NKR: Computers for prisoners

Azat Artsakh, Republic of Nagorno Karabakh
Nov 25 2006

COMPUTERS FOR PRISONERS

The Civic Action Center NGO opened a computer classroom at the prison
of Shushi. The leadership of the NGO worked out the timetable of
classes for prisoners with the administration of the prison. After
the classes the inmates will get a certificate. Albert Voskanian, the
head of the NGO said the computer classes are part of the
psychological rehabilitation project of the CAC. `After they leave
the prison they will have computer skills, as well as a certificate,
which will help them to get used to life outside the prison,’ said
Albert Voskanian. The staff of the prison may also sit classes. The
computer was provided by Mesrop Mashtots University.

EVIKA BABAYAN.

NKR: Meeting of NKR Central Commission on Referendum

Azat Artsakh, Republic of Nagorno Karabakh
Nov 25 2006

MEETING OF NKR CENTRAL COMMISSION ON REFERENDUM

AA

On November 20 the meeting of the NKR Central Commission of
Referendum took place, which was conducted by Chair Sergey Nasibian.
The Commission confirmed the sample of the ballot where the question
of the referendum is put down clearly, and the order of voting is
explained. After registration by the NKR Ministry of Justice the
sample will be published in the media to give information to the
voters. Afterwards, the text of the message of the central commission
to the participants in drafting the Constitution, organization and
conduct of the referendum was adopted. It will be released in the
Guide of the commissions of referendum. The commission decided to set
up a press center headed by Mikael Hajyan. The press center will
cover the work of the commissions, public relations, and relations
between the divisional commissions, hold press conferences, deal with
international and local observers and journalists, release the
results of the constitution.

NKR Parliamentary Delegation Left for Yerevan

Azat Artsakh, Republic of Nagorno Karabakh
Nov 25 2006

NKR PARLIAMENTARY DELEGATION LEFT FOR YEREVAN

AA

On November 20 the delegation of the NKR National Assembly led by
Speaker Ashot Ghulian left for Yerevan for the meeting of the
committee of parliamentary cooperation. The delegation includes
chairs of standing committees Vahram Atanessian (Democracy Faction),
Arpat Avanessian, Benik Bakshiyan, Rudolf Martirossian, Yuri
Hairapetian, the leader of the Hayrenik faction Arayik Harutiunian,
MP Maxim Mirzoyan, and the head of the NA administration Arthur
Sargsyan. The meeting lasts for two days, November 21 and 22, the
questions to discuss are how to harmonize economic legislations,
exchange of experience in making the legislation compliant with the
Constitution and political consultations on the settlement of
conflicts and regional developments. Other questions are being
discussed as well. The previous meeting of the committee of
parliamentary cooperation took place on April 26 and 27 in
Stepanakert.

Genocide: chef de la diplomatie armenienne tend la main a la Turquie

Agence France Presse
25 novembre 2006 samedi
Correction Appended 5:09 PM GMT

Génocide: le chef de la diplomatie arménienne tend la main à la Turquie

Le ministre arménien des Affaires étrangères Vartan Oskanian a tendu
la main à la Turquie pour normaliser les relations entre les deux
pays, comme une étape-clé vers un accord politique sur le sujet
ultra-sensible du massacre d’Arméniens au début du XXè siècle.

"Pour l’Arménie, la reconnaissance (du génocide) par la Turquie n’est
pas une condition préalable pour des relations normales de bon
voisinage", a déclaré à l’AFP M. Oskanian, lors d’une visite à
Chypre, qui s’est achevée samedi.

La Turquie n’entretient pas de relations diplomatiques avec l’Arménie
voisine en raison notamment du différend sur les massacres
d’Arméniens en 1915-17 sous l’Empire ottoman, qualifiés par de
nombreux historiens, le Parlement européen et la France de
"génocide", une appellation catégoriquement rejetée par Ankara.

Les massacres et déportations ont fait plus de 1,5 millions de morts
selon les Arméniens, 250.000 à 500.000 selon la Turquie.

M. Oskanian a estimé que les deux pays avaient besoin de
"transcender" leur passé commun.

"Cet obstacle (de la reconnaissance turque) peut être supprimé et
(les idées que les deux peuples peuvent avoir sur l’autre) peuvent
être améliorées par de nouvelles expériences", a-t-il ajouté.

