Le Genocide Des Armeniens

LE GENOCIDE DES ARMENIENS

Le Temps, Suisse
6 mars 2007

A la veille de son procès a Lausanne, Dogu Perincek a declare ne pas
s’attendre a etre condamne par la justice pour avoir nie le genocide
des Armeniens. Le president du Parti des travailleurs turcs estime
que l’opinion est en train de changer en Suisse et se felicite des
prises de position de Christoph Blocher. (Lire en page 10).

Le 24 avril 1915, plusieurs centaines d’intellectuels et notables
armeniens sont arretes a Constantinople, puis tues ou deportes. Cette
date est consideree comme le debut des operations de destruction totale
du peuple armenien decidee par les Jeunes-Turcs, qui voient en lui
une cinquième colonne de la Russie. Le 7 avril, la ville de Van, a
l’est de la Turquie, s’etait donne un gouvernement armenien autonome,
avec l’appui du tsar. Ce geste avait souleve l’espoir des quelque
deux millions d’Armeniens de Turquie. Dès lors, ceux-ci devenaient
des ennemis a abattre.

Les Jeunes-Turcs procèdent avec methode. Leur ministre de l’Interieur,
Talaat Pacha(ci-contre), envoie un telegramme aux cellules de base
du regime: "Le gouvernement a decide de detruire tous les Armeniens
residant en Turquie. Il faut mettre fin a leur existence, aussi
criminelles que soient les mesures a prendre. Il ne faut tenir compte
ni de l’âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n’ont pas leur
place ici."

Massacres, exactions, deportations, spoliations se poursuivent
jusqu’en août 1916. Les deux tiers de la population armenienne de
Turquie, evaluee a deux millions d’âmes, disparaissent. En 1919,
a la Conference de Paris, la Turquie admet ce fait, quoique en
minimisant les chiffres. Lors de la signature du Traite de Sèvres,
en 1920, elle s’engage a poursuivre les responsables des massacres
et a proceder a des reparations. Mais le sursaut nationaliste de
Kemal Ataturk aboutit a une amnistie generale en mars 1923. Depuis,
le regime turc s’en tient a une version qui ne retient "que" 300000
morts survenues lors de "transferts" d’Armeniens sous la responsabilite
"d’elements qui ont agi de manière inadmissible".

–Boundary_(ID_duL2pUmprf9Ph/ zSyXbkqg)–

L’Armenie Chretienne En Majeste

L’ARMENIE CHRETIENNE EN MAJESTE
par Michèle Champenois

Le Monde, France
6 mars 2007 mardi

Au Louvre et a la Conciergerie, parcours dans l’histoire mouvementee
d’une civilisation dont l’identite s’est maintenue depuis le IVe siècle

La pierre et le livre, la foi et l’ecrit, l’enluminure et la
sculpture. Pour illustrer l’histoire des Armeniens, depuis le
debut du IVe siècle, date de leur conversion au christianisme, et
souligner la permanence d’une identite culturelle dans le grand jeu
des empires rivaux et des dominations successives, le Louvre presente
" Armenia sacra ", l’art sacre de l’Armenie, jusqu’au 21 mai. Très
complementaire et instructive, l’exposition de la Conciergerie,
due a Sylvie Clavel et Narek Sargsyan, qui avaient ouvert le feu en
decembre 2006, vient d’etre prolongee jusqu’au 22 avril. Intitulee "
Les douze capitales d’Armenie ", elle offre un panorama historique
a travers le Caucase et l’est de la Turquie. Dans la belle salle
voûtee du palais, le public peut decouvrir un inventaire chaleureux
et admirablement illustre des monuments et des cites qui ont marque
l’histoire des royaumes successifs. Elle se conclut par une maquette
d’Erevan, capitale de l’actuelle Republique d’Armenie.

Le Louvre, quant a lui, a menage une surprise majeure aux visiteurs d’"
Armenia sacra ", dont le commissaire est Jannic Durand, conservateur
en chef au departement des objets d’art. Dans les douves, devant les
murailles medievales du château de Charles-V, espace jamais utilise
depuis sa revelation lors des travaux du Grand Louvre, sont disposes
des groupes de hautes stèles sculptees : ce sont des khatchkars
ou pierres-croix (khatch signifie croix ; kar, pierre), que l’on
trouve dans les eglises et les monastères armeniens ou parfois dans
les champs, prières minerales dressees face aux vastes ciels de ce
pays de hauts plateaux. Impressionne par ce patrimoine original lors
d’un voyage exploratoire en Armenie, le president du musee francais,
Henri Loyrette, avait souhaite que certaines soient presentees a Paris.

