Entretien Avec Peter Balakian

ENTRETIEN AVEC PETER BALAKIAN

Publié le : 16-05-2012

Info Collectif VAN – – Le Collectif VAN vous
livre cet entretien avec Peter Balakian traduit par Georges Festa et
publié sur le site Armenian Trends – Mes Arménies le 3 mai 2012.

Armenian Trends – Mes Arménies

jeudi 3 mai 2012

© MĔtisPresses, 2011

Une lumière dans les ténèbres Entretien avec Peter Balakian

par Lianna Zakharian

Asbarez, 26.04.2012

[Note de l’Editeur : Dans le cadre de notre partenariat avec Yerevan
Magazine, nous présentons un entretien avec l’écrivain Peter
Balakian, publié dans le numéro de janvier-février 2012 de cette
revue. Cet entretien a aussi paru dans le numéro spécial d’Asbarez,
le 24 avril dernier, consacré au génocide arménien.]

Peter Balakian appartient sans conteste a ces écrivains de premier
plan, dont l’Å”uvre littéraire, qui comprend six recueils de poèmes,
de nombreux essais, des ouvrages documentaires et des Mémoires, a
influencé et transformé la compréhension littéraire, culturelle,
politique, sociale et psychologique des questions entourant la mémoire
et le traumatisme historique. Entre autres références récentes,
figure un article dans un livre intitulé Fifty Key Thinkers on the
Holocaust and Genocide (Routledge, 2010). L’auteur de cet article,
Paul Bartrop, chercheur sur la Shoah, note que l’Å”uvre de Balakian
a contribué a ouvrir le domaine, a lancer un discours ayant trait a
la mémoire, a l’histoire et au traumatisme. Aux yeux des critiques
et des spécialistes, ses travaux illustrent avec force l’importance
de l’imaginaire littéraire et de son pouvoir d’incarner les aspects
plus sombres de l’histoire.

Que dire de plus sur un auteur, qui compte des Mémoires a succès
(Black Dog of Fate), a traduit les Mémoires importants de son
grand-oncle Grigoris Balakian, survivant du génocide arménien
(Armenian Golgotha), a évoqué l’histoire de son peuple (The Burning
Tigris : The Armenian Genocide and America’s Response) et qui, parmi
les poètes éminents d’Amérique, a médité sur les expériences
et les émotions, sa vie durant ? En outre, connaissant son approche
linguistique professionnellement méticuleuse, l’on pouvait s’attendre,
et il l’a confirmé, a ce qu’il fÔt des plus prudent en matière
d’entretiens, car, déclare-t-il : ” A mon avis, dans une conversation
verbale, nous ne sommes pas aussi précis et exacts qu’il le faudrait.

”

Les Balakian vivent a Hamilton, une ville universitaire rurale
au centre de l’Etat de New York, dans un paysage qui se compose de
pâturages onduleux et de petites fermes laitières. La ville la plus
proche est Syracuse, qui se trouve a quelque quatre-vingts kilomètres
au nord-ouest. Hamilton est une ville typique de Nouvelle-Angleterre,
avec sa vaste zone verte et un hôtel cossu a bardeaux blancs a sa
limite. Son architecture est une véritable fresque de l’histoire
américaine, allant des bâtiments en brique de l’ancienne époque
fédérale au renouveau du style grec classique, aux demeures altières
de style victorien et Queen Ann, sans compter toute une diversité
d’édifices modernes. Une ambiance traditionnelle, mais assortie d’un
campus universitaire très actif qui confère quelque sophistication
a cette ville.

L’université de Colgate est l’un des plus beaux campus du pays. Il
s’agit d’une université polyvalente d’élite, avec une population
étudiante triée sur le volet et des enseignants éminents. ” Un
endroit superbe pour moi en tant qu’écrivain et enseignant, durant ces
trente dernières années, ” explique Balakian. L’épouse de Peter,
Helen Kesabian, dirige le Service des relations avec le gouvernement,
les fondations et les associations a l’université. Ils occupent une
maison de trois étages, construite en pierre locale. Bâtie en 1828,
c’est une demeure historique, qui appartenait jadis aux Chemins de fer
Underground. Les locaux réservés aux esclaves fugitifs sont encore
intacts au troisième étage de la maison dans la partie séparée par
un mur qui se trouve derrière le bureau de Peter. ” Compter ce pan
d’histoire des droits de l’homme dans mon propre espace reste quelque
chose de fort. L’histoire n’est jamais passée, ” dit-il, tandis qu’il
prend place a son bureau, avec sa vaste bibliothèque en arrière-plan.

” Il y a la presque dix mille ouvrages. C’est trop. Il faudrait que
je me défasse de certains, ” dit-il en soupirant.

– Lianna Zakharian : L’enseignement occupe une grande part de votre
vie. Qu’enseignez-vous et comment parvenez-vous a écrire, tout en
enseignant ?

