Arsène Tchakarian, le survivant témoin

L’Humanité, France
5 août 2018


Dimanche, 5 Août, 2018
Adrien Rouchaleou

Il était le dernier survivant du “groupe Manouchian” qui avait résisté à l’occupant nazi. Le résistant Arsène Tchakarian est décédé à l’âge de 101 ans, samedi 4 août, à Vitry. Après la Libération, il a passé sa vie à chercher et écrire sur la période la plus forte de son existence. Nous vous proposons de relire son portrait, publié dans l’Humanité en 2014.

C’est un modeste pavillon de banlieue, dans une rue calme de Vitry-sur-Seine. En y arrivant, on se demande si les personnes qui vivent dans les maisons attenantes savent qu’ils ont pour voisin un véritable héros. Un homme qui est le dernier en vie d’un groupe célébré par Aragon, chanté par Ferré. Une petite grille s’ouvre sur le jardin. Quand on sonne, on est gêné d’imaginer la pénibilité pour un homme de quatre-vingt-dix-sept ans de parvenir jusqu’au portail pour nous ouvrir. Mais quand apparaît Arsène Tchakarian, c’est un homme parfaitement alerte que nous découvrons. Pas tout jeune, non, mais sans difficulté il nous fait passer à l’arrière de la maison par un petit jardin parfaitement entretenu. « C’est très agréable l’été », nous confie-t-il. À l’arrière de la maison, dans une extension remplie par les plantes vertes, Arsène Tchakarian nous reçoit dans son bureau qui tient tout autant du musée de la Résistance : affiches et documents exposés sur des étagères aux côtés de classeurs remplis d’archives. C’est toute la vie du résistant qui se trouve dans cette pièce, comme nous le comprendrons vite.
 
« Je suis entièrement dans cette histoire de l Affiche rouge », attaque d’entrée Arsène Tchakarian, avant même que l?on ait eu le temps de lui poser une seule question. On comprend d’ailleurs très vite que nous n’aurons pas beaucoup l’occasion de l’interroger : l’homme a passé sa vie d’après-guerre à écrire ce qu’il a vécu et chercher ce qu’il ignorait encore, ce qui lui donne encore aujourd’hui une vision claire et construite de l’histoire qui, quand il la raconte, ne souffre pas beaucoup les sorties de routes. Il déroule les faits comme ils se sont produits, n’hésitant que deux ou trois fois quand un nom lui échappe. « Je commence à perdre mes mots », s’excuse-t-il. On aurait envie de lui répondre qu’à son âge, on craignait bien pire.
 
« Manouchian, je l’ai rencontré par l’aide à l’Arménie, se souvient Arsène Tchakarian. Il collectait du lait Nestlé, de la farine et du sucre pour envoyer aux enfants arméniens qui subissaient la famine en 1933 ou 1934. » L’Arménie était alors soviétique. « C’est Manouchian qui m’a amené avenue Mathurin-Moreau. » Dans cette rue débouchant sur la place du Colonel-Fabien, à l?endroit ou se dresse aujourd’hui le siège du PCF, se tenaient à l?époque des baraques en bois. Celles des MOI, la «?main-d?œuvre immigrée » : des organisations communistes par nationalité (arménienne, juive polonaise, juive roumaine, italienne ) qui permettaient à des étrangers, qui auraient été immédiatement expulsés s’ils étaient pris avec une carte du PCF, de militer.
 
Quand éclate la guerre en 1939, Tchakarian, tout comme Manouchian, est mobilisé. Après la défaite française, revenant à Paris, Arsène a un choc :  « Je trouve une ville vide. On n’y voit que des chars et des camions allemands sur les Champs-Élysées. Les gens tremblent, les rideaux sont fermés, tout le monde est parti. » Les deux amis, qui ne digèrent pas la capitulation, commencent à agir : « À cette époque, notre résistance, c’était de diffuser des tracts et parler un peu de politique. Mais voilà qu’un jour de 1942 Manouchian vient à l’atelier de tailleur dans lequel je travaillais et me dit : Il y en a marre des tracts. Maintenant il faut combattre avec les armes. » « Missak, répond Tchakarian, comment faire ? Nous n’avons pas d’armes.»
 
