Genocide Armenien : Les Senateurs Divises

GENOCIDE ARMENIEN : LES SENATEURS DIVISES

LaDepeche.fr

2 fev 2012
France

Cent trente-sept deputes et senateurs francais viennent de saisir le
Conseil constitutionnel afin de faire invalider une proposition de loi
penalisant la negation des genocides, notamment celui des Armeniens
par les Turcs en 1915. Ce texte avait ete adopte le 23 janvier dernier
par le Senat. Parmi les senateurs de Haute-Garonne, Alain Chatillon
(Parti radical valoisien), Jean-Pierre Plancade et Francoise Laborde
(RDSE) s’etaient prononces contre ; Jean-Jacques Mirassou (PS) avait
vote pour.

Bertrand Auban (PS), qui n’avait pas souhaite prendre part au
vote le 23 janvier au Senat, est signataire du recours depose au
Conseil Constitutionnel : ” Loin de moi l’idee de cautionner tout
negationnisme, lesquels sont deja reprimes par la loi Gayssot qui
suffit amplement a la tâche, se justifie-t-il. Il n’appartient pas aux
parlementaires de se substituer aux historiens et aux juges. Seule
l’autorite judiciaire a qualite pour definir un crime et en nommer
les auteurs. Le Parlement francais ne peut pas s’eriger en tribunal
de l’histoire mondiale, il n’a pas competence de la Constitution pour
dire l’Histoire. C’est aux historiens et a eux seuls de le faire,
et cette loi les en empechera (…) Cette loi adoptee en periode
pre-electorale enfreint nos principes Constitutionnels et compromet
nos relations internationales”.

“Airbus en Turquie c’est plusieurs milliards d’euros” Alain Chatillon
a lui aussi signe le recours. Le senateur-maire de Revel considère
lui aussi que les parlementaires n’ont pas a ecrire l’Histoire. Par
ailleurs, sans nier la realite du genocide armenien, il estime ” que
nous aurons besoin de tout le soutien de la Turquie pour preserver
l’equilibre du monde arabe maintenant que nous n’avons plus ni l’Irak,
ni l’Iran et que l’incertitude demeure quant aux pouvoirs qui vont
se mettre en placeaprès les revolutions arabes”.

” Economiquement, ajoute-t-il, la Turquie reste un partenaire important
pour notre economie. En tant que senateur de Haute-Garonne, je me
dois de defendre les interets des entreprises hautes-garonnaises qui
exportent en Turquie en general et notre fleuron Airbus et ses 300
entreprises sous-traitantes, en particuliers. Airbus en Turquie c’est
un marche de plusieurs milliards d’euros sur les prochaines annees “.

http://www.ladepeche.fr/article/2012/02/02/1275420-genocide-armenien-les-senateurs-divises.html

Genocide Armenien: Sarkozy Reste Determine

GENOCIDE ARMENIEN: SARKOZY RESTE DETERMINE

Le Droit

2 fev 2012
Canada

Nadege Puljak
Agence France-Presse
Paris

Au lendemain de l’annonce d’une saisine du Conseil constitutionnel,
Nicolas Sarkozy a promis mercredi un nouveau texte punissant la
negation du genocide armenien en cas de censure, quitte a fâcher un
peu plus la Turquie qui menace la France de “represailles” economiques.

Le texte de loi punissant la negation du genocide armenien en 1915
par la Turquie ottomane a declenche la colère des Turcs, leur Premier
ministre Recep Tayyip Erdogan y voyant “une montee de l’islamophobie
et du racisme en Europe”.

Le texte, definitivement adopte par le Parlement le 23 janvier,
aurait dû etre promulgue par le president de la Republique au cours
des deux semaines suivantes, mais il a ete bloque par un recours
auprès du Conseil constitutionnel de parlementaires de tous bords,
mais majoritairement de droite.

En Conseil des ministres, mercredi, Nicolas Sarkozy a annonce qu’il
ferait en sorte que soit depose “tout de suite un nouveau texte”,
en cas de censure de cette loi par les Sages.

Le chef de l’Etat a egalement reproche aux ministres en desaccord
avec la loi, notamment Alain Juppe (Affaires etrangères), de “ne pas
voir plus loin que le bout de leur nez”.

Selon lui, si le texte de loi devait etre censure, certains
en tireraient profit pour presenter une Question prioritaire de
constitutionnalite devant le Conseil constitutionnel au sujet d’une
autre loi, qui sanctionne la negation de la Shoah.

Jusqu’ici, seule la negation du genocide des Juifs par les nazis est
punie par la loi. Pour l’Elysee, “cela n’etait pas acceptable pour les
Armeniens qui consideraient qu’il y avait deux poids, deux mesures”.

La determination du president sur cette question risque de provoquer
un regain de colère chez les Turcs, alors qu’après la saisine par
les parlementaires du Conseil constitutionnel, l’ambassade de Turquie
en France avait affirme que les relations entre Paris et Ankara, qui
“risquaient une rupture”, allaient “se detendre”.

Depuis la presentation du texte de loi devant l’Assemblee, en decembre,
les Turcs ont gele leur cooperation politique et militaire avec
la France, et menace de faire de meme sur les echanges economiques
et culturels.

Mais la presidence francaise ne s’en inquiète pas. “On a deja connu
deux boycotts de la (part) de la Turquie, en 2001 au moment de
l’adoption de la loi reconnaissant le genocide armenien et en 2006,
lors du premier depôt de la proposition de loi punissant la negation
de ce genocide. Les relations economiques entre les deux pays n’en
avaient pas ete affectees”, fait-on valoir.

“Depuis 2006, on est passe de 250 entreprises francaises a 400
installees en Turquie, le nombre des employes turcs passant de 40.000
a 100.000” dans ces entreprises, ajoute-t-on, laissant ainsi entendre
qu’aucun des deux pays n’a interet a voir se degrader leurs relations.

Mais les critiques envers le president Sarkozy, deja la cible des Turcs
en raison de son refus de les voir adherer a l’Union europeenne,
pourraient se faire encore plus acerbes. “Sarkozy passera dans
l’Histoire comme l’homme qui a massacre l’Histoire”, s’est emporte
recemment un ministre turc.

La France a ete le premier grand pays europeen, en janvier 2001,
a reconnaître le genocide armenien.

La Turquie, heritière de l’empire ottoman, demantele en 1920, refute le
terme de genocide. Les Armeniens parlent d’un million et demi de morts,
Ankara de 500 000 personnes tuees en Anatolie entre 1915 et 1917.

From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201202/01/01-4491650-genocide-armenien-sarkozy-reste-determine.php

Carte De France : Liste Des Parlementaires Qui Ont Saisi Le Conseil

CARTE DE FRANCE : LISTE DES PARLEMENTAIRES QUI ONT SAISI LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Stephane

armenews.com
vendredi 3 fevrier 2012

Le Monde publie la liste des elus qui ont signe les deux recours
adresses mardi 31 janvier au Conseil constitutionnel, contre le texte
visant a penaliser la contestation des genocides reconnus par la loi.