– Peter Balakian : Je donne toute une série de cours a Colgate. Je
dirige le programme de Création littéraire, un programme florissant
et dynamique au sein de notre département d’anglais. J’anime des
ateliers de création poétique et j’enseigne la littérature
américaine, essentiellement la poésie des 19ème et 20ème
siècles. Et j’enseigne chaque année un cours intitulé Génocide
moderne, au cŔur de notre programme universitaire ; ce cours est une
filière de licence pour étudiants diplômés. Il aborde le génocide
arménien et la Shoah – deux modèles de génocide moderne, mais les
étudiants peuvent travailler, ce qu’ils font, sur des génocides plus
tardifs au 20ème siècle. Pour moi, l’essentiel a toujours été de
continuer a écrire a travers tout cela.

Même lorsque j’enseigne, gagner mon bureau une heure ou deux maintient
chaque ouvrage auquel je travaille dans sa dynamique. Il faut toujours
jongler : écrire et enseigner. Naturellement, enseigner implique de
rencontrer régulièrement les étudiants, tout en faisant partie de
l’université et du département, a savoir tout un monde d’obligations
institutionnelles. L’essentiel reste d’avancer avec et dans son
travail, lorsque le semestre s’achève, pour ensuite passer a la
vitesse supérieure. Les gens s’imaginent que nous autres professeurs
prenons nos vacances l’été et les jours fériés. Impensable.

– Lianna Zakharian : Un écrivain et un poète a besoin d’expériences
très diverses. Avez-vous le temps de voyager ?

– Peter Balakian : Ma vie est devenue plus compliquée ces quinze
dernières années, depuis, en particulier, que Black Dog of Fate
et The Burning Tigris ont paru et été traduits dans plusieurs
langues. On m’a demandé de faire des interventions dans le
monde entier et de présenter des communications et des exposés
a des colloques. Ce qui est très bien et gratifiant, mais qui
ajoute une autre dimension a toutes ces choses avec quoi il faut
jongler. J’essaie de trouver un équilibre entre les voyages a
l’étranger, les congrès, les lectures, les tournées littéraires,
l’enseignement et l’écriture, et ma vie en famille et avec mes
amis. Le bon côté, c’est que calibrer conférences et études durant
les longs vols d’avion est très efficace ; pas de distractions, pas
d’interruptions. Ces dernières années, le fait d’aller en Grèce en
Australie, au Liban, en Syrie, en Argentine, a travers l’Europe, en
Arménie, aux Etats-Unis et au Canada a été stimulant et m’a beaucoup
appris sur la complexité globale de la culture arménienne, ainsi
que sur les autres cultures. Et puis c’est positif pour mon écriture.

– Lianna Zakharian : Vous venez juste de rentrer de France. Comment
les choses se sont-elles passées ?

– Peter Balakian : Je participais a un festival d’une semaine que
le Centre National du Livre organisait a l’attention des écrivains
arméniens. Une organisation superbe. Nous étions 20, venus du monde
entier. Des écrivains venus de république d’Arménie, certains de
France et d’autres pays d’Europe, d’Argentine ; Viken Berberian et
moi représentions les Etats-Unis. Nous avons réalisé plusieurs
conférences et débats a Marseille, Valence, Avignon, Lyon et Paris.

– Lianna Zakharian : Pourquoi le gouvernement francais a-t-il fait
cela ?

– Peter Balakian : Ils se sentent très proches de l’histoire et de la
culture arménienne, avec un sentiment de longs rapports historiques
entre les deux cultures. Et puis ils voulaient célébrer le 20ème
anniversaire de l’Arménie de cette manière. C’était un vrai
plaisir de voir un gouvernement épouser la parole des Arméniens,
aller a la rencontre de la littérature de culture arménienne. Sans
craindre aucunement la parole des intellectuels arméniens comme c’est
le cas ici aux Etats-Unis, où la question du génocide arménien
est une source d’angoisse pour notre gouvernement, du fait de la
Turquie. Les Francais, comme la plupart des pays du monde, sont
bien au-dela de cette – comment dire autrement ? – immaturité. Ce
serait fantastique si notre gouvernement apprenait quelque chose
des Francais a cet égard. Ce fut un voyage a part, et pour moi,
des plus important, ayant traduit avec Aris Sevag les Mémoires de
mon grand-oncle sur le génocide, Le Golgotha arménien, le fait de
me rendre dans l’une des six églises qu’il a bâties a Marseille,
lorsqu’il était évêque au sud de la France durant les années 1930,
et d’inaugurer le festival en parlant de lui et de son Å”uvre.

– Lianna Zakharian : Vous écrivez sur des événements des plus
tragiques. En outre, le travail d’un écrivain requiert en général de
longues heures passées a être assis. Comment équilibrez-vous votre
vie quotidienne ou, pour reprendre le titre d’un de vos articles, ”
Comment un poète écrit-il l’histoire sans devenir fou ? ”.

– Peter Balakian : Vous devez conservez un esprit serein, lorsque vous
écrivez sur des problèmes sombres et complexes. J’ai mes rituels et
travailler au dehors fait toujours partie de mon quotidien. Lorsque
j’étais enfant et adolescent, le football, le basket-ball et
la base-ball ont dominé mon existence. Maintenir mon corps en
mouvement, chaque jour, est un bon contrepoids a la vie sédentaire
d’un écrivain.

