Projet de rapport parlementaire intransigeant sur l’adhesion

Europolitique
27 octobre 2004
UE/TURQUIE: PROJET DE RAPPORT PARLEMENTAIRE INTRANSIGEANT SUR
L’ADHÉSION D’ANKARA .
“L’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie ne constitue
que le point de départ d’un long processus qui doit rester ouvert,
c’est-à-dire qu’il ne doit pas conduire nécessairement à une
adhésion”, estime le député européen Camiel Eurlings (PPE, Pays-Bas),
rapporteur du Parlement européen sur le dossier de l’adhésion de la
Turquie. Son point de vue semble éloigné de celui de la Commission
européenne qui, le 6 octobre dernier, a estimé que la Turquie a
suffisamment respecté les critères de Copenhague (respect des droits
de l’homme en général) pour mériter d’entamer des négociations, avec
pour objectif final l’adhésion pleine et entière à l’Union
européenne. S’il s’aligne sur la recommandation de la Commission
européenne et notamment la possibilité de suspendre les négociations
en cas de manquement grave aux droits de l’homme dans le chef
d’Ankara, le projet de rapport de M. Eurlings ne devrait recommander
l’ouverture des négociations que dans la mesure où celles-ci traitent
en priorité les critères politiques de Copenhague et procèdent,
ensuite seulement, à un examen chapitre après chapitre. La lutte
contre la torture, les violences familiales et la corruption doivent
être également une priorité dans les chefs des autorités turques. Le
dossier du génocide des Arméniens devrait faire l’objet d’un
consensus entre les deux pays et Ankara devrait entreprendre tous les
efforts pour contribuer au règlement de la question chypriote,
souligne encore M. Eurlings.
Un premier débat sur le projet de rapport de M. Eurlings au niveau de
la commission des Affaires étrangères du Parlement est prévu dans la
soirée du 26 octobre en marge de la session plénière du Parlement
européen à Strasbourg. Une fois adopté par l’Assemblée, cet avis sera
présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement avant le Sommet européen
du 17 décembre, réunion au cours de laquelle les Vingt-cinq se
prononceront sur l’ouverture des négociations d’adhésion avec Ankara.

Prevenir les genocides. Un crime aggrave au XXe siecle.