Les debats autour de cette proposition ont ete très vifs. Le
premier recours, depose par Jacques Mezard, president du groupe du
Rassemblement democratique et social europeen (RDSE), qui regroupe
essentiellement les radicaux de gauche, a ete signe par 77 senateurs
de tous les groupes representes au Senat, de droite et de gauche. Le
second, depose par Michel Diefenbacher, depute (UMP) de Lot-et-Garonne,
a ete signe par 65 deputes, a l’initiative, notamment, de Jacques
Myard et Jean-Paul Garraud, deputes UMP et membres actifs de la
Droite populaire.

Le texte, issu d’une proposition de loi portee par Valerie Boyer,
deputee (UMP) des Bouches-du-Rhône, avait ete approuve a l’Assemblee
nationale le 22 decembre, et adopte au Senat le 23 janvier, par 126
voix contre 86. Il prevoit une peine d’un an de prison et 45 000 euros
d’amende a l’encontre de ceux qui ont “conteste ou minimise de facon
outrancière” l’existence de genocides reconnus par la loi francaise.

Derrière cette qualification, c’est en premier lieu le genocide
armenien de 1915, reconnu par la loi du 29 janvier 2001, qui est
concerne.

Il n’est pas de precedent d’un recours au Conseil constitutionnel signe
par des senateurs de six groupes politiques. Le Conseil constitutionnel
dispose d’un delai d’un mois pour statuer sur la conformite de la
loi a la Constitution.

Les 71 deputes ayant signe le recours au Conseil constitutionnel sur
la loi penalisant la contestation de l’existence de genocides reconnus
par la loi sont :

51 UMP : Jacques Myard (Yvelines) , Michel Diefenbacher (Lot et
Garonne), Jean-Paul Anciaux (Saône et Loire), Jean Bardet (Val d’Oise),
Jean-Louis Bernard (Loiret), Marc Bernier (Mayenne), Claude Birraux
(Haute-Savoie), Bruno Bourg-Broc (Marne), Loïc Bouvard (Morbihan), Yves
Bur (Bas-Rhin), Gilles Carrez (Val de Marne), Pascal Clement (Loire),
Francois Cornut-Gentille (Haute-Marne), Olivier Dassault (Oise),
Jean-Pierre Decool (Nord), Lucien Degauchy (Oise), Sophie Delong
(Haute-Marne), Paul Durieu (Vaucluse), Cecile Dumoulin (Yvelines),
Marie-Louise Fort (Yonne), Yves Fromion (Cher), Jean-Paul Garraud
(Gironde), Claude Gatignol (Manche), Herve Gaymard (Savoie), Franck
Gilard (Eure), Jean-Pierre Gorges (Eure et Loire), Francois Goulard
(Morbihan), Arlette Grosskost (Haut-Rhin), Michel Heinrich (Vosges),
Antoine Herth (Bas-Rhin), Francoise Hostalier (Nord), Denis Jacquat
(Moselle), Yves Jego (Seine et Marne), Jacques Lamblin (Meuthe et
Moselle), Laure de la Raudière (Eure et Loire), Jacques Le Guen
(Finistère), Jean-Francois Mancel (Oise), Alain Marty (Moselle),
Jean-Philippe Maurer(Bas-Rhin), Jean-Claude Mignon (Seine et Marne),
Pierre Morange (Yvelines), Jean-Marc Nesmes (Saône et Loire), Michel
Piron (Maine et Loire), Didier Quentin (Charente Maritime), Michel
Raison (Haute-Saône), Jean-Luc Reitzer (Haut-Rhin), Jean-Marie Rolland
(Yonne), Daniel Spagnou (Alpes de Haute-Provence), Eric Straumann
(Haut-Rhin), Lionel Tardy (Haute-Savoie), Andre Wojciechowski
(Moselle).

15 PS et apparentes : Jean-Paul Bacquet (Puy de Dôme), Christian
Bataille (Nord), Jean-Michel Boucheron (Ille et Vilaine), Christophe
Bouillon (Seine-Maritime), Christophe Caresche (Paris 18ème), Gerard
Charasse (PRG) Allier)), Jean-Louis Dumont (Meuse), Laurence Dumont
(Calvados), Paul Giaccobi (PRG-Haute-Corse, 2ème C)), Jerôme Lambert
(Charente), Apeleto Albert Likuvalu (Wallis et Futuna), Didier Mathus
(Saône et Loire), Sylvia Pinel (PRG-Tarn et Garonne)), Chantal
Robin-Rodrigo (PRG-Hautes-Pyrenees), Gwendal Rouillard (Morbihan).

2 Nouveau Centre : Pascal Brindeau (Loir et Cher), Philippe Vigier
(Eure et Loire).

3 non-inscrits : Abdoulatifou Aly (Mayotte), Rene Couanau(ex-UMP-
Ille et Vilaine), Daniel Garrigue (Dordogne).

Les 77 senateurs signataires sont :

15 RDSE : Jacques Mezard (Cantal), Nicolas Alfonsi (Corse du Sud),
Gilbert Barbier (France-Comte), Jean-Michel Baylet (Tarn et Garonne),
Christian Bourquin (Pyrenees Orientales), Jean-Pierre Chevènement
(Territoire de Belfort), Yvon Collin (Tarn et Garonne), Pierre-Yves
Collombat (Var), Anne-Marie Escoffier (Aveyron), Francois Fortassin
(Hautes -Pyrenees), Francoise Laborde (Haute-Garonne), Jean-Pierre
Plancade (Haute-Garonne), Robert Tropeano (Herault), Raymond Vall
(Gers), Francois Vendasi (Haute-Corse).

22 PS : Alain Anziani (Gironde), Bertrand Auban (Haute-Garonn),
Didier Boulaud (Nièvre), Helène Conway-Mouret (Francais hors de
France), Jean-Pierre Demerliat (Haute-Vienne), Claude Dilain
(Seine-Saint-Denis), Josette Durrieu (Hautes-Pyrenees), Alain
Fauconnier (Aveyron), Gaetan Gorce (Nièvre), Bariza Khiari (Paris),
Virginie Klès (Ille et Vilaine), Claudine Lepage (Francais hors de
France), Jeanny Lorgeoux (Loir et Cher), Philippe Madrelle 5gironde),
Jean-Pierre Michel (haute-Saône), Jean-Marc Pastor (Tarn), Jean-Claude
Peyronnet (Haute-Vienne), Gisèle Printz (Moselle), Roland Ries
(Bas-Rhin), Gilbert Roger (Seine-Saint-Denis), Yves Rome (Oise),
Richard Yung (Francais hors de France).

18 UMP :Alain Chatillon (Haute-Garonne), Christian Cointat (Francais
hors de France), Andre Dulait (Deux-Sèvres), Alain Fouche (Vienne),
Christophe-Andre Frassa (Francais hors de France), Rene Garrec
(Calvados), Patrice Gelard (Seine-Maritime), Francois Grosdidier
(Moselle), Jean-Jacques Hyest (Seine-et-Marne), Fabienne Keller
(Bas-Rhin), Jean-Rene Lecerf (Nord), Jean-Louis Lorrain Haut-Rhin),
Roland du Luart (Sarthe), Francois Pillet (Cher), Christian Poncelet
(Vosges), Hugues Portelli (Val-d’Oise), Jean-Pierre Vial (Savoie),
Andre Villiers (Yonne).