Vous évacuez une part de cette intériorité avec laquelle luttent
les écrivains et vous vous videz la tête. Je regarde beaucoup les
Yankees jouer et je profite de ma famille et de mes amis, chaque fois
que je peux me libérer. Helen et moi et nos amis de Colgate adorons
partir en voiture, une heure, au nord de Syracuse, dans un très bon
restaurant chinois, lors d’une soirée très fraîche, pour y déguster
des spécialités du Sichuan et échanger avec nos amis écrivains
de Syracuse. Je collectionne aussi des tapis anciens et des objets
d’art de l’après-Seconde Guerre mondiale. La musique est elle aussi
essentielle, que ce soit Telemann et Bach, Miles Davis ou Bob Dylan.

La beauté aide au bonheur de l’esprit.

– Lianna Zakharian : C’est un pas difficile a franchir pour un poète
que de se mettre a écrire sur une époque plus sombre de notre nation.

Comment l’écriture de Black Dog of Fate vous a-t-elle changé au
plan personnel ?

– Peter Balakian : Ecrire ces Mémoires m’a demandé sept ans environ,
car, en tant que poète, mon langage, mon style et mon orientation
littéraires n’entraient pas dans l’écriture narrative. J’ai donc
eu a apprendre comment écrire dans un genre nouveau, ce qui ne
se fait pas en une nuit. Je travaillais dans mon coin, essayant
de me représenter des manières d’écrire sur une famille, son
histoire, ainsi que sur mon évolution dans le temps et mon périple
personnel vers une histoire faite de ténèbres, qui n’était jamais
évoquée ouvertement dans ma famille. J’ai passé beaucoup de temps
a réfléchir sur la forme et le discours et ses rapports avec le
langage lyrique, qui est le lieu où je me situe en tant que poète.

– Lianna Zakharian : Comment avez-vous réagi au fait d’apparaître
plus souvent en public ?

– Peter Balakian : Ca m’intéressait d’être a la télévision et a la
radio, face a des publics plus larges. Au-dela de moi et de mon livre
et de ces sortes de choses, c’était gratifiant de pouvoir débattre
plus amplement de l’histoire du génocide arménien. C’était aussi
un défi, pas toujours agréable, d’avoir affaire a des nationalistes
turcs se présentant a mes manifestations pour nier l’histoire.

– Lianna Zakharian : Avez-vous rencontré beaucoup de résistances
de leur part ?

– Peter Balakian : A la fin des années 1990, alors que je faisais
la promotion de Black Dog of Fate, les nationalistes turcs venaient
manifester, pouvant être parfois perturbateurs en distribuant
des prospectus vantant la propagande de l’Etat turc. Jamais rien
de violent, mais perturbant. Le plus gênant, du point de vue
psychologique et éthique, était de ne pas entendre de voix issues
du monde turc qui soient sensées, réfléchies et empathiques. Et
puis cela a changé, heureusement, au début des années 2000 : est
apparu un groupe de chercheurs turcs, comme Taner Akcam, Fatma Muge
Göcek, Ragip Zarakolu, Elif Shafak et d’autres, qui luttent eux aussi
courageusement pour le même genre de vérités et de reconnaissances
de la part de leur pays, concernant le passé arménien et autres
tabous au sein de la Turquie. Il devint alors clair pour nombre d’entre
nous que la Turquie comptait des éléments et des forces de progrès,
et que les nationalistes n’avaient pas le monopole de la Turquie. Il y
a eu un net progrès vers un véritable débat intellectuel en Turquie,
mais cela reste un combat de titans ; rien qu’en novembre dernier,
le gouvernement turc a incarcéré des dizaines d’intellectuels et de
journalistes, dont mon éditeur turc, l’intrépide et pionnier Ragip
Zarakolu. C’est une tragédie et j’espère que le monde pourra aider
la Turquie a en prendre conscience.

– Lianna Zakharian : A votre avis, assiste-t-on a un changement global
des comportements en Turquie ?

– Peter Balakian : Je pense qu’il y a toujours eu des scientifiques,
des intellectuels et des militants des droits de l’homme vecteurs de
progrès en Turquie, mais ils n’ont pas beaucoup d’espace citoyen
a l’intérieur de leur pays ou suffisamment accès aux forums aux
Etats-Unis et en Europe. Ils sont éclipsés par les militants
ultra-nationalistes. Néanmoins, ces quinze dernières années,
ces éléments progressistes ont réussi a se faire entendre en
dehors de la Turquie ; ils sont arrivés a maturité et davantage
médiatisés. Les travaux historiques sur le génocide arménien,
dus a Taner Akcam, par exemple, ont été traduits en anglais et ont
eu un fort impact. Il a été possible pour quelqu’un comme Hrant
Dink d’émerger au sein de la Turquie et de lancer l’entreprise qu’il
inspira. Même abattu par l’Etat profond turc, son Å”uvre est vivante
et les portes qu’il a ouvertes le demeurent ; les gens continuent a
les franchir.

– Lianna Zakharian : Pourquoi Le Chien noir du destin est-il devenu
aussi populaire parmi des publics plus larges ?