Au mois de mars 1943, Manouchian revient à l’atelier et amène Tchakarian sur le pont Henri-IV. Sur le quatrième balconnet du pont attend un jeune homme de dix-neuf ans qui se fait appeler Michel. « Je ne le savais pas encore mais c’était Marcel Rayman », raconte Arsène. Rayman demande son nom à Arsène qui lui répond « Charles ». « Je savais que nous n’avions pas le droit de donner notre vraie identité ni de connaître celle des autres », explique-t-il. Ce n’est qu’après la disparition du groupe Manouchian d?ailleurs qu?il connaîtra les vraies identités de ses camarades.
 
Ensemble, les trois s’en vont pour leur premier coup d’éclat à Levallois-Perret. « Michel (Marcel Rayman, donc), nous montre un petit hôtel, ordinaire, duquel sortent une vingtaine de feldgendarmes. Nous nous étions dispersés sur la place. On faisait semblant d’admirer les beaux soldats allemands. Nous étions en fait en repérage pour notre première action. »
 
Tchakarian raconte : « La veille de l’action, Marcel Rayman me dit :  Toi Charles, tu seras à environ quinze mètres. Au moment où ils partiront, tu jetteras la grenade bien au milieu. Je réfléchis un peu. Sur le front, on tue des Allemands, mais comme artilleur, je ne vois que l’obus partir. Là ils seront bien face à moi. Marcel explique que Georges (le pseudo de Missak, NDLR) aura un pistolet, qu’il serait à environ vingt mètres de moi. »
 
« Le mercredi 17 mars, nous arrivons sur place. Alors que je suis en train de me préparer à environ trente mètres de l’hôtel, Manouchian court vers moi. Il me dit : “File la grenade”. Je lui demande pourquoi. Il me dit que l’on n’a qu’un pistolet au lieu de deux, que ce sera Marcel qui l’aura. Il voulait absolument jeter la grenade lui-même. Ils commencent à marcher. Je vois Manouchian se mettre à courir. Avec son imperméable qui vole derrière lui, on dirait un oiseau. Il jette la grenade pile au milieu. Cinq ou six secondes après c’est l’explosion. Je vois un adjudant qui commence à se lever. Il avait un pistolet assez long. Il repère Manouchian qui s’enfuit. Il commence à le poursuivre. Il fait à peine dix pas que Marcel Rayman, coincé dans un coin de rue, l’abat.»
 
En face du vieil homme, on est pris d’un léger vertige : lui, calmement, raconte ce que l’on voit parfois sur les écrans ou que l?on lit dans les livres. Mais ces mains posées devant lui sur la table ont lancé les grenades dont il parle. Ces jambes, sur lesquelles il se redresse pour fouiller dans ses cartons à la recherche d’un document pour appuyer ses propos ont couru pour fuir les nazis. Et ces yeux ? Il est clair qu’au moment ou Arsène Tchakarian nous parle, du fond de sa mémoire, il visualise nettement la scène.
 
« D’où venaient nos armes ? Le Parti communiste ne pouvait pas nous en donner, il n’en avait pas. C’est donc qu’il existait autre chose. Il y avait une organisation quelque part qui nous avait trouvé des armes et était en train de nous organiser. On ne savait pas du tout de quoi il s’agissait.»
 
Les armes parachutées venaient en fait de Londres. Jean Moulin, qui avait uni la Résistance, avait su convaincre de Gaulle qu’il n’était pas risqué d’armer des communistes.
 
Des actions de résistance, des « attentats », il y en aura bien d’autres. Comme le premier attentat d?envergure confié à Arsène : l’attaque à la grenade d’un autocar rempli d’officiers allemands.
 
Quand le groupe sera arrêté, Arsène Tchakarian s’en sortira grâce à un ancien camarade de régiment avec qui il avait combattu au début de la guerre. Policier et hostile à l’Occupation, ce dernier l’a fait cacher dans un appartement de la préfecture de Paris, proche de Notre-Dame, avant d’organiser son départ pour le sud-ouest. Devenu officier, il continuera à agir dans la Résistance jusqu’à la Libération.
 
Mais après 1945, il ne tourne pas la page. Dès lors sa vie sera consacrée à écrire l’histoire qu’il vient de traverser. Nommé historien au Comité national du souvenir des fusillés du Mont-Valérien, il profitera de ce statut lui ouvrant de nombreuses portes pour aller chercher partout des éléments. En Allemagne, il suivra la piste de l’aumônier des prisons pendant l’Occupation Franz Stock, alias l’Archange des prisons. Un prêtre humaniste dont il cherchera le journal.
 
Arsène Tchakarian ne craindra jamais la polémique, comme avec l’avocat Serge Klarsfeld qu’il accusera de minorer le nombre des fusillés du Mont-Valérien. Ou encore dans son dernier ouvrage, quand il livre sa version de la chute du groupe Manouchian, accusant l?un de ses membres de trahison.
 
