LE CARDINAL BARBARIN éVOQUE L’ARMéNIE
intervenant lundi 15 avril devant l’Académie des sciences morales
et politiques, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon,
a souligné combien le Vatican appréciait la conduite de l’Ã~Iglise
de France devant le projet d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels.
Sous le portrait en pied d’un autre cardinal – Richelieu peint par
Philippe de Champaigne -, assis au milieu de l’illustre assemblée
des membres de l’Académie des sciences morales et politiques de
l’Institut de France, a Paris, dont il était l’invité le 15 avril,
le cardinal Barbarin a dépeint le tableau d’une Ã~Iglise de France
active pour ” servir et témoigner ”.
Le président de l’académie, l’entrepreneur Bertrand Collomb –
lui-même Lyonnais comme il l’a souligné – avait sollicité le
primat des Gaules de venir s’exprimer dans le cadre des séances
que l’institution consacre cette année a ” la France dans le
monde ”. Avec pour question suggérée en guise de titre a sa
communicationâ~@~I : ” La France est-elle encore la fille aînée
de l’Ã~Igliseâ~@~I ? ” Exemplarité francaise
L’archevêque de Lyon a d’emblée écarté l’adverbe ” encore ”,
qui sous-entend un déclin de l’Ã~Iglise de France, dont il s’est au
contraire employé a montrer la vitalité. Celle-ci n’est pas reconnue
dans l’Hexagone mais ” appréciée a Rome ”, estime le cardinal.
La mobilisation de l’Ã~Iglise face au projet de loi ouvrant le mariage
aux couples homosexuels a été jugée ” exemplaire ” par le Vatican,
selon le cardinal, qui a énuméré a contrario l’incapacité des
Ã~Iglises de Belgique, des Pays-Bas ou du Portugal a susciter en leur
temps une réaction de même ampleur.
En matière de nouvelle évangélisation, l’Ã~Iglise de France est
aussi considérée a la pointe dans le monde ” après le Brésil ”,
d’après lui.
Les récentes congrégations générales préparant le dernier
conclave lui ont permis de prendre la mesure d’un vif intérêt pour
l’expérience francaise. ” L’intervention de l’archevêque de Paris
était très attendue ”, a-t-il évoqué. Ne pas ” sous-estimer sa
force, ni surestimer sa place ”
Si par sa ” piété profonde, son activité missionnaire et son
engagement social ”, l’Ã~Iglise de France ne doit pas ” sous-estimer
sa force ”, elle ne doit pas pour autant ” surestimer sa place ”,
a distingué le cardinal, pour qui le titre de ” fille aînée de
l’Ã~Iglise ” n’a de valeur qu’historique.
” Jean-Paul II l’a cité lors de sa première visite en France
en juin 1980 mais il n’y a plus fait allusion lors de sa visite en
1996 pourtant organisée pour le 1 500e anniversaire du baptême de
Clovis ”.
Le cardinal Barbarin a d’ailleurs rappelé que le royaume des Francs
n’avait pas été le plus ancien converti au christianisme, l’Arménie,
notamment, le précédant. Pas de vocation particulière
Ã~Inumérant les divers saints francais que compte l’Ã~Iglise, de
saint Irénée au bienheureux Charles de Foucauld, en passant par
Jeanne d’Arc, Francois de Sales, Jean-Marie Vianney, parmi d’autres,
et citant également devant les académiciens le jésuite Henri de
Lubac, le primat des Gaules a ” endossé un passé incroyable ”,
qui ne donne pas pour autant de ” vocation particulière de l’Ã~Iglise
de France ”.
Celle-ci doit d’abord être ” servante et témoin ” et ” être
profondément elle-même ”, a conclu le cardinal, qui a aussi rejeté
tout ” gallicanisme ” – ce ” péché d’orgueil ” – et tout esprit
de ” reconquête ”.
Le cardinal Barbarin se sera aussi gardé de tout ” triomphalisme ”
devant les problèmes de raréfaction des prêtres dans les campagnes
francaises, de crise des vocations sacerdotales ou d’absence de
cardinaux francais au sein du nouveau conseil du pape Francois, tour
a tour évoqués par les membres de l’académie. Répondant a chacun
de ces questions, le cardinal a fait appel, a plusieurs reprises,
a la vertu théologale de l’espérance, misant avant tout sur le
terrain sur des ” chrétiens qui étonnent et qui détonent ”.
jeudi 18 avril 2013, Stéphane ©armenews.com
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