– Peter Balakian : Je ne me suis jamais attendu a ce que le livre fÔt
bien accueilli, je veux dire par la qu’on écrit, en fait, un livre
simplement parce qu’on est hanté et aiguillonné par une histoire
que l’on veut raconter, qu’il nous faut raconter. L’urgence première
est de concevoir un langage, de raconter une histoire et de réaliser
ses matériaux en des termes les plus esthétiques possibles. Après,
c’est comme a la roulette, on ne sait jamais ce qui touchera les
autres et quel sera l’accueil. Lorsque Le Chien noir du destin s’est
acquis de suite une réaction positive, j’ai été a la fois empli de
joie et surpris. Un ouvrage en prose vous gagne davantage le public
que ne le fait la poésie – triste constat, car la poésie devrait
être au centre de tout.

– Lianna Zakharian : Comment pourriez-vous définir la scène
littéraire américaine ? Existe-t-il une communauté d’écrivains
aux Etats-Unis ?

– Peter Balakian : Les Etats-Unis sont une gigantesque société
multiculturelle comptant de nombreuses scènes littéraires très
vivantes. Il est presque impossible de tout prendre en compte,
si bien que les écrivains trouvent leurs propres sous-cultures et
communautés littéraires. Certains se définissent par une région,
comme les écrivains du Sud, qui possède un fort sentiment d’identité
régional, ou certains types d’écrivains qui se considèrent comme
écrivains de Nouvelle-Angleterre, ou écrivains des Grandes Plaines
ou de la Côte nord-ouest du Pacifique. Et ces sous-cultures et
communautés peuvent se définir au moyen de plusieurs dimensions,
lesquelles comprennent les valeurs esthétiques, les identités
culturelles, les notions de genre, etc. Personnellement, je possède
ma communauté d’écrivains et d’artistes dans mon espace proche,
a travers le pays et a l’étranger.

Je vais fréquemment a New York. Ma communauté d’écrivains, de
cinéastes et d’artistes visuels rend mon existence bien plus riche
et meilleure dans ce travail, très solitaire sinon. J’ai beaucoup
de chance de compter ces amis.

– Lianna Zakharian : Quels sont vos projets d’avenir et sur quoi
travaillez-vous actuellement ?

– Peter Balakian : Mon récent recueil de poèmes, Ziggurat, est paru
a l’automne 2010 aux Presses de l’Université de Chicago et a recu un
accueil positif. J’ai donné un entretien a la Radio Publique Nationale
(NPR) a ce sujet le 11 septembre 2010, car une partie du livre a trait
aux suites du 11 Septembre. Je travaille actuellement a un nouveau
recueil de poèmes et a une anthologie de mes essais rassemblés sur
plus de vingt ans. Certains portent sur Tcharents et Gorky, ainsi
que sur de hautes figures américaines, comme les poètes Theodore
Roethke et Hart Crane ; d’autres abordent des questions de poésie
et de poétique, de cinéma, peinture et musique.

– Lianna Zakharian : Certains de vos poèmes ressemblent a de la
poésie japonaise, a l’aide d’observations de la nature, faites de
subtiles merveilles minimalistes. Qu’est-ce qui vous inspire dans
votre activité poétique ?

– Peter Balakian : En fait, beaucoup de choses, naturellement. La
nature et le monde organique en font partie. L’impact de l’histoire
aussi, la peinture, le cinéma et les arts visuels influencent aussi
mon Ŕuvre. Mais ces dimensions sont souvent entrelacées et mêlées
dans tel ou tel poème. Dans le poème ” Flat Sky of Summer ”
[Platitude d’un ciel d’été], par exemple, un jeune garcon est
plongé dans un ouvrage sur l’art de la vaisselle ; cette immersion
débouche sur une explosion de l’imaginaire et, finalement, après
que ce garcon ait rencontré des maîtres européens, il découvre
une spatule arménienne et des fragments d’histoire. Le poème est
empreint de couleurs vives et d’une envolée de l’imagination. J’y
introduit Toros Roslin. Il s’achève avec Toros Roslin et Gorky. Il
aborde, entre autres, le pouvoir de la couleur et la transformation
d’objets d’art en perception. Dans Ziggurat, j’ai toute une série
de poèmes qui partent des sérigraphies d’Andy Warhol.

– Lianna Zakharian : Votre poésie comporte nombre de structures
sensuelles, tout comme vos Mémoires. Dans le chapitre ” Tahn a
Crabtree Lane ”, dans vos Mémoires Le Chien noir du destin, vous
insérez une description très sensuelle des repas dominicaux de
votre famille. Votre génération préserve-t-elle ces rituels ?

– Peter Balakian : Cuisine et cuisiner sont très importants pour moi.

Récemment, Saveur Magazine a demandé a un groupe d’écrivains
américains d’écrire sur des repas mémorables qu’ils ont vécus. J’ai
écrit mon texte sur une fête arménienne avec ma famille dans les
années 1970, où une famille originaire de Bolis (Constantinople)
et une autre de Tigranakert partagent leurs plats. J’y souligne
qu’une telle fête n’eÔt pas été possible sans le génocide et
la diaspora qui s’ensuivit, car ces cultures ne se seraient jamais
croisées dans l’ancienne Anatolie. D’où une explosion de midia,
ce plat de fruits de mer de Méditerranée orientale, et du plaki
au poisson, accommodé a la cuisine épicée, sèche, plus arabe,
d’Anatolie orientale, dont le mouhamara qui est arabe a la base, et
agrémenté d’agneau et de ragoÔt de légumes cuits lentement. Et,
bien sÔr, nous nous réunissions autour de la table, toute une
famille de plusieurs générations. Nous profitons toujours de nos
fêtes de famille.

