AZG Armenian Daily #176, 01/10/2005
Turkey-EU
ARMENIA WANTS A NEIGHBOUR THAT REVALUES ITS HISTORY AND RESPECTS DEMOCRATIC
VALUES
On the eve of the EU-Turkey negotiations on 3 October, the National Press
Club organized discussions with the participation of central political
parties of Armenia.
Representative of the Republican Party, Samvel Nikoyan, said that Armenia is
not the only country that is interested to see Turkey revaluing its history
and adhering to democratic values, respecting human rights and rights of
national minorities. Khosrov Harutyunian, chairman of the
Christian-Democratic Party, thinks that in order to have such a neighbor,
Armenia has to use the created situation and to put certain Armenian issues
into the European bunch. Representative of Armenian Revolutionary
Federation, Kiro Manoyan, stated that what is important in Turkey-EU
relations is that the former carries out reforms before becoming a member
but not post-factum.
Chairman of the Democratic Party, Aram Sargsian, is sure that Armenia should
view Turkey’s accession to EU not only in the context of the Armenian
Genocide but also in the context of geopolitical developments, considering
the prospects of Iran-Turkey rivalry and Israel’s interests that Turkey
voices.
Political analyst of daily Azg, Hakob Chakrian, reminded of the New
Neighborhood project realization of which supposes Turkey’s membership.
Armenia, being supporter of the project, cannot meanwhile oppose Turkey’s
bid.
Arsen Avagian, adviser of RA foreign minister, informed about official
Yerevan’s stance on the issue, according to which Turkey’s membership will
be viewed as positive if it stems out of materialization of the foreseen
reforms and not of a political decision.
By Nana Petrosian
Armenia Rated 79th For Economic Competitiveness
AZG Armenian Daily #176, 01/10/2005
Statistics
ARMENIA RATED 79TH FOR ECONOMIC COMPETITIVENESS
According to the latest data of the World Economic Forum, Armenia occupies
79th place by economic competitiveness among 117 countries of the world.
Reuters informed that the criteria for the countries competitiveness
underwent big changes during the last year.
Thus, Russia moved to 75th position from 70, yielding to Baltic countries
and Kazakhstan, as well as Azerbaijan. Armenia outgrows Moldova, Ukraine,
Georgia, Tajikistan and Kyrgyzstan.
The experts of the World Economic Forum state that the weakness of state
structures, as well as “brain drain” are the main obstacles for economic
growth. Particularly, they advise Russia to pay attention to the improvement
of the legal and legislative structures, to protect the right for property,
decrease corruption.
The well-conducted utilization of human resources, encouragement of reforms
and new approaches also contribute to the growth of economic competition.
According to the researches, the economy of Finland is the most competitive.
The United States occupies the second place. While Sweden, Denmark, Taiwan,
Singapore, Iceland, Norway and Australia are among the first dozen of the
economically strongest countries.
The World Economic Forum defines the economic situation of 117 countries of
the world by questioning 11 thousand entrepreneurs and research institutions
during the last 26 years.
They also take into account certain factors, such as, the quality of the
state structures’ work, the level of technologies and reforms.
By Petros Keshishian
La memoire retrouvee
L’Express , France
29 septembre 2005
La mémoire retrouvée;
Turquie
Demetz Jean-Michel; Ortaq Nükte V.
Quatre-vingt-dix ans après, le tabou du génocide arménien se brise. A
côté d’un discours officiel toujours verrouillé, médias et
universitaires redécouvrent un passé longtemps occulté. A l’heure où
le pays aspire à rejoindre l’Europe, ce débat passionné fait office
de test démocratique
Orhan Pamuk est l’un des écrivains turcs les plus célébrés au sein de
la république internationale des lettres. Le 16 décembre, ce
romancier devrait pourtant être jugé pour “dénigrement public de
l’identité turque” – un délit selon l’article 301 du nouveau Code
pénal. Le parquet d’Istanbul avait classé sans suite une première
plainte, estimant que “l’expression d’opinions dans le but de
critiquer n’est pas un délit”. Mais un autre procureur, celui de
Sisli, un arrondissement d’Istanbul, a finalement inculpé l’auteur.
Il lui est reproché d’avoir déclaré, en février, dans un entretien
accordé au quotidien suisse Tages Anzeiger, repris par le magazine
turc Aktuel, que “30 000 Kurdes et 1 million d’Arméniens ont été tués
sur ces terres [en Turquie]. Presque personne n’ose le dire, à part
moi”. S’il est reconnu coupable, Pamuk – qui, dans l’attente du
procès, n’a pas souhaité commenter pour L’Express cette inculpation –
risque, en théorie, de six mois à un an de prison. Tout à son rêve
d’Europe et portée par un vent de réformes sans précédent depuis
Atatürk, son fondateur, la république turque de 2005 a les yeux fixés
sur Bruxelles, où les Vingt-Cinq doivent ouvrir, le 3 octobre
prochain, les négociations en vue de l’adhésion. Mais,
quatre-vingt-dix ans tout juste après les massacres de 1915, la
question arménienne – celle du “prétendu génocide”, comme la qualifie
la terminologie officielle à Ankara – resurgit avec ses spectres du
passé.