La Croix
29 octobre 2004
Prévenir les génocides. Un crime aggravé au XXe siècle.
Yves Ternon, Maître-assistant école d’architecture Paris-Val-de-Seine
TERNON Yves
Maître-assistant école d’architecture Paris-Val-de-Seine
La convention sur la prévention et la répression du crime de génocide
adoptée par les Nations unies, le 9 décembre 1948, définit cette
infraction par l’article 2 : .. . le génocide s’entend de l’un
quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire,
en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou
religieux, comme tel (suit une liste d’actes permettant une
interprétation très large du concept).
Cette définition, reprise par tous les textes de droit international
– en particulier par le statut de la Cour pénale internationale de
1998 -, sert de fondement à toute accusation et à toute condamnation
pour génocide. Raphaël Lemkin, qui forgea le mot génocide en 1944,
écrivait alors : Si le mot est nouveau, la pratique est ancienne. Il
y eut en effet des génocides dans le passé, mais, au XXe siècle, ce
crime revêt un sens particulier : il est non seulement une forme
aggravée de crime contre l’humanité, mais l’expression suprême de la
criminalité des Etats. C’est dans ce sens que, au-delà du droit, les
spécialistes des sciences humaines le conçoivent.
La qualification de génocide est devenue l’enjeu de controverses
entre des victimes qui la réclament et des coupables qui la récusent.
Historiens et sociologues s’accordent cependant pour exiger que l’on
ne saurait parler de génocide si quatre critères ne sont pas réunis :
la victime est un groupe humain ; les membres de ce groupe sont tués
en raison de leur appartenance au groupe ; la destruction est un
meurtre et porte sur une part substantielle du groupe ; enfin,
l’intention est délibérée, un plan a été concerté. Ces chercheurs
sont unanimes pour reconnaître qu’au XXe siècle, trois meurtres de
masse furent des génocides : le génocide des Arméniens ottomans au
cours de la Première Guerre mondiale ; le génocide des juifs d’Europe
au cours de la Seconde Guerre mondiale ; le génocide des Tutsis au
Rwanda en 1994.
D’autres meurtres collectifs font encore l’objet de débats sur la
qualification du crime : la famine en Ukraine soviétique en 1932-1933
; la mise à mort des Tsiganes d’Europe par les nazis ; les crimes des
Khmers rouges au Cambodge.
Cette conclusion se fonde exclusivement sur l’état des recherches.
Elle ne constitue pas une mise en hiérarchie des malheurs et elle ne
saurait entretenir une concurrence des victimes. Génocide ou autre
crime contre l’humanité, la sentence n’est pas rendue à l’aune de la
souffrance ou de la cruauté. Les travaux sur le crime de génocide
permettent seulement aux chercheurs d’en appréhender la complexité et
d’en percevoir les mécanismes communs. Pour nommer génocide un
événement, il faut être en mesure de douter de l’emploi de ce mot
pour d’autres événements et de pouvoir comparer les circonstances de
perpétration des meurtres de masse.
Peut-on prévenir un génocide ? Le propos paraît contradictoire :
comment prévenir un crime qui n’est qualifiable que lorsqu’il est
perpétré ? Il serait préférable de ne pas avoir à se poser la
question. On le préviendrait en connaissant les nombreuses étapes
parcourues avant même que l’idée ne germe.
Prévenir un génocide, c’est d’abord abaisser le seuil de tolérance
des violations des principes élémentaires du droit naturel, et c’est
toujours avant une guerre ou une révolution que cette prévention a
valeur d’un vaccin. Plus tard, c’est tout au plus un sérum, trop
souvent un traitement palliatif. Quand des massacres ont commencé et
que les nations se demandent s’il s’agit ou non d’un génocide, la
décision d’intervention n’est pas seulement prise pour des motifs
humanitaires, mais aussi en fonction de la puissance de l’Etat
criminel.
L’ONU est intervenue en 1998 au Timor-Oriental et a probablement
prévenu un génocide, en 1999, au Kosovo, où l’on sait maintenant
qu’il n’y avait pas de menace de génocide. Le fera-t-elle au Darfour
? Au rythme où les hommes y meurent quotidiennement, mieux vaudrait
intervenir et constater plus tard qu’il ne s’agissait pas d’un
génocide que tarder à le faire comme ce fut le cas au Rwanda en 1994,
où les Tutsis étaient, et on le savait, victimes d’un génocide.
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Negociations d’adhesion de la Turquie; l’UE: recours d’Armeniens

Agence France Presse
29 octobre 2004 vendredi 9:32 AM GMT
Négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE: recours d’Arméniens de France
MARSEILLE 29 oct 2004
Des représentants de la communauté arménienne de France vont déposer
un recours devant le Conseil d’Etat pour demander à Jacques Chirac de
s’opposer à l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à
l’Union européenne tant qu’Ankara n’aura pas reconnu le génocide
arménien, a-t-on appris auprès de leur avocat, Me Philippe Krikorian.
Les demandeurs, dont l’association Euro-Arménie, basée à Marseille,
et le conseil de coordination des organisations arméniennes de France
Marseille-Provence, veulent “protester contre la volonté du président
Jacques Chirac de ne pas subordonner l’ouverture des négociations à
la reconnaissance préalable du génocide arménien”, a précisé Me
Krikorian.
Le recours devant le conseil d’Etat “sera déposé dans les prochains
jours”. Il fait suite à la décision du juge des référés du tribunal
administratif de Marseille, saisi mercredi d’une demande de “référé
liberté”, de se déclarer “incompétent”, selon la même source. “C’est
un déni de justice”, a-t-il ajouté. “Quels que soient les pouvoirs du
chef de l’Etat, celui-ci ne saurait se soustraire à l’application du
droit”.
“A cinquante jours” du sommet européen de Bruxelles des 16 et 17
décembre, qui doit se prononcer sur l’ouverture des négociations, il
s’agit de “dénoncer la violation par le gouvernement français des
termes de la résolution du Parlement européen du 18 juin 1987 et de
la loi française de janvier 2001 reconnaissant le génocide de 1915”,
a ajouté Jean-Pierre Berberian, porte-parole d’Euro-Arménie et
conseiller municipal (SE, ex-DL) de Marseille. “Non seulement Jacques
Chirac agit en violation du droit, il le fait contre la volonté d’une
majorité de Français opposés à l’adhésion de la Turquie”.
La communauté arménienne de Marseille compte environ 80.000
personnes, sur un total de quelque 450.000 en France.