12 UCR : Marcel Deneux (Somme), Yves Detraigne (Marne), Muguette Dini
(Rhône), Jean-Leonce Dupont (Calvados), Francoise Ferat (Marne),
Nathalie Goulet (Orne), Jacqueline Gourault (Loir-et-Cher),
Sylvie Goy-Chavent (Ain), Pierre Jarlier (Cantal), Catherine
Morin-Desailly (Seine-Maritime), Jean-Jacques Pignard (Rhône),
Jean-Marie Vanlerenberghe (Pas-de-Calais).

8 ecologistes : Leïla Aïchi (Paris), Aline Archimbaud
(Seine-Saint-Denis), Esther Benbassa (Val-de-Marne), Marie-Christine
Blandin (Nord), Corinne Bouchoux (Historienne-Maine-et-Loire), Ronan
Dantec (Loire-Atlantique), Joël Labbe (Morbihan), Jean-Vincent Place
(Essonne).

2 CRC : Michel Billout (Seine-et-Marne), Robert Hue (Val-d’Oise).

Entretien Avec L’Ambassadeur De France A Ankara

ENTRETIEN AVEC L’AMBASSADEUR DE FRANCE A ANKARA
Jean Eckian

armenews.com
vendredi 3 fevrier 2012

Un sommet de langue de bois…de complaisance a la limite de
l’obsequiosite. D’autant plus inattendue qu’il ne s’agit que d’un
entretien avec des journalistes. Où le langage diplomatique est porte
a son extreme : on peut tirer des faits toutes les conclusions qu’on
veut et leur contraire.

Le Genocide des Armeniens qui est “allegue”, selon le diplomate, qui
insiste lourdement sur l’ “allegue”, n’est finalement que la reponse
de la Turquie ottomane aux 2,5 millions de morts turques des Balkans
et… du Caucase. Le problème, c’est que les Armeniens n’avaient rien a
voir avec cette histoire. Implicitement, dans un amalgame scandaleux,
la debâcle de l’armee turque engagee par Enver sur le front est en
janvier 1915 est de fait mise en balance avec le Genocide armenien.

Citant la phrase du fonctionnaire turc, “il n’y a pas de Kurdes
en Turquie”, l’Ambassadeur mesure les progrès prodigieux de la
liberte d’expression en Turquie. Emporte par son elan, et sur un ton
dithyrambique, il fait une impasse incroyable sur Hrant Dink, Pamuk,
Akcam, Zarakolu, sur les dizaines d’arrestations d’intellectuels au
motif pretendu de terrorisme, sur le bombardement de civils kurdes,
sur l’occupation de Chypre et le blocus de l’Armenie qui s’eternisent.

Pour Bili, le Haut-Karabagh est sous occupation armenienne depuis
des annees. Un point c’est tout !

Surtout ne parlons pas des choses qui fâchent. Ce n’est pas avec des
comportements comme ceux-la qu’on donnera au peuple turc le goût de
sa propre histoire… Comme il le dit lui-meme, sa mission, c’est de
toutes facons mission impossible.

Gilbert Beguian

Dans sa première entrevue après le vote par le Senat francais de la
proposition de loi sur la negation du Genocide armenien, l’Ambassadeur
de France a declare que pour comprendre ce qui s’est passe en 1915,
l’expulsion des Turcs des Balkans et du Caucase devrait etre prise
en compte, 2,5 millions de Turcs ayant ete eux aussi tues au moment
de la chute de l’empire ottoman.

“Les gens en France ne savent pas que les Turcs ont perdu 2,5 millions
de personnes dans la periode precedent la chute de l’empire ottoman,
tandis que nous-memes avons perdu 1,6 million a peu près a la
meme epoque dans la Première Guerre Mondiale,” a dit Laurent Bili,
l’Ambassadeur de France, a ToDay’s Zaman ce lundi. Bili a aborde
une question qui est generalement laissee intacte par les diplomates
occidentaux lorsqu’ils evoquent les evenements de 1915, annee qui a
recemment ete consideree comme la date du “Genocide armenien” allegue.

“Les gens devraient aussi connaître, et je m’efforce de leur faire
connaître, toutes ces pertes. Mais les Turcs devraient aussi savoir
que la France est une terre d’accueil pour les Armeniens d’origine
; a peu près dix fois la population des Armeniens de Turquie,”
a declare Bili pour expliquer les motivations de la proposition
de loi controversee sur la negation en France. “Le rappel de leurs
souffrances, considerees comme un genocide, est devenu une partie
de l’histoire francaise. En fait, la mission qui est la mienne est
impossible a mener a bien”, a declare Bili pour expliquer que les
hommes politiques sont impressionnes par le poids des souffrances
endurees par les Armeniens, dont un demi-million vivent en France. A
la lumière des prochaines elections, leur vote pourrait faire une
grande difference. On pense que l’election sera une course entre le
president actuel Nicolas Sarkozy et son rival du Parti Socialiste
Francois Hollande.

En reponse a une question sur ce qui pourrait s’envisager pour etablir
des relations armeno-turques, Bili a propose que les Armeniens de
France visitent la Turquie ; il pense que les Armeniens ignorent a
quel point la Turquie a change. “Peut-etre n’avons-nous pas travaille
assez dur, nous les diplomates, pour rendre compte des changements
[en Turquie] et avons detourne les yeux, mais nous avons besoin, a
la fin, de trouver un moyen de rapprocher la Turquie de la diaspora
armenienne”, a dit Bili pour expliquer le deficit d’information
en France vis-a-vis des “changements a grands pas qui s’opèrent
en Turquie”. Ayant ete conseiller du precedent president, Jacques
Chirac, et appris enormement de choses sur le Caucase, Bili a invite
les Armeniens de France a venir faire connaissance avec la Turquie
et rencontrer un Turc’, disant qu’il est grand temps de resoudre
ce problème.

Se fondant sur ses connaissances des evenements de 1915, Bili
insista sur le fait que le genocide allegue des Armeniens par les
Turcs ottomans ne peut pas etre compris “en regardant simplement
les evenements de 1915”. Bili a emis l’opinion que les evenements
ont commence bien avant 1915. “Pour comprendre la tragedie il faut
regarder plus loin que 1915 ; l’expulsion des Turcs hors du Caucase
et des Balkans a commence graduellement en 1878″, a ajoute Bili. Il
soutient que sur le million de Turcs expulses des Balkans, plus de 100
000 ont disparu. ‘Je comprends que les Armeniens ont paye finalement
le prix d’une longue souffrance. Mais dans cette vaste region, vous
devez comprendre ce qui s’est passe pendant 100 ans”, a ajoute Bili.

