Du Cote De Zabel Essayan, Les Jardins De Silihdar

DU COTE DE ZABEL ESSAYAN, LES JARDINS DE SILIHDAR

Publie le : 03-08-2012

Info Collectif VAN – – Le Collectif VAN vous
livre cette information traduite par Georges Festa et publiee sur le
site Armenian Trends – Mes Armenies le 5 juin 2012.

Armenian Trends – Mes Armenies

mardi 5 juin 2012

© Albin Michel, 1994 (traduction Pierre Ter Sarkissian)

Du côte de Zabel Essayan, Les Jardins de Silihdar

par Jennifer Manoukian

Ianyan Mag, 20 et 24.03.2012

La seconde moitie du 19ème siècle marque une periode de reveil
culturel pour les Armeniens dans l’empire ottoman. Tandis que des
mesures etaient mises en place pour liberaliser la societe ottomane et
que davantage de libertes furent octroyees aux minorites religieuses,
la communaute armenienne emergea progressivement de plusieurs siècles
de stagnation culturelle. Grâce a un accès plus large a l’enseignement
seculier et aux reformes qui s’efforcaient de standardiser la langue
armenienne, ecriture et litterature s’epanouirent a cette epoque.

En depit de sa vitalite intellectuelle, la societe armenienne a
Constantinople n’etait pas des plus accueillante a l’egard de tous
ceux qui cherchaient a faire profiter de leurs talents litteraires.

Dans son autobiographie, l’ecrivaine Zabel Essayan fait allusion aux
obstacles qu’elle rencontra, aussi bien comme jeune femme que comme
auteure en herbe, a ses debuts.

Meme si, a l’epoque, il etait banal pour de jeunes Armeniens aises
d’etre envoyes en Europe y achever leurs etudes, une lecture attentive
de l’autobiographie d’Essayan revèle une motivation autre qu’un simple
desir de se conformer a une convention sociale : son depart pour Paris
represente une prise de distance physique et symbolique a l’egard
de plusieurs elements de la societe armenienne a Constantinople, qui
l’eussent empechee de mener l’existence contemplative d’un ecrivain,
qu’elle imaginait pour elle-meme.

Il serait neanmoins errone d’operer une dichotomie rigide entre les
societes armenienne et francaise a la fin du 19ème siècle, en exagerant
la soumission des Armeniennes dans l’empire ottoman et en exaltant
la liberte des femmes en France. Ces extremes ne sauraient etre
universellement applicables dans ces deux societes et les obstacles,
qui entravaient l’acceptation des Francaises et des Armeniennes au sein
de la sphère intellectuelle, etaient en realite etonnamment similaires.

L’inaccessibilite de l’enseignement superieur s’averait etre l’obstacle
le plus significatif pour les jeunes Armeniennes et Francaises,
qui souhaitaient faire carrière hors du foyer domestique.

Dans la Constantinople de la jeunesse d’Essayan, la majorite de ses
contemporains, tant hommes que femmes, n’etaient pas eduques en bonne
et due forme ; une etude montre que seuls 10 % des Armeniens savaient
lire et ecrire a Constantinople, a la fin du 19ème siècle et donne
un chiffre plus reduit encore les femmes.

L’enseignement primaire et secondaire fut initialement reserve aux
enfants des membres les plus aises de la societe, qui choisissaient
parmi les diverses ecoles missionnaires francaises et americaines a
Constantinople ; l’existence de ces ecoles incita neanmoins rapidement
la communaute armenienne a mettre en place les siennes.

Durant l’enfance d’Essayan dans les annees 1880 et 1890, les militants
de l’enseignement en armenien s’inspirèrent de ces ecoles missionnaires
pour fonder des ecoles armeniennes, tant dans la capitale que dans
les provinces, où la fierte d’etre armenien pouvait etre instillee
et cultivee ; en 1883, il existait onze ecoles pour jeunes filles
armeniennes a Constantinople.

En depit d’evolutions dramatiques a la base, la presse populaire
armenienne etait neanmoins marquee par toute une serie de debats
enflammes qui placaient la question de l’education des filles au
premier plan. Une large gamme d’opinions s’exprimait : certains auteurs
etaient d’avis que les jeunes filles n’avaient tout simplement pas la
capacite mentale de saisir les idees abstraites enseignees en classe,
tandis que d’autres proposaient de reformer la situation d’alors de
l’enseignement pour jeunes filles – qui se composait typiquement de
francais et de cours de musique et de danse -, après avoir vilipende
son incapacite a produire des adultes capables d’~uvrer dans le
monde reel.

Certainement inconsciente des polemiques entourant son education,
Essayan fut elevee officieusement par son père et officiellement
a Sourp Khatch [Sainte-Croix], une ecole du quartier armenien. A
Sourp Khatch, elle etudia l’histoire, le francais, l’armenien et
l’arithmetique. Diplômee en 1892, a l’âge de 14 ans, Essayan se plaint
dans son autobiographie :

” Si j’avais ete un garcon, les choses auraient ete simples. J’aurais
integre le lycee Guetronagan, très cote. Malheureusement, rien de
tel n’existait pour les filles. ”

L’absence d’enseignement superieur pour les filles a Constantinople
ne decourage pas la jeune ecrivaine et ne l’amène pas a douter de
ses objectifs ; bien au contraire, ce manque la pousse en avant et
suscite en elle un vif engagement a poursuivre ses ambitions. Sa
motivation etait determinee. Bien que familiarisee avec l’accueil
critique reserve aux femmes ecrivaines, qui defiaient les conventions
sociales en integrant les milieux litteraires armeniens, elle ne se
dit pas inquiète de connaître un pareil sort, exprimant a l’inverse
une volonte inflexible de faire de l’ecriture son metier, fût-elle
respectee ou condamnee. Meme l’avertissement de Serpouhie Dussap, une
romancière qui, dans les annees 1880, etait l’objet d’âpres critiques
de la part des memes milieux litteraires qu’Essayan cherchait a
integrer, ne la dissuade pas :

” Apprenant que j’envisageais une carrière litteraire, Madame Dussap
tenta de me prevenir. Pour une femme, me dit-elle, il y a plus de
pièges a redouter que de lauriers a tresser en litterature. Telle
qu’elle est actuellement, la societe armenienne, continua-t-elle,
n’est pas prete a l’idee qu’une femme se fasse un nom et une place.