“Depuis quelques mois, des écrivains et journalistes sont poursuivis
sur la base de l’article 301, témoigne l’avocate Fethiye Cetin. Et
toujours autour de la question arménienne.” Le 7 octobre, c’est le
journaliste arménien Hrant Dink, rédacteur en chef du magazine (en
arménien et en turc) Agos, qui comparaîtra pour un premier procès. On
lui fait grief d’avoir revendiqué son identité arménienne. L’éditeur
turc Ragip Zarakolu avait obtenu en justice, en 1997, le droit de
traduire et de publier des auteurs sur le génocide, dont Vahakn
Dadrian, directeur de Genocide Research à l’institut Zoryan de
Cambridge (Etats-Unis). Mais, depuis mai, il a été mis plusieurs fois
en examen: “Une nouvelle vague nationaliste s’attaque à la liberté
d’expression pour entraver la marche vers l’Europe”, analyse-t-il.
Une histoire vouée à consolider l’Etat-nation Faut-il s’inquiéter de
cette offensive judiciaire? Ou n’y voir que de simples provocations
isolées? La dynamique du processus de réforme, aiguillonné par la
candidature à l’Union européenne, est telle que les premiers
intéressés eux-mêmes minimisent les derniers incidents, préférant
dénoncer des résistances individuelles, ultimes soubresauts d’une
bureaucratie hostile aux réformes libérales orchestrées par le
pouvoir. “Les partisans du statu quo dans l’administration et la
justice ne sont pas mécontents d’embarrasser, par de telles
initiatives, le gouvernement juste avant l’ouverture des négociations
avec Bruxelles”, estime Fethiye Cetin. La tentative d’annulation, le
22 septembre, en fin de journée, d’un colloque universitaire consacré
aux Arméniens de la fin de l’Empire ottoman, à la suite d’une
“demande d’informations” sur les participants et invités émanant du
4e tribunal administratif d’Istanbul, lui-même saisi par une
association de juristes, confirme cependant la détermination d’une
partie de l’appareil d’Etat à ne rien céder sur la vérité officielle
en vigueur sur les massacres de 1915. Ce colloque, il est vrai, est
un tournant. Réservé à dessein aux universitaires turcs, il voulait,
pour la première fois, sur le territoire turc, et non dans le cadre
d’une conférence internationale, exposer des vues contradictoires des
événements d’il y a quatre-vingt-dix ans. Le séminaire devait
initialement se tenir en mai. Face aux menaces, le rectorat de
l’université du Bosphore avait décidé de le reporter. En pleine
séance de la Grande Assemblée nationale, Cemil Cicek, ministre de la
Justice (et porte-parole du gouvernement) – un conservateur connu
pour son nationalisme – n’avait-il pas dénoncé cette rencontre
d’universitaires comme “un coup de poignard dans le dos”? Même si le
Premier ministre avait désavoué le politicien, l’imprécation avait
choqué. Après vingt-quatre heures de flottement, le 23 septembre, le
même ministre de la Justice désavouait les juges administratifs et
donnait son feu vert à la tenue du colloque les 24 et 25 septembre.
Le Premier ministre exaltait, de son côté, les “libertés
académiques”.
Si rocambolesques qu’elles soient, ces dernières péripéties sont plus
qu’anecdotiques. Paradoxalement, elles prouvent que le débat autour
de la question arménienne s’est imposé comme un test sur la
démocratisation de l’Etat et de la société turcs. “Après le
kémalisme, le rôle de l'”Etat profond”” – l’influence des services de
sécurité au sein de l’Etat de droit – la question kurde, c’est le
dernier tabou qui est levé”, estime le journaliste Hrant Dink. Très
vite après sa fondation, la République turque, btie sur les
décombres de l’Empire ottoman, avait, en effet, forgé un récit
historique destiné à consolider un Etat-nation fragile, comme, au
XIXe siècle, la IIIe République en France. Le monopole d’Etat sur la
recherche historique aura tenu pendant sept décennies. Les Arméniens
disparaissent de la littérature turque contemporaine. Dans les
écoles, des générations se sont vu enseigner cette thèse unique: la
déportation des Arméniens n’était qu’une réaction à leur soulèvement
armé en pleine guerre mondiale, au côté de l’ennemi russe, contre
l’empire, et les morts n’avaient, par ailleurs, pas été commanditées
mais causées par le typhus, la famine, les attaques de tribus kurdes
incontrôlées et les rigueurs du climat. Le nombre des victimes lui
aussi était établi une fois pour toutes. “De quelque manière qu’on
fasse le calcul, le nombre d’Arméniens qui, pour différentes raisons,
perdirent la vie au cours de la Première Guerre mondiale ne dépasse
pas 300 000, ce chiffre comprenant les pertes occasionnées par
diverses causes pendant ce transfert [la déportation]”, écrit Kamuran
Gürün, membre de la très officielle Société turque d’histoire (1). La
diaspora arménienne, de son côté, évalue à 1,5 million le nombre de
morts. “Après la guerre, les fermiers et notables turcs, enrichis par
la saisie des biens arméniens, sont devenus la base du nouveau
régime, analyse Mete Tuncay, chef du département d’histoire de
l’université Bilgi. Ils avaient intérêt à cette amnésie collective.”
“On a dépeint les Arméniens comme des traîtres, des menteurs, des
massacreurs de Turcs, on a minimisé leur forte présence passée en
Anatolie, s’insurge Hrant Dink. Oui, certains groupes ont collaboré
avec les Russes et les Français, mais la vérité, c’est que la grande
majorité des Arméniens était restée fidèle aux Ottomans. Qui a trahi
qui?”
Longtemps sous l’emprise de cette amnésie d’Etat, l’opinion turque a
progressivement redécouvert l’existence d’une question arménienne.