Radio Free Europe/Radio Liberty Newscast Off the Air in Armenia

Federal Information and News Dispatch, Inc.
State Department
November 4, 2004
Radio Free Europe/Radio Liberty Newscast Off the Air in Armenia; U.S.
diplomat Paul Jones expresses concern to OSCE Permanent Council
TEXT: The United States expressed concern November 4 that a Radio Free
Europe/ Radio Liberty (RFE/RL) newscast has been taken off the air in
Armenia.
Addressing the Permanent Council of the Organization for Security and
Cooperation in Europe (OSCE) in Vienna, Austria, U.S. diplomat Paul
Jones expressed the hope that the program will find a new broadcast
opportunity in the immediate future.
“This would demonstrate that Armenia is a state where freedom of the
media is acknowledged and respected, consistent with the OSCE
commitments we have all undertaken,” said Jones.
Following are his remarks:
(begin text)
United States Mission to the OSCE
Vienna, Austria
November 4, 2004
STATEMENT ON MEDIA ISSUES IN ARMENIA
As Delivered by ChargA(C) D’affaires Paul W. Jones to the Permanent
Council
Thank you, Mr. Chairman.
Mr. Chairman, we note with concern that the broadcast of the Radio Free
Europe/Radio Liberty newscast has been taken off the air in Armenia.
We have seen suggestions that the decision to cancel this program was
made in response to political pressure on the station manager.
In this regard, we would hope that this program will find a broadcast
opportunity in the immediate future; this would demonstrate that
Armenia is a state where freedom of the media is acknowledged and
respected, consistent with the OSCE commitments we have all undertaken.
Thank you, Mr. Chairman.
(end text)
(Distributed by the Bureau of International Information Programs, U.S.
Department of State.)
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Turquie, a oui si ab ou a non jamais