Il a egalement exprime ses preoccupations quant au futur de son
poste en Turquie, se demandant s’il y sera reconduit, dès lors que
la proposition de loi controversee a fait l’objet d’un recours auprès
de Conseil Constitutionnel pour une possible annulation, le lendemain
du jour où Bili avait fait ses commentaires sur la loi de negation. ”

“La proposition de loi est peut-etre inopportune, mais elle ne
devrait pas provoquer des reactions a ce point extremes,” a-t-il dit
s’efforcant de calmer l’anxiete des officiels turcs. Dire que les
morts armeniennes de 1915 ne constituent pas un genocide pourra etre
juge comme un crime d’après la proposition de loi, et les coupables de
cette offense pourront etre punis d’une peine de prison jusqu’a un an
et une amende de 45 000 euros. “Il y a eu des discussions nombreuses
sur la compatibilite de telles lois en France. Couper des liens n’est
pas la meilleure methode pour construire le monde de demain”, a ajoute
l’Ambassadeur de France pour appeler la Turquie a ne pas sur-reagir au
cas où la loi passerait et deviendrait une loi. Concernant le climat
en Turquie lorsqu’il y est arrive la première fois, Bili a dit :
“L’atmosphère etait extremement differente lorsque je suis arrive. Les
instructions que j’ai recues etaient claires : la France doit etre plus
attentive a ses relations avec la Turquie et nous devons commencer
un nouveau processus”. Bili a ajoute que l’atmosphère a change en
octobre et, “A present, nous revoici dans la question armenienne et
la tension est palpable. Ma tâche n’est pas facile du tout”.

Le Ministre des Affaires Etrangères nous a dit qu’il n’y avait pas
de Kurdes en Turquie en 1992

En reponse a une question sur les changement qu’il a constates en
Turquie au cours de ses 12 annees de service entre 1995 et 1999 ,
entre 1995 et 1998, Laurent Bili etait secretaire puis conseiller
a l’Ambassade, Bili a declare : “beaucoup de choses ont change en
Turquie. Tout a change. La Turquie est devenue plus riche”. Notant
que les changements les plus remarquables etaient dans l’atmosphère
politique et dans une liberte d’expression accrue, il a rappele ce
qu’un fonctionnaire du ministère turc des affaires etrangères lui
avait dit en 1992 : “il n’y a pas de Kurdes en Turquie”. Ces mots
sont la preuve que la Turquie peut aujourd’hui discuter librement de
tout, de la question Kurde en particulier. “cela nous a surpris parce
qu’il y avait de la violence dans le sud-est a l’epoque,” a ajoute
Bili. Il en a ete de meme avec la laïcite a ajoute Bili. “Dans le
passe, la laïcite etait percue en Turquie comme une opposition a la
religion et l’ opinion que c’etait le cas egalement en France etait
très repandue”. Relevant les similitudes entre la laïcite francaise et
turque, Bili a dit que la laïcite en 1990 est similaire a ce qu’elle
etait en France en 1905, aux temps où on le voyait comme hostile a
la religion. J’ai lu un livre, “Bir Yigit Vardi” (Il etait une fois
un heros). Avec la reintroduction de l’appel a la prière en arabe,
Adnan Menderes a dit : “les cloches d’eglise resonnent en France,
qui est un pays laïque comme le nôtre”. C’est un petit detail qui a
son importance”, a ajoute Bili.

Quelle est la source de ce changement important ?

En 1991, il n’y avait que TRT. Changer une culture de pensee en
peu de temps n’est pas chose facile. De nouvelles chaînes de TV
ont ete creees. De nouveaux journaux, tels le Zaman Daily, sont
devenu populaires. Avec le temps, les idees nouvelles deviennent
plus influentes. Les opinions des gens ne changent que s’ils sont
bien informes. La presse s’est diversifiee avec le temps. En plus des
nouvelles stations de TV les anciennes chaînes sont egalement devenues
plus nuancees. Ces nuances se sont propagees dans la sphère publique
et ont favorise l’emergence d’idees nouvelles. Les nouvelles idees se
sont exprimees dans la presse turque. Mais il est encore difficile de
discuter quelques sujets, meme s’il faut admettre que dans l’ensemble,
par comparaison avec les annees 1990, il y a beaucoup de changement.

Le processus de l’UE est extremement important , et il peut avoir
joue un rôle utile. Il n’etait pas si facile d’introduire toutes ces
reformes. Le soutient de l’UE a ete très efficace tant au point de
vue politique qu’en termes economiques.

Les preoccupations relatives a la perte de la laïcite si le Parti AK
arrive au pouvoir s’avèrent irrealistes.

L’Ambassadeur Bili explique le changement de l’atmosphère politique
a travers un exemple : “Le Parti de la Providence [RP] est arrive
au pouvoir alors que j’etais ici. La tension politique croissait
alors en Turquie. Cela etait dû en partie a la laïcite, mais etait
lie aussi au rôle joue par l’armee. La tension a ete quelque peu
dissipee depuis 2011. Le Parti de la Justice et du Developpement
(AKP) est un parti dote d’une culture de gouvernement poussee et
d’une forte capacite a diriger. Lorsqu’il est arrive au pouvoir,
il a relâche les tensions au bout d’un certain temps. Une democratie
normale a emerge en Turquie au cours de ce processus. En 1981, les
Socialistes sont arrives au pouvoir pour la première fois en France
[ ?]. Cette periode a eu une grande importance parce qu’a ce moment
la, l’idee que la democratie pourrait etre erodee si les communistes
arrivaient au pouvoir prevalait en France. Cette idee s’est averee
etre fausse après l’arrivee des socialistes au pouvoir en France”. Le
diplomate francais a observe en Turquie un changement similaire qu’il
explique de la facon suivante : “A cette epoque, quelques cercles
pensaient que si l’AKP arrivait au pouvoir, ce serait la fin de la
laïcite. Un nouveau coup d’etat aurait pu se produire. L’AKP ayant
accede au pouvoir, cette crainte s’est averee infondee. Une telle
idee etait derrière le coup d’etat post moderne de 1997”.

La Turquie avait l’habitude de tourner le dos aux Arabes, leur disant
“nous appartenons a l’Occident”. Quel changement peut-on observer
dans la politique etrangère turque ?

Nous observons une politique etrangère plus active. Une politique
etrangère active necessite un gouvernement stable. La Turquie a
atteint un grand niveau de stabilite au cours de la dernière decennie.

Et les vieux tabous ont eux aussi change. Les relations avec les pays
arabes ont ete normalisees. A cette epoque, il y avait cette chose
“Nous appartenons a l’Occident, nous tournons par consequent le dos
a l’Est”.

Que diriez-vous des commentaires selon lesquels les interets de la
Turquie et de la France se chevauchent au Moyen-Orient et en Afrique,
et que ces deux pays se confrontent l’un a l’autre ?

Cela est peut-etre vrai, mais c’est exagere. Tous les pays ont leurs
interets nationaux ; ils ont besoin de proteger ces interets. Et
cela est normal pour eux de le faire. C’etait le cas lors du debut
en Lybie. Mais cette opinion change rapidement avec le temps. La
concurrence ne doit pas etre rendue plus rude. Nous devrions collaborer
davantage. Sarkozy a rendu une visite eclair a la Lybie un jour
avant Erdogan s’y rende. Le moment choisi et le chaleureux accueil
fait a Erdogan par le peuple a retenu l’attention. Il se peut que
soit apparu une legère concurrence a cause de cela, mais ce n’est
pas grave. Les co-presidents a ‘Organisation sur la Securite et la
Cooperation en Europe (OSCE), la France etant l’un d’entre eux,
ont travaille sur la resolution de la question du Haut-Karabagh,
qui est sous occupation armenienne depuis des annees. La Turquie
soutient que la France devrait se retirer de cette mission.