LA CREATION DE L’ALPHABET

La petite Republique d’Armenie (3 millions d’habitants) a releve le
defi, et une trentaine de ces khatchkars (les plus anciens datent du
Xe siècle) ponctuent le parcours. Il a ete inaugure par une visite,
le 19 janvier, de Jacques Chirac, president de la Republique, et
de Robert Kotcharian, le president armenien, tous deux en fin de
mandat electoral, qui celèbrent en commun l’Annee de l’Armenie en
France organisee jusqu’au 14 juillet. " Armenia sacra " est l’un des
evenements d’une programmation très riche (musique, cinema, peinture)
de plus de quatre cents evenements ().

Avec la diversite de leur decor sculpte, où la croix figure comme
symbole de la resurrection, ces pierres dressees temoignent d’une
permanence de la foi chretienne, adoptee par le roi Tiridate, en
301, sous l’influence decisive de saint Gregoire, avant la Rome de
Constantin. La creation de l’alphabet, un siècle plus tard, pour
cette langue indo-europeenne encore très vivante aujourd’hui, est
l’autre element decisif. L’unite de la civilisation armenienne n’est
pas un mystère pour les historiens comme Jean-Pierre Mahe, philologue
et orientaliste, qui, a l’Ecole pratique des hautes etudes forme des
equipes de jeunes chercheurs. Le nombre et la qualite des contributeurs
du catalogue " Armenia sacra ", aussi colore qu’un reliquaire medieval
et presque aussi lourd qu’un khatchkar, montre que la France ne fut
pas seulement une terre d’accueil pour les rescapes du genocide de
1915. Elle est devenue une pepinière d’experts et de savants dediee
a l’etude de la culture armenienne.

De l’architecture des eglises (avec quelques siècles d’avance sur
l’art roman d’occident) a l’enluminure des Evangiles et au travail
des copistes et traducteurs de textes grecs, le christianisme et
son expression artistique ont maintenu, au travers d’une histoire
plus que mouvementee, la continuite culturelle de la nation. Meme
dans les longues periodes où celle-ci ne s’appuyait pas sur un Etat
independant. Enjeu d’empires rivaux, Rome et Byzance, la Perse et les
Ottomans, l’Armenie a rejailli a l’epoque des croisades en Cilicie
(XIIe-XIVe siècles). Puis les Armeniens ont maintenu, a l’interieur
de l’empire ottoman, ou dans l’exil en Crimee, en Italie, en France,
et jusqu’en Inde, leur langue, leur religion et leur culture.

Parcours savant et spectaculaire, intimiste et parfaitement documente,
" Armenia sacra " est installee dans la galerie Melpomène, dont les
marbres rouges, les voûtes et les niches accompagnent une scenographie
qui sait montrer en majeste des fragments de sculptures monumentales
(un chapiteau de Zvartnots) et, avec delicatesse, les objets les
plus travailles et les plus fines enluminures, aux couleurs intactes,
qui ornent les livres saints, les recits legendaires ou cet evangile
d’Etchmiadzine, dont on remarque la reliure en ivoire travaille. Comme
l’indique l’apport des collections d’objets liturgiques et de
manuscrits precieux venus du siège de l’Eglise apostolique armenienne,
a Etchmiadzine, près d’Erevan, meme durant la periode sovietique
(1921-1991) les dirigeants ont su negocier pour les biens religieux
une relative protection qui leur permet de reapparaître aujourd’hui.

–Boundary_(ID_TycFdxmC5Ry9RHnbwZIgr g)–

www.armenie-mon-amie.com

"Ce Sont Des Assassins Dangereux!"

"CE SONT DES ASSASSINS DANGEREUX!"

Le Matin
06 mars 2007 mardi
Edition Semaine

Renseignements pris, les Armeniens se feront le plus discrets possible
durant le procès. "Surtout, pas de provocation", explique Sarkis
Shahinian, copresident de l’Association Suisse-Armenie, a l’origine
de la plainte contre Dogu Perincek.

Cela n’empeche pas Philippe Nordmann, avocat de la partie civile,
de tenir des propos très durs a l’encontre des partisans du Comite
Talaat Pacha dont Perincek est un membre influent. "Ce sont des
assassins dangereux, des extremistes!" L’avocat rappelle le meurtre
du journaliste turco-armenien Hrant Dink perpetre au mois de janvier
en Turquie. Et faisant reference a la triste figure historique de
Talaat Pacha, ancien ministre turc de l’interieur accuse d’avoir
ordonne le massacre d’un million d’Armeniens entre 1915 et 1917:
"C’est comme si chez nous, des militants creaient un Comite Adolf
Hitler", s’emporte Philippe Nordmann.