Cependant, M. Oskanian a rejeté catégoriquement une offre turque de
mise en place d’un comité mixte d’historiens des deux pays pour faire
la lumière sur la question.

"La suggestion du (Premier ministre turc Recep Tayyip) Erdogan a été
un écran de fumée", a-t-il dit, se demandant comment une commission
conjointe pourrait être mise en place sans relations diplomatiques
entre Ankara et Erevan, capitale de l’Arménie qui a obtenu son
indépendance en 1991, après la chute de l’URSS.

"Vous devez gérer ce sujet d’un point de vue politique", a-t-il
poursuivi.

M. Oskanian a critiqué en outre ce qu’il a qualifié de nouvelle
"politique d’Etat" d’Ankara de négation du génocide.

"Alors que davantage de pays reconnaissent (le génocide), la Turquie
devient (…) plus agressive dans sa politique de négation", a-t-il
estimé.

Une récente proposition de loi française rendant passible de prison
la négation du génocide arménien est, selon lui, "une réaction claire
à cette politique agressive de négation d’Ankara".

L’écrivain turc Orhan Pamuk, lauréat 2006 du Nobel de littérature, a
été poursuivi par la justice turque en 2005 pour des propos tenus sur
le massacre d’Arméniens.

Accusé d’"insulte ouverte à la nation turque", il était passible de
six mois à trois ans de prison. Sous la pression internationale, les
poursuites ont été abandonnées début 2006.

Turquie, un desir contrarie d’Europe;

Le Temps, Suisse
24 novembre 2006

Turquie, un désir contrarié d’Europe;

En 2004, trois Turcs sur quatre étaient favorables à l’entrée de leur
pays dans l’Union européenne. Aujourd’hui, cet élan s’est tari. Si
les rangs des opposants ne se sont guère épaissis, ceux des
découragés et des indifférents enflent de jour en jour. Face au
scepticisme affiché de Bruxelles, la Turquie se referme sur
elle-même. Histoire d’un amour déçu.

«J’ai cessé d’y croire. Pour moi, l’Europe, c’était l’esprit de la
Révolution française, la perspective d’un ensemble où tous les hommes
se valent. Mais aujourd’hui, je vois l’Europe se barricader dans le
nationalisme.»

Ahmet Ümit vient de publier son treizième roman, consacré aux amours
d’une princesse hittite. Ses autres livres parlent des Arméniens, des
Alévis, de la ville européenne dans la ville d’Istanbul, Pera la
métisse, où il travaille.

Au restaurant Ferahye, il a sa table devant une fenêtre surplombant
l’avenue de l’Indépendance, Beyoglu, où une foule animée n’en finit
pas déambuler des petites heures du matin aux dernières heures de la
nuit, pour détailler dans les vitrines des vêtements de toutes les
marques européennes. Viser dans une rue transversale un café internet
ou un troquet où aller boire un coup. Ou tout simplement être là,
comme si tout s’y passait ou pouvait s’y passer.

Il parle de la Turquie impériale d’avant 1915, de la diversité des
peuples qui y coexistaient. L’Union européenne a représenté pour lui
l’illusion de pouvoir retrouver cette diversité perdue. «Aujourd’hui,
nous sommes repoussés dans le nationalisme. L’islamisme gagne du
terrain. Mais l’Europe joue un jeu dangereux. Quoi qu’il arrive, nous
resterons voisins.»

Les raisons de cette déception, tout le monde ici vous les expliquera
avec les mêmes mots: «double standard». L’Europe a envers la Turquie
des exigences qu’elle n’a jamais posées aux autres pays candidats,
qu’elle ne respecte pas elle-même.

L’exemple le plus éclatant de ce double standard est, aux yeux des
Turcs, l’adoption en France d’une loi qui punit la négation du
génocide des Arméniens alors que l’UE presse la Turquie, au nom de la
liberté d’expression, de corriger l’article 301 du code pénal, qui
pénalise les insultes à l’«identité turque». Et sa raison d’être
simple comme bonjour: l’Europe ne veut plus de la Turquie.

– L’affront européen

«Un langage menaçant, hostile, qu’aucun parti responsable ne peut
accepter»

Ce sentiment se retrouve d’un bout à l’autre de l’