Quand nous quittons Arsène Tchakarian, quatre heures plus tard, l’heure du déjeuner est passée depuis longtemps, sans même qu’il s’en rende compte. Nous lui demandons s’il reste encore des choses à découvrir sur la période de la Résistance et sur le groupe Manouchian. Il nous désigne un carton d’archives : « Tous les éléments du prochain livre sont là.»
Adrien Rouchaleou .

Le dernier résistant du "groupe Manouchian" est mort

Paris Match
5 Août 2018
 
 
Le dernier résistant du “groupe Manouchian” est mort
 
Paris Match | Publié le 05/08/2018 à 21h31
La Rédaction, avec AFP
 
Arsène TchakarianAFP
 
 
Dernier survivant du célèbre “groupe Manouchian” qui avait résisté à l’occupant nazi, Arsène Tchakarian est décédé samedi à l’âge de 101 ans.
 
Arsène Tchakarian, dernier survivant du célèbre “groupe Manouchian” qui avait résisté à l’occupant nazi, est décédé samedi à l’âge de 101 ans, a-t-on appris dimanche auprès de sa famille. Né en Turquie en 1916 en plein génocide arménien, arrivé à Paris en 1930, il s’était illustré pendant la guerre au sein de ce groupe de résistants que les Allemands avaient ciblés dans la fameuse “Affiche rouge”.
 
Installé après-guerre dans un pavillon de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) qu’il avait transformé en centre d’archives, ce vieil homme alerte continuait jusqu’à peu à écumer lycées et collèges pour offrir son témoignage sur l’Occupation et militer pour la reconnaissance du génocide arménien. “Il n’a eu de cesse d’agir pour la reconnaissance du génocide et les droits du peuple arménien. Modeste et humble, c’est pourtant un grand homme qui nous quitte aujourd’hui que le Parti communiste est fier d’avoir compté dans ses rangs”, a réagi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.
 
Lire aussi :Germaine Tillion, une femme dans la Résistance
 
Avec son décès s’éteint le dernier survivant du groupe fondé pendant l’Occupation par son ami Missak Manouchian, un journaliste dont il partageait les origines arméniennes et l’engagement communiste.
 
Officier de la Légion d’honneur en 2012
 
Composé d’immigrés (Italiens, Arméniens, juifs polonais…), ce réseau a multiplié les actions coups de poing: attaque contre des gendarmes en mars 1943, sabotage de lignes de haute tension… “La France c’était le pays des libertés, mais on se battait aussi par anti-fascisme”, racontait M. Tchakarian à l’AFP en 2011.
 
Le “groupe Manouchian”, que les Allemands tenteront de discréditer en le présentant comme une “armée du crime”, sera décimé par un coup de filet en février 1944 à l’issue duquel 23 de ses membres sont jugés et tués. Caché à Paris grâce à un policier, M. Tchakarian sera exfiltré vers Bordeaux où il continuera à servir la Résistance jusqu’à la Libération.
 
Bardé de décorations après la guerre, il devra toutefois patienter jusqu’en 1958 pour être naturalisé français et il reprendra son activité de tailleur. Promu à titre exceptionnel officier de la Légion d’honneur en 2012, M. Tchakarian était père de six enfants. Il est décédé samedi à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif.
 

75 ans après l’Affiche rouge, la mort de son dernier survivant Arsène Tchakarian vient rapppeler l’épopée des FTP-MOI

TV5MONDE, France
5 Août 2018

L’exécution de combattants du groupe Manouchian, le 21 février 1944, au Mont-Valérien. Prise par un soldat allemand, la photo a été authentifiée grâce aux recherches de Serge Klarsfeld.

dans

  • Accueil
  • Info
  • Histoire

[article initialement publié le 21 février 2014, à l’occasion des 70 ans de l’exécution du groupe Manoukian]

“Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. On va être fusillés » (…) Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant au soleil et à la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis.(…) Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain(…) Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand”.