L’avocat mettra donc toute son energie a faire reconnaître le
genocide armenien le Conseil national l’a fait en 2003 et la nature
raciste des propos de Dogu Perincek. "Selon l’appreciation du juge,
M. Perincek pourrait etre condamne a jusqu’a six mois de prison ferme",
pronostique Philippe Nordmann.

–Boundary_(ID_E6LJs7T7XwczF5ntvM/GhA)- –

1500 Turcs Attendus A Lausanne

1500 TURCS ATTENDUS A LAUSANNE

Le Matin
06 mars 2007 mardi
Edition Semaine

Les partisans de Dogu Perincek profiteront du procès lausannois pour
faire du bruit. Et diffuser leur credo negationniste le plus largement
possible. Rendez-vous est fixe a ce matin 8 h 30 sur la place de la
Riponne a Lausanne. Plusieurs centaines de militants turcs jusqu’a
1500, selon un organisateur , qui auront voyage toute la nuit en car
d’Allemagne, de France et d’Angleterre donneront de la voix. Dogu
Perincek viendra en personne les saluer avant d’entrer en audience.

Multiples conferences de presse, colloque dans un hôtel neuchâtelois
mercredi Le Comite Talaat Pacha (qualifie de "xenophobe et raciste"
par le Parlement europeen) a vu les choses en grand et diffuse son
programme en turc sur le site !

Arrive pour sa part en Suisse dimanche, Dogu Perincek a assure hier
après-midi au centre culturel turc de Renens (VD) qu’il faisait
"confiance a la justice suisse" pour conclure a l’absence de genocide
armenien. "Nous nous sommes bien prepares pour ce procès", a averti
l’accuse, flanque d’"une quarantaine d’avocats" pour la cause. Hier
soir deja, plus de 170 intellectuels turcs de haut rang avaient rallie
la Suisse par avion.

–Boundary_(ID_sHbx4zVujV+uypjQo8ftxw)–

www.lozan2007.org

=?unknown?q?Synth=E8se_Proc=E8s_De?= Dogu Perincek Genocide Armenien

SYNTHèSE PROCèS DE DOGU PERINCEK GENOCIDE ARMENIEN: LES PARTIES CAMPENT SUR LEURS POSITIONS

Schweizerische Depeschenagentur AG (SDA)
SDA – Service de base francais
6 mars 2007 mardi 7:59 PM CET

Le procès de Dogu Perincek, qui s’est ouvert mardi, a montre que les
positions sur le genocide armenien restent fondamentalement opposees.

Le nationaliste turc nie toujours le genocide, alors que du côte
armenien, on le considère comme un fait incontestable.

Très attendu, le procès a semble tourner en premier a l’avantage
de la position defendue par le president du Parti des travailleurs
turcs. Dogu Perincek, 65 ans, a ete renvoye devant le Tribunal de
police de Lausanne pour discrimination raciale après avoir qualifie
le genocide armenien de "mensonge international".

Devant la Cour, le nationaliste a repete ses thèses: il y a eu des
"massacres reciproques" en 1915, mais pas de volonte de la part des
Turcs d’eradiquer la population armenienne. Toutes les atrocites
commises trouvent leur origine dans la Première Guerre mondiale.

Pas comme Hitler

Pour confirmer ces dires, l’historien americain Justin McCarthy
a ete cite comme temoin. A ses yeux, il n’y a pas eu de genocide
armenien, surtout si l’on se refère a Hitler dès que l’on emploie le
mot genocide. "Tout est très complique dans cette periode", selon
l’historien, qui juge imprecise la definition du genocide donnee
par l’ONU.

A la reprise de l’audience, l’historien et ecrivain francais
Jean-Michel Thibaux a encore enfonce ce clou. Il ne faut pas utiliser
le concept de genocide. "Le mot est beaucoup trop fort", il soulève
la passion et exacerbe les tensions.

Pas le temps

Pour lui, les massacres sont clairement etablis, mais il n’y a pas
eu de planification de l’extermination des Armeniens comme les nazis
l’ont fait vis-a-vis des juifs. "C’etait techniquement impossible",
a affirme Jean-Michel Thibaux.