– Lianna Zakharian : Ce fut une révélation de découvrir vos tantes
dans Le Chien noir du destin, des femmes qui étaient aussi éduquées
et connues dans le monde littéraire.

– Peter Balakian : Toutes deux sont mortes maintenant ; tante Nona
est décédée en 1991 et tante Anna est morte en 1997. Comme vous
savez, Nona fut rédactrice a la rubrique littéraire du New York
Times pendant plus de quarante ans et Anna spécialiste réputée de
littérature francaise et professeur a l’université de New York,
des dizaines d’années durant. J’ai beaucoup appris d’elles et
j’évoque certaines de ces rencontres et voyages dans Le Chien noir
du destin. Leurs exemples ont été très forts car c’étaient des
gens pour qui le monde de la littérature était autant une manière
d’être qu’une profession.

– Lianna Zakharian : Vos enfants suivent-ils votre exemple au plan
professionnel ?

– Peter Balakian : Ma fille Sophia, 27 ans, prépare son doctorat
en anthropologie culturelle a l’université de l’Illinois, en vue
de devenir africaniste. Elle est actuellement au Kenya où elle
étudie le swahili et affine son domaine de recherches. Mon fils
James, presque 23 ans, se trouve en ce moment a Washington, D.C. ;
il travaille pour le National Democratic Institute, une ONG, qui
s’occupe des élections démocratiques a travers le monde. Il vient
de quitter l’université et c’est son premier emploi. Je suis fier
de leur intérêt enthousiaste pour une politique de progrès, le
monde des idées et de leur engagement vers la justice sociale et
l’équité économique.

Actuellement, nous vivons dans une société qui est très injuste
pour nombre de ses citoyens honnêtes et travailleurs, et ils veulent
contribuer a l’avènement d’un changement.

L’intensité des événements tragiques que Peter Balakian décrit,
sa poésie sensuelle et sa subtile sensibilité transmettent un
sentiment certain de vulnérabilité, qui font que je me demande
si, pour paraphraser Shakespeare, ” a trop honorer les morts ”,
il ne ” dessert pas les vivants ”. Quoi qu’il en soit, son style
puissant, sa vie intellectuelle riche, créatrice et sociale, et son
optimisme démontrent le contraire. Mis a part son talent, telles
sont les raisons pour lesquelles les Ŕuvres de Balakian continuent
de fasciner et d’inspirer les lecteurs a travers le monde.

Å’uvres de Peter Balakian

Poète et essayiste, Peter Balakian est né le 13 juin 1951 a Teaneck,
dans le New Jersey. Titulaire d’une licence de l’université Bucknell
(Lewisburg, Pennsylvanie), d’un mastère de l’université de New York
et d’un doctorat de l’université Brown (Providence, Rhode Island). Il
enseigne a l’université de Colgate (Hamilton, New York) depuis 1980,
où il occupe actuellement la chaire Donald M. et Constance H. Rebar
en sciences humaines et où il dirige un séminaire de création
littéraire.

Il fut le premier directeur du Center for Ethics and World Societies
[Centre d’Etude sur l’Ethique et les Sociétés a travers le monde].

Il est l’auteur de six recueils de poèmes, dont Ziggurat, le plus
récent (U. of Chicago Press, 2010), et June-Tree : New and Selected
Poems 1974-2000 (Harper, 2001). Les autres sont Father Fisheye
(Sheep Meadow Press, 1979), Sad Days of Light (Sheep Meadow Press,
1983), Reply from Wilderness Island (Sheep Meadow Press, 1988),
Dyer’s Thistle (Carnegie-Mellon University Press, 1996), ainsi que
plusieurs éditions en tirage limité.

Son Ŕuvre est parue dans de nombreuses revues, telles que The Nation,
The New Republic, Antaeus, Agni, Partisan Review, Poetry, The Kenyon
Review, Slate, The Virginia Quarterly Review, et dans des anthologies
comme New Directions : An International Anthology of Prose and Poetry
(New York : New Directions Publishing), The Morrow Anthology of Younger
American Poets (Quill, 1985), Poetry’s 75th Anniversary Issue (Chicago
: Poetry Foundation, oct. 1987), The Wadsworth Anthology of Poetry
(Wadsworth Publishing, 2005) et Poetry On Record : 98 Poets Read
Their Work 1886-2006, 4 CD (Shout Factory, 2006). Quatre éditions
(illustrées) en tirage limité de poèmes de Balakian ont été
publiées par The Press of Appletree Alley (Lewisburg, Pennsylvanie).

Il est l’auteur de Mémoires, Black Dog of Fate [Le Chien noir du
destin], lauréat du prix PEN/Albrand et Sélection littéraire du
New York Times, et de The Burning Tigris : The Armenian Genocide and
America’s Response [Le Tigre en flammes : le génocide arménien et
la réponse de l’Amérique], prix 2005 RaphaÔl Lemkin, Sélection
littéraire et Meilleur livre a succès du New York Times. Il est
aussi l’auteur de Theodore Roethke’s Far Fields : The Evolution of
His Poetry (Louisiana State University Press, 1989).