Pour surmonter ces obstacles, tu dois surmonter la mediocrite :
un homme peut etre mediocre, pas une femme. ”

Essayan recoit ces paroles de prudence a la manière d’un defi ;
après avoir evoque sa rencontre avec Dussap avec quelques amis qui
partagent ses opinions, ils en arrivent a la conclusion que poursuivre
leurs etudes a l’etranger est vital pour s’assurer que leurs ecrits
ne soient pas abusivement rejetes comme mediocres. Or la menace de
griefs ulterieurs de banalite est loin d’inquieter Essayan ; dans son
autobiographie, elle souligne le fait que l’opinion publique n’eut
jamais le moindre impact sur sa manière d’etre ou d’ecrire.

Elle etait davantage soucieuse de ce qu’il adviendrait d’elle,
au cas où elle serait contrainte d’abandonner ses etudes a un âge
aussi jeune. Qu’en serait-il de sa passion pour l’ecriture ? D’autres
responsabilites l’empecheraient-elles de s’adonner a son art ?

Peut-etre s’est-elle posee ce genre de questions en se souvenant de
ces femmes a l’esprit litteraire qu’elle connut dans son enfance,
et qui, du fait de pressions exterieures, n’eurent pas l’opportunite
de nourrir leurs talents.

Dans son autobiographie, elle rappelle une de ces figures litteraires
perdues – Mademoiselle Achdjian. Achdjian fut la preceptrice
d’Essayan dans ses toutes jeunes annees, qui publia un poème dans la
presse armenienne, mais obligee d’enseigner, au lieu de se consacrer
entièrement a ses ecrits, elle represente pour Essayan une femme ayant
la nostalgie d’une carrière litteraire qui ne fut jamais. Durant sa
scolarite, Essayan remarque que Mademoiselle Achdjian ” prenait souvent
un crayon et ecrivait rapidement quelque chose dans son carnet, revant
alors, son regard perdu dans le vague. ” Le ton grave, quasi funèbre,
de cette anecdote – le recit d’une jeune femme condamnee a vivre une
existence qu’elle avait imaginee tout autre – revèle l’importance
qu’Essayan accorde au fait de poursuivre ses etudes, en partie pour
se premunir d’un sort similaire.

En depit de l’idee orientaliste dominante, selon laquelle les
Europeennes etaient par definition superieures a leurs cons~urs du
Moyen-Orient, les parcours des Armeniennes et des Francaises dans
l’enseignement etaient, en fait, très semblables a la fin du 19ème
siècle. En France, il faut attendre 1882 avec la mise en ~uvre des
lois de Jules Ferry pour que l’enseignement primaire soit ouvert aux
filles. Avant cette decision, si les parents etaient disposes a donner
a leurs filles une education en bonne et due forme, la seule option qui
leur etait accessible etaient les ecoles sous les auspices de l’Eglise.

Juxtaposer le vecu educatif des jeunes Francaises et Armeniennes a
la fin du 19ème siècle revèle que l’objectif commun etait identique
: dans les deux cas, l’enseignement etait, d’abord et avant tout,
un moyen pour former les femmes a etre de bonnes epouses et mères –
eduquees juste assez pour elever une nouvelle generation d’enfants
pour le bien de la nation. Sûrement pas pour stimuler quelque
curiosite intellectuelle ou encourager leur participation dans la
sphère intellectuelle ou le monde du travail.

Sous le règne de Napoleon III, grâce aux efforts de son epouse Eugenie,
les femmes se virent accorder le droit d’etudier dans les universites
francaises aux côtes de leurs pairs masculins. Cependant, a l’epoque
où Essayan est etudiante en Sorbonne au milieu des annees 1890, les
etrangères etaient largement superieures en nombre aux Francaises dans
le système universitaire. Ce n’est qu’en 1924 que des programmes au
plan national furent crees pour les jeunes filles qui envisageaient
de s’inscrire aux examens d’entree a l’universite.

Pour Essayan, comme pour nombre de jeunes Armeniens idealistes de son
temps, la France etait un symbole de liberte et d’egalite ; en realite,
toutefois, ces grandioses ideaux philosophiques n’entraînèrent pas
des changements sociaux visibles dans l’existence des femmes, du
moins jusqu’au 20ème siècle.

Zabel Essayan etait attiree par la liberte que la France representait.

En vivant a Paris, elle pouvait echapper a nombre de conventions
sociales auxquelles elle avait resiste, en particulier les restrictions
frappant les femmes sur un plan social plus large.

D’après Anne Paolucci, dans sa postface a la pièce La Jeune mariee,
de Zabel Essayan, ” l’existence de nombreuses Armeniennes, a la fin
de l’empire ottoman, pourrait se resumer ainsi :

” En Anatolie et a Constantinople, comme dans d’autres regions du
monde a cette epoque, les femmes etaient censees vivre au sein d’un
environnement delimite par des règles strictes ; une structure orientee
sur le foyer et la famille, où le mariage et les enfants constituaient
les seules finalites respectables et desirables. Les femmes etaient
censees etre modestes, reservees, retenues, d’une manière generale,
dans leur vetement, leur langage et leur comportement. Leur parole
n’avait aucune autorite ; on attendait d’elles un savoir-faire eprouve
de domestiques, un talent pour la broderie et la couture, paraître en
public en de rares occasions, dans lesquelles elles etaient censees
observer certaines règles du comportement social. ”

Meme si, dans son autobiographie, Essayan relève l’ouverture d’esprit
de son père, qui l’encourage dans ses aspirations litteraires, elle
est neanmoins confrontee, dans ses echanges quotidiens, aux prejuges
de la communaute plus large a laquelle elle appartient, mais dans
laquelle elle sent qu’elle etouffe au plan intellectuel :

” Jamais les femmes, les jeunes filles ou meme les enfants ne se
permettraient d’agir spontanement. Tout est convenu et pese ; il y
a ce qu’on fait et ce qu’on ne fait pas. ”

Resolue a conduire sa vie differemment, Essayan s’apprete a se defendre
contre chaque restriction sociale qu’elle rencontre :

” […] Je combattais chaque obstacle dès qu’il se presentait, mais
le liberalisme de mon père ne suffisait pas a detourner mon chemin de
tous les obstacles qu’imposait une bourgeoisie a l’esprit retrograde.