A son avis, c’est le critère essentiel qui exclut le terme de
genocide. En quelques mois durant la guerre, les Turcs n’ont pas pu
organiser un massacre systematique. Les arguments de cet homme ont
cependant pris un coup dans l’aile lorsqu’il a admis avoir ete invite
par le ministère turc des affaires etrangères a temoigner au procès
de Lausanne.

Verite etablie

La replique a ces assertions est venue d’une sociologue allemande. Le
genocide armenien est incontestable, a affirme avec determination Tessa
Hofmann. Chercheuse a l’Universite libre de Berlin, elle a explique
qu’elle se basait avant tout sur la correspondance diplomatique
allemande.

La femme a cite notamment un ancien ambassadeur allemand qui explique
les agissements des Turcs a l’epoque comme une volonte claire
d’eliminer la population armenienne. Il s’agissait "d’exterminer la
race armenienne dans l’empire ottoman", a declare la chercheuse en
reprenant les mots du fonctionnaire prononces en juillet 1915.

Ennemis de l’interieur

Des consuls et d’autres diplomates ont affirme la meme chose, alors
qu’ils n’etaient pas consideres comme des ennemis de la Turquie a ce
moment-la, a-t-elle souligne. Pour elle, le genocide est confirme par
les deportations massives d’Armeniens presentes comme des "ennemis
de l’interieur" ou des "menaces pour l’Empire".

En fin d’après-midi, l’historien francais Yves Ternon a rencheri. A
ses yeux, le genocide armenien ne fait aucun doute. Il a demonte une
a une toutes les thèses des negationnistes qui cherchent soit a tout
nier en bloc soit a relativiser de manière insidieuse et progressive.

Un processus clair

"La deportation etait la methode du genocide", a souligne Yves
Ternon. Il ne faut pas chercher a tout prix un ordre ecrit pour
le declenchement du genocide car les auteurs de ces crimes font
precisement tout pour dissimuler leurs veritables intentions.

Mais le processus du genocide est evident: arrestation des notables,
tortures pour faire avouer des complots, deportations en masse des
femmes et des enfants. Le tout avec des relais entre le pouvoir
central et des administrateurs dans les regions qui appliquent les
ordres avec efficacite et methode.

Environ 200 sympathisants de M. Perincek ont manifeste durant la
journee a Lausanne. Dans la soiree, d’autres temoins devaient encore
etre entendus. Le procès reprend jeudi.

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Developpement Procès de Dogu Perincek "Blocher s’est trop avance",
selon l’historien Hans-Lukas Kieser Encadre

Bâle

Une commission d’historiens pourrait permettre de clarifier les
questions liees au genocide armenien, estime Hans-Lukas Kieser. Mais
pour l’historien, les politiques doivent aussi prendre leurs
responsabilites. Il s’oppose en cela a Christoph Blocher.

Une commission d’historien ne doit pas determiner en premier lieu
si un genocide a eu lieu, a declare mardi a l’ATS ce specialiste de
la Turquie. "Cette question a ete clarifiee depuis longtemps parmi
les historiens".

M. Kieser souligne qu’une commission pourrait toutefois etablir qui
porte la responsabilite directe du genocide armenien: l’Etat dans
son ensemble ou un Etat dans l’Etat, a savoir des forces agissant
independamment des autorites officielles.

Reponsabilite politique

Un groupe d’historiens pourrait jouer le meme rôle que la commission
Bergier en Suisse a la fin des annees 90, estime le charge de cours a
l’Universite de Zurich. Dans ce cas precis, le monde politique avait
reconnu que des erreurs avaient ete commises a l’egard des refugies
juifs et s’etait excuse. Cette reconnaissance politique est aussi
necessaire dans le cas de la Turquie, estime Hans-Lukas Kieser.

Selon lui, le ministre de la justice Christoph Blocher s’est "trop
avance" en declarant que le traitement de ces questions n’etait pas
du ressort d’un gouvernement et qu’il fallait en outre reviser la
norme penale antiraciste, concernee par la negation des genocides.

"Il faut esperer que le reste du Conseil federal corrige le tir".

Le moment est venu pour la Turquie de changer de paradigme, estime M.

Keiser. Les chances de reussir sont aujourd’hui meilleures que jamais
auparavant. La fin de la Guerre froide, le processus de rapprochement
avec l’UE et le meurtre du journaliste armeno-turc Hrant Dink ont
fait monter la pression internationale et interieure et accentue le
besoin de clarte.