Nous avons toujours ete soucieux d’avoir une politique equilibree
; et en fait, nous y sommes encore engages. Nous avons invite le
president azerbaïdjanais Aliyev en France. Nous avons multiplie
les gestes amicaux vis-a-vis de l’Azerbaïdjan et continuons a les
faire. Sarkozy a rendu visite a Bakou. Il y etait pour un bref moment,
mais il s’y est rendu. En depit de tout, la France veut jouer un rôle
très actif et veut etre utile.

Il a appris le turc dans un internat de Trebizonde

L’ambassadeur de France en Turquie, Laurent Bili, a pris son poste
a Ankara en juin dernier. Bili a un interet très personnel en Turquie.

Comme il l’explique, “c’est une histoire d’amour”. Cette histoire
commence avec une coïncidence. Nous etions en 1991 et le jeune
diplomate francais etait alle a New York pour prendre un poste
de trois mois, travaillant avec la Mission francaise permanente
aux Nations-Unies pour l’elargissement de l’Union de l’Europe
Occidentale (UEO). Les diplomates turcs qui travaillaient egalement
aux Nations-Unies devinrent les amis les plus proches de Bili. Grâce
a ces amis, Bili commenca a comprendre et aimer la Turquie plus
que jamais auparavant. Bili a aussi eu la chance de rencontrer et
de parler a beaucoup de diplomates turcs au cours des reunions dans
les villes telles Paris ou Londres. En 1991, Bili vint a Ankara pour
y rendre visite, mais ce n’est qu’en 1995 que la reelle histoire de
cet entrelacement avec la Turquie a commence ; en 1995, Bili etait en
poste en Turquie. C’est ainsi que l’ambassadeur l’evoque : “une grande
histoire d’amour avec la Turquie et l’Anatolie est nee a cet instant,
bien qu’elle n’eclipse pas mon amour pour ma femme bien sûr !”.

Concernant les langues, Bili y est très aguerri. Il parle anglais,
espagnol et portugais. Lorsqu’il arriva la première fois en Turquie,
il pensait pouvoir apprendre le turc simplement en bavardant avec
les gens. Il se rendit compte que ce n’etait pas possible. C’est
ainsi qu’il commenca a suivre des cours a l’ecole des langues Tomer,
où il etudiait six jours par semaine, de 6 heures après midi a 9
heures du soir pendant 10 mois. A la fin de ces cours, il lisait
des livres et ecoutait de la musique autant qu’il le pouvait pour
ameliorer son turc. L’an passe, lorsqu’il apprit qu’il devait prendre
le poste d’ambassadeur a Ankara, il prit tout de suite la route pour
la Turquie. Il sejourna a Trebizonde pendant un mois, en avril. A
Trebizonde, Bili prit six heures de cours de langue intensif par jour.

Il explique, “je voulais vraiment faire l’experience d’une ambiance
reellement turque avant de venir prendre mon poste.” Bili a pu
ameliorer avec tenacite son turc en parlant avec d’autres etudiants au
dortoir durant la nuit. Il est interessant d’apprendre que personne ne
soupconnait qu’il etait ambassadeur. Qu’y avait-il derrière ce desir
resolu de parler couramment le turc ? “Echanger des idees et parler
avec les gens est tellement important lorsqu’il s’agit de comprendre
la societe qui vous entoure”, explique Bili.

Une reference a une nouvelle turque

Il y avait une autre raison derrière l’interet que Bili portait a
apprendre le turc. Il dit : “je voulais vraiment lire la litterature
turque. C’est un tel plaisir d’etre capable de lire dans d’autres
langues”. En fait, la quete de l’Ambassadeur Bili dans ce domaine lui
a permis de faire reference a la litterature turque pour expliquer son
interet pour la Turquie. Une phrase a attire son attention particulière
dans le livre “Kurk Mantolu Madonna” (La Madone au Manteau de Fourrure)
de Sabahattin Ali, qu’il a lu il y a quelques jours. Ayant lu Ali,
Bili a fait ce commentaire : ” “en depit du fait que je ne l’ai jamais
rencontre, et que je ne le connaissais pas du tout, j’ai ressenti
a son egard comme une sorte de lien…c’est ce genre de lien que je
sens avec l’Anatolie et les Turcs. Je me sens très près, bien que je
sois incapable de dire pourquoi”.

Lorsqu’il a du temps libre, l’Ambassadeur Bili aime a se promener a
Tunali, Kizilay et Kale. Il aime toutes sortes de kebab. S’agissant de
desserts, ses favoris sont kaymali ekmek kadayifi et kunefe. Lorsqu’il
s’agit de sports, l’Ambassadeur Bili a fait du rugby a l’universite
et en fait, il a joue dans une equipe championne lorsqu’il etait
plus jeune. A propos de football, comme il a sejourne un moment a
Trebizonde, il soutient a present Trabzonspor.

Ses enfants sont prenommes Tayfun et Volkan

L’Ambassadeur Bili a quare enfants et ses jumeaux portent des prenoms
turcs : Tayfun et Volkan. Il raconte l’histoire du choix de ces
prenoms : alors qu’il se trouvait a Ankara auparavant, il av ait un
ami prenomme Volkan dont la femme etait turque. Un jour, la femme de
Bili demanda : “que veut-dire Volkan ?” Lorsque leur ami leur dit que
cela signifiait “volcan”, Bili et son epouse en ont ete très surpris.

Ils demandèrent a leur ami, “votre mère n’etait-elle pas effrayee de
vous donner un tel prenom ?”, l’ami repondit non et ajouta : “en fait,
le nom de mon frère, c’est ‘Tayfun !” (tayfun veut dire typhon). Bili a
explique : “ces noms nous ont beaucoup interesses et lorsque ma femme
a ete enceinte de jumeaux, nous avons decide de les appeler, pourquoi
pas ?, Volkan et Tayfun”. Les jumeaux de Bili seraient nes en Turquie
mais une cesarienne ayant ete necessaire, ils sont nes en France.

Les etrangers devraient lire ces livres

L’Ambassadeur Bili dit qu’il adore lire les biographies, et il parle de
tout ce qu’on peut apprendre a leur lecture. Il donne deux exemples de
livres qui l’ont beaucoup impressionne. Le premier, c’est “Naissance
d’un chef : Recep Tayyip Erdogan, par Huseyin Besli ey Omer Ozbay. Le
second livre qu’il recommande est Bir Yigi Vardi (Il Etait une Fois
un Heros), qui relate la vie d’Adnan Menderes par Erdal Sen.

L’Ambassadeur Bili dit avoir tire des informations très mportantes
de ces livres et conseille a tous les etrangers d’essayer de les lire.

“Ces livres sont tellement importants pour comprendre la Turquie,”
dit Bili.