Tragiquement, d’abord, avec les attentats de l’organisation
terroriste Asala, dans les années 1970 et 1980. Ensuite, au cours des
années 1990, sous la pression d’une Arménie indépendante née de
l’éclatement de l’URSS et des résolutions votées par différents
Parlements nationaux appelant à la reconnaissance du “génocide”. Le
carcan d’une histoire d’Etat se desserre, sous l’effet aussi du
contexte européen, “ce mot de passe pour la démocratisation de la
Turquie”, selon l’heureuse expression de Murat Belge, professeur à
l’université Bilgi. Certes, à aucun moment (et malgré la pression de
la diaspora) l’Union européenne n’a exigé comme condition préalable à
l’adhésion la reconnaissance par les autorités d’Ankara du caractère
génocidaire des événements de 1915. Mais l’écho des polémiques à
l’Ouest – en France, deuxième terre d’accueil des Arméniens, après
les Etats-Unis, l’opposition socialiste en avait fait une condition à
l’ouverture des négociations – contribue à ouvrir le débat au sein de
la société turque. La tragédie du passé s’incarne. Des histoires
individuelles surgissent. Le travail de mémoire se met en marche.
L’hebdomadaire Agos révèle ainsi, à l’occasion de son décès, les
origines arméniennes de Sabiha Gökcen, fille adoptive d’Atatürk et
première femme pilote de chasse. Dans un petit ouvrage (cinq tirages,
15 000 exemplaires), Ma grand-mère, Fethiye Cetin raconte comment son
aïeule lui confie, à la fin de ses jours, qu’elle est un de ces
enfants arméniens adoptés par une famille turque, lors de la
déportation de 1915: “De nombreuses familles ont connu des histoires
analogues, souvent transmises par les femmes, raconte-t-elle. L’heure
est aujourd’hui au souvenir avant de présenter, demain, des excuses.”
Des images insoupçonnées surgissent aussi de l’abîme. “Turc et
musulman”, l’éditeur Osman Koker vient de publier un catalogue de
plusieurs milliers de photos et cartes postales sur Les Arméniens en
Turquie, il y a cent ans: “On ne savait presque rien des Arméniens,
c’est comme s’ils n’avaient jamais vécu ici. A l’école, on enseigne
une histoire qui commence avec l’arrivée des Turcs d’Asie centrale en
1071 et finit avec les Turcs. Mais il y avait d’autres civilisations
installées en Anatolie avant nous. Pourtant, on ne nous a jamais dit
que des villes de Turquie ont été fondées par des Arméniens.” Grce à
son travail d’édition, tout un monde méconnu émerge. L’orphelinat de
Mersine. Le quartier de l’église arménienne à Adana. Les paysans
arméniens de Kelkit. Le couvent de Saint-Ephrem. En janvier dernier,
une exposition montrait ces témoignages au public, en plein coeur
d’Istanbul, sur la très animée rue Istiklal. Il est prévu qu’elle
soit présentée en Allemagne ce mois, et en France début 2006.
Une contre-propagande parfois grossière Ce printemps, pour le 90e
anniversaire, la presse turque a largement ouvert ses colonnes aux
chercheurs de toutes opinions. Car la persistance du tabou dans le
grand public reste aussi liée à une ignorance des faits. “Je me
souviens que Hurriyet, en 2001, avait publié un photomontage montrant
un chien pissant sur la statue de Komitas inaugurée à Paris, raconte
Yavuz Baydar, journaliste à Sabah. Leur rédaction en chef ignorait
que cet intellectuel arménien, sauvé des rafles à Constantinople en
1915 par ses amis turcs, est l’un des plus grands compositeurs de
notre pays! Le Beethoven de Turquie!” Et aussi l’auteur de la
liturgie apostolique aujourd’hui chantée dans toutes les églises
arméniennes. Le lendemain, ils publiaient un rectificatif. “Les
médias avaient contribué à créer le tabou, les médias ont contribué à
sa levée”, explique le journaliste de Hurriyet Sefa Kaplan, auteur
d’un recueil d’entretiens intitulé Que s’est-il passé en 1915?
La résurrection, en marge de la sphère publique, de cette mémoire
jadis abolie provoque, en réaction, une crispation chez les tenants
du discours officiel. A l’école, un nouveau programme est élaboré en
vue de démonter l’illégitimité des revendications de la diaspora. Le
ministère de l’Education enjoint même, par une circulaire datée du 14
avril 2003, aux établissements scolaires d’organiser des conférences
et des concours mettant en valeur “le combat contre les
revendications infondées des Arméniens.” A côté de la Société turque
d’histoire, un think tank nationaliste comme l’Asan, le Centre
d’études stratégiques eurasiennes fournit un matériel de réfutation.
Au nom du pluralisme, une contre-propagande parfois grossière est
éventuellement relayée par la presse. Le quotidien Milliyet, la
semaine dernière, évoquait ainsi les recherches d’un avocat turc
installé aux Etats-Unis, Eda Elitok, qui se fait fort d’établir que
les Arméniens ont, à la même époque, tué 2,5 millions de Turcs…
Revendications maximalistes Par notre conférence, nous, historiens,
sociologues, intellectuels turcs, nous voulons dire à nos concitoyens
combien nous en avons assez de ce discours nationaliste de négation,
explique Halil Berktay, professeur à l’université Sabanci, l’un des
organisateurs du colloque. Il est absurde de nier que l’arménicité
anatolienne, ce groupe ethno-linguistique distinct, a cessé d’exister
dans les années 1915-1916. Quelle que soit l’appellation qu’on lui
donne, tragédie, massacre, génocide, annihilation, disparition ou
extermination, c’est un fait.” Halil Berktay est bien placé pour
mesurer le chemin parcouru depuis l’interview donnée à L’Express, le
9 novembre 2000, où il brisait le tabou: “Aujourd’hui, avec ce
colloque, nous faisons entendre la voix de la Turquie intègre. La
question arménienne est une question turque: elle a pris son origine
dans ce qui est la Turquie contemporaine et c’est en Turquie qu’elle
est niée. C’est une blessure ouverte dans la conscience collective.”