Blocher se justifie

Pour M. Blocher, l’important est que la Turquie s’est dite
prete a ouvrir unilateralement ses archives sur les massacres
perpetres en Armenie, a-t-il dit mardi dans un entretien accorde au
"Tages-Anzeiger". Le conseiller federal UDC a en outre justifie sa
rencontre avec son homologue turc Cemil Cicek quelques jours avant
l’ouverture du procès de Dogu Perincek. "La visite etait agendee
depuis l’automne passe".

Lors de sa rencontre vendredi et samedi avec M. Cicek, M. Blocher
a explique que la Turquie devait s’attendre a ce que Dogu Perincek
puisse etre condamne. "Mon homologue n’a pas tente d’influer sur le
procès", a dit le Zurichois.

Concernant la revision eventuelle de la norme penale antiraciste,
le chef du Departement de justice et police (DFJP) veut presenter ce
semestre encore une decision de principe au gouvernement.

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Situation 17h45 Procès de Dogu Perincek Une sociologue allemande
souligne la realite du genocide

Lausanne

Le procès de Dogu Perincek a penche mardi après-midi a Lausanne du
côte des Armeniens. Après les arguments du nationaliste turc niant
le genocide armenien, une sociologue allemande est venue affirmer
avec force le contraire.

Le genocide armenien est incontestable, a affirme avec determination
Tessa Hofmann devant le Tribunal de police de Lausanne. La sociologue
et chercheuse a l’Universite libre de Berlin a explique se baser
avant tout sur la correspondance diplomatique allemande.

La race armenienne

La femme a cite notamment un ancien ambassadeur allemand qui explique
les agissements des Turcs a l’epoque comme une volonte claire
d’eliminer la population armenienne. Il s’agissait "d’exterminer la
race armenienne dans l’empire ottoman", a declare la chercheuse en
reprenant les mots du fonctionnaire prononces en juillet 1915.

Des consuls, d’autres diplomates ont affirme la meme chose, alors
qu’ils n’etaient pas consideres comme des ennemis de la Turquie a ce
moment-la, a-t-elle souligne. Pour elle, le genocide est confirme par
les deportations massives d’Armeniens presentes comme des "ennemis
de l’interieur" ou des "menaces pour l’Empire".

Discrimination officielle

Pour la sociologue, la Turquie pratique encore aujourd’hui "une
discrimination officielle" envers les Armeniens. Il est interdit d’en
parler, quelque 90 journalistes sont poursuivis a cause de leurs
ecrits sur le sujet. Elle estime que dès l’ecole, le gouvernement
cherche a enseigner la negation du genocide.

Avant Tessa Hofmann, l’ecrivain et historien francais Jean-Michel
Thibaux a cherche a demontrer qu’il ne fallait au contraire pas
utiliser le concept de genocide. "Le mot est beaucoup trop fort",
il soulève la passion et exacerbe les tensions.

Pas de planification

Les arguments de cet homme ont pris un coup dans l’aile lorsqu’il a
admis avoir ete invite par le ministère turc des affaires etrangères
a temoigner au procès de Lausanne. Pour lui, les massacres sont
clairement etablis, mais il n’y a pas eu de planification de
l’extermination des Armeniens comme les Nazis l’ont fait vis-a-vis
des juifs.

"C’etait techniquement impossible", a affirme Jean-Michel Thibaux.

Pour lui, c’est le critère essentiel qui permet de refuser le terme
de genocide. En quelques mois durant la guerre, les Turcs n’ont pas
pu organiser un massacre systematique.

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Procès de Dogu Perincek Calme journee lausannoise pour quelque 200
sympathisants turcs Feature par Marie-Christine Mousson (ats)

Lausanne

Quelque 200 personnes ont fait le voyage de Lausanne mardi pour
soutenir le president du Parti des travailleurs turcs Dogu Perincek,
juge pour ses declarations niant le genocide armenien. Leur journee
s’est passee calmement, entre rassemblement et attente.

A 08h15, ils ne sont encore qu’une vingtaine sur la place de la
Riponne, devant le Palais de Rumine. Ils arborent des drapeaux turcs,
rouges avec un croissant et une etoile blanche, ou une echarpe rouge.

Quatre autocars arrivent l’un après l’autre, amenant des gens venus de
Turquie, mais aussi d’Allemagne, de Belgique, de Hollande et de France.

A 09h30, la foule atteint quelque 200 personnes. Les manifestants
fument et discutent calmement entre eux. La plupart sont relativement
âges. La proportion de femmes est faible, un cinquième environ. Un
gamin tient le portrait du general Ataturk dans le champ des cameras
de television.

