Armenia, Georgia, Azerbaijan
and Turkey, arriving first in Yerevan for talks with Armenian leaders.

Clinton was scheduled to meet with President Serzh Sarkisian and
Foreign Minister Edward Nalbandian, with the aim of strengthening
relations with the country. The top issue expected to be discussed is
the unresolved conflict over the enclave of Nagorno-Karabakh. Despite
years of internationally-mediated talks since the 1994 cease-fire,
Armenia and Azerbaijan have not signed a final peace deal, and soldiers
are frequently killed in border skirmishes.

The latest shooting erupted yesterday, just as Clinton landed in the
capital. Azerbaijani troops killed three Armenian soldiers during an
alleged attempted incursion on the border, the Defense Ministry in
Yerevan said. Azerbaijani media reported that the three deaths were
caused by an Armenian army “provocation” that was repelled.

Syria agenda According to U.S. officials, Clinton is also using
her visit to stress the importance of the rule of law, transparency
and fair elections, Agence France-Presse reported. Washington also
wants to encourage Armenia and Turkey to resolve their historical
differences and to open trade and communication lines. The Armenian
National Committee of America (ANCA), the biggest and most influential
U.S. Armenian group, has suggested 10 steps that Clinton should
undertake during her visit, including an official visit to the
“Armenian Genocide” memorial.

With Syria in mind, Clinton spoke by telephone earlier with U.N. and
Arab League envoy Kofi Annan, who agreed to travel to Washington
on June 8 “to discuss the next steps in his six-point plan, and
in particular the political transition” in Syria, a senior State
Department spokeswoman said.

Trilateral summit on June 8 Clinton also gave Annan a preview of talks
she plans to hold on June 7 in Istanbul with a group of countries with
a direct interest in the unfolding drama in Syria, a U.S. official
said, speaking on condition of anonymity. These were expected
to include France, Britain, Germany, Qatar, United Arab Emirates,
Saudi Arabia and Jordan. One day after, foreign ministers of Turkey,
Georgia and Azerbaijan are set to meet for a trilateral meeting June
8 in Trabzon, a Black Eastern coastal town.

Foreign Minister Ahmet Davutoglu will host Georgian and Azeri
colleagues, Grigol Vashadze and Elmar Mammadyarov, for the one-day
meeting in which regional issues will be discussed in-depth. A day
after the political talks, economic and development ministers as well
as businessmen from three countries will meet in Kars on the Georgian
border for the business forum. Delegations will seek to cooperate
in the fields of agriculture, construction, industry, tourism, real
estate and health.

Today Clinton is scheduled to take part in a plenary session of the
U.S.-Georgia Strategic Partnership Commission in Georgia. Tomorrow
she is expected to travel to Azerbaijan to meet with President
Ilham Aliyev.

From: Baghdasarian

Armenian-Turkish Relations Should Be Normalized Without Precondition

ARMENIAN-TURKISH RELATIONS SHOULD BE NORMALIZED WITHOUT PRECONDITIONS: THE BALL IS STILL IN TURKEY’S COURT

armradio.am
04.06.2012 22:06

“More than once we have expressed our common approach on the
normalization of the Armenian-Turkish relations. That position has been
and remains the normalization of relations without preconditions,”
Armenian Foreign Minister Edward Nalbandian said at a joint press
conference with US Secretary of State Hilary Clinton in Yerevan. “You
have made an exclusive contribution to this process.

Unfortunately, the ball continues to remain in the Turkish court,”
Nalbandian continued.

Normalization of the Armenian-Turkish relations is in U.S. interests,
Secretary of State Hillary Clinton said, in turn. Washington has
always welcomed the rapprochement without any preconditions, she said.

“The ball is in Turkey’s court,” Mrs. Clinton said, adding that
there is no link between normalization of Armenia-Turkey ties and
the tension in Yerevan-Baku relations.

“The U.S. will continue to play an active role in the settlement of
both issues,” she said expressing hope that finally the borders in the
South Caucasus will open and regional cooperation will be established.

Minister Nalbandian said no negotiations are taking place today. “The
talks ended with the signing of the two protocols,” Nalbandian said,
adding that “Turkey has no right to pose any preconditions.”

“The relations should be normalized without preconditions, this
stems from the interests of the international community, as well,”
the Armenian Foreign Minister concluded.

From: Baghdasarian

ANKARA: Turkish Envoy Meets Armenian Religious Leader In Germany

TURKISH ENVOY MEETS ARMENIAN RELIGIOUS LEADER IN GERMANY

Hurriyet

June 4 2012
Turkey

An Armenian religious leader living in Germany, Archbishop Karekin
Bekjian, says he has been visited by Turkey’s ambassador to Germany
regarding his candidacy to become the next patriarch of Turkey’s
Armenians.

Bekjian said he had spoken to Ambassador Huseyin Avni Karslıoglu
regarding his candidacy.