Adressés à sa femme Mélinée, ces mots sont écrits par Missak Manouchian au matin du 21 février 1944 à la prison de Fresnes, à quelques mois d’une victoire qu’il ne verra pas. Il est exécuté dans l’après-midi au Mont-Valérien avec vingt-et-un camarades dont plusieurs refuseront, comme lui, qu’on leur bande les yeux. Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, sera, elle, décapitée à la prison de Stuttgart. La loi allemande ne permet pas de fusiller les femmes.
Ceux qui tombent en ce jour sont communistes, mais aussi juifs, polonais, hongrois, italiens, arméniens ou espagnols, terroristes selon l’acception nazie, « armée du crime » pour la propagande vichyssoise qui croit pouvoir les utiliser en repoussoirs. Sans nul doute saboteurs et parfois tueurs, combattants de l’armée des ombres.

Beaucoup s’en vont, – plusieurs ultimes lettres l’attestent -, en disant leur attachement à la France, qui les reconnaîtra pour siens. Victoires posthumes : avant de devenir légende, leur fin clôt sous les balles nazies une épopée qui, si elle n’a pas changé le cours de la guerre, a contribué au sens de la Résistance et interpelle aujourd’hui encore la nation française. C’est aussi l’histoire d’une vaste opération policière réussie devenue un échec de propagande.

La genèse de ce que la police – avant l’histoire – appellera le “groupe Manouchian” se confond avec celle de l’organisation FTP-MOI. La MOI (main d’œuvre immigrée) est née dans les années 1920. C’est un mouvement civil impulsé par un Parti communiste français soucieux d’étendre son influence parmi les millions de travailleurs arrivés dans l’Hexagone, fuyant leur pays d’origine pour des raisons économiques ou politiques.

 

Missak Manouchian

Les FTP (Francs tireurs partisans), eux, sont l’organisation de résistance créée fin 1941 – à la rupture du pacte germano-soviétique – par le Parti communiste français. Née dans le même temps, sa branche FTP-MOI procède des deux. Elle est en contact direct avec Jacques Duclos qui représente de fait le Komintern (Internationale communiste).

Comme ceux de la MOI, ses effectifs sont formés principalement de réfugiés de multiples pays d’Europe. Beaucoup sont très jeunes ; d’autres ont déjà une expérience du combat, acquise pour certains dans les brigades internationales espagnoles. Leur motivation est d’autant plus grande que le sort fait aux étrangers par les lois de Vichy comme la traque allemande ne leur laisse nul espoir de paix et que les échos des camps d’extermination commencent à parvenir.

Persécutions et rafles contribueront à renforcer leur détermination dans une atmosphère de précarité (“Chez nous, on a trois mois de survie au mieux“, dit un responsable à ses recrues). Formés aux armes et à la lutte clandestine, ils se distinguent dans la Résistance par leur courage et leur efficacité malgré leur petit nombre (guère plus d’une soixantaine de combattants simultanément opérationnels à Paris) et une répression croissante. Sabotages, attentats individuels : 229 actions leur seront imputées au total en moins de deux ans.

A Paris, les FTP-MOI sont d’abord dirigées en 1942 par Boris Holban (34 ans), de son vrai nom Bruhman. Issu d’une famille juive qui a fui la Russie pour la Bessarabie, puis la France, Boris Holban s’était engagé en 1939 dans un régiment de volontaires étrangers. Fait prisonnier, il avait pu s’évader grâce au réseau d’une religieuse de Metz, soeur Hélène (François Mitterrand bénéficiera du même réseau).

Missak Manouchian ne rejoint lui-même le groupe combattant qu’en février 1943. Né en 1906 dans une famille qui sera victime du génocide arménien, il a émigré en France dans les années 1920. Ouvrier par nécessité, c’est aussi un intellectuel féru de littérature et un poète. Communiste, il avait été arrêté au début de la guerre, mais libéré faute de charge et vivait depuis dans la clandestinité, responsable notamment au Parti de la branche arménienne de la MOI.

 

Rapport d’activité des FTP-MOI (cliquez pour agrandir)

Dans l’été 1943, Boris Holban est « envoyé à d’autres missions ». Selon des témoignages, la direction nationale des FTP lui retire en fait la direction des FTP-MOI, car il refuse d’intensifier le rythme de ses actions, jugeant non sans raison le réseau au bord de la rupture. Michel Manouchian, en tout cas, le remplace à la tête du groupe.
Sous sa direction et malgré la pression policière croissante, les opérations militaires se multiplient. Fait d’arme particulièrement retentissant : l’exécution, le 28 septembre, de l’officier SS Julius Ritter, responsable du Service du travail en Allemagne obligatoire (STO) et ami d’Hitler. Les représailles sont meurtrières (cinquante otages fusillés le 5 octobre au Mont-Valérien).