La vie m’apprit que j’aurai a mener un combat acharne et incessant. ”

Dans l’extrait qui precède, elle depeint sa communaute comme un
adversaire avec lequel elle sera toujours en conflit. Ayant cela en
tete, partir pour la France permettait a Essayan d’eviter un combat
en s’etablissant dans un pays ayant une longue tradition de femmes
ecrivaines pour affûter son art.

La situation des femmes ecrivaines en France, a l’epoque de l’arrivee
d’Essayan, constituait sûrement un mieux par rapport a celle de leurs
cons~urs dans l’empire ottoman. La France du 19ème siècle comptait
de nombreuses femmes ecrivaines des plus respectees, ce qui rendait
leur participation a la vie litteraire moins exceptionnelle qu’a
Constantinople.

D’après un recensement francais de 1901, 36,5 % des Francaises vivent
une existence ” active ” – autrement dit, elles jouent un rôle dans
la sphère publique. Les femmes ecrivaines representent une grande part
de ce pourcentage, les femmes commencant alors a publier leurs ~uvres
en grand nombre. En 1894, l’ecrivain Octave Uzanne estime qu’il existe
quelque 2 133 femmes ecrivant et publiant activement a Paris. En 1907,
le nombre de femmes ecrivaines passe a plus de 5 000 – leurs ouvrages
representant 20 % de la production litteraire totale publiee a Paris.

Cette periode fertile pour les femmes ecrivaines en France fut une
benediction pour les ambitions d’Essayan, elle qui arrivait d’un
lieu où le nombre de femmes ecrivaines publiees se comptait sur
les deux mains. Meme si les femmes en France etaient l’objet de
restrictions bien reelles – une loi, par exemple, interdisait aux
femmes de publier leurs ~uvres sans le consentement ecrit de leurs
maris -, la difference manifeste entre les deux groupes etait que les
Francaises publiaient en depit de ces restrictions, contrairement a
la majorite des Armeniennes.

De multiples raisons socioculturelles expliquent la rarete de la
pratique litteraire parmi les Armeniennes, dont l’absence d’ecoles
largement accessibles en dehors des centres urbains et la nouveaute
radicale d’une tradition litteraire moderne, mais Essayan, armee d’une
education qui pouvait rivaliser avec celle de nombre de ses homologues
masculins, occupait une position ideale pour inverser cette tendance
parmi les Armeniennes.

Le fait d’etre loin de Constantinople, a la fin de son adolescence,
permit aussi a Essayan d’echapper a la convention sociale qui l’eût,
a coup sûr, empechee de mener l’existence independante d’un ecrivain
qu’elle envisageait : le mariage. Pour les jeunes Armeniennes,
le mariage etait la voie vers laquelle leurs existences etaient
naturellement censees se diriger. Comme la societe armenienne
n’encourageait pas activement la participation des femmes a la sphère
publique, le mariage etait une facon pour les familles de s’assurer
que leurs filles fussent soutenues au plan financier.

Dans son autobiographie, Essayan livre a ses lecteurs plusieurs
portraits de femmes devastees, au plan emotionnel, par de tristes
mariages. Avec une grand-mère, qui ” sans cesse enceinte,
maudissait son mari et son sort “, et une tante qui ” endura
patiemment l’alcoolisme et la tyrannie dedaigneuse de son mari “,
la jeune ecrivaine fut precocement temoin, dans son existence, de
la souffrance de ces femmes, considerant dès lors l’institution du
mariage d’un ~il critique.

Dans les villages armeniens, les filles etaient habituellement mariees
entre 14 et 18 ans, et les garcons entre 16 et 21 ; les histoires
orales nous apprennent que l’âge moyen du mariage pour les Armeniens
vivant dans des zones urbaines comme Constantinople etait plus eleve.

Parmi les Turcs vivant dans la capitale ottomane, a la fin du 19ème
siècle, l’âge moyen du mariage etait relativement eleve : 20 ans
pour les femmes et 30 pour les hommes. Il faudrait mener d’autres
recherches pour determiner si cette tendance caracterisait aussi la
pratique des mariage pour les Armeniens de Constantinople.

En depit de critiques implicites, Essayan ne rejette pas sans appel
le mariage, mais laisse entendre que les femmes ne devraient pas
accepter volontairement une convention qui avalise les abus et leur
enseigne a accepter sans barguigner d’etre maltraitees, au cas où
elles se retrouvent dans cette situation.

Dans toute la serie d’unions malheureuses dont elle est temoin, enfant,
la servilite des femmes face au mepris des hommes est un trait qui, en
particulier, la derange. Consacrant du temps a une amie de la famille,
Essayan note avec tristesse la facon avec laquelle cette epouse voue
tout son temps et toute son energie a complaire a un mari indifferent
: ” Lorsqu’il s’apprete a partir, son epouse accourt auprès de lui
et, tenant en main le parapluie de son mari, attend qu’il ôte ses
pantoufles et enfile ses chaussures. ”

Ce rituel quotidien, fait de denigrement, symbolise l’oppression
volontaire que les femmes de son milieu social subissent en pure perte.

Neanmoins, un sort similaire attendait les Francaises a la meme epoque
; comme dans l’empire ottoman, le mariage est alors concu en France
comme un arrangement financier entre deux familles. L’amour entre
epoux – une idee qu’Essayan defendait – etait chose rare dans les deux
societes. Il importe cependant de noter que l’âge moyen du mariage pour
les Francaises etait beaucoup plus eleve que pour les Armeniennes :
d’après le recensement de 1881, 60 % des femmes âgees de 25 ans ne sont
pas mariees. La societe francaise, qui accueillit Essayan, n’etait
pas affranchie de ses problèmes specifiques concernant le mariage,
mais ses annees a Paris et son statut d’etrangère lui permirent de
se consacrer exclusivement a ses etudes, sans etre importunee par
des pressions sociales.