Ses essais ont aussi paru dans Art In America, American Poetry Review,
The Chronicle of Higher Education, The American Quarterly, American
Book Review, et Poetry. Il est cofondateur et coéditeur avec le poète
Bruce Smith de la revue de poésie Graham House Review, publiée de
1976 a 1996, et co-traducteur de recueil de poèmes Bloody News from
My Friend de Siamanto (Detroit : Wayne State Press, 1996).

Distinctions de Peter Balakian : Boursier Guggenheim ; Boursier de
la Fondation Nationale pour les Arts [National Endowment for the
Arts] ; prix de poésie Emily Clark Balch, Virginia Quarterly Review
2007 ; médaille Moïse de Khorène, république d’Arménie, 2007 ;
prix RaphaÔl Lemkin 2005 (meilleur ouvrage en anglais consacré
au génocide et aux droits de l’homme) ; prix PEN/Martha Albrand,
catégorie Mémoires, 2005 ; prix du New Jersey Council for the
Humanities Book, 1998 ; prix Daniel Varoujan, New England Poetry
Club, 1986 ; prix littéraire Anahid, Columbia University Armenian
Center, 1990.

Ses ouvrages ont été traduits en arménien, en arabe, en bulgare,
en néerlandais, en francais, en grec, en allemand, en hébreu,
en russe et en turc.

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Source : Traduction :
© Georges Festa – 04.2012.

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Source/Lien : Armenian Trends – Mes Arménies

http://asbarez.com/102585/light-in-the-darkness/
www.collectifvan.org
www.collectifvan.org

ANKARA: French Envoy Discusses Ties With Turkey, Armenia

FRENCH ENVOY DISCUSSES TIES WITH TURKEY, ARMENIA

Anadolu Agency
May 14 2012
Turkey

BURSA (AA) -The senior French diplomat in Turkey said on Monday that
everybody wanted to see a freer Turkey.

French Ambassador to Turkey Laurent Bili said that Turkey was carrying
out significant initiatives, and underlined importance of Turkey’s
constitutional efforts.

“Everybody wants to see a freer Turkey,” Bili told AA correspondent
in the northwestern province of Bursa.

Bili said that the current situation in the European Union (EU) zone
was not so bright, and the EU balances had changed a bit after recent
developments in the continent of Europe.

It was not easy to keep the EU working with 27 members, the French
ambassador said.

Bili said Turkey was a bigger country than other countries that joined
the union, and balances could change if Turkey was admitted to the EU.

The ambassador said France was experiencing a significant and
democratic process, and new developments could emerge after May 7th
presidential election.

Bili said the new French President Francois Hollande sent a message
to Turks living in France, and underlined the importance he attached
to Turkish-French relations.

Every one knew that Hollande had more positive views about Turkey’s
accession to the EU, Bili said.

Bili expressed thought that Hollande would have a more positive
perspective on Turks.

The ambassador said the French law criminalizing denial of Armenian
allegations of the incidents of 1915 was not targeting at Turks,
and President Hollande would bring up the law again but in line with
the constitution.

Bili said the law was not against Turkey, but was prepared for the
French citizens of Armenian origin.

The ambassador said French companies had confidence in Turkey’s bright
future and were eager to make more investments, which was so positive
for bilateral relations.

Bili said he was hopeful that bilateral relations would be boosted,
and members of the French business organization MEDEF would visit
Turkey in June and seek appropriate places for new investments.

Socialist candidate Francois Hollande won the second round of the
French presidential election by gaining 52 per cent of the votes. He
is expected to take over the office from Nicolas Sarkozy on May 15.

57-year-old Hollande began his political career as the adviser to
Francois Mitterrand, who served as the president of France between
1981 and 1995.

Hollande, who supported the law criminalizing denial of Armenian
allegations regarding the incidents of 1915, has given the message
that he does no more welcome Turkey’s European Union membership saying
that negotiations have prolonged for so long.

The French Constitutional Council has rejected the law criminalizing
denial of Armenian allegations.

Intl Mediators Urge Karabakh Conflict Sides To Show Restraint

INTL MEDIATORS URGE KARABAKH CONFLICT SIDES TO SHOW RESTRAINT

Interfax
May 14 2012
Russia

The Co-Chairs of the Organization for Security and Co-operation
in Europe (OSCE) Minsk Group mediating the Karabakh conflict are
concerned by the recent incidents on the line of contact between the
Armenian and Azeri forces.

“The Co-Chairs expressed their concern over recent incidents along
the frontlines, and urged the sides to exercise restraint and refrain
from retaliation,” according to a statement posted on the OSCE website
by the OSCE MG co-chairs after their visit to Azerbaijan and Armenia.

The co-chairs welcome the sides’ reaffirmation of their “commitment
to seek a peaceful settlement.”

“The Co-Chairs continued their discussions with the sides on how to
implement the commitments made by Presidents Aliyev and Sargsian in
their January 23 joint statement in Sochi, including to ‘accelerate’
reaching an agreement on the Basic Principles as a framework for a
comprehensive peace settlement, to work on the mechanism to investigate
ceasefire violations, and to develop humanitarian contacts,” the
statement said.