La dizaine de journalistes presents prend des lecons d’histoire. Les
sympathisants de Dogu Pericek reprennent les thèses de leur leader,
selon lesquelles les accusations de genocide armenien sont une
"propagande des pays occidentaux imperialistes" contre la Turquie.

Une heure après, dernière photo de groupe sur les marches de Rumine.

La foule se disperse. Une partie entre visiter le Musee des
Beaux-Arts. Les gendarmes a l’entree leur font deposer les drapeaux.

D’autres restent par petits groupes sur la place.

Devant le tribunal

Sous le soleil de midi, quelque 150 d’entre eux se massent
silencieusement a Montbenon, devant le tribunal où se tient le
procès. Une vingtaine de policiers gardent un large perimètre delimite
par des barrières cadenassees entre elles.

La patience des sympathisants turcs est recompensee lorsque, plus
d’une heure et quart plus tard, Dogu Perincek vient les saluer.

L’homme monologue pendant dix minutes a l’intention des representants
de medias turcs. Il poursuit cinq minutes durant en allemand, repetant
ses thèses, avant de rentrer dans le tribunal.

Satisfaits, les manifestants retournent lentement a la Riponne. Ils
mangent sur le pouce et remontent dans les autocars qui les ramèneront
a leur hôtel a Neuchâtel.

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Situation 13h15 Procès de Dogu Perincek Les opinions s’affrontent
sur la realite du genocide armenien

Lausanne

Le procès de Dogu Perincek, qui s’est ouvert mardi a Lausanne, est
entre immmediatement dans le vif du sujet. Le nationaliste turc a
nie a nouveau le genocide armenien alors que les autres parties ont
cherche a montrer la realite de la tragedie.

Dogu Perincek, 65 ans, a repete ses thèses connues: il y a eu des
"massacres reciproques" en 1915, mais pas de volonte de la part des
Turcs d’eradiquer la population armenienne. Toutes les atrocites
commises trouvent leur origine dans la Première Guerre mondiale.

Pour le chef du Parti des travailleurs turcs, les grandes puissances
de l’epoque, Londres en particulier, sont a l’origine de cette
"propagande". Celle-ci est utilisee aujourd’hui par les Etats-Unis
contre la Turquie.

De la propagande

Tous les documents produits en general pour confirmer la thèse du
genocide sont en fait des "faux". Les services secrets britanniques de
l’epoque en sont les auteurs, affirme Dogu Perincek. Meme les procès
contre les Turcs responsables des deportations d’Armeniens ont ete
"orchestres", selon lui.

Pour confirmer ses dires, l’historien americain Justin McCarthy
a ete cite comme temoin. A ses yeux, il n’y a pas eu de genocide
armenien, surtout si l’on se refère a Hitler dès que l’on emploie le
mot genocide. "Tout est très complique dans cette periode", selon
l’historien qui juge imprecise la definition donnee par l’ONU du
concept de genocide.

Tout relativiser

La defense de l’Association Suisse-Armenie (ASA), qui est partie
civile, a cherche pour sa part a montrer que systematiquement les
affirmations faisant etat d’un genocide etaient deconsiderees par la
partie adverse, sous n’importe quel pretexte.

En sortant du tribunal lors de la pause de midi, Dogu Perincek a ete
applaudi par quelque 150 sympathisants. Il a ensuite donne plusieurs
interview, en particulier aux medias turcs presents. L’audience
reprend a 14h00. Le procès se poursuivra jeudi. Dogu Perincek est
renvoye devant la justice pour avoir declare a Lausanne notamment
que le genocide armenien etait "un mensonge international".

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Ouverture du procès de Dogu Perincek Le leader turc nie le genocide
armenien

Lausanne

Le procès de Dogu Perincek s’est ouvert mardi matin devant le Tribunal
de police de Lausanne. Le president du Parti des travailleurs turcs est
accuse de discrimination raciale pour avoir nie le genocide armenien
de 1915.

L’eventuelle condamnation de Dogu Perincek, 65 ans, serait une première
judiciaire. En 2001, la justice bernoise a acquitte douze Turcs qui
comparaissaient pour negation du genocide armenien. Des instances
politiques comme le Conseil national ou le Grand Conseil vaudois ont
reconnu depuis lors le genocide.

Dogu Perincek s’est montre confiant sur l’issue du procès. "Je ne
m’attends pas etre condamne", a-t-il declare lundi devant la presse.

Il estime que l’opinion evolue dans le bon sens et reconnaît desormais
ses thèses: il y a eu des massacres mais pas de genocide.