——————————————————————————–

Nomme ambassadeur de France en 2011, Laurent Bili, ancien ambassadeur
de France en Thaïlande et ex-directeur du cabinet civil et militaire
d’Herve Morin au ministère de la Defense.

Il est le fils d’un menuisier breton devenu officier du Genie
militaire. Ce diplomate de carrière, âge de 49 ans, s’est rapproche
du secteur de la defense, en se specialisant dans les affaires
strategiques, la securite et le desarmement. Diplôme de l’Institut
d’Etudes Politiques de Paris, Laurent Bili a debute sa carrière
dans l’administration centrale a sa sortie de l’ENA, en 1991, a la
direction des Affaires strategiques et du desarmement.

En 1993, il est devenu conseiller diplomatique adjoint au cabinet
du ministre de la Defense Francois Leotard. Deux ans plus tard, il
a ete envoye en poste en Turquie a Ankara comme premier secretaire
puis deuxième conseiller.

En 1998, il est parti a Bruxelles en tant que premier secretaire,
representant permanent adjoint de la France auprès de l’Union de
l’Europe occidentale.

De 2000 a 2002, il a ete nomme conseiller auprès du comite politique
et de securite interimaire de l’Union europeenne, puis il a refait un
bref passage en janvier 2002 par la direction des affaires strategiques
en tant que delegue dans les fonctions de sous-directeur.

En mai 2002, il a ete nomme directeur du cabinet de Renaud Donnedieu
de Vabres, ministre des Affaires europeennes, puis, quelques mois plus
tard, conseiller technique de la cellule diplomatique Asie, Russie
et dossiers politico-militaires, a la presidence de la Republique.

Laurent Bili a ensuite ete l’ambassadeur de France en Thaïlande, de
mai 2007 a juillet 2009, avant de devenir directeur du cabinet civil
et militaire du ministre de la Defense Herve Morin, de juillet 2009
a novembre 2010.

L’annee passee, l’ambassadeur des Etats Unis en Azerbaïdjan, Matthew
Bryza, a ete revoque pour beaucoup moins.

From: A. Papazian

ISTANBUL: Turkish Prime Ministry Rules Out Renault As Service Cars

TURKISH PRIME MINISTRY RULES OUT RENAULT AS SERVICE CARS

Hurriyet Daily News
Feb 3 2012
Turkey

Turkish Prime Ministry shifts is service cars from French Renault to
US Ford amid the tensions with the eurozone’s second biggest economy
over a debated bill on punishing the denial of ‘Armenian Genocide,’
a daily claims

An employee of the French car manufacturer Renault working on
an assembly line at a plant in Douai, northern France. The French
carmaker’s local partner Oyak-Renault is considers boosting investments
to broaden its portfolio. AFP photo The Turkish Prime Ministry has
ruled out the French automobile maker Renault’s Latitude for its
civil servants following the passage of the “Armenian Genocide Bill”
in the French senate, according to the daily HaberTurk.

Akmercan, a firm which had won the tender of the renewal of the
rental cars in service for the public servants who work for the
Prime Ministry, was planning to purchase 130 Latitude’s. But the firm
opted for the Mondeo after the Prime Ministry asked Akmercan not to
buy Renault.

The fleet will be renewed gradually and 20 Mondeo cars were purchased
in the first phase, the HaberTurk said.

Also a Renault Fluence Z.E. electric car, a gift to be presented
to the Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, is on hold as the Prime
Ministry has not issued an approval. The Ministry of Science, Industry
and Technology has also suspended an order of 10 Renault electric cars.

All these decisions were taken before a sufficient number of senators
challenged the bill in the Constitutional Council, the paper reported.

Turkish government declared to announce sanctions against France once
the judgment is delivered.

The so called “Armenian Genocide Bill” criminalizes denials of the
1915 events as genocide. French parliament had previously passed a
resolution, which purports that the killing of Armenians in 1915 at
the end of the Ottoman Empire qualifies as genocide.

Renault may invest in Turkey

Meanwhile Renault’s Turkish unit, which makes seven models of passenger
cars, may consider van production, said Tarık Tunalıoglu, chief
executive of the joint venture Oyak-Renault Otomobil Fabrikalari,
at a press conference, according to Bloomberg.

“There are good examples in Turkey for the production of light
commercial vehicles, such as Ford and Tofas,” Tunalioglu said in an
interview in Istanbul today. “So we may consider that.”

Renault Group, consisted of Renault and Dacia automobile brands,
became a market leader with a 13.8 percent share last year selling
140,827 vehicles, according to a company press release. Renault
maintained its market leadership in private cars for the thirteenth
time, the press release said.

Genocide Armenien : Un Tabou Qui Se Fissure

GENOCIDE ARMENIEN : UN TABOU QUI SE FISSURE
Jean Eckaian

armenews.com
vendredi 3 fevrier 2012

Le portail grince, une bande de corbeaux s’envole dans un croassement
sinistre au-dessus des pins decharnes, deux chiens errants
s’enfuient… Les visiteurs sont rares sur la colline de la Liberte.

Les mausolees de Talaat Pacha et d’Enver, les principaux organisateurs
du genocide armenien qui, pendant la Première Guerre mondiale, fit
plus d’un million de morts, sont eriges dans ce parc coince entre
deux voies rapides. Grignotes par l’urbanisation, ces symboles du
negationnisme de l’Etat turc, a l’oeuvre depuis bientôt un siècle,
n’en sont pas moins toujours plantes au coeur d’Istanbul.

Le vote en France d’un texte penalisant la negation des genocides
d’une peine d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 45.000 euros –
enterine par le Senat le 23 janvier – dresse Ankara vent debout pour
defendre l’ideologie officielle. Pourtant, ces dernières annees,
le tabou entourant le caractère des massacres ordonnes par le parti
Jeunes-Turcs dans un Empire ottoman en pleine deliquescence s’est
largement fissure.

Paradoxe

“La situation est paradoxale, decrypte Cengiz Aktar, universitaire qui
pousse l’Etat a faire face a son passe. D’une part, la loi francaise
suscite un deferlement negationniste, de l’autre, on peut desormais
prononcer le mot ‘genocide’ dans les medias sans se faire sautera la
gorge.” Ni se faire assassiner. Cinq ans ont passe depuis que Hrant
Dink, journaliste d’origine armenienne, a ete abattu a Istanbul par
un jeune ultranationaliste turc. Ce jour funeste a fonctionne comme
un electrochoc dans la societe civile. Depuis ce 19 janvier 2007,
documentaires, livres, etudes universitaires sur 1915 se multiplient.

Fin 2010, une conference sur le genocide a reuni des scientifiques
du monde entier a Diyarbakir, dans l’Est, sans entrave de
l’administration. Les petits-enfants des Armeniennes turquifiees
de force et les “donme”, Armeniens qui se sont convertis a l’islam
pour echapper a la mort, sortent prudemment de l’ombre et aident la
Turquie a retrouver la memoire. La “question armenienne” a profite
de la liberalisation du pays, soutenue par le processus d’adhesion
a l’Union europeenne, au cours de la dernière decennie.