Le Figaro
30 octobre 2004
Turquie, « oui si » ou « non jamais » ?;
ÉLARGISSEMENT La controverse sur la candidature d’Ankara
Renaud DUTREIL
Lyautey confiait à Claude Farrère en 1921 : « Ce n’est pas tant à
Mustapha Kemal pacha que la Turquie devra finalement de recouvrer son
indépendance qu’à Pierre Loti. Car Pierre Loti, écrivant son Aziyadé,
a retourné en faveur des Turcs l’opinion européenne. » Comment ce
petit officier de marine académicien aujourd’hui méconnu, mais dont
Marcel Proust connaissait par coeur certaines pages, a-t-il réussi
cet exploit ? A quelle époque vivait Pierre Loti ? Dans quel pays ?
Quel réalisateur de téléfilm faudrait-il lancer aujourd’hui en prime
time pour retourner l’opinion française en faveur de la Turquie ? Qui
donc pourrait ébranler ce « non jamais ! » qui semble vouloir écraser
dans l’oeuf le lent, prudent, technocratique, laborieux « oui si » de
la Commission européenne ?
Et si l’on admettait que la « question turque » pose enfin, de façon
extrêmement franche la question de l’Europe elle-même et, derrière,
la question de la France même ? Dis-moi si tu dis oui ou non à quinze
ans de nouvelles négociations avec la Turquie, avec à leur terme la
plus rassurante des garanties le référendum constitutionnel annoncé
par le président de la République et je te dirai qui tu es, qui tu
veux être dans le temps et dans le monde.
C’est précisément parce que la Turquie est à la fois en Europe et en
Asie, et à 95 % en Asie, que la question de son entrée doit être
posée. C’est parce qu’elle a les apparences d’une étrangère à
l’Europe, que sa population de 100 millions annoncés pour 2020 est
musulmane à une écrasante majorité, que son PIB par habitant est de
10 % du niveau moyen de l’Union à vingt-cinq, que son régime
politique s’est tout récemment extrait du pouvoir militaire, que ses
troupes ont encore un pied dans Chypre, que le génocide des Arméniens
est encore une blessure à vif, que le territoire turc confine à la
Syrie, à l’Irak, à l’Iran, qu’un grand nombre de pays européens se
sont battus pendant des siècles contre le joug ottoman, c’est parce
que la liste des motifs de rejet semble ainsi bien longue,
impressionnante, dissuasive que ce débat prend une toute autre
dimension.
A plusieurs reprises, la France a été poussée, à propos de l’Europe
toujours, à s’interroger sur sa propre identité et sur sa vocation
dans l’histoire de l’humanité. Le général de Gaulle et le chancelier
Adenauer, en scellant la réconciliation franco-allemande, qui est
devenue aujourd’hui si évidente, ont profondément changé le destin et
la nature de leurs nations respectives. La haine nationale
franco-allemande était fondatrice. Elle avait donné naissance à la
nation allemande et à la IIIe République française. Il a fallu de
Gaulle et Adenauer pour lui substituer, après bien des années de «
oui si » confrontés à des « non jamais », la paix et l’amitié comme
principes fondateurs de deux peuples autrefois ennemis. Lorsque
Georges Pompidou reçut la reine Elizabeth II à dîner au grand Trianon
le 15 mai 1972, à la veille de l’entrée de la Grande-Bretagne dans la
CEE, il lui dit ceci : « Votre pays, il n’y a pas si longtemps
encore, semblait considérer la Communauté économique comme une de ces
coalitions continentales que, durant plus de trois siècles, il
s’était avec obstination et succès acharné à détruire. La France, de
son côté, voyait dans la Grande-Bretagne un pays résolument tourné
vers l’océan, c’est-à-dire en marge de l’Europe. Or, voici que nous
nous sommes mutuellement convaincus du contraire. »
Ce qui choque dans le non à la candidature turque, c’est le « jamais
» qui semble l’accompagner. Ce non radical, instinctif, qui en
d’autres temps fut le non à l’Allemagne ou le non à la
Grande-Bretagne et qui, chaque fois, finit par plier devant le « oui
si » de la raison, de l’ouverture et du dialogue, puis devant le «
oui franc » de la communauté de destin enfin assumée. A chaque fois,
la France a puisé à deux sources bien distinctes le courage de dire
oui. Elle l’a puisée dans sa vocation universelle et républicaine,
qui l’a conduit à rechercher chez l’autre, qu’il soit personne ou
nation, la commune humanité, par-delà les différences de nation, de
religion, de territoire, d’histoire, de race. Elle l’a aussi puisée
dans son intérêt national bien compris, intérêt économique, social,
politique, stratégique. Le oui français a besoin des deux, l’idéal
républicain et le pragmatisme intéressé.
Le non turc qui monte aujourd’hui en France est inquiétant parce
qu’il refuse toute perspective. Quelles que soient les protestations
d’amitié franco-turque dont il s’entoure, il transpire la peur, le
rejet, l’incompréhension, la confiance aveugle dans la ligne Maginot
contre l’immigration et dans le blocus continental contre l’islam. La
position actuelle de la Commission européenne, qui vient après des
années de candidature contrôlée, qui est assortie de tant de
précautions et de conditions que le « oui si » est presque un « non
sauf si », a le mérite d’ouvrir une perspective positive. Du point de
vue français, elle nous laisse le temps de mûrir notre réflexion. Or,
nous avons besoin de ce temps avant de nous prononcer.
D’abord pour nous demander si nous Français, qui sommes la nation
européenne la plus ouverte sur le sud, donc la plus vulnérable à
toute crise qui pourrait prospérer sur la Méditerranée, nous n’avons
pas un intérêt puissant à élargir vers le sud le triple cercle de la
démocratie, de la laïcité et du développement économique qui nous a
toujours apporté sécurité et prospérité. Nous demander si, par
hasard, ce qui pourrait le mieux conjurer la menace islamiste, la
poussée migratoire des pays pauvres, les délocalisations
industrielles, les risques de conflits régionaux, n’était pas
précisément cet élargissement de l’Europe vers le sud qui nous fait
aujourd’hui si peur… Ensuite, nous pouvons nous demander si notre
vraie vocation, en tant que nation, n’est pas de constamment
rechercher ce qui réunit les hommes, par-delà les préventions
communautaristes nationales, raciales, religieuses, économiques. Si
ce n’est pas lorsque nous suivons cette vocation que nous atteignons
un état supérieur de prospérité, de rayonnement, de confiance en
nous.
Ces questions, et d’autres encore, ne sauraient être écrasées d’un
coup de marteau expéditif, par un « non jamais » qui nous renverrait
à nos propres faiblesses, sans nous permettre de les surmonter. Le
bon sens nous y invite : sur la Turquie, sans écarter la possibilité
du non, laissons ouvert le chemin du oui.
* Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat.