“He asked questions about my patriarchal candidacy. In previous months,
Turkish Foreign Minister Ahmet Davutoglu, who also visited Germany,
wanted to pay a visit, but we could not hold the meeting due to some
other pre-scheduled activities,” Bekjian recently told the Hurriyet
Daily News.

Bekjian is seen as one of the strongest candidates for the Armenian
Patriarchate of Turkey. Current Patriarch Mesrop II cannot perform
his duties due to a disease called frontal lobe dementia.

Even though the Armenian community wishes to choose its own patriarch
by holding an election, Turkey’s Interior Ministry appointed an acting
patriarch, Aram AteÅ~_yan, two years ago – marking a first in the
patriarchate’s history.

Bekjian said he informed Karslıoglu about the 40,000 Armenians who
have migrated to Germany from Turkey.

The archbishop also expressed his appreciation for Ankara’s decision
last month to return the Surp Hac (Holy Cross) Tıbrevank religious
school – which is now serving as a high school – to the Armenian
community. Surp Hac Tıbrevank’s clerical school was shut down in
1940 and then lost its foundation status in 1985. Bekjian was one of
the last teachers to serve in the school.

Asked if he considered the ambassador’s visit a “political step,”
Bekjian said no political matters were spoken of during the visit.

“The Armenian community is accepted as a religious minority in Turkey
and the institution that leads the community is the patriarchate;
they are in charge of these matters,” he said.

Bekjian said the ambassador had told him that the Turkish state was
responsible for all its citizens, regardless of their ethnicity.

“We have to admit the reality that world has changed. There are some
painful matters, everyone has things to tell. We have to keep an eye
on the next generations. Oriental Churches are the ones closest to
the origins of Christianity; you experience this richness and this
belongs to all of us,” Karslıoglu reportedly told Bekjian.

From: Baghdasarian

http://www.hurriyetdailynews.com/turkish-envoy-meets-armenian-religious-leader-in-germany.aspx?pageID=238&nID=22324&NewsCatID=338

Ankara: Istanbul’s Greeks Open Publishing House

ISTANBUL’S GREEKS OPEN PUBLISHING HOUSE

Hurriyet
June 4 2012
Turkey

The Greek minority in Istanbul’s Karakoy has established a new
publishing house 50 years after the community last published a book.

“We will publish books in both Turkish and Greek, but most of them
will be in Turkish. We will try to introduce Greek translations
first hand,” Haris Rigas, one of editors at ISTOS publishing house,
recently told the Hurriyet Daily News.

Greeks used to publish books, but they stopped doing so in the 1960s
when relations between Turkey and Greece soured over the Cyprus
problem, said Rigas and Seckin Erdi, ISTOS’ other editor.

“Many Greeks left Turkey at the time; the number of Greeks declined
and so did the cultural and social life,” said Rigas. “The last book
was published in Istanbul 50 years ago. Our first book will be Fener
Greek Patriarchate Press Secretaries Dosiethos Anagnastopulos’ book,
which is on the trauma of immigrants who went to Greece because of
the political tension.”

Rigas said they were taking weekly Agos and Aras Publishing House,
which are both operated by the Armenian community, as examples.

“On one hand we will have to fight against nationalism, on the other
hand, we will have translating and editing problems, as well economical
difficulties, but we will not hesitate,” he said.

From: Baghdasarian

BAKU: Azerbaijani Army Prevents Provocation Of Armenians, 3 Enemy So

AZERBAIJANI ARMY PREVENTS PROVOCATION OF ARMENIANS, 3 ENEMY SOLDIERS KILLED, 5 WOUNDED

APA

June 4 2012
Azerbaijan

Baku. Rashad Suleymanov – APA. A provocation attempt of the Armenian
army was prevented in the front line.

APA reports that the Azerbaijani servicemen revealed the provocation
group of Armenian army on Armenia-Azerbaijan state border, in direction
of Chinari-Berdavan villages of Tavush region of Armenia.

3 soldiers of the Armenian army were killed and 5 were wounded as a
result of preventive measures.

Armenian Defense Ministry announced the names of killed soldiers.

According to information, soldiers of Armenian army Musheg Nurbekyan,
Zograb Balabekyan and Karen Davtyan were killed as a result of battle
occurred yesterday. Defense Ministry also approved the existence of
the wounded.

More than 20 Armenian soldiers have been killed as a result of
preventive measures taken by the Azerbaijani servicemen in the
frontline this year.

From: Baghdasarian

http://en.apa.az/news.php?id=173056

Clinton ‘Very Concerned’ By Armenia-Azerbaijan Tensions

CLINTON ‘VERY CONCERNED’ BY ARMENIA-AZERBAIJAN TENSIONS
By Jim Mannion

Agence France Presse
June 4 2012

YEREVAN – US Secretary of State Hillary Clinton said Monday she was
“very concerned” by escalating tensions over Nagorny-Karabakh and
warned Armenia and Azerbaijan not to settle their conflict by force.