Le coût humain du combat des FTP-MOI, dans l’ensemble, est élevé mais le but politique visé par la direction communiste est atteint : l'”insécurisation” de l’occupant harcelé par des attentats quasi quotidiens. Paris ne peut plus être un camp de repos pour guerriers et nazis méritants.

Redoublant de zèle, les services français de la Préfecture de Police, – qui y emploient près de 130 inspecteurs, renseignements généraux en tête – accentuent leur traque. Le 16 novembre 1943, une trahison arrachée sous la torture [voir ci-dessous] leur permet, après de longues filatures, d’arrêter Manouchian avec plusieurs de ses amis, à Évry Petit-Bourg, sur les berges de la Seine.

Sa compagne Mélinée parvient à s’échapper, mais une soixantaine d’autres arrestations sont opérées. Manouchian et vingt-deux de ses camarades sont livrés aux Allemands. Ceux-ci vont tenter, avec la collaboration vichyssoise, de pousser leur succès dans une opération de propagande qui se veut éclatante.

Presse vichyssoise (cliquez pour agrandir)

Figurant parmi les « procès » retentissants de l’occupation, celui du groupe désigné s’ouvre le 15 février 1944 dans un grand hôtel parisien devant une cour militaire allemande. En guise de public, une presse collaborationniste excitée qui voit en Manouchian, « ce garçon basané au regard fuyant », « l’homme aux 150 assassinats ». Ses “complices” sont présentés stupides ou monstrueux, animés de motifs crapuleux. 

La sentence sans surprise – la mort pour tous, en fait déjà décidée – est « prononcée » le 21 février et exécutée le jour même. Plus que le simulacre de justice ou le châtiment sinistrement banal – une quarantaine d’autres combattants des FTP-MOI seront fusillés plus discrètement dans les semaines suivantes – , c’est pourtant une affiche qui se trouve au cœur de la mise en scène.Imprimée, selon des estimations, à près de 15 000 exemplaires – et aussi reproduite dans des tracts – elle sera largement diffusée à Paris et dans plusieurs grandes villes.

 

L’affiche rouge

« Des libérateurs ? », interroge t-elle avec la présentation, sur les vingt-trois condamnés, de dix visages choisis notamment pour la consonance rugueuse du nom qui leur est associé. Réponse en forme de slogan : « la libération par l’armée du crime ! ». La teinte sanglante de l’affiche doit accroître l’effroi. Ses diagonales parodient le V de la victoire.

 

S’il est aventureux de mesurer a posteriori son impact auprès de la masse de la population française en un temps où xénophobie et racisme se portaient encore mieux qu’aujourd’hui, il est clair que la propagande n’atteint pas le but souhaité et s’avère même contre-productive. Là où ils devaient répugner, les visages des résistants inspirent souvent compassion et admiration.

Après la nouvelle de leur mise à mort, des inscription griffonnées, voire des fleurs , viennent un peu partout rendre hommage aux suppliciés : « morts pour la France », « des martyrs »… L’horreur née de l’affiche n’est pas celle qu’avaient prévue les nazis et leurs collaborateurs, ni d’avantage sa postérité. Si le martyr des vingt-trois combattants s’efface un peu dans le tumulte de la Libération et de l’immédiat après-guerre – où s’édifie la légende d’une résistance d’abord voulue tricolore -, il ne sera pas oublié.

La médaille de la Résistance leur est décernée en 1947. Aragon, surtout, leur consacre un poème en 1955 : « l’Affiche rouge », composé à partir de la lettre de Manouchian à sa « petite orpheline », sa femme Mélinée, au matin du dernier jour. Mis en musique et interprété par Léo Ferré, il sera repris par d’innombrables artistes, perpétuant durablement le souvenir des vingt-trois mais aussi des autres, plus anonymes encore, dont le destin continue de résonner.

 
« Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s´abattant »

 

 

Ma chère Méline, ma petite orpheline bien aimée. Dans quelques heures je ne serai plus de ce monde. On va être fusillé cet après midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, j’y ne crois pas, mais pourtant, je sais que je ne te verrai plus jamais.

Que puis-je t’écrire, tout est confus en moi et bien claire en même temps. Je m’étais engagé dans l’armée de la Liberation en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la victoire et de but. Bonheur ! à ceux qui vont nous survivre et goutter la douceur de la liberté et de la Paix de demain. J’en suis sûre que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoir dignement.