Ayse Gunaysu, presidente de l’Association des Droits de l’Homme a
Istanbul et organisatrice d’une commemoration publique du genocide le
24 avril 2011, n’a cure des convulsions nationalistes suscitees par
la loi francaise. Proteger en France les descendants des victimes du
genocide de la “violence absolue” des campagnes “de negationnisme
honteux des activistes turcs” pousse cette militante a approuver
ce texte.

Le “syndrome de Sèvres”

Mais l’impact côte turc de l’initiative francaise suscite de nombreuses
reserves. “Un simple citoyen turc, pas eduque, pourra etre condamne
en France, mais pas l’Etat turc lui-meme qui est negationniste,
explique Robert Koptas, redacteur en chef d'”Agos”, hebdomadaire
fonde par Hrant Dink. C’est problematique.” Bercee par une rhetorique
anti-armenienne dès l’ecole, une large part de la population ignore
en effet tout de cette page sombre de son histoire.

Lire la suite : voir lien plus bas

TelAviv: Jerusalem’s Armenians Outraged As City Approves Jews-Only P

JERUSALEM’S ARMENIANS OUTRAGED AS CITY APPROVES JEWS-ONLY PARKING LOT IN OLD CITY
By Nir Hasson

Ha’aretz

Feb 3 2012
Israel

For decades, the parking lot was open to all, though Jewish Quarter
residents paid far less for a parking sticker than their Armenian
neighbors.

Armenian residents of Jerusalem’s Old City are protesting a municipal
decision to designate a parking lot in the area solely for Jews,
although part of it stands on land belonging to the Armenian
Patriarchate.

Parking is a major problem in the Old City, and some residents of
the Jewish Quarter claim it is one reason secular families have been
moving out. One of the parking lots serving this quarter is adjacent
to the Armenian Quarter and is partially built on land owned by the
Patriarchate, though the land has been leased by the Jewish Quarter
Development Company since the 1970s.

For decades, the parking lot was open to all, though Jewish Quarter
residents paid far less for a parking sticker than their Armenian
neighbors. But around two years ago, Armenians were forbidden to
park there.

“One day I came home from work and the lot was closed,” said Mussa
Marizian, an Armenian Quarter resident whose windows overlook the
parking lot. “The quarter’s management decided we shouldn’t park
there; they just got rid of us. Jews who live in the Muslim Quarter
are allowed to park there, but I, who live right on top of the parking
lot, am not allowed.”

The development company subsequently asked the municipality for a
waiver to enable the lot to be permanently used for parking, even
though it is zoned as open public land under Jerusalem’s master plan
of 1978.

On Thursday, the city’s planning and building committee approved
the waiver, over the protests of both Armenian residents and the
Patriarchate’s representative, attorney Mazen Qupty, who argued that
most of the land was owned by the church.

“It was hard to hear the very inconsiderate arguments made by the
people of the Jewish Quarter about the needs of their Armenian
neighbors,” said Yosef “Pepe” Alalu, the Meretz deputy mayor, who
voted against the waiver. “How can it be that the parking lot used
to be open to all but now Armenians cannot enter?”

The Jerusalem Development Company said that less that 10 percent of
the parking lot’s land was leased from the Patriarchate, and that
the lease was for 99 years.

“The Armenians have a roomy parking lot 150 meters from that spot,”
the company said. “The request for exceptional use was a procedural
issue to renew the parking lot’s operating license and the objections
were legally rejected.”

http://www.haaretz.com/print-edition/news/jerusalem-s-armenians-outraged-as-city-approves-jews-only-parking-lot-in-old-city-1.410694

Avec Les Armeniens !

AVEC LES ARMENIENS !
Jean Eckian

armenews.com
vendredi 3 fevrier 2012

Depuis que les députés francais ont adopté le 22 décembre 2011
la proposition de loi visant a pénaliser la négation du génocide
des Arméniens, des intellectuels aussi éminents que Jean Daniel,
Pierre Nora et Robert Badinter ont eu les mots les plus durs pour
condamner cette initiative parlementaire.

Bien qu’ils ne nient pas ce génocide, ils s’obstinent a présenter
cette loi comme l’illustration parfaite de la dérive législative
mémorielle francaise. On comprend mal leur réaction, d’autant
qu’ils ne demandent pas l’abrogation de la loi Gayssot pénalisant
la négation de la Shoah !

Dans Le Monde,Robert Badinter affirme que le génocide des Arméniens
n’a pas été établi et ses auteurs n’ont pas été condamnés
par une juridiction internationale ou nationale dont l’autorité
de la chose jugée s’impose a tous. En écrivant de tels propos,
l’artisan de l’abolition de la peine de mort témoigne de manière
éclatante de sa méconnaissance historique : entre 1919 et 1922,
les tribunaux militaires turcs ont poursuivi quelque 300 dirigeants
Jeunes-Turcs, accusés de participation aux tueries de 1915. Les
principaux architectes du génocide, Enver Pacha, Djemal Pacha,
Talaat Pacha et le docteur Nazim ont été jugés coupables et
condamnés par contumace. Ces procès ont permis d’amasser une
quantité impressionnante de documents sur ce crime et de mettre
a jour l’organisation et la mise en Å”uvre de l’élimination des
Arméniens par ces dirigeants Jeunes-Turcs.

Des historiens israéliens ont heureusement réagi différemment
que ces intellectuels francais. Spécialistes des génocides, ils
parlent en connaissance de cause. Fondateur du Journal pour les
études sur l’Holocausteet le génocide, Yehouda Bauer a déclaré
que la négation du génocide des Arméniens est une négation de
l’histoire. Et IsraÔl Charny, fondateur de l’Institut de recherche sur
l’Holocauste et le génocide, a Jérusalem, s’est exprimé sur cette
question devant les membres de la Knesset : ” Aucun Juif décent,
aucun Israélien décent, ni aucune personne décente ne peut nier
les faits historiques établis du génocide d’un autre peuple. Que
direz-vous et que diriez-vous a quelqu’un qui nierait l’Holocausteâ~@~I
? Y aurait-il certaines conditions dans lesquelles vous “comprendriez”,
“admettriez”, ou d’une quelconque manière, accepteriez la nécessité
et par la suite la légitimité de leur négation ? ”.

Suggérant naïvement la création d’une commission internationale
d’historiens chargée de déterminer les conditions et l’ampleur du
génocide arménien de 1915, dont la Turquie s’engagerait a suivre les
conclusions, Robert Badinter et Pierre Nora devraient prendre la peine
de s’entretenir avec IsraÔl Charny qui s’est livré a cet exercice…

en 1982. Lorsqu’il a organisé cette première conférence
internationale sur l’Holocauste et le génocide réunissant de
nombreux experts internationaux, il a subi d’énormes pressions de
la part de la Turquie qui refusait de voir aborder le génocide des
Arméniens. Outre les menaces de sanctions a l’égard d’IsraÔl, on
lui a très cyniquement fait remarquer qu’il risquait de mettre en
danger la communauté juive de Turquie. En dépit de ces menaces et de
ces pressions, la conférence s’est tenue et 300 participants y ont
assisté. Cet épisode a le mérite d’établir que la Turquie n’est
pas prête a accepter les conclusions d’historiens indépendants,
même si elle ne cesse de réclamer depuis des années la création
d’une ” commission mixte internationale ” sur cette question.