Clinton was speaking in Yerevan after Armenia said Azerbaijani troops
killed three Armenian soldiers during an alleged incursion, in the
latest bloodshed in the long conflict over the Armenian-controlled
Azerbaijani enclave.

“While I have only just learned about these incidents, I am very
concerned about the danger of escalation of tensions and the senseless
deaths of young soldiers and innocent civilians,” she told reporters.

“The use of force will not resolve the Nagorny-Karabakh conflict and
therefore force must not be used,” she said at a news conference with
Foreign Minister Eduard Nalbandian.

An estimated 30,000 people were killed in the war 20 years ago over
Nagorny-Karabakh, when ethnic Armenian forces backed by Yerevan seized
control over the region and surrounding territories in Azerbaijan.

Skirmishes have been frequent since a 1994 ceasefire. Monday’s deadly
clash erupted in Armenia’s northeastern Tavush region, where three
other servicemen died during an alleged Azerbaijani attack in April.

Azerbaijani media reported however that the three deaths were caused
by an Armenian army “provocation” that was repelled.

Baku has threatened to use force to win back Karabakh if peace
talks fail to yield satisfactory results, but Yerevan has warned of
large-scale retaliation against any military action.

Clinton also urged Turkey to normalize relations with Armenia,
severed since 1993 at the height of the war over Nagorny-Karabakh.

“We are committed to seeing Armenia and Turkey normalize relations
because we think this is a better path forward for the citizens of
both countries and we strongly support ratification of the protocols
(of normalization) without preconditions,” she said.

“The ball is in Turkey’s court,” she said.

US officials say better relations with Turkey could help Armenia’s
struggling economy, which suffered a 15 percent drop in GDP during
the 2008-2009 global financial crisis.

“We believe these are countries that should have open borders,
should work together, should trade, they should have people to people
exchanges because it would be mutually beneficial to all concerned,”
she said.

Clinton, who met with President Serzh Sarkisian, also planned to
use her visit to stress the importance of rule of law, transparency
and fair elections after recent parliamentary polls and presidential
elections due in 2013.

Parliamentary elections last month drew charges of vote buying,
but OSCE monitors said the process was improved over elections in 2008.

Clinton met with Armenia’s leaders as she embarked on a tour of the
turbulent Caucasus with its volatile mixture of oil, ethnic conflict
and great power politics.

Landlocked Armenia is the first stop in a Caucasus swing that will
also take Clinton to Georgia, Azerbaijan and then to Turkey.

After her meeting here, Clinton travels to staunch US ally Georgia
which fought a brief 2008 war with Russia over two breakaway regions
and whose pro-Western President Mikheil Saakashvili remains an arch-foe
of Moscow.

In Azerbaijan, Clinton will see a country with a rapidly growing
energy-based economy that has made it much-wooed player in the region,
sitting on a “southern gas corridor” from the Caspian Sea.

Highlighting the energy interests of the United States, which has
invested $8 billion in the country since independence in 1991, the
secretary will visit an oil and gas trade exposition in Baku.

From: Baghdasarian

Clinton: United States Supports Armenia

CLINTON: UNITED STATES SUPPORTS ARMENIA

Story from Lragir.am News:

Published: 21:11:43 – 04/06/2012

The information office of the president informs that Serzh Sargsyan
met with U.S. Secretary Hillary Clinton who has arrived in Armenia
for a working visit.

Greeting the guest, the head of state particularly said she is
always welcome to Armenia indeed. Noting that this year is the 20th
anniversary of establishment of diplomatic relations between the United
States and Armenia, President Sargsyan underlined that in the past 20
years our relations developed upward and today we are on a historic
high level. Certainly, he said, the relations of our peoples have a
longer history, and good relations were promoted by the relations
of our peoples, the big Armenian community in the United States,
and the ideas of freedom, justice and democracy.

He hailed our relations always built on mutual respect and confidence
and sincere discussion of every issue of mutual interest. We highly
appreciate the role of the United States in our region.

I would like to thank you once again for the assistance of the United
States to Armenia in the past 20 years, president Sargsyan said.

The U.S. Secretary said she is honored to be back to Armenia in the
year of the 20th anniversary of diplomatic relations. She said the
United States appreciates highly their partnership with Armenia and
continue to support the development and welfare of Armenia and its
people. Mrs. Clinton said President Obama and she appreciate our
interaction, and agreed that the interaction has been very sincere,
which is typical of friends. She acknowledges the diligence of the
president of Armenia in seeking solutions of regional issues.

Secretary Clinton stated their expectation to continue the dialogue
and their commitment to support and assist Serzh Sargsyan’s activities
as an excellent leader.

She said they are happy to find bright sunny weather in Armenia after
their trip to Arctic and far north.

From: Baghdasarian

http://www.lragir.am/engsrc/politics26428.html