Fabius reitere son opposition a l’entree de la Turquie dans l’UE

Agence France Presse
1 novembre 2004 lundi 4:58 PM GMT
Fabius réitère son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE
PARIS 1 nov 2004
Le numéro 2 du parti socialiste, Laurent Fabius, a réitéré son
opposition à l’adhésion de la Turquie dans l’Union européenne,
proposant à la place un “partenariat privilégié”, dans deux
interviews à paraître mardi.
“Je suis favorable à un partenariat privilégié avec elle, mais pas à
une adhésion”, a dit M. Fabius au quotidien gratuit Métro.
Il affirme qu'”il y a d’abord un problème de démocratie”, en relevant
notamment qu’Ankara ne reconnaissait pas le génocide arménien.
Il affirme également que l’adhésion de la Turquie coûterait 25
milliards d’euros par an, “ce qui veut dire que nos régions
n’auraient, elles, plus de soutien”, et que ce pays, du fait de sa
population, “aura 20% de plus de droits de vote que la France”.
Dans Nouvelles d’Arménie Magazine, le dirigeant socialiste qualifie
de “leurre” l’annonce par le président Jacques Chirac d’un référendum
à l’issue des négociations d’adhésion dans une quinzaine d’années.
“Il serait bien plus judicieux et démocratique de prendre une
décision dès maintenant” en faveur d’un partenariat, dit Laurent
Fabius.
Il estime aussi “indispensable que la population soit consultée. Sans
utiliser de fausses peurs et pratiquer de la démagogie. Mais en
appelant un chat un chat”, a-t-il ajouté.
M. Fabius, qui a pris la tête du non à la Constitution européenne,
estime que les deux questions sont liées parce que l’adoption du
traité constitutionnel comme l’entrée de la Turquie aboutiront, selon
lui, à une “Europe diluée” et non à l'”Europe puissance” qu’il
appelle de ses voeux.

Christophe Bugeau (RIF)

Sud Ouest
2 novembre 2004
X-Sender: Asbed Bedrossian
X-Listprocessor-Version: 8.1 — ListProcessor(tm) by CREN
CHRISTOPHE BUGEAU (RIF)
BORDEAUX
Nous sommes résolument opposés à ce traité, improprement qualifié de
constitutionnel puisqu’il ne se réfère pas à la souveraineté
populaire : il s’agit de gouverner “au plus près des peuples”. De
plus, il sous-entend qu’il existe un peuple européen, ce qui n’est
évidemment pas le cas.
Enfin, pas question de soumettre l’armée de la République à
l’autorité de l’OTAN ce qui, un an plus auparavant, nous aurait
entraîné automatiquement dans le conflit irakien, voire dans la
prochaine guerre décidée par Washington.
Il convient de rappeler au préalable que la Turquie, gouvernée par
des islamistes (élus démocratiquement) occupe militairement un pays
de l’Union européenne (Chypre) et n’a toujours pas reconnu le
génocide arménien. Cela étant, les Turcs s’opposent majoritairement
(60 %) à leur rattachement à l’UE. Les partisans de l’intégration de
part et d’autre du Bosphore feignent d’ignorer cet élément essentiel,
ce qui en dit long sur la considération qu’ils portent aux peuples en
général.

Fabius toujours hostile a la Turquie dans l’Europe

Le Monde
03 novembre 2004
M. Fabius toujours hostile à la Turquie dans l’Europe
LAURENT FABIUS a réitéré son opposition à l’entrée de la Turquie dans
l’Union européenne, dans deux entretiens parus, mardi 2 novembre,
dans le quotidien gratuit Metro et dans Nouvelles d’Arménie Magazine.
Le numéro deux du PS se dit « favorable à un partenariat privilégié
avec elle, mais pas à une adhésion ».
La Turquie pose « un problème de démocratie », a dit M. Fabius,
soulignant qu’elle ne reconnaissait pas le génocide arménien.
Il a aussi dénoncé comme « un leurre » la promesse de référendum
faite par Jacques Chirac. « Il serait bien plus judicieux et
démocratique de prendre une décision dès maintenant » en faveur du
partenariat, dit M. Fabius. L’ancien premier ministre affirme
également que l’adhésion de la Turquie coûterait 25 milliards d’euros
par an, « ce qui veut dire que nos régions n’auraient, elles, plus de
soutien ».
From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Randonnee sur la piste du Mont Ararat