Si les milieux nationalistes et conservateurs trouvent encore un
large écho dans l’opinion, c’est aussi à cause de ce que Baskin Oran,
professeur à la faculté de sciences politiques d’Ankara, nomme la
“paranoïa de Sèvres”, du nom du traité que les Alliés victorieux
tentent d’imposer après la Première Guerre mondiale et qui
démantelait l’empire en créant une Arménie et un Kurdistan
indépendants. Tout se passe, au fond, comme si un pan de l’opinion –
effrayé par certaines revendications maximalistes, dans la diaspora,
exigeant des réparations et une restitution des terres – doutait de
la capacité de maintenir l’Etat unitaire voulu par Atatürk, sous le
jeu des tensions identitaires internes – et d’abord du “problème
kurde”, désormais officiellement reconnu comme tel par le Premier
ministre.
A écouter, le week-end dernier, les universitaires turcs présents –
la crème de l’intelligentsia progressiste du pays – à l’université
privée Bilgi d’Istanbul, il était patent que le débat cherche son
autonomie propre. Etyen Mahcupyan, éditorialiste au quotidien Zaman,
un autre Arménien de Turquie, totalement désavoué par la diaspora, le
résumait: “Notre seul point commun, ici, c’est de considérer que les
thèses officielles turque et arménienne sont toutes deux des
escroqueries.” Pour le reste, bien des divergences séparent les
universitaires. La notion même de génocide, bien sûr. La majorité des
historiens l’écartent pour son caractère juridique, d’abord – trop
normatif pour ne pas entraver une recherche libre. Taner Akcam,
professeur à l’université du Minnesota, lui, en revendique la
validité conceptuelle pour les sciences sociales. Comment, par
ailleurs, établir la distinction entre la responsabilité imputée à un
groupuscule – l’Organisation spéciale, créée par le Comité Union et
progrès – qui avait pris le contrôle de l’Etat et celle, éventuelle,
de la société? “L’étude des archives prouve de manière répétée qu’il
y a bien eu une politique de destruction des Arméniens, même si une
vingtaine de gouverneurs ottomans s’y sont opposés, cinq d’entre eux
le payant de leur vie”, soutient Taner Akcam. Pour Fikret Adanir,
professeur à l’université de Bochum (Allemagne), “contrairement à ce
que beaucoup pensent, c’était plus qu’un pogrom. C’était un génocide,
même sans ordre de destruction. Y en avait-il d’ailleurs un pour les
juifs?” Et d’ajouter: “Mais je comprends que le gouvernement turc
refuse de le reconnaître par crainte de voir poser sa responsabilité
juridique et financière.” D’autres points de clivage se sont fait
jour. “Faut-il analyser les faits avec une froideur toute
scientifique ou à partir des perceptions de ce qui s’est passé?”
interroge Ahmet Insel, professeur à l’université de Galatasaray.
Quelle place réserver à l’étude des mentalités, dans la société
turque comme dans la diaspora arménienne? Le rôle de cette dernière
est aussi objet de débat: facilite-t-elle le dialogue entre
scientifiques ou tente-t-elle de le bloquer? “Certains chercheurs de
la diaspora exigent de nous, en préalable à toute discussion, un acte
de contrition, une reconnaissance du génocide, regrette Ayhan Aktar,
professeur à l’université de Marmara. Nous n’en sommes pas là.
L’heure est au travail de recherche.” Les archives turques sont
désormais ouvertes, même si, en pratique, seule une partie est
organisée et donc accessible. Celles des mouvements nationalistes
révolutionnaires arméniens du début du siècle sont aux Etats-Unis, à
Boston. “Il est faux de dire que les Turcs niaient la vérité. En
fait, ils l’ignoraient, résume le journaliste Hrant Dink. C’est notre
mission de la faire apparaître avec patience et prudence.”
(1) Le Dossier arménien, éditions Triangle. 1983.
Post-scriptum Une exposition de photos retrace, ces jours-ci, à
Istanbul, les violentes émeutes anti-grecques, suivies de pillages,
des 6 et 7 septembre 1955 au coeur de la ville, provoquées par la
rumeur (infondée) de l’incendie de la maison natale d’Atatürk, à
Salonique. Un autre tabou qui tombe.
Erevan salue la resolution de l’UE appelant Ankara a reconnaitre
Agence France Presse
29 septembre 2005 jeudi
Erevan salue la résolution de l’UE appelant Ankara à reconnaître le génocide
EREVAN 29 sept 2005
L’Arménie a salué jeudi la résolution adoptée la veille par laquelle
le Parlement européen appelle la Turquie, en négociations pour entrer
dans l’Union européenne, à reconnaître le génocide arménien sous
l’empire ottoman.
“C’est une décision positive et naturelle. Si la Turquie veut devenir
membre de l’Union européenne, alors elle doit se mettre au diapason
avec les pays-membres de cette organisation”, a commenté le ministre
arménien des Affaires étrangères, Vardan Oskanian.
“Et cela signifie que la Turquie doit avoir des frontières ouvertes
avec l’Arménie, admettre et correctement évaluer son passé et la
situation de 1915”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse au
côté de Heikki Talvitie, représentant spécial de l’Union européenne
pour le Caucase du sud.