Dogu Perincek a amene avec lui de volumineuses archives russes qui
prouveraient ses dires. Selon lui, le genocide est l’invention des
services secrets des grandes puissances durant la Première guerre
mondiale. Il est aujourd’hui l’instrument de propagande des Etats-Unis
contre la Turquie. Dogu Perincek se definit comme anti-imperialiste,
mais refuse d’etre taxe de racisme.

–Boundary_(ID_dRIrziVwYUIqx3qEaMMHeQ)–

Armenian President Signs Dual Citizenship Bill Into Law

ARMENIAN PRESIDENT SIGNS DUAL CITIZENSHIP BILL INTO LAW

International Herald Tribune, France
March 7 2007

YEREVAN, Armenia: Armenia’s president on Wednesday signed into
law legislation allowing dual citizenship, a move that could vastly
increase the sway that the country’s vast diaspora holds over political
life in the tiny ex-Soviet republic.

The presidential press service said Robert Kocharian signed the
multipart bill into law, but gave no further details.

Last week, ruling party lawmakers in the 131-seat National Assembly
voted 66-5 to pass the legislation over the objections of opposition
lawmakers who boycotted, saying it would increase potential for
corruption, though most opposition parties support the overall concept.

The law allows dual citizenship for Armenians 18 years or older who
have lived in the country continuously for three years; who marry
Armenian citizens; who have a child who is an Armenian citizen or
other new stipulations.

Dual citizens will be able to vote in elections but only if they
physically cast their ballots in Armenia. Dual citizens will not be
able to run for the presidency, parliament or the Constitutional Court.

The issue is an important change for the small country of about 3.3
million, which has a massive ethnic diaspora worldwide – estimated at
between 9 million and 12 million – with particularly large communities
in the United States and France.

Expatriate Armenians send massive amount of humanitarian and financial
aid back to their homeland, and often subscribe to a harder political
line on key issues of national interest, such as relations with
neighboring Azerbaijan and Turkey.

ANKARA: US Senate Committee Delays Vote On Dink Resolution

US SENATE COMMITTEE DELAYS VOTE ON DINK RESOLUTION
EmÝne Kart Ankara

Today’s Zaman, Turkey
March 7 2007

A decision by the US Senate Committee on Foreign Relations on Tuesday
to delay a planned vote on a resolution condemning the murder of
Turkish-Armenian journalist Hrant Dink and calling on Turkey to abolish
a penal code article widely considered to be a barrier standing in the
way of freedom of expression has led to disappointment in the Armenian
diaspora while pleasing Ankara in that US lawmakers apparently have
taken Turkey’s concerns into consideration.

"We are troubled that Senator Lugar — apparently acting at the
request of the administration — has delayed the US Senate’s tribute
to the life and memory of Hrant Dink," said Aram Hamparian, executive
director of the influential US-based Armenian lobbying organization
the Armenian National Committee of America (ANCA), was quoted as
saying in reference to the Senate Committee on Foreign Relations’
ranking member, Richard G. Lugar. "We look forward to the panel, at
the next opportunity, rejecting any efforts to block or water down
this measure and passing it in the form it was introduced."

On Tuesday, when the committee gathered at a "business meeting," Lugar
objected to the resolution text and wanted the "Armenian genocide"
expression to be taken out of the resolution.

The non-binding resolution, drafted by Democrat Senator Joe Biden,
chairman of the Committee on Foreign Relations, condemns the murder
of Dink and calls for abolishment of the infamous Article 301 under
which Dink was tried and handed a six-month suspended sentence for
"insulting Turkishness" and also calls on Turkey to establish full
political, diplomatic and economic relations with neighboring Armenia.

"Apparently the reason for the delay is a disagreement among US
lawmakers, as some of them expressed their uneasiness over certain
expressions used in the resolution," diplomatic sources on Wednesday
told Today’s Zaman, avoiding comment on whether the US lawmakers were
upset by the "genocide" expression.

"This is a non-binding resolution, and what matters for us is the US
administration’s stance in regard to Armenian allegations. So far,
the US administration hasn’t bowed to Armenian pressure to officially
recognize the allegations," the same diplomatic sources said.

Senator Lugar and Senator Biden are expected to draw up a new joint
text for the same resolution before the committee gathers for the next
meeting, the Anatolia news agency reported from Washington yesterday.

Meanwhile, officials at the Turkish Embassy in Washington have been
constantly informing US lawmakers over "inappropriate expressions"
and facts in the resolution.