Le Monde
04 novembre 2004
Randonnée sur la piste du Mont Ararat
VOYAGES;
A l’extrême orient de l’Anatolie, de caravansérails en églises à
l’abandon, les vestiges byzantins, ottomans, arméniens et kurdes
s’entremêlent
Catherine Bédarida
TRABZON de notre envoyée spéciale
Prairies immenses, troupeaux de brebis, yourtes d’été pour les
bergers, ces hauts pturages murmurent un monde pauvre.
A l’est de la Turquie, l’histoire est un précipité de langues, de
frontières, de montagnes méridionales et de steppes d’Asie centrale,
de souvenirs ottomans et de blessures arméniennes ou kurdes. Des
bords de la mer Noire, au nord, aux confins de l’Irak, au sud, toute
une région encore peu touristique de la Turquie porte la mémoire des
conflits passés et présents, s’enorgueillit des caravansérails
fastueux sur la Route de la soie et des sommets splendides du mont
Ararat, ou passe sous silence les souvenirs du génocide arménien et
la répression récente à l’encontre des Kurdes.
Dans cette zone d’altitude qui a été tour à tour dominée par les
Perses, les Ottomans, les Russes, les mémoires et les légendes des
différentes traditions se mêlent à l’occidentalisation voulue par la
Turquie moderne. Le thé est fait dans des samovars à Erzurum ou Kars,
deux villes importantes du nord-est de cette région. L’ascension du
mont Ararat (5 165 m) s’effectue en appelant toutes les heures le
poste de sécurité à l’aide d’un téléphone portable. Dans chaque bourg
de ces régions fort musulmanes, on trouve des magasins d’alcool. Et
les importants sites patrimoniaux géorgiens ou arméniens se visitent
sur les conseils d’offices du tourisme qui se gardent d’expliquer
pourquoi ces églises magnifiques sont aujourd’hui à l’abandon.
Plusieurs chaînes de montagne dessinent la géographie et partagent
les zones de cette Turquie orientale. Au nord, c’est une montagne
verte, boisée, lumineuse qui borde la mer Noire, entre la frontière
de la Géorgie et la chaîne des monts Kaçkar. Les pluies, arrêtées par
ces sommets, donnent une végétation à la fois alpine et méridionale.
La ville de Trabzon (Trébizonde, dans l’Antiquité) est le point de
départ pour découvrir les environs.
Ce port de la mer Noire (500 000 habitants), largement fréquenté par
les touristes et les commerçants de l’ex-URSS, est une cité moderne,
sans cachet particulier, malgré une vieille ville agréable. A
cinquante kilomètres au sud, en revanche, le monastère grec orthodoxe
de la Vierge Marie, à Sumela, offre un site et un btiment
exceptionnels.
Après une rude montée à pied d’une demi-heure le long du torrent,
dans les forêts de pins et de sapins, le monastère se dévoile,
accroché à une falaise rocheuse d’une hauteur vertigineuse, petit
point émouvant dans l’immensité de la nature sauvage, témoignant de
la mégalomanie admirable ou dérisoire des mystiques. Fondé en 385,
détruit puis reconstruit en 644, le monastère a été protégé par les
sultans ottomans après la chute de l’Empire byzantin. Les moines
durent quitter définitivement les lieux à la suite de la guerre
gréco-turque de 1920-1922. En partie construite sous une voûte
naturelle rocheuse, l’église est ornée de fresques représentant la
vie de la Vierge et de Jésus, ainsi que des scènes de la Genèse, au
milieu d’une profusion d’anges et de motifs végétaux.
Plus à l’est, aux confins de la frontière arménienne, officiellement
fermée, commence un monde de plateaux et de steppes, à 2 000 m
d’altitude, cernés de hautes montagnes qui culminent avec l’Ararat.
Prairies immenses, troupeaux de brebis blanches et noires, yourtes
d’été pour les bergers, ces hauts pturages murmurent un monde
pauvre, tenu à l’écart du développement moderne turc. Devant les
maisons basses en pisé s’empilent les tas de briquettes de bouse et
de paille mêlées, unique combustible de ces régions où de rares
peupliers sont les seuls arbres à tenir tête aux vents.
A 35 km de l’Iran et à 60 km de l’Arménie, Dogubayazit est la ville
la plus orientale de la Turquie, à 1 960 m d’altitude. Ce gros bourg
poussiéreux de 35 000 habitants, traversé par les camions iraniens,
est surtout une ville de garnison. Dans les rues, au restaurant, à la
poste, les soldats turcs sont omniprésents. Les boutiques s’adaptent
en vendant vêtements kaki, cassettes des musiques en vogue à
Istanbul, cartes postales kitsch montrant des soldats en action…
Tout autour, chaque village est flanqué d’un poste militaire. Ces
hameaux kurdes sont souvent desservis par une piste à peine
carrossable, inutilisable pendant les longs hivers. L’électricité y
arrive, mais la plupart des maisons ne disposent, pour l’eau, que
d’un robinet dans la cour. Grce aux antennes paraboliques, les
habitants peuvent capter les émissions en langue kurde diffusées
depuis juin, alors que l’usage de cette langue – qui appartient à la
famille iranienne – demeure réprimé. Le lancement de ces émissions
fait partie des mesures d’assouplissement de la politique antikurde,
adoptées par le gouvernement pour satisfaire aux critères de l’Union
européenne, en vue d’une éventuelle adhésion.
Dans ce fin fond extrême-oriental, terre de trafics, de contrebande
et de passages d’immigrants clandestins, Dogubayazit est l’étape
obligée pour découvrir les deux merveilles de la région. A six