Au moment de mourir je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit. Chacun aura ce qu’il méritera comme chatiment et comme récompense. Le peuple Allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur ! à tous ! —

J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendu heureuse. j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre sans faute et avoir un enfant pour mon honneur et pour accomplir ma dernière volonté. Marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je lègue à toi et à ta sœur et pour mes neveux. Après la guerre tu pourra faire valoir ton droit de pension de guerre en temps que ma femme, car je meurs en soldat regulier de l’Armée française de la Liberation.

Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes ecris qui valent d’être lus. Tu apportera mes souvenirs si possibles, à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades toute à l’heure avec courage et serénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fais mal à personne et si je l’ai fais, je l’ai fais sans haine.

Aujourd’hui il y a du soleil. C’est en regardant au soleil et à la belle nature que jai tant aimé que je dirai Adieu ! à la vie et à vous tous ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal où qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous à trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendu. Je t’embrasse bien bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaisse de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami Ton camarade Ton mari Manouchian Michel (djanigt).

P.S. Jai quinze mille francs dans la valise de la Rue de Plaisance. Si tu peus les prendre rends mes dettes et donne le reste à Armène. M.M.

 

Qui a trahi Manouchian et son groupe de résistants ? En 1985, l’historien Stéphane Courtois et Mosco Boucault réalisent un documentaire, « Des terroristes à la retraite ». Ce long métrage, qui met en scène Simone Signoret en voix-off, accuse la direction de l’époque du Parti communiste français (PCF) d’avoir lâché sinon vendu le groupe Manouchian. Ancien résistant membre des FTP-MOI, longtemps membre du parti communiste avec lequel il rompt en 1957 mais aussi historien, Adam Rayski remet ces accusations à leur place dans un entretien à la revue « l’Histoire (1985). Extraits.
 
L’Histoire : Avant d’être fusillé, Manouchian, dans sa dernière lettre,  pardonne à tous, « sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau  et ceux qui nous ont vendus ». Qui est le traître ?

Adam Rayski : Dans l’esprit de Manouchian il s’agissait de Joseph Davidovitch, commissaire politique des FTP-MOI1 depuis juin 1943. Manouchian était son subordonné et ne l’a accepté qu’à contrecœur. En octobre, Davidovitch disparaît. Par une fuite de la préfecture, nous avons appris qu’un résistant dont le signalement correspondait à celui de Davidovitch avait craqué, était passé aux aveux. Il sillonnait Paris en voiture avec les policiers français pour piéger les camarades sur leurs lieux de rendez-vous. A la suite d’une évasion simulée, il devait infiltrer la MOI et remonter jusqu’à la direction clandestine du Parti. Après les coups de filet de mars 1943 –  140 camarades arrêtés –, la police s’était déjà  bien infiltrée. En janvier 1944, ce sont deux adjoints de Duclos qui tombent. Davidovitch a contribué à mieux cerner l’organigramme clandestin.  Sa trahison ne fait plus aucun doute.

L’Histoire : Et quels sont ceux qui ont vendu ?

Adam Rayski : Une certitude : Manouchian ne pouvait soupçonner les communistes. Pour Mélinée, sa veuve, il est mort communiste. « Vendre » est le mot de la terminologie résistante et de la presse clandestine pour désigner la Collaboration et Vichy, surtout après Montoire. A son procès, quand Manouchian déclare : « Vous avez vendu votre conscience et votre âme  à l’ennemi », il s’adresse avec mépris à un parterre de gestapistes français et de journalistes collaborateurs. (…)

L’Histoire : Que pensez-vous de la thèse de la « tricolorisation » du Parti ? Certains historiens prétendent que le PC, soucieux de redorer son blason cocardier, aurait sacrifié délibérément les combattants « Manouchian » aux noms trop juifs et à l’accent yiddish si peu national…

Adam Rayski :Le groupe Manouchian n’était pas comme ça. suspendu en l’air. Il était en interconnexion avec tous les rouages du Parti. On ne pouvait livrer sélectivement Manouchian sans mettre en danger toutes les organisations dans la mouvance du Parti. Dans l’hécatombe de mars 1943, il y avait beaucoup de Français de pure souche. Il n’y a qu’à lire le rapport de  police du 3 décembre 1943, établi après la chute de Manouchian : « 67 arrestations, 14 Français aryens, 4 Français juifs, 19 étrangers aryens, 30 étrangers juifs. ».

L’Histoire : y a-t-il une responsabilité du PCF dans la chute du groupe Manouchian ?