L’économie arménienne est fortement pénalisée par la fermeture des
frontières imposée par la Turquie, mais aussi par l’Azerbaïdjan
voisin.
Le Parlement européen a adopté mercredi une résolution appelant la
Turquie à reconnaître le génocide arménien sous l’empire ottoman,
considérant “cet acte comme un préalable à l’adhésion à l’Union
européenne”. Cette résolution est non-contraignante pour l’ouverture
des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, le 3
octobre.
Les Arméniens affirment que jusqu’à 1,5 million des leurs ont péri
dans un “génocide” orchestré par l’empire ottoman (1915-1917), auquel
a succédé la République turque en 1923.
Ankara soutient que 300.000 Arméniens et au moins autant de Turcs ont
été tués au cours de troubles suscités par des soulèvements
d’Arméniens et leur ralliement aux armées russes en guerre contre
l’empire ottoman, et lors des déportations qui ont suivi.
La Turquie sur la touche?
L’Humanité, France
30 septembre 2005
La Turquie sur la touche?
Blocage contre le lancement du processus d’adhésion d’Ankara *
Congrès travailliste surréaliste * Toute l’Allemagne regarde Dresde
par Hassane Zerrouky
Adhésion. Les négociations entre la Turquie et l’UE, qui débutent le
3 octobre, sont compromises par l’Autriche, qui place sur un même
plan Ankara et Zagreb – la Croatie s’étant fait recaler par Bruxelles
pour avoir refusé de livrer un criminel de guerre à La Haye.
L’adhésion de la Turquie à l’UE ressemble à s’y méprendre à une
course d’obstacles. En décidant, hier, de bloquer l’adoption du
mandat de négociation pour les pourparlers d’adhésion avec la
Turquie, l’Autriche fait peser un doute sur l’ouverture des
négociations qui doivent débuter lundi 3 octobre. Vienne entend que
ce mandat formule explicitement une alternative à l’adhésion sous
forme d’un partenariat privilégié, alors qu’elle sait par avance
qu’une telle proposition est inacceptable par Ankara : Abdullah Gül,
le chef de la diplomatie turque, a déjà averti qu’au cas où tout
autre objectif figurerait dans le mandat, il ne ferait pas le
déplacement à Bruxelles.
En fait, le bras de fer autrichien s’inscrit dans un étrange chantage
aux relents ethnico-religieux les moins affriolants puisqu’il s’agit
de contraindre les autres membres de l’UE à mettre sur un même plan
l’ouverture des négociations
avec la Turquie (« musulmane ») et avec la Croatie (« chrétienne »).
« Si nous faisons confiance à la Turquie pour faire plus de progrès,
nous devrions aussi faire confiance à la Croatie […] et ne pas
laisser éternellement ce pays dans la salle d’attente », a estimé le
chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, par ailleurs toujours allié
au pouvoir avec le parti d’extrême droite de Jörg Haider – dans
l’indifférence désormais générale des autres capitales européennes.
Il se trouve que les négociations d’adhésions avec Zagreb ont été
reportées par l’UE en raison du refus des autorités croates de
coopérer dans la capture du général Ante Gotovina, inculpé de crimes
de guerre dans le conflit qui a ravagé l’ex-Yougoslavie au début des
années quatre-vingt-dix. Sur ce sujet, la procureure générale du
Tribunal pénal international pour la Yougoslavie (TPIY), Carla Del
Ponte, qui se trouve à Zagreb depuis jeudi, doit faire un rapport aux
Vingt-Cinq sur les mesures prises par la Croatie pour retrouver
l’ancien général Ante Gotovina.
Au blocage de dernière minute de l’Autriche s’ajoute la décision
prise par les ministres des Affaires étrangères européens, le 21
septembre, faisant de la reconnaissance de Chy- pre par la Turquie un
« élément nécessaire » à son entrée dans l’UE. Le 29 juillet, en
signant le protocole étendant l’accord d’union douanière aux nouveaux
États membre de l’UE, Ankara avait cru bon y ajouter en annexe une
déclaration stipulant que son geste ne signifiait pas une
reconnaissance de Chypre. Cette position avait soulevé la colère de
Nicosie, qui avait menacé d’user de son droit de veto à l’ouverture
des négociations d’adhésion. Pour l’heure, faute d’accord sur le
document-cadre fixant les principes directeurs des négociations
d’adhésion, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq sont
convenus de se
retrouver dimanche soir dans la capitale luxembourgeoise pour tenter
de trouver une solution. Auparavant, le Parlement européen a adopté
une résolution demandant à Ankara, comme préalable à l’accession, non
seulement la reconnaissance de Chypre mais aussi celle du « génocide
arménien », après avoir refusé de se prononcer sur l’extension du
protocole étendant l’accord d’union douanière aux nouveaux États
membres. Même si la position adoptée par le Parlement sur ces deux
points n’a aucune valeur contraignante, elle est indicative de l’état
d’esprit qui prévaut parmi les eurodéputés sur l’éventuelle adhésion
de la Turquie.
S’estimant dans son bon droit, la Turquie fait savoir que les
préalables à l’ouverture des négociations d’adhésion remettent en
question les décisions du Conseil européen de Bruxelles en décembre
2004, que le chancelier autrichien avait acceptées. Ce Conseil, qui
avait fixé la date du 3 octobre, n’avait pas posé la reconnaissance
de Chypre comme préalable à l’ouverture des pourparlers d’adhésion.