kilomètres, le palais d’Isak Pasa (Isak Pasa Saray) est l’un des
caravansérails les mieux conservés qui jalonnaient la Route de la
soie tous les trente à quarante kilomètres, pour offrir un abri sûr
aux marchands et à leurs caravanes. Construit par un gouverneur kurde
à la fin du XVIIIe siècle, il s’inspire de l’architecture perse,
seldjoukide et ottomane. Plus de 300 pièces, une mosquée, une
bibliothèque et un hammam forment un ensemble raffiné et confortable
– l’architecte avait doté les btiments du chauffage central et du
tout-à-l’égout. Adossé à une colline, le palais s’ouvre sur les
steppes et les montagnes voisines, dont les sommets masquent
cependant l’Ararat.
Mont de légende, l’Ararat, situé à 50 kilomètres au nord de
Dogubayazit, est un cône volcanique parfait, qui surgit de ces
horizons de hauts plateaux, spectaculaire masse de lave violette
coiffée de neige tout au long de l’année. Ce sommet isolé attire
facilement les nuages et il est rare, au-delà du petit matin,
d’apercevoir la silhouette du volcan dans toute sa pureté.
Les agences de voyages françaises promettent aux randonneurs
l’ascension en trois jours. Les guides locaux, plus réalistes,
comptent cinq jours pour l’aller et le retour depuis le point de
départ à 2 200 m jusqu’au sommet. Encore faut-il entreprendre
l’ascension en été, quand la neige ne recouvre pas le parcours. Mais,
que le voyageur atteigne ou non le sommet, le silence, la profusion
des fleurs et, le soir, les chants des guides kurdes sous les étoiles
lui apporteront l’offrande intime de la montagne.
Situé à l’intérieur du territoire turc depuis 1923, l’Ararat reste un
symbole arménien pour toute la diaspora du peuple victime du génocide
en 1915. Au musée de Van, une section consacrée au génocide en
propose une lecture négationniste, à l’aide de livres sur la
prétendue « falsification arménienne ».
Sur le lac de Van, une région où les massacres commis à l’encontre
des Arméniens par les Turcs ont été sanglants, demeure un témoignage
de la présence arménienne : la petite île d’Akdamar conserve presque
intacte l’église de la Sainte-Croix, datant du Xe siècle. Ses pierres
orangées, ses bas-reliefs représentant des scènes de l’Ancien et du
Nouveau Testament, ses fresques et son plan en croix en font un joyau
poignant de l’art arménien.
NOTES: CARNET DE ROUTE ACCÈS. Paris-Istanbul, avec Air France, à
partir de 332 EUR. Turkish Airlines, qui dessert les villes
orientales de Trabzon, Erzurum, Kars et Van, propose des tarifs
depuis Paris, Lyon, Nice et Strasbourg vers ces villes, à partir de
247 EUR jusqu’au 30 novembre, de 414 EUR tout au long de l’hiver
(tél. : 01-56-69-33-50, site : ). D’une ville
à l’autre, les transports se font en bus ou avec une voiture de
location. VISITES. Monastère de la Vierge Marie, à Sumela (en turc,
Meryemana Manastiri). Visite tous les jours, de 9 heures à 18 heures,
en juin, juillet, août, et de 9 heures à 16 heures le reste de
l’année. Dans les monts Kaçkar, le village d’Ayder, à 1 250 m
d’altitude, est un bon point de départ pour les randonnées. A Kars,
voir l’église des Saints-Apôtres, une église arménienne du Xe siècle
transformée en mosquée puis en église orthodoxe par les Russes, et
aujourd’hui désaffectée. A Dogubayazit, le palais d’Isak Pasa (Isak
Pasa Sarayi) se visite tous les jours sauf le lundi, de 8 h 30 à 17
heures. L’île d’Akdamar, près de Van, est desservie par des bateaux à
moteur. SAISON. Les villes et les sites patrimoniaux peuvent se
visiter toute l’année. Les Hauts Plateaux de l’extrémité orientale,
situés à 2 000 m, sont sous la neige de Noël à mai. En montagne,
préférer juillet, août et septembre, quand les sentiers ne sont plus
recouverts de neige. RANDONNER. Plusieurs voyagistes proposent des
itinéraires de randonnée en montagne. Allibert (tél. : 0825-090-190,
site : ) organise un circuit de quinze jours
qui inclut l’ascension de l’Ararat, à partir de 1 475 EUR. D’autres
formules chez Terres d’Aventure (tél. : 0825-847-800, site :
ww.terdav.com). L’ascension de l’Ararat, bien qu’autorisée depuis
2000, est étroitement surveillée. La demande doit être déposée trois
mois à l’avance. Des agences locales peuvent se charger d’obtenir le
permis et de fournir des guides (prévoir environ 250 EUR par
personne). LANGUE. Le turc (langue de la famille altaïque) est parlé
par près de 90 % de la population. Le kurde (langue de la famille
iranienne) est parlé par dix millions de Kurdes. LECTURES. Salman le
Solitaire, La Grotte, La Voix du sang, l’une des trilogies de Yachar
Kemal (Gallimard, de 17 à 23 EUR). Mon nom est Rouge, d’Orhan Pamuk
(Gallimard, 27 EUR). Contes de la montagne d’ordures, de Latife Tekin
(Stock, 16 EUR). Comme une blessure de sabre, d’Ahmet Altan (Actes
Sud, 22 EUR). Le Guide bleu Turquie, dans son édition de mars 2004,
pour l’histoire et la culture. Turquie, Lonely Planet (janvier 2004),
pour les informations pratiques. CINÉMA. Ararat, le film d’Atom
Egoyan (2002) sur la mémoire arménienne. INFORMATIONS. Office de
tourisme de Turquie, 102 av. des Champs-Elysées, 75008 Paris. Tél. :
01-45-62-78-68, site : www.turquie. infotourisme. com Bonne
documentation sur le site Internet de l’Institut kurde (106, rue La
Fayette, 75010 Paris) :