Dans son autobiographie, il est clair qu’Essayan ne tenait guère la
plupart des femmes en haute estime, les presentant, quasiment toutes,
sous un jour des plus meprisant. Elle opère une dichotomie explicite
entre les hommes et les femmes, decrivant les hommes comme nobles et
eclaires et les femmes comme naïves et frivoles :

” En general, les hommes sont d’esprit liberal et loyaux envers les
ideaux de la Revolution francaise. Ces ideaux composent le fondement
de leurs principes moraux. En face, les femmes sont conservatrices
et traditionnelles, fidèles a des vertus agressives qui aboutissent,
comme dit mon père, a faire souffrir non seulement autrui, mais aussi
elles-memes. ”

Etrangement, mais ce n’est pas pour surprendre, elle revèle dans
ce passage qu’elle ne s’identifie pas complètement a son identite,
prenant ses distances vis-a-vis des autres femmes et les rejetant
car mal eclairees et aveuglees. Le tableau qu’elle dresse illustre
le fait qu’elle se considère comme faisant exception a la norme –
regardant les autres femmes d’un ~il critique et condescendant, car
incarnant, au lieu de les combattre, les memes stereotypes utilises
pour justifier leur inferiorite. En depit de sa jeunesse, Essayan
raille les preoccupations de ces femmes, qu’elle juge stupides et
inconsequentes :

” Pour elles, la mode parisienne est l’affaire dominante et elles
observent avec attention – ou, du moins, s’imaginent le faire –
les règles qu’elles apprennent des revues specialisees. Dès que la
conversation aborde ce sujet, toutes les femmes, en particulier les
plus jeunes, en parlent avec passion. ”

Durant l’enfance d’Essayan, l’empire ottoman et, par extension,
la communaute armenienne connurent des bouleversements sociaux,
politiques et culturels ; or, malgre ces mutations, elle relève que
les femmes qui l’entourent n’y pretent pas attention, n’en ont pas
conscience. Le fait que les femmes qu’elle connaît n’ont nullement
la volonte de s’informer sur ces questions leur aliène d’autant plus
l’ecrivaine en herbe, dans sa propre communaute.

A ses yeux, ces femmes ne sont pas vraiment presentes dans le reel.

Cette realite artificielle fut, peut-etre, concue deliberement pour
refouler le desespoir au sein de leurs unions ou la conscience de
leurs ambitions contrariees, mais, dès son plus jeune âge, Essayan
s’est jure de vivre dans un monde qui n’est pas toujours agreable ou
indolore, mais qui est, d’abord et avant tout, reel.

Essayan developpa cette prise de conscience grâce, en partie, a un
episode discordant de son enfance. Toute petite, elle passait son
temps avec une amie de sa famille, prenommee Santoukhd. Un jour,
celle-ci conduisit Essayan dans une pièce où elle conservait ses
poupees : des poupees qu’elle considerait comme de veritables enfants
– leur parlant, les grondant, s’occupant d’eux. Ce monde imaginaire,
qu’habitait cette femme, perturba profondement la future ecrivaine et
suscita immediatement une prise de conscience des consequences liees
au fait de vivre dans un univers construit de manière artificielle.

Cet univers etait très probablement le resultat d’une inaction
intellectuelle et d’une marginalisation sociale – une pièce bien a
elle, dans une societe où les femmes etaient censees tout sacrifier
pour leurs familles, au point de perdre leur propre identite. Dans son
article sur Les Jardins de Silihdar, Seta Kapoïan presente la pièce
de Santoukhd comme une echappee illusoire, car, tout en combattant
la realite, elle reste dependante de l’environnement qui l’entoure,
en particulier de son mari indifferent, devant par consequent toujours
avoir conscience de ce qui existe au dehors.

La relegation des femmes dans la sphère privee, où leurs aspirations
ne sont ni respectees, ni cultivees, contribuait sans nul doute a cet
etat de fait, mais Essayan, qui eut la chance de faire des etudes et
d’etre encouragee, au sein de sa famille, a poursuivre ses ambitions,
reconnaît le peril qu’il y a a se perdre dans un monde imaginaire,
bien resolue a ne pas se laisser prendre au piège d’un tel univers.

[Cette etude s’inscrit dans le cadre d’une serie ecrite en l’honneur
de la Journee internationale et du Mois des femmes. Diplômee
d’etudes moyen-orientales et francaises de l’universite Rutgers
(Etats-Unis), Jennifer Manoukian mène des recherches sur la litterature
armeno-occidentale et les questions d’identite et de production
culturelle dans la diaspora armenienne. Elle est aussi traductrice
et a publie des traductions de l’ecrivaine Zabel Essayan dans Ararat.

Contact : [email protected].]

______________

Source :

yesayan%E2%80%99s-the-gardens-of-silihdar-part-ii/

Traduction : © Georges Festa – 06.2012.

Avec l’aimable autorisation de Jennifer Manoukian.

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Source/Lien : Armenian Trends – Mes Armenies

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=66144
http://www.ianyanmag.com/2012/03/20/the-view-from-zabel-yesayan%E2%80%99s-the-gardens-of-silihdar-part-i/http://www.ianyanmag.com/2012/03/24/the-view-from-zabel-
www.collectifvan.org

Genocide Armenien : La Turquie Se Prepare Pour 2015

GéNOCIDE ARMéNIEN : LA TURQUIE SE PRéPARE POUR 2015

Publié le : 03-08-2012

Info Collectif VAN – – Le Collectif VAN vous
propose la traduction des extraits d’un article en anglais publiée
sur le site Chroniques Diplomatiques.

Chroniques Diplomatiques

Traduction Gérard Merdjanian

Une des dimensions les plus malheureuses de la question arménienne
en Turquie est que le débat politique national porte presque
exclusivement dans le cadre des tentatives occidentales de légiférer
sur le génocide.

C’est parce que le sujet est abordé au Congrès américain ou au
Parlement francais que nous débattons de notre propre histoire.

Le résultat est souvent une réaction nationaliste : ‘Ils ont toujours
tort et nous sommes toujours dans notre droit’. Depuis, il existe une
tension dans l’air, et aucune tentative n’est faite pour comprendre
pourquoi le monde entier a une interprétation très différente de
la nôtre sur ce qui est arrivé aux Arméniens en 1915.

D’ici trois ans, la Turquie va se trouver face a un dilemme similaire.

Encore une fois, c’est la dynamique externe qui conduira le débat
national. La Turquie réagira probablement de manière acerbe et
nationaliste face aux tentatives occidentales a commémorer le
centenaire du génocide arménien.

Que peut-on faire pour éviter une telle épreuve ? La réponse
évidente est de commencer a réfléchir dès maintenant aux relations
arméno-turques, avant que la pression du tic-tac de l’horloge entre
en jeu. Dans le cas contraire, un sentiment d’urgence et d’alarme
domineront a nouveau le débat national. Toute mesure prise a la
veille de 2015 sera également percu par l’Arménie et la communauté
internationale comme une tentative désespérée de conjurer les
accusations de génocide.