Adam Rayski : En mai 1943, devant le bilan des pertes des organisations juives, j’ai demandé le repli. le transfert de notre direction dans la zone Sud. Le Parti a refusé, qualifiant cette attitude de « capitu1arde ». Le PC voulait continuer à frapper dans la capitale, avec ce qui restait son unique bras séculier : les FTP-MOI. Stratégiquement, la direction, pour affirmer sa suprématie vis-à-vis de Londres et du Conseil national de la Résistance, désirait capitaliser les actions d’éclat de la MOI. La direction nationale juive est partie in extremis pour Lyon, mais les FTP ont continué à lutter sur place avec acharnement. Le Parti a sous-estimé l’impératif de la guérilla urbaine – savoir décrocher – et a tiré un rendement politique maximum des coups d’éclat de la MOI. A terme, c’était donc bien une grave erreur politique. La part de responsabilité du PC dans les arrestations de résistants – dont les 23 de l’Affiche rouge – est indiscutable. Mais ne parlons pas à propos du Parti de trahison ; ne parlons pas non plus d’abandon et encore moins de sacrifice prémédité.

(Propos recueillis par Alain Rubens.) Lire l’entretien complet

 

20.02.2014

Vous n’avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

 

De nombreux ouvrages et plusieurs films ont été consacrés au Groupe Manouchian et aux FTP-MOI. Parmi ceux-ci, “Des terroristes à la retraite” (Mosco Boucault, 1985), “‘L’armée du crime” (fiction de Robert Guédiguian, 2009) et tout récemment “Les FTP-MOI dans la résistance” (documentaire de Mourad Laffite et Laurence Karsznia, Images contemporaines, 2013 ).
Parmi les publications récentes, noter ce site très complet et régulièrement alimenté. Le quotidien “l’humanité” consacre également cette année un “hors série” dédié à “l’affiche rouge”. Voir aussi ce document de la mairie d’Ivry sur Seine – où reposent les fusillés – et , très complet, d’Adam

Armenian FM, Russian deputy defense minister discuss deepening military cooperation

ArmenPress, Armenia
Aug 3 2018
Armenian FM, Russian deputy defense minister discuss deepening military cooperation


YEREVAN, AUGUST 3, ARMENPRESS. Foreign minister of Armenia Zohrab Mnatsakanyan on August 2 received deputy defense minister of Russia, Colonel-General Alexander Fomin, the foreign ministry told Armenpress.

During the meeting FM Mnatsakanyan said Armenia highly appreciates the military and military-technical cooperation between the two countries both in bilateral and multilateral formats. In this context he highlighted that Armenia attaches great importance to the further strengthening of the Collective Security Treaty Organization (CSTO) and is committed to continue its active engagement for that purpose.

The two officials discussed the prospects on deepening the cooperation in the military field during the meeting. They highlighted the experience of effective military, military-technical cooperation between Armenia and Russia. The Armenian FM said the 102nd Russian military base in Gyumri is one of the positive and important examples of the cooperation in the military field.

At the meeting the Armenian FM and the Russian deputy defense minister also discussed regional and international security affairs. They specifically touched upon the situation in the Middle East and Syria, the challenges facing the region’s ethnic and religious minorities caused by the actions of the terrorist groups. Minister Mnatsakanyan said Armenia is very sensitive towards the ongoing developments in the region as they directly touch upon the security of our compatriots in Syria, the preservation of the Armenian rich historical-cultural heritage. The sides also highlighted the importance of joint actions of the international community in fight against terrorism.

Edited and translated by Aneta Harutyunyan

Glendale City Council approves Armenian-American Museum design plans

ArmenPress, Armenia
Aug 3 2018
Glendale City Council approves Armenian-American Museum design plans


YEREVAN, AUGUST 3, ARMENPRESS. The Glendale City Council unanimously approved the Armenian-American Museum’s Stage II Design plans and environmental compliance, Asbarez reports.

The $1-per-year Ground Lease Agreement with the City of Glendale will locate the Armenian-American Museum in Glendale Central Park. The initial term of the Ground Lease Agreement will be 55 years with options to extend the lease term for 40 years with a ground lease rate of $1 per year.

Museum Executive Chairman Berdj Karapetian expressed gratitude to the Glendale Mayor, the City Council members for helping to implement the project. “We will together embark on the next phase of this important journey with a vision for a cultural campus that will enrich the community, educate the public on the Armenian American story, and empower individuals to embrace cultural diversity and speak out against prejudice”, he said.