www.turkishairlines.com
www.allibert-trekking.com
www.institutkurde.org

Georgia PM: Talks over Rail Resumption via Abkhazia ‘Untimely’

Civil Georgia, Georgia
Nov. 4, 2004
PM: Talks over Rail Resumption via Abkhazia `Untimely’
Both Georgian Prime Minister Zurab Zhvania and Foreign Minister
Salome Zourabichvili said on November 4 that discussions over resuming
the Russian-Georgian railway link via Abkhazia are `untimely.’
`Despite Moscow’s active involvement, [political forces] in Abkhazia
four weeks after [the October 3 presidential] elections still failed to
decide to whom the power belongs. So talks [about restoration of the
railway] are untimely, before the situation is normal there,’ Zurab
Zhvania told reporters.
`At first let’s wait [and see] how the events will develop in Abkhazia.
Then peace talks in frames of the Geneva process should be restored and
we should see then what the sides are ready for. Then real return of
the internally displaced persons to Gali district [of Abkhazia] should
start. There are some reports that 60 thousand IDPs have already
returned to the Gali district. But this is Russian data. The UN reports
that the real number of returned IDPs does not exceed 30-35 thousand.
And even these people do not permanently live in Gali,’ Salome
Zourabichvili told reporters on November 4.

Meanwhile, Russia has proposed setting up a joint railway venture with
the South Caucasus states in order to unite efforts in restoring a
railway connection in the region. The Russian and Armenian railway
chiefs have already signed an agreement over the creation of such a
company.