“The Co-chairs also discussed with the sides the development
of confidence building measures” and the efforts “to strengthen
implementation of the 1994 ceasefire,” the document said.

The Co-Chairs also discussed the importance of protecting the common
heritage of the peoples in the region.

“The Co-Chairs plan to continue discussions with the Foreign Ministers
of the two countries in the near future,” the document said.

The OSCE MG Co-Chairs – Robert Bradtke (United States), Igor Popov
(Russia) and Jacques Faure (France) – and Personal Representative of
the OSCE Chairman-in-office Andrzej Kasprzyk visited Erevan and Baku
on May 11-14 to meet with Presidents Serzh Sargsian and Ilham Aliyev.

Russia To Carry On Karabakh Settlement Mediation – Diplomat

RUSSIA TO CARRY ON KARABAKH SETTLEMENT MEDIATION – DIPLOMAT

Interfax
May 14 2012
Russia

Russia is loyal to the peace settlement of the Karabakh conflict,
OSCE Minsk Group Russian Cochairman Igor Popov told reporters in Baku
on Monday.

“We expect Russian mediating efforts to continue within the OSCE
Minsk Group,” he replied to an Interfax question.

Russia and other OSCE Minsk Group cochairmen will continue to assist
the peace process with due account of the summit accords of 2009-2011,
Popov said.

He commented on the Monday meeting of the cochairmen with Azeri
President Ilham Aliyev and Foreign Minister Elmar Mamedyarov held to
discuss topical aspects of the settlement process.

“We discussed the fulfillment of the agreements reached in Sochi
this January, including the work on the settlement document. We also
discussed ways of public contacts, including youth communication. We
touched upon incidents along the Armenian-Azeri contact line in late
April. Finally, we discussed a statement of the cochairmen,” he said.

Minsk Group To Continue Karabakh Settlement Efforts – Co-Chair

MINSK GROUP TO CONTINUE KARABAKH SETTLEMENT EFFORTS – CO-CHAIR

ITAR-TASS
May 14, 2012 Monday 05:19 PM GMT+4
Russia

Russia together with other countries co-chairing the OSCE Minsk
Group will continue efforts towards the settlement of the conflict in
mostly Armenian populated Azerbaijani enclave of Nagorno-Karabakh,
the Russian co-chairman, Igor Popov, said on Monday. “Russia has
always consistently advocated a peaceful settlement of the” conflict,
he stressed in Baku.

“One of the first decrees adopted by the new president of Russia
was the decree concerning foreign policy issues,” he said. “It said
that together with other co-chairs of the Minsk Group, Moscow will
continue active work aimed at helping the sides in the settlement of
the Nagorno-Karabakh conflict with taking into account the agreements
reached at a summit level in 2009-2011. I think that this clearly
specifies Russia’s position,” Popov noted.

Speaking about meetings in Baku with President Ilham Aliyev and
Foreign Minister Elmar Mamedyarov, the Russian diplomat said they
had discussed “topical issues of the settlement”. “We considered the
course of implementation of those agreements that had been reached
during the Sochi meeting (of the presidents of Russia, Azerbaijan
and Armenia),” he said.

“In particular, we focused on work on the document on the settlement
and the establishment of contacts with representatives of the public
and the youth,” he added. He said they had also discussed incidents
on the disengagement line at the end of April.

Popov stressed that the co-chairs hope to continue contacts with
the sides shortly as well as expect to meet with intelligentsia of
Azerbaijan and Armenia.

Armenian President To Attend CSTO Session, CIS Informal Meeting

ARMENIAN PRESIDENT TO ATTEND CSTO SESSION, CIS INFORMAL MEETING

ITAR-TASS
May 14, 2012 Monday 09:02 PM GMT+4
Russia

Armenian President Serzh Sargsyan will go to Russia on a working
visit on Tuesday, May 15.

Sargsyan will attend a jubilee session of the Collective Security
Treaty Organisation (CSTO) marking the 20th anniversary of the signing
of the Collective Security Treaty and the 10th anniversary of the CSTO,
and an informal summit of the Commonwealth of Independent States.

Armenia plans to increase the role of the Collective Security Treaty
Organisation (CSTO) as a key element of its national defence, Security
Council Secretary Artur Bagdasaryan said earlier.

“We plan to increase the role of the CSTO as one of the key elements
of Armenia’s security. The CSTO is evolving, and Armenia, as one of
the most active members of the organisation, is actively involved in
this process,” he said.

According to Bagdasaryan, “a new strategy and a new CSTO planning
concept are being drafted, which makes it possible to increase the
role, weight and importance of this international organisation for
ensuring the security of its member states.”

These documents will be submitted to the organisation’s Collective
Security Council shortly.

Armenia will host a large-scale CSTO rapid reaction force exercise this
year to show the capability of the Armed Forces, secret services,
emergencies ministries, and police, and the high level of their
interoperability among the 7 CSTO member states,” Bagdasaryan said.

According to Collective Security Treaty Organisation Secretary-General
Nikolai Bordyuzha, the “security of the CSTO member states, including
Armenia’s, is several times higher than a couple of years ago”.

“A new CSTO strategy reflecting the current geopolitical situation is
very important and will provide the basis for our further activities,”
he said.