Ankara fait observer également que cette question ne figure pas dans
les critères d’adhésion fixés par le Conseil européen de Copenhague
de juin 1993.
Loin des instrumentalisations aux relents racistes, le seul critère
de fond dans ce débat autour de l’adhésion de la Turquie devrait
être, comme l’a fait observer hier Francis Wurtz au nom du groupe
GUE-GVN, celui des « conditions réunies pour engager, comme prévu,
les négociations avec ce pays le 3 octobre », à savoir «
l’application effective de standards démocratiques comme du respect
des droits civiques et des droits humains » en ce qui concerne les
Kurdes, la question arménienne et la reconnaissance de Chypre. Si
d’indéniables progrès ont été réalisés sur la question des droits de
l’homme, Ankara en a encore à faire sur le problème kurde, les
autorités turques cultivant toujours l’ambiguïté autour d’une «
solution militaire ».
Ce qui apparaît certain dans ce bras de fer euro-turc, c’est que
l’armée, ex-colonne vertébrale du pouvoir, et les nationalistes, qui
font montre de peu d’enthousiasme à l’idée d’une adhésion de la
Turquie à l’UE, seront les premiers à tirer leur épingle du jeu en
cas d’échec des pourparlers avec Bruxelles. En effet, la mise en
oeuvre de l’adhésion à l’UE ne pouvait que se traduire assez
rapidement par l’accélération d’un processus observé ces derniers
mois, qui tend à réduire le rôle de l’armée dans la vie publique.
On Mideast ‘Listening Tour,’ the Question Is Who’s Hearing
On Mideast ‘Listening Tour,’ the Question Is Who’s
Hearing
The New York Times
September 30, 2005
BY STEVEN R. WEISMAN
ISTANBUL, Sept. 29 – Even by Middle East standards, it has been a
tumultuous week. Violence is spreading in Iraq and Lebanon and between
Israel and the Palestinians; Egypt is prosecuting a popular opposition
leader for fraud; Turkey is in an uproar over efforts to block its
entry into the European Union.
The relentlessly upbeat American under secretary of state for public
diplomacy, Karen P. Hughes, President Bush’s longtime communications
aide, came into this vortex. She was trying to make news by defending
unpopular American policies and by projecting her message that the
United States stands for peace, democracy, faith and family values.
She also repeatedly asserted, no less than three times in an interview
on the Arabic satellite network Al Jazeera, that Mr. Bush was the
first American president to call for the establishment of an
independent Palestinian state. It was a bit of an exaggeration, since
President Bill Clinton endorsed such a state a couple of weeks before
he left office in 2001.
“I am here to listen and to learn and to work to strengthen the
relationship and close partnership between our two countries,”
Ms. Hughes declared in Turkey on Wednesday, in a typical opening
comment. Among schoolchildren she later exclaimed, “I look forward to
shaking each of your hands and having you give me a hug!”
Could this work to turn around anti-American hostility? As they wound
up their trip on Thursday, Ms. Hughes and her aides acknowledged that
five days of stops in Egypt, Saudi Arabia and Turkey would not do the
job. “But you have to start somewhere,” Ms. Hughes said.
There was some coverage in the regional press, but not a great deal,
combined with editorial skepticism, if not hostility, over her first
overseas trip in her new role. “The Arab world is tired of
U.S. hurricanes,” said an editorial in Asharq, a daily paper in Qatar.
“It hopes that Hurricane Hughes will be the last one.”
On the other hand, the picture of Ms. Hughes hugging a child in
Istanbul made a lot of papers and television shows, and there were
positive stories about how she listened respectfully to criticism of
the war in Iraq, provided rebuttals and reiterated American opposition
to violence by Kurdish separatists in eastern Turkey.
The papers in Saudi Arabia and Egypt did not put Ms. Hughes on the
front page, but most ran articles calling attention to her efforts to
reach out.
If regular diplomacy entails meetings in private to overcome
disagreements, “public diplomacy” involves efforts to mold popular
opinion abroad, defend American positions and rebut misinformation.
In Turkey, for example, American officials have not only had to defend
the Iraq war but also to counter erroneous press reports of large
numbers of rapes of Iraqi women by Americans. Earlier this year, many
papers reported that the tsunami in Asia last December was caused by
an American undersea nuclear explosion.
Ms. Hughes says she wants to establish a “rapid response” unit to
counter such stories and to train diplomats to deliver defenses and
rebuttals in the local vernacular.
A study two years ago by a panel led by Edward P. Djerejian, a
retired diplomat, indicated that anti-American sentiments around the
world had risen to alarming levels. Mr. Djerejian said recently that
80 percent of the hostility derived from American policies, especially
on Israel, Iraq, the treatment of Iraqi prisoners by Americans at Abu
Ghraib prison and the detention of people captured by the Americans at
Guantánamo Bay, Cuba.
“Karen understands that ‘it’s the policies, stupid,’ ” Mr. Djerejian
said in a recent interview. But the other 20 percent, he said, could
be addressed by a sophisticated media strategy that Ms. Hughes should
be able to provide. This trip, though, showed the problems she faces
as well as the opportunities.
Traveling with her was at times like being trapped in a cable
television infomercial, with an emphasis on values like family and
faith. Ms. Hughes said that she was a “working mom” and that President
Bush cared about mothers, fathers and children everywhere, especially
in a future Palestinian state.
She addressed several policies, but in concise sound bites rather than
sustained arguments. In American campaigns, such messages repeated
over and over can have an effect because a presidential candidate
dominates the news with every statement he makes, and if that fails to
work, money can be poured into saturation advertising.