Edited and translated by Aneta Harutyunyan

Ambassador Navasardyan proposes Yerevan to become Trump-Rouhani possible meeting place

ArmenPress, Armenia
Aug 3 2018
Ambassador Navasardyan proposes Yerevan to become Trump-Rouhani possible meeting place


YEREVAN, AUGUST 3, ARMENPRESS. Ambassador Extraordinary and Plenipotentiary Arman Navasardyan suggests that Armenia applies to official Tehran and Washington with the proposal to hold Trump-Rouhani possible meeting in Yerevan, reports Armenpress.

“As you know, talks are underway to organize the meeting of the US President Donald Trump and President of Iran Hassan Rouhani. Whether it will be held or not, is difficult to say, but it is more likely. It will be good if Armenia officially applies to Tehran and Washington to hold the possible meeting in Yerevan. It would be an interesting diplomatic step and will have good consequences”, he said.

The Ambassador said Yerevan hasn’t made such initiative yet, and this is a good chance to do that. “I don’t rule out that Baku as well would like to propose the same thing, but I think in that case Iran would prefer Armenia”, he said.

Edited and translated by Aneta Harutyunyan

Speaker of Parliament of Armenia addresses message on 4th anniversary of Yazidi genocide

ArmenPress, Armenia
Aug 3 2018
Speaker of Parliament of Armenia addresses message on 4th anniversary of Yazidi genocide


YEREVAN, AUGUST 3, ARMENPRESS. On August 3 the Yazidis across the world pay tribute to the memory of thousands of Yazidis brutally killed by the Islamic State terrorist groups in Iraq in 2014.

On this occasion, Speaker of the Parliament of Armenia Ara Babloyan addressed a message which runs as follows:

“Dear Yazidis, today we once again bow to commemorate the innocent victims of the 2014 genocide committed against the Yazidi people in the territories of Iraq under the control of terrorist groups. On the day of 4th anniversary of that terrible crime, the Armenian people and leadership not only extend support to the brotherly Yazidi people, but also reaffirm their commitment to fight for condemning and preventing genocides.

It’s terrible, but a century later after the Armenian Genocide, an entire nation shared the fate of the Western-Armenians and was subject to massacres and deportations in their historical homeland due to national and religious belonging, like in 1915 when the Yazidi settlements of Vaspurakan, Erzurum, Mush, Kars and other provinces were abandoned in the Ottoman Empire.

We had the same fate, together lost a homeland, defended a homeland in Sardarapart, Bash-Aparan in May 1918 and again created Armenia. It’s our common home where all conditions exist for the welfare, development and protection of national and cultural identity of the Yazidi people and other nations living in Armenia.

That’s why Armenia was first to react the 2014 tragedy of the Yazidi people and urged in different platforms to take steps to stop this crime against humanity.

The Parliament of the Republic of Armenia recognized it as a genocide on January 16, 2018 and expressed solidarity to the Yazidi people, urged to investigate the crimes through international procedures, hold the perpetrators of international crimes accountable.

On behalf of the Parliament of Armenia and personally myself I express support to the whole Yazidi people, share your grief and bow before the memory of thousands of innocent victims.

I hope despite all trials the Yazidi people will continue to live, develop and create”.

Edited and translated by Aneta Harutyunyan

International Army Games 2018: Armenian Armed Forces’ team capture 3rd place at Warrior of the Commonwealth competition

ArmenPress, Armenia
Aug 3 2018
International Army Games 2018: Armenian Armed Forces’ team capture 3rd place at Warrior of the Commonwealth competition


YEREVAN, AUGUST 3, ARMENPRESS. The Warrior of the Commonwealth international tournament, which was held in Armenia for the first time within the frameworks of the 4th International Army Games, has been completed, reports Armenpress.

The closing ceremony of the tournament was held in Dilijan’s Monte Melkonyan Military-Sports College on August 3.

Armenia’s defense minister Davit Tonoyan congratulated the participants and stated that the ministry did everything for the tournament to be interesting and remembered.

“It’s a great pleasure that holding this competition for the first time in Armenia not only expanded the program’s geography, but also Armenia became an acceptable place for holding similar events”, the minister said.

Russian deputy defense minister Alexander Fomin said the Warrior of the Commonwealth is one of the most important tournaments being held within the frames of the International Army Games.

“This is a unique performance of combat readiness since any country wants to demonstrate its high military skills in the competition and improve them”, he said.

Kazakhstan’s armed forces were declared the winner of the competition, the 2nd place was captured by the Belarus team and the 3rd place by the Armenian Armed Forces’ team.

Edited and translated by Aneta Harutyunyan