Armenia is the first country to discuss a new strategy and a new
planning concept of the organisation. These documents will also
be considered by the CSTO Committee of National Security Council
Secretaries, Council of Defence Ministers and Council of Foreign
Ministers, and then submitted to the Collective Security Council.

The CSTO is a military-political alliance of seven countries: Armenia,
Belarus, Kazakhstan, Kyrgyzstan, Russia, Tajikistan, and Uzbekistan.

It was created on the basis of the Collective Security Treaty of the
May 15, 1992, which was turned into an international organisation on
May 14, 2002. The CSTO received the status of observer at the U.N.

General Assembly on December 2, 2004.

The purpose of the CSTO is to guarantee the national security of each
of its members and to ensure their territorial integrity. In case
of a menace, looming over any member-country, all the other CSTO
participants will be duty-bound to give it all the necessary aid,
including military assistance.

President Serzh Sargsyan Meets With Head Of Russian Government Dmitr

PRESIDENT SERZH SARGSYAN MEETS WITH HEAD OF RUSSIAN GOVERNMENT DMITRY MEDVEDEV

ARMENPRESS
15 May, 2012
YEREVAN

YEREVAN, MAY 15, ARMENPRESS: President of Armenia Serzh Sargsyan,
who is in Moscow on a working visit, met today with head of the
Russian government Dmitry Medvedev, Armenpress reports citing the
president’s press service.

President Serzh Sargsyan once again congratulated the newly appointed
head of the Russian government on assuming of the office, wished
successes and expressed confidence that Dmitry Medvedev will promote
strengthening of the friendship between Armenia and Russia in that
post as well.

The Russian PM assured that their cooperation will continue and the
friendly ties will be maintained, especially that there are special
allied relations between Armenia and Russia.

Dmitry Medvedev congratulated Serzh Sargsyan on convincing victory
of the Republican Party of Armenia he leads at parliamentary elections.

PM wished it to be a prerequisite for ensuring progress in Armenia,
productive development and solution to social-economic issues. The
head of the Russian government stressed that Russia will surely support
all those processes. Armenia and Russia remain good friends and allies.

President Serzh Sargsyan also participated in the non-official summit
of heads of CIS states held in Moscow.

Astronomical Books Review By Armenian Astronomical Society

ASTRONOMICAL BOOKS REVIEW BY ARMENIAN ASTRONOMICAL SOCIETY

news.am
May 15, 2012 | 16:24

YEREVAN. – On the occasion of the 500th anniversary of the Armenian
printing and the proclamation of Yerevan as 2012 World Book Capital
City, astronomers also established a base for astronomical books
and booklets available for public. The Armenian Astronomical Society
opened a new page in its website on astronomical books.

In addition, astronomical books expo will be organized in the Byurakan
Observatory this year. Additional information will be available later.

Hayk Demoyan: Turkey Continues To Persecute Those Who Speak About Th

HAYK DEMOYAN: TURKEY CONTINUES TO PERSECUTE THOSE WHO SPEAK ABOUT THE HISTORIC JUSTICE

armradio.am
15.05.2012 17:28

The commission on organization of the events dedicated to the 100th
anniversary of the Armenian Genocide took place at the Armenian Union
of Bucharest. Director of the Armenian Genocide Museum-Institute,
Secretary of the state commission Hayk Demoyan discussed a number
of organizational issues with Armenian Ambassador to Romania Hamlet
Gasparyan, Primate of the Romanian Diocese of the Armenian Apostolic
Church Bishop Tatev Hakobyan, President of the Armenian Union of
Romania, Senator Varuzhan Voskanyan and a number of Romanian Armenian
intellectuals. Agreements were reached on organization of joint events
during the coming three years.

The same day AGMI Director Hayk Demoyan delivered a speech at the
Bucharest University. Dr. Demoyan noted in his speech that the
Armenian Genocide is not a historic past. “It is more than present,
since the Turkish authorities continue exerting political, economic and
diplomatic pressure on Armenia. They terrorize and persecute those,
who speak about the historic justice, pursue a denialist policy on
the international level, offend and slander the descendants of the
Armenian Genocide survivors,” he said. The lecture was followed by
a Q&A session.

St. Nshan Not Considered Historical Monument In Georgia – Expert

ST. NSHAN NOT CONSIDERED HISTORICAL MONUMENT IN GEORGIA – EXPERT

tert.am

15.05.12

The Georgian authorities fail to treat Tbilisi’s St Nshan church as
a historical monument, an Armenian expert has complained.

Speaking to reporters on Tuesday, Samvel Karapetyan, the director of
the NGO called Research on Armenian Architecture, stressed the need
of renovating the construction that has been left unattended to date.

“Before its collapse, St. Nshan came under fire twice – in 2001 and
2012. Constructions built of brick need sand or foam to extinguish
fires whenever they occur. But both fires were put out by water,
which led to a collapse,” he noted.

Asked whether the renovation of the church is possible, the expert
said he has positive hopes, adding though that he does not much
believe in such plan.

“I am hopeful to see at least Nshan restored, but I do not believe
in that yet because the Georgian authorities have given promises many
times, without doing anything,” he said.

The dome of the church collapsed following the recent flooding in
Tbilisi, which damaged several buildings.

http://tert.am/en/news/2012/05/15/saint-nshan/