Au lieu de conforter le nationalisme turc le plus intransigeant, nous
devons soutenir les Arméniens, précisément parce que nous avons
souffert du négationnisme. Mieux que quiconque, les Juifs savent
que ce fléau est une imposture qu’il faut réprimer. Nous avons
accueilli avec soulagement la pénalisation de la négation de la
Shoah en France et en Belgique. Ce qui est valable pour la Shoah doit
l’être pour le génocide des Arméniens. Au nom de la fraternité
des réprouvés, placons-nous du côté des Arméniens pour que ”
leur ” génocide ne soit pas celui qu’on aurait le droit d’oublier
et de nier en toute impunité. Cette attitude nous honorerait et ne
remettrait pas en cause les singularités de la Shoah qui en font
son unicité a la fois sur le plan historique et mémoriel.

1er février 2012

Nicolas Zomersztajn – ” Regards ”

Revue mensuelle tirée en Belgique a 15 000 exemplaires

Centre Communautaire Laïc Juif asbl

Rue de l’Hôtel des Monnaies 52 a 1060 Bruxelles – Tel : +32 2 543
02 70 – [email protected]

ISTANBUL: France…

FRANCE…

MARKAR ESAYAN

Today’s Zaman
Feb 2 2012
Turkey

I have been in Paris for a couple of days to deliver a speech at a
meeting held on the fifth anniversary of Hrant Dink’s death.

I was invited by L’ACORT (The Association of the Citizens of Turkish
origin in France), which has served the people of Turkey since 1980.

We gathered to remember Dink’s life. At the meeting, a documentary on
Dink by Osman Okkan was screened. The audience filled the Paris 10th
Municipal Hall. The hall was so full that many stood throughout the
entire occasion; Dink is such a uniting figure. I think that the people
found in Dink, a pure, untouched Anatolian spirit. His authenticity
and Anatolian spirit remind us of our rich, multicultural history,
in other words, the good old days. It is particularly sad that he
was taken from us at a time when we were attempting to “resurrect”
Turkey. This is another item on the menu of regrets that also includes
our failure to better protect Dink and our failure to know him better
while he was still alive.

In fact, while we are sad about Hrant’s death, we also mourn for
everything that was stolen from us. The vicious murder of an innocent
man, who walked around like a timid dove, at the hands of a violent
organization, seemed like an attack on everyone, regardless of whether
or not they love Armenians. Had Dink been murdered in the 1980s or
1990s, when we lost many valuable people, maybe such a great weight
would not have been placed on our consciences. The loss of Dink was
untimely. The Ergenekon investigation started a few months after
his murder. Veli Kucuk was arrested one year after his death. Is it
possible that there would be no connection at all between the unsolved
murders and the start of the Ergenekon investigation?

In Paris, France, where I am writing this column, Turks, Kurds and
Armenians held a meeting in remembrance of Hrant shortly after his
death. This pleased me back then. However, this year I realized that
bilateral relations have deteriorated in the aftermath of the adoption
of the genocide denial bill in the French Senate. Thousands of Turkish
people who gathered around the Senate building to protest have been
very influential. It is said that Turkey organized this event.

Armenians perceived the strong influence of Turkey in the recent
discussions of the delicate incidents of 1915 — which took place in
this new home where their ancestors chose to live — as a continuation
of the harassment and persecution they have faced for many years.

For this reason the participation of Armenians in the meeting where I
made a speech was limited. Of course a French journalist asked about
the decision of the Senate.

And I gave the following response, which I think pleased nobody:

“I have expressed my opinion on this matter many times in Turkey;
let me repeat: I am in favor of the right to express any thought that
does not involve violence, include racist remarks or humiliate the
dignity of others. With that being said, I am also aware that this
bill is part of the effort to create and label a new crime that seeks
to prevent future genocides. This cannot be explained by [President
Nicolas] Sarkozy’s political ambitions alone. But as a democrat,
I hold this view. If I were a senator with the right to vote in the
Senate, I would object to the Gayssot bill and this law as well. But
as the child of people whose ancestors were murdered by the Committee
of Union and Progress (CUP) and denied respect for 96 years, I feel
partial pleasure in my heart with these decisions; frankly speaking,
I cannot deny this. And I think that this dilemma and contradiction
is not something for which I am responsible.”

Of course, such meetings influence me; particularly those in foreign
countries where the people of Anatolia sought refuge from death,
persecution and poverty; the baggage we carry is sizeable. Living
abroad is already harsh. With the addition of compounding problems,
our baggage only becomes heavier. I tell them that we are not so
trapped in Turkey, and to realize that the positive changes in Turkey
are always perceived later, whereas unconstructive developments
are sensed immediately. It could be said that Turks, Kurds and the
Armenian Diaspora are all still experiencing the 1980s of Turkey.

The fact that Turkey has erased some of its partially positive image
by overreacting to the recent decision is something that has truly
frustrated me.

The issue is extensive. I will continue discussing it.

From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

ISTANBUL: FM Readies For Syria, French Bill Talks In US

FM READIES FOR SYRIA, FRENCH BILL TALKS IN US

Hurriyet Daily News
Feb 2 2012
Turkey

Foreign Minister Ahmet Davutoglu will have talks with U.S. Secretary
of State Hillary Clinton in his work visit to Washington between Feb.
8 and 13.

Recent developments in the region including Arab League and United
Nations Security Council initiatives on Syria, political tension in
Iraq and United States sanctions against Iran are expected to be high
on the talk agenda.

He will also seek to ensure Congress does not take up any move on
the Armenian genocide allegations issue ahead of April 24, diplomatic
sources said.

Armenian-Americans traditionally urge U.S. presidents and Congress
to officially recognize World War I-era deaths of their kinsmen in
the Ottoman Empire as “genocide” around this time of year.

Each year a bill related to the issue arrives in Congress, but
this year Turkey is expected to face a greater challenge due to the
approaching elections in the U.S. During his visit Davutoglu will also
deliver a speech at the American Turkish Council (ATC) and participate
in a meeting at the Center for Strategic and International Studies
(CSIS). The Turkish foreign minister and Clinton are also expected
to meet at the Munich Conference this week.

Boyer vows to fight to end ANKARA – Hurriyet Daily News

French lawmaker Valerie Boyer, architect of the controversial
bill criminalizing denial of Armenian “genocide,” expressed her
disappointment the bill was taken to the Constitutional Council and
said she will fight to the end for this cause.

“Even if this is not a surprise, I am disappointed to see that some
parliamentarians prefer legalism to humanism,” Boyer, from the ranks of
the ruling Union for a Popular Movement (UMP) party, said in a Facebook
post. “Although I respect their decision, since it is their right,
I share the pain of the families that the memory of the victims is
once again proven by this procedure. For me, the pressure exerted
by a foreign state denial should not outweigh a universal cause,
on the defense of human rights and the size of France,” she said.

“Anyway, I remained convinced that it is not admissible on French
territory that the memory of the victims of genocides recognized
by France is not protected in the same way! It is unequal treatment
and cruel perfectly unacceptable discrimination against which I will
fight to the end,” the parliamentary member said.