By contrast, in the lively and percussive environment of this region,
Ms. Hughes came nowhere near the commanding heights of the media.
In Egypt, she supported democracy. But the papers focused that day on
the prosecution on charges of election fraud of Ayman Nour, the
leading opposition figure who got the most votes in the recent
presidential election. Local reporters criticized Ms. Hughes for not
meeting with enough genuine opposition figures.
In Turkey, news coverage was almost exclusively devoted to troubled
negotiations over the European Union and the issue of Kurdish
separatists.
Mr. Bush’s support for a Palestinian state also seemed to count for
little in an environment where attention is focused on Israeli attacks
on Palestinians. “I guess I’m a little surprised that he doesn’t get
more credit,” Ms. Hughes told reporters after hearing criticism in
Jidda, Saudi Arabia, of American support for Israel.
But Ms. Hughes made it plain that “public diplomacy” was not a
one-trip exercise and that she would continue to travel around the
world, hone her message and show that the United States was capable of
listening – and to urge State Department officials to think in those
terms as well.
She and her aides said they were satisfied with the publicity they
generated, noting that what was billed as a “listening tour” turned
out to be just that, leaving a positive impression countering the
image of an America unwilling to engage with those who disagree.
Ms. Hughes promised to take what she learned from hearing dissenting
views back to Washington. She was struck, she said, when a Turkish
official told her to try to imagine the situation of Iraq, a next-door
neighbor, sliding into possible civil war and engulfing Turkey from
the perspective of “the common Turk.”
“I will be sure to bring that message back to President Bush when I
get back to Washington,” she said.
Abeer Allam contributed reporting from Cairo for this article.
Bob Lutz says Kerkorian not a ‘rapacious raider’
Bob Lutz says Kerkorian not a ‘rapacious raider’
Detroit Free Press
Thursday, September 29, 2005
BY MICHAEL ELLIS, FREE PRESS BUSINESS WRITER
MILFORD — Billionaire Kirk Kerkorian is not the `rapacious raider’
that he is often portrayed to be, and the Las Vegas investor has taken
a 9.5 percent stake in the automaker because he believes the company
is ready for a turnaround, General Motors Corp. Vice Chairman Bob Lutz
said Thursday.
Kerkorian’s investment company, Tracinda Corp. said last week it may
seek one or more seats on GM’s board of directors, but Lutz disputed
any assertion that Kerkorian was making demands.
`We are seeing so far, it would be fair to say, none of the behavior
that the press ascribed to Kirk Kerkorian,’ Lutz told reporters after
a press conference at GM’s proving ground in Milford.
Tracinda, which said last week it may increase its stake in GM to not
more than 9.9 percent, has maintained that Kerkorian is interested in
GM for investment purposes. “Mr. Kerkorian has made a long-term
value-driven investment because he has confidence in the company, the
American auto industry and the U.S. economy as a whole,” a spokeswoman
for Kerkorian said earlier this month.
Lutz affirmed that position.
`He smells turnaround,’ Lutz said. `He has an infallible instinct for
getting in at the right time.’
Contact MICHAEL ELLIS at 313-222-8784 or
[email protected].
Ankara regrette l’appel du Parlement euro sur le “genocide” armenien
Agence France Presse
29 septembre 2005 jeudi 11:07 AM GMT
Ankara regrette l’appel du Parlement européen sur le “génocide” arménien
ANKARA
La Turquie a exprimé son regret jeudi au sujet d’une résolution
adoptée la veille au Parlement européen l’appelant à reconnaître le
“génocide” arménien sous l’empire ottoman, affirmant que cette
affaire devait être réglée par des historiens.
“Nous souhaitons rappeler qu’une discussion de la question au niveau
politique ne servira les intérêts de personnes”, indique un
communiqué du ministère des Affaires étrangères, critiquant la
résolution.
Le ministère souligne que la “Turquie a toujours soutenu que les
périodes controversées de l’histoire doivent être évaluées par des
historiens” et rappelle dans ce contexte qu’elle a mis ses archives
officielles à la disposition des chercheurs de tous les pays.
Le Parlement européen s’est prononcé mercredi dans une résolution
non-contraignante pour l’ouverture des négociations d’adhésion de la
Turquie à l’Union européenne, le 3 octobre, mais a demandé à Ankara
de reconnaître le génocide arménien, considérant “cet acte comme un
préalable à l’adhésion à l’Union européenne”.
Les Arméniens affirment que jusqu’à 1,5 million des leurs ont péri
dans un “génocide” orchestré par l’empire ottoman (1915-1917), auquel
a succédé la République turque en 1923.
Ankara soutient que 300.000 Arméniens et au moins autant de Turcs ont
été tués au cours de troubles suscités par des soulèvements
d’Arméniens et leur ralliement aux armées russes en guerre contre
l’empire ottoman, et lors des déportations qui ont suivi.
Writing The Right: Film festival is a chance for understanding
Glendale News Press
October 01, 2005
WRITING THE RIGHT
Film festival is a chance for understanding
ANI AMIRKHANIAN
The Arpa International Film Festival will be arriving in Los Angeles this
week. For those who are unfamiliar with this event, Arpa Film Festival is
intended to promote cultural understanding and global empathy by presenting
a dynamic compilation of international films that explore the issues of
diaspora, exile and multiculturalism.
This film festival, in addition, provides filmmakers the opportunity to
share their understanding of the social and political climate of the world
through their artistic vision.
advertisement
It is fortunate that the community, with residents from near and far, have
the chance to celebrate art, culture and social consciousness.