–Boundary_(ID_96dTNv8Ekrq3zA/UQBjWpg )–

EU Best Assistance To Karabakh Problem Could Be Joining OSCE MG

EU BEST ASSISTANCE TO KARABAKH PROBLEM COULD BE JOINING OSCE MG

PanARMENIAN.Net
07.03.2007 14:58 GMT+04:00

/PanARMENIAN.Net/ "The European Union has become increasingly
involved during the past years in the South Caucasus especially
after the inclusion of Azerbaijan, Armenia and Georgia in the European
Neighborhood Policy (ENP). In 2007 the EU, together with South Caucasus
states, will start preparing projects to benefit from funding of the
ENP Initiative," said Sabine Freizer, the Director of Europe Program
of the International Crisis Group.

"Since 2006 a new EU Special Representative, Ambassador Semneby, has
also been active on conflict related issues. The EU has also increased
its political statements on regional conflicts, and is likely to
include a series of conflict related projects under ENPI funding. In
this regard, Georgia has particularly been successful in lobbying
the EU to take a stronger political role in assisting to resolve
its conflicts in South Ossetia and Abkhazia. The EU’s capability to
address conflict in the South Caucasus is clearly growing. But that
does not mean that it is going to use military force rather it will
help through political statements and project implementation.

I think that one way the EU could better assist in the Nagorno Karabakh
conflict resolution is to become a member of the OSCE Minsk Group,"
she said, reports Trend news agency.

From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Conflicting Sides In South Caucasus Should Be Ready For Tough Compro

CONFLICTING SIDES IN SOUTH CAUCASUS SHOULD BE READY FOR TOUGH COMPROMISES

PanARMENIAN.Net
07.03.2007 15:12 GMT+04:00

/PanARMENIAN.Net/ "For there to be a resolution of the South Caucasus
conflicts all sides have to be willing to sit down at the negotiations
table and make tough compromises," said Sabine Freizer, the Director
of Europe Program of the International Crisis Group. "No government
should promise their people a quick solution to the conflicts through
a military offensive. Rather, there is a need for confidence building
and people to people contacts on both sides of the confrontation
lines. Ultimately throughout the South Caucasus all refugees and
internally displaced persons should be able to voluntarily return
to their pre-war homes. All sides should see that they will benefit
more from conflict resolution – especially with regards to economic
development and trade – than from war. If the region can function as an
economic whole, it will be much more attractive to foreign investors,"
she said, reports Trend news agency.

U.S. House Of Representatives Passes Bill Supporting Ukraine And Geo

U.S. HOUSE OF REPRESENTATIVES PASSES BILL SUPPORTING UKRAINE AND GEORGIA’S NATO MEMBERSHIP

PanARMENIAN.Net
07.03.2007 15:29 GMT+04:00

/PanARMENIAN.Net/ The U.S. House of Representatives majority approved
a bill Tuesday providing support and funding for Ukraine and Georgia’s
membership to NATO.

The bill, which was also approved by the Senate Foreign Affairs
Committee, also supports future NATO membership for Albania, Croatia
and Macedonia allocating 2008 budget funding to prepare the countries
for NATO accession.

Both Georgia and Ukraine have declared their plans to seek NATO
membership. As well as being uneasy about the opening of NATO bases on
the territory of Russia’s former Soviet allies in the Baltic Region and
Central Asia, Moscow strongly opposes efforts by Georgia and Ukraine to
join the Western military alliance, saying the prospect threatens the
security of the Russian Federation. The bill has yet to be approved by
a full Senate and will then be sent to the U.S. president for signing.

The pro-Western leaders from the two former-Soviet republics have
been pushing to join NATO since they came to power and officially
met last week in the capital of Georgia, Tbilisi, to discuss progress.

Georgian President Mikheil Saakashvili, who swept to power on the back
of the "rose" revolution in 2003, was confident of success saying that
relations between Georgia and NATO may soon reach a new level when the
alliance completes an evaluation of military reforms in his country.

His Ukrainian counterpart, Viktor Yushchenko, said in turn that
Ukraine’s drive to join NATO is in line with the country’s national
interests and that it was free to choose any collective security
system it preferred.

Opinion surveys indicate that more than 50% of Ukrainian nationals
are against joining the former Soviet Union’s Cold War enemy. Mass
anti-NATO protests rocked Ukraine’s Crimean autonomous region in
late May-early June, 2006 after a U.S. cargo ship delivered military
equipment to a local port ahead of a NATO exercise. The cargo was
removed following the protests, reports RIA Novosti.