Au lieu de paniquer la veille cette date, le gouvernement turc doit
adopter a partir de maintenant une stratégie multidimensionnelle. La
première dimension doit concerner l’ouverture de la frontière avec
l’Arménie. Ce doit être un geste unilatéral montrant la bonne
volonté turque, indépendamment du processus gelé des protocoles.

Comme on le sait, le Parti Justice et Développement (AKP) a décidé
de lier la ratification des protocoles (visant a une normalisation
complète avec l’Arménie) au conflit du Haut-Karabakh. Une telle
politique a pratiquement bloqué l’ensemble du processus depuis
qu’il est devenu impossible pour le président arménien Serge
Sarkissian de convaincre son opinion publique (et notamment les
millions d’Arméniens de la diaspora) que la Turquie est sérieuse
au sujet de la normalisation des relations sans conditions préalables.

La décision turque de poser une condition préalable a la
normalisation avec l’Arménie relève de la myopie. Toute tentative
de ratifier les protocoles est systématiquement attaquée par les
milieux nationalistes pro-azerbaïdjanais de Turquie au motif qu’aucun
progrès n’a été fait dans le conflit du Haut-Karabakh. C’est
pourquoi la Turquie a besoin d’agir sans aucune référence a des
protocoles. L’ouverture de la frontière avec l’Arménie doit être
présentée a l’opinion publique turque comme l’initiative de la
Turquie et montrer que Ankara veut créer une dynamique pour la
normalisation des relations avec l’Arménie et ce faisant, réaliser
une percée sur l’avenir du Haut-Karabakh.

La deuxième dimension de la stratégie turque avant 2015 devra
être de parler de 1915 dans le cadre de ce que le ministre des
Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, appelle “la mémoire
équitable.” Davutoglu veut rapporter ce qui s’est passé en 1915
dans le cadre plus large d’une catastrophe humanitaire provoquée
par l’effondrement de l’Empire ottoman. En plus des souffrances
arméniennes, il veut se référer a des pertes turques dans les
Balkans et au Caucase, où des millions de musulmans furent tués
ou arrachés a leurs terres avant et pendant la Première Guerre
mondiale, les pertes a Gallipoli et a SarıkamıÅ~_ étant “notre
tragédie commune.” Davutoglu semble prêt, comme il a indiqué a
un groupe de journalistes turcs la semaine dernière, a montrer de
l’empathie pour les événements de 1915 tant que le contexte est
défini comme un cadre plus large d’une ”tragédie partagée”,
où il y aurait aussi l’empathie arménienne pour pertes turques.

Bien que problématique, il s’agit d’un pas dans la bonne direction.

Parler d’une tragédie commune est mieux que de nier ce qui est arrivé
aux Arméniens en 1915. Cependant, une chose doit être claire :
cela n’est pas une excuse officielle turque pour la tragédie de 1915
(pas besoin d’appeler cela un génocide), semblable a celui que le
Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a déclaré pour Dersim il y a
quelques mois, un tel récit sur ”la mémoire juste” tombera dans
l’oreille d’un sourd.

C’est peu probable de s’attendre a ce que l’Arménie fasse preuve de
beaucoup d’empathie pour les pertes turques. Après tout, l’Arménie et
les Arméniens ne sont pas responsables de l’agonie turque a Gallipoli,
dans les Balkans sous tutelle ottomane ou des pertes au cours de la
Première Guerre mondiale. Pourtant, il est impossible de nier le
sentiment turc sur la responsabilité de la tragédie de 1915. Ce que
la Turquie appelle la déportation ou le déplacement des Arméniens
peut très bien avoir été en réaction a un sentiment de menace
percu comme étant le nationalisme arménien. Oui, les Arméniens ont
aussi tué des Turcs. Mais “la mémoire juste” exige aujourd’hui un
regard honnête sur l’Anatolie. Nous ne pouvons pas aujourd’hui nous
contenter sans aucunes excuses de l’absence totale des Arméniens en
Anatolie orientale. Commencons a penser a 1915 et ce qui peut être
fait en vue de 2015 avant que d’autres commencent a penser pour nous.

OMER TAÅ~^PINAR – Zaman

***

A la fin de l’ère Sarkozy, le ministre des Affaires étrangères
turc, Ahmet Davutoglu, avait décrit la politique entre Ankara et
Paris comme ”cauchemardesque”.

La France, nous l’espérons du moins, a abordé une nouvelle facon
de penser, tout en reconnaissant qu’une approche différente de la
Turquie renforcera son statut de puissance dans l’UE, tandis que la
Turquie avec l’administration du président Francois Hollande peut
trouver une contrepartie amicale et suffisamment bienveillante pour
résoudre certains problèmes clés entre les deux nations.

La question la plus importante qui a existé entre les deux capitales,
empoisonnant les relations, c’est le sort tragique des Arméniens en
1915. L’ex-président Nicolas Sarkozy était personnellement engagé
pour verser du sel sur la plaie ouverte, calculant froidement la
réaction de la Turquie, et insistant sur une loi pénalisant la
négation du génocide arménien. Il a subit un échec, en voulant
pousser la constitution francaise dans la mauvaise direction. Des
questions demeurent : qu’en est-il de la douleur des Arméniens dans
le monde entier, de la liberté d’expression, ou du désir des Turcs
d’adhérer a l’UE ? Probablement toutes aussi importantes les unes
que les autres.

La nouvelle ère sous Hollande envoie des signaux mixtes, pendant que
la Turquie continue de mener une recherche, au ralenti, sur les moyens
de faire face a cette partie horrible de son passé. Le ministre des
Affaires étrangères francais, Laurent Fabius, a déclaré après sa
rencontre avec M. Davutoglu qu’il n’y aurait aucune tentative pour
raviver la loi sur les dénis de génocides. Toutefois, d’autres
sources laissent a penser que le président Hollande n’est pas en
total accord avec cette position. Suite a des contacts avec certains
organismes influents de la diaspora, il a promis que la question
restera a l’ordre du jour de la France.

Si la position de Hollande est telle que rapportée, cela engendrera
des maux pour la simple raison que, ce que Sarkozy a essayé de faire
a poussé la Turquie a se mettre en mode défensif, comme il est de
règle pour l’AKP qui est en mode de recherche constante. Les lecons
de cette période sont claires : Si vous voulez le bien de la Turquie,
ce n’est absolument pas le chemin a suivre.

Hollande est assez intelligent pour comprendre cela, mais il sait
aussi que beaucoup de ses camarades de premier plan dans l’UE – dans
les deux camps socialistes et chez les Verts – sont restés plutôt
ferme sur les aspects positifs de l’AKP, l’emportant sur les aspects
négatifs du passé. En d’autres termes, ce n’est pas tant de punir la
Turquie pour la négation du génocide qui est important mais la facon
dont l’Etat turc sera aidé pour venir a bout de ce problème, avec
des excuses, des regrets ou quelle que soit la réponse appropriée,
concernant les crimes commis par la junte militaire de l’Empire
ottoman. La manière de se comporter montre la différence entre le
cynisme et la démarche amicale.

Le mode de recherche d’Ankara est indéniable, Davutoglu l’a
réaffirmé lors de sa visite a Paris. Sur le chemin du retour,
il a profondément étudié la question en envoyant des signaux a
Paris. Voici ce qu’il a dit :

“Primo. Je souhaitais vraiment que les protocoles [entre la Turquie et
l’Arménie] soient mis en Å”uvre ! Mais … c’était l’équilibre dans
le Caucase qui l’a empêchée. Si l’Arménie avait été en mesure
de se retirer d’un seul des sept districts qu’elle occupe dans le
Karabakh, la frontière aurait été ouverte. J’avais convaincu le
président azerbaïdjanais Ilham Aliev pour ce faire. L’Azerbaïdjan
aurait également ouvert sa frontière. Je le regrette amèrement,
parce que nous étions tous sur le point de réussir. J’avais demandé
au président Serge Sarkissian: “Retirez-vous d’un seul [district]
et Erevan sera la plus belle ville dans la région. C’est l’avantage
d’être un voisin de la Turquie.” Il ne pouvait pas a cause d’obstacles
internes. Mais la proposition est toujours valable et les conditions
de mise en Ŕuvre peuvent reprendre. Nous recherchons, nous savons
que cela allégera le fardeau de 2015.

Deusio, nous recherchons un nouveau langage de communication. Nous
mettons en place de nouvelles relations, différentes, avec la
diaspora. Nous devons nous asseoir et parler. Notre objectif est de
briser la glace. Maintenant, il y a et y aura quelqu’un qui s’assiéra
en face des Arméniens et les écoutera. Je ne suis pas un ministre
des Affaires étrangères qui les garde en leur disant : ”non,
il ne s’est rien passé en 1915”.

Tercio, nous nous préparons de nouveaux messages concernant 2015. Nous
sommes a la recherche d’un nouveau langage autour du terme ”mémoire
juste”. Je travaille également sur un nouveau livre sur l’histoire
ottomane. Je n’appelle pas cela un génocide, mais je ne dis rien
quand quelqu’un d’autre dit que c’en est un.”

Ce ne sont pas des nouveautés qu’exprime Davutoglu. Quoi qu’il en
soit, c’est un exemple de recherche, mais cela n’aurait pas de sens
si Paris continuait la méthode Sarkozy.

La clé réside dans la coopération entre la “nouvelle” France et la
“nouvelle” Turquie. Comme l’avait déclaré Alain Juppé, l’ancien
ministre francais des Affaires étrangères, les deux gouvernements
peuvent faciliter les pourparlers exploratoires par la création
d’une commission d’historiens indépendants, dans le but de guider la
Turquie a trouver la paix avec les événements de 1915. Après tout,
la France est le pays d’Europe avec le “pouvoir protecteur” le plus
grand vis-a-vis de l’Arménie, et elle entretient des relations
approfondies avec la Turquie. Un autre moyen serait en effet de
nous aider a surmonter les obstacles nauséabonds, et les nombreuses
décennies purulentes de honte et de déni enterrés.

YAVUZ BAYDAR – Zaman

***

Extrait de Todays-Zaman

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Source/Lien : Chroniques Diplomatiques

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=66143
www.collectifvan.org

Le President Sarkissian Devrait Rencontrer Son Homologue Russe Pouti

LE PRESIDENT SARKISSIAN DEVRAIT RENCONTRER SON HOMOLOGUE RUSSE POUTINE LE 8 AOUT
Gari

armenews.com
vendredi 3 aout 2012

Le president armenien Serge Sarkissian devrait faire une courte pause
dans des vacances pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine
le 8 août a Moscou. Au menu des discussions, les relations bilaterales
et les questions regionales, avec bien sûr le lancinant conflit avec
l’Azerbaïdjan autour du Haut Karabagh mais aussi la guerre civile
en Syrie.

La Russie continue en effet a soutenir le regime syrien de Bachar
Al Assad et a oppose son veto, avec la Chine, a tous les projets de
resolution deposes par les Occidentaux au Conseil de securite des
Nations unies visant a sanctionner la Syrie. Selon des sources au
Kremlin, le projet russe d’Union eurasienne devrait aussi figurer en
bonne place dans les discussions.

L’Armenie, qui est deja associee a son partenaire strategique russe
dans plusieurs alliances militaires reunissant d’anciennes republiques
sovietiques, comme l’Organisation du Traite de securite collective,
a manifeste un enthousiasme très modere pour cette union. Elle fait
valoir qu’elle ne partage pas de frontière commune avec la Russie
pour justifier son refus d’y adherer, malgre les pressions de Moscou.

Jewish Students Return From Armenia With Artifact

JEWISH STUDENTS RETURN FROM ARMENIA WITH ARTIFACT

Vestnik Kavkaza
Aug 2 2012
Russia

A group of students of the Jewish University in Jerusalem has returned
from Armenia with a unique artifact, hoping that the item would reveal
reasons why the Jewish community had vanished in Armenia.

Moses of Choren said that King Tigranes gave homes to Jews in Armenia.

Some of the feodaries appointed by the Romans of the Herod Dynasty
are Tigranes IV (circa 6th century BC) and Tigranes V (6061 BC)
in Great Armenia and Aristobul in Armenia Minor. The Persian Shah
Shapur II forced migration of the population to Iran (360370).

Amatuni and Mamikonyan, Armenian kings of Bagratuni, have Jewish
origins.

Oz, Mani and Harmon may refer to Armenia.

The first Jewish expeditions to search for Jews in Armenia were
operating in 2000-2002. Professor Michael Ston and Doctor David Amit
were supervising the expedition. They found an old Jewish cemetery
in Irgis with 40 graves buried in the 12-13th centuries.

A Jewish stela was found in the Herard Monastery.

by Peter Lyukimson, Israel. Exclusively for Vestnik Kavkaza.

300-400 Armenian Children From Syria To Take Part In A Summer Camp I

300-400 ARMENIAN CHILDREN FROM SYRIA TO TAKE PART IN A SUMMER CAMP IN ARMENIA

Mediamax
Aug 2 2012
Armenia

Yerevan/Mediamax/. The Armenian government made a decision today to
organize a children ‘s summer camp with participation of Armenian
children from Syria as well.

AMD 9mln will be allocated from the state budget to this end,
Mediamax reports.

Minister of Diaspora of Armenia Hranush Hakobyan stated that 300-400
children from Syrian Armenian families will take part in the camp
due to be held in Tsakhkadzor and Hankavan.

“Besides, I also offered the children to live in Armenian families
for them not to be isolated”, she said.

According to the Minister, 150 families are already ready to accept
children coming from Syria as of now.

Hranush Hakobyan added that as of the latest data, already 30 families
of Syrian Armenians turned to the Armenian State Migration Service
to get refuges and refugee status.

Answering the question of the journalists, the Minister said that
Armenia’s diplomatic representations in Syria will continue their
operation.

BAKU: One more American politician calls US to protect Azerbaijan fr

APA, Azerbaijan
Aug 4 2012

One more American politician calls US administration to protect
Azerbaijan from Iran’s threats

[ 04 Aug 2012 14:02 ]
Baku-APA. Former member of Congress Michael McMahon called the White
House administration to protect Azerbaijan from Iran’s threats, says
the article of former congressman published in `The Hill’, APA
reports:

Most of us agree that Iran, and its nuclear and missile programs,
poses an existential threat to the US, Israel, Europe and Arab states.
This fact seems clear, given the research, intelligence and reporting.
However, most of the information focuses on the West, but conveniently
negates Iran’s neighbors…many major U.S. and Western allies. The focus
outside of the West and Israel is largely on Saudi Arabia and other
Arab states that are jockeying to keep Iran in check and begging for
U.S. assistance.

Case in point is Iran’s neighbor is the Republic of Azerbaijan, an oil
and gas producing nation that also happens to be majority Shiite
Muslim, yet staunchly secular, Western-oriented and progressive.
Azerbaijan was, in fact, the first parliamentary democracy in the
Islamic world and has a centuries-long tradition of religious, ethnic
and gender freedom and tolerance.

Azerbaijan is `bothersome’ to the Mullahs and president of Iran given
the fact that there live roughly 25 million ethnic Azerbaijanis in
Northern Iran, who look across the border to see their brethren living
in a modern and Western nation. In Azerbaijan, most women do not cover
themselves, the average person frequents restaurants and bars, and men
and women walk hand in hand down the wide boulevards, squares and
beach fronts of the capital, Baku, as well as throughout the
nation…all anathema to the tenets and rule of the Mullahs and
president of Iran.

In addition, Iran is crazed by the fact that two of Azerbaijan’s
closest allies are the United States and Israel. Azerbaijan has close
diplomatic, security, military and economic ties to both nations. The
fact that Israel is Iran’s admitted mortal enemy exacerbates Iran’s
ire.

Recently Azerbaijan purchased nearly $2 billion worth of arms from
Israel, an act that Iran handled by recalling their ambassador and
blasting Azerbaijan in its official media. The fact that last year
they signed deals to build armored personnel carriers and advanced
unmanned aerial vehicles caused such uproar from the Iranians that
even the Azerbaijanis were surprised. This is not to mention the
continued consternation and threats from Teheran each time there is a
state visit from an Israeli official.

It is important to note that Azerbaijan does not buy and build these
arms with the aim of attacking a much larger and militarily stronger
Iran, but to protect itself from an Iranian ally, Armenia, which
illegally occupies about 24% of internationally recognized Azerbaijani
territory. This ongoing situation in Nagorno-Karabakh is one of the
most dangerous frozen conflicts today.

To combat this perceived heresy, Iran has embarked on a wide ranging
effort to attack Azerbaijan’s leaders personally, agitate Azerbaijani
citizens in Iranian sponsored mosques, task their proxy Hezbollah to
launch terror attacks and assassinations in Azerbaijan and generally
meddle in Azerbaijani society, all for the express purpose of bringing
Azerbaijan into the Iranian sphere.

Azerbaijan is necessarily hyper-vigilant in monitoring Iranian
sponsored mosques; on occasion closing them when the rhetoric and
recruitment of would be terrorists becomes too dangerous. It is
interesting and quite tragic to note that the biggest critic of this
policy is not Iran, but U.S. tax payer funded Radio Free Europe/Radio
Liberty (RFE/RL). Go figure. In addition, Azerbaijani security forces
have foiled plots by Iran’s Revolutionary Guard and Hezbollah to blow
up the embassies of Israel, the UK and the U.S., among other terrorist
acts. This, while Iranian television and radio consistently beams
anti-Azerbaijani rhetoric across the border with the aim of
destabilizing the government and recruiting militants.

Azerbaijan’s star is on the rise. The nation is increasingly important
to the energy security and diversity of global markets, as it builds
more pipelines to pump their oil and gas to Western markets while
importantly bypassing Russia. In fact, Azerbaijan and Turkey just
inked an agreement to build the Trans-Anatolian Pipeline, a major
regional project to bring the Caspian natural gas closer to Europe. In
addition, Azerbaijan’s importance has steadily increased, as transit
routes in Kyrgyzstan and Pakistan for American and NATO troops and
material headed for Afghanistan are unreliable. Presently, roughly 40%
of this material transits through Baku’s International Airport.

Perhaps most importantly, given what now seems like a deeply troubled
Arab Spring, Azerbaijan is one of our few reliable, stable and normal
Muslim friends and allies.

If I could offer my former colleagues in Congress some advice…remember
that although you represent constituencies in your respective states,
Congress has a dual role. Congress must also represent the best
interests on the U.S. In other words pay more attention to Iran’s U.S.
friendly neighbors and support them. It behooves us and is the right
thing to do.

McMahon is a former Democratic member of Congress from New York who
served on the House Foreign Affairs Committee, subcommittee on Europe.
He is a noted lecturer on Turkey and the Caucuses. In October he will
be presenting at the Baku Humanitarian Forum in Azerbaijan. He is
currently co-chair of the public policy practice at the New York based
law firm Herrick Feinstein.

Before it, US Congressman Dane Rorabaher called support the struggle
of the South Azerbaijanis for their independence. In his message to
the United States Secretary of State, Hillary Clinton, the Congressman
said about the need to support the struggle for independence of
southern Azerbaijan from Iran. `For the United States it is important
to support this cooperation, because tyrannical regime in Tehran is
our common enemy. `The people of Azerbaijan was geographically divided
into two parts two hundred years ago, and many Azerbaijanis are
calling for the reunification of the motherland,’ the letter reads.

The Congressman also said that the number of ethnic Azerbaijanis in
Iran more than twice in the Republic of Azerbaijan. `This country
gained independence in 1991, after the collapse of the Soviet Union,
now came the hour of Azerbaijanis of Iran also win their freedom,’ the
Congressman wrote. `Support for the legitimate aspirations of the
people of Azerbaijan in the struggle for independence-a noble cause in
and of itself. At the same time, for the Tehran regime is the biggest
danger, than the threat to bomb its underground nuclear bunkers, `the
prison Epistles

Safe and dry metro for Yerevan

The Financial, Georgia
Aug 4 2012

Safe and dry metro for Yerevan

04/08/2012 00:54

The FINNACIAL — When you are a passenger on a metro train, what you
want to see is a speedy, reliable service.

What you do not want to see is water dripping from the tunnel walls,
which is currently the case for the Yerevan metro.

The European Bank for Reconstruction and Development has teamed up
with the European Investment Bank (EIB) and the EU’s Neighbourhood
Investment Facility (NIF) to help the Yerevan metro with this
significant rehabilitation and upgrade project.

The EBRD is providing a sovereign loan of 5 million to be co-financed
by an EIB 5 million loan tranche and an investment grant from the NIF
of the same amount.

According to The European Bank for Reconstruction and Development,
this project is Phase II of the Yerevan metro rehabilitation project.
Phase I has also been financed by the EBRD, EIB and NIF, with a total
of 15 million committed in 2010 to improve safety, sustainability and
energy efficiency of the metro.

The metro is one of the main means of transport in the capital, with
services at peak times every five minutes. In 2011, over 17 million
passengers used it. Yerevan, with over a million inhabitants, needs to
keep its metro in good working order. The metro system upgrade will
put a special emphasis on dealing with the water ingress problem in
the metro tunnel as well as improving passenger safety.

`Together, we are upgrading the most affordable, environmentally
friendly and energy efficient means of public transport in Armenia –
the metro in Yerevan’, says Valeriu Razlog, head of EBRD Office in the
country.

The project has also received technical support from the Government of
Austria to support procurement (600,000) and the EBRD’s Shareholder
Special Fund to identify solutions to the water ingress problem
(950,000), for ticketing reform (460,000) and to implement a public
service contract (135,000).

Kurt Bayer, EBRD director for Austria, says: `Yerevan’s metro system
can be made more effective in relieving traffic congestion in this
crowded city. Austrian trust funds are directed to projects which
improve the life of citizens and the environment, and the Yerevan
metro project will do both’.

http://finchannel.com/news_flash/Banks/113804_Safe_and_dry_metro_for_Yerevan/

Director of Grandma’s Tattoos marries

Director of Grandma’s Tattoos marries

tert.am
17:34 – 04.08.12

Swedish-Armenian film director Syzanne Khardalian, best known to the
Armenian audience as the author of Grandmas Tattoos, has got married,
it emerged today.

The laureate of the 9th international film festival Golden Apricot has
been receiving congratulations on Facebook since morning; she has
correspondingly updated her status.

As the director told Tert.am in an exclusive conversation, it is
already 22 years she has been married to the film’s producer, Pea
Holmquist. They together appeared in other joint projects in the past.
It is noteworthy that Grandmas Tattoos was produced by the film
company Peå Holmquist Film HB.

The two directors have now launched a new and risky project featuring
the developments in the Middle East. Speaking about their marriage
Khardalian said it was her husband’s idea to publicize the fact. She
herself considers the idea `crazy romanticism’.

Olympic champion Nazaryan: sports museum must be opened in Armenia

Olympic champion Nazaryan: sports museum must be opened in Armenia

August 4, 2012 – 14:49 AMT

PanARMENIAN.Net – Olympic, European and world Greco Roman wrestling
champion Armen Nazaryan wants a museum showcasing Armenian sportsmen’s
achievements to be opened in Armenia. In this context, he expressed
readiness to present to the museum the first Olympic gold medal he
brought to Armenia in 1996.

`Our Olympic wrestlers must perform to the full, they must fight till
the last moment, they must fight for every point,’ Nazaryan said,
citing both weight and psychological problems as the main factors
hampering Armenian weightlifters’ success at London Olympics.

Dwelling on his decision to represent Bulgaria, he said, `I love my
country and I have always done the utmost for it. However, after I
became an Olympic champion, our government didn’t appreciate me. I was
offered to return to Armenia only in 2001, but my demands remained
unsatisfied.’

Mikhaïl Kaloustian et Garik Mardirossian parmi les 50 célébrités du

MEDIAS-FORTUNES
Mikhaïl Kaloustian et Garik Mardirossian parmi les 50 célébrités du Forbes russe

L’édition russe du mensuel Forbes a dressé la liste des 50 célébrités
les plus fortunés de Russie. Deux Arméniens, tous deux présentateurs
de spectacles auprès des chaines de télévisions russes sont parmi la
liste des 50. Il s’agit de Mikhaïl Kaloustian (Galstyan) et Garik
Mardirossian (Martirosyan). Maria Charapova (tennis) est en tête du
classement avec un revenu annuel de 26 millions de dollars. La
chanteuse Alla Pougatcheva est dernière de cette liste avec 8,3
millions. Mikhaïl Kaloustian (32 ans) présentateur et acteur célèbre
en Russie est 35e avec un revenu annuel de 2,8 millions de dollars
ajoutés à 245 articles sur lui et 1 180 000 connexions de recherche de
son nom sur internet. Garik Mardirossian (38 ans) est 41e avec 2,8
millions de dollars mais seulement 201 articles et 790 000 recherches
sur internet le concernant.

Krikor Amirzayan

samedi 4 août 2012,
Krikor Amirzayan ©armenews.com