Among the diverse entries is a 90-minute documentary called “Armenians of
Lebanon.” The title is misleading, because the documentary not only
discusses the history of the diasporan Armenians of Lebanon, it also expands
to include the diasporans of other countries in Western Asia, including
Syria, Jordan, Turkey, Iran and even Armenia.
This documentary is a comprehensive history lesson with black and white
footage of the Armenian Genocide. It is narrated in Arabic, some Armenian
and French with English subtitles.
The various interviews conducted by the filmmakers indicate clearly that
Armenians throughout Western Asia are attempting to understand their
identity. It’s as though many are conflicted when it comes to identifying
with their Armenian heritage and the cultures they have assimilated into as
diasporans.
After watching this documentary, I pondered: How does one define themselves
as Armenian? What makes someone an Armenian? What does it mean to be
Armenian?
Is it the language one speaks? Do people identify themselves as Armenians
because of the stories they were told about their Armenian ancestors? Is one
considered an Armenian if they socialize with what is known as the Armenian
culture or integrate themselves into the community?
There are many more questions that can be asked when it comes to finding
one’s cultural identity.
The documentary attempts to explore the identity of the Armenians. During
interviews, Armenians in Syria, for example are asked what they know about
their Armenian heritage.
One Syrian-Armenian woman, who speaks Arabic and no Armenian, holds in her
hand a picture of her grandmother who died during the genocide. The woman,
who is also dressed in traditional Syrian garb, says she knows her
grandmother’s name and where she lived before she was killed.
Her husband also reveals his Armenian heritage by telling the history of his
ancestors. When asked what their names are they respond with both their
Armenian and Arabic surnames.
The subjects of the documentary are a small minority who identify themselves
both with the Arab and Armenian cultures, although their traditions, customs
and habits reflect more the Arabic culture and way of life.
So can people call themselves Armenian even if the only indication of an
Armenian identity is a picture of a relative?
Another issue is that of language. The people who were interviewed spoke no
Armenian dialect.
Does lacking the language skills make people less inclined to identify with
a culture?
For diaspora Armenians, cultural identity is not clearly defined. Culture
according on the documentary, is learned and established through
socialization and really defined by historical events, facts and social
conditions.
Is there more to calling oneself an Armenian than just through history or
learned characteristics, behaviors or traditions? Does Armenian society
dictate and define Armenian cultural identity?
I was left to wonder.
ANI AMIRKHANIAN is a news assistant. She may be reached at (818) 637-3230 or
by e-mail at ani.amirkhanianlatimes.com.
Couple’s home raided in fraud case
Couple’s home raided in fraud case
By Tania Chatila, News-Press and Leader
*Suspects record customers’ credit card info to make illegal
purchases, police say.
Glendale News Press
Sept. 23, 2005
NORTHWEST GLENDALE — A Glendale couple was arrested Thursday morning
on fraud charges after police raided their Myrtle Street home and
Glenoaks Boulevard business, recovering thousands of dollars worth
of stolen merchandise and hundreds of credit cards, police said.
Karen and Tatevik Mkrtchian, both 35, were arrested on suspicion of
identity theft, possession of altered credit cards and burglary at
about 7 a.m. Thursday morning, after police served search warrants for
the couple’s home and business, Glendale Police Sgt. Brian Cohen said.
“We were pulling stuff out of vases, anywhere you could possibly
imagine,” Cohen said.
Investigators believe the couple was using stolen credit card
information to purchase items for resale at their business, Cavalier
Liquor Store, at 1307 Glenoaks Blvd., Cohen said.
“But I would guess their lifestyle was also geared at living off the
income from using those credit cards,” he said.
The couple may have had a device in their credit card machine that
would catch information as customers swiped their cards, and may have
had a camera located in a such a way as to film customers entering
their pin numbers, Cohen said.
Employees at neighboring businesses said they never noticed anything
unusual at the liquor store, and were surprised to see it closed
Thursday morning.
“I was wondering about why they didn’t open today,” said Gordon
Arakelian, co-owner of Ninos Pizza, next door.
Arakelian said most of the store’s customers would come from the DMV,
across the street.
“They are going to be worried,” he said. “It was, for me, a
surprise. They were good people, good neighbors. I never had any
problems.”
Along with clothing, high-end crystal figurines, drugs and guns, police
confiscated three cars from the couple’s residence — two Mercedeses
and a Dodge Magnum — that are not registered to the Mkrtchian’s,
Cohen said.
“Now, all of this stuff needs to be investigated and proved,” Glendale
Sgt. Tom Lorenz said.
Investigators have not yet sorted out which items were purchased
illegitimately, but have confirmed that much of the liquor store’s
merchandise was bought with fraudulent credit cards, Cohen said.
“Some things we’ll be able to prove, and some things we won’t, but we
went in there looking for certain items and we found that and more,”
Cohen said.
The couple is being held at Glendale City Jail, pending an arraignment
at Glendale Court next week, Cohen said. A date has not been set.
Karen Mkrtchian is being held at $200,000 bond and Tatevik Mkrtchian
is being held at $50,000 bond.
If the two post their bails, they will have to prove the money is
not from any type of criminal activity, Cohen said.
Investigators, who have been following the case for months, are
looking into other family members’ possible involvement, Cohen said.
Police have not determined how much money in merchandise the couple
may have funneled through fraudulent activity.
Anyone with any additional information should contact Glendale Police
Det. Tigran Topadzikyan at (818) 548-3101.
* TANIA CHATILA covers public safety and courts. She may be reached at
(818) 637-3232 or by e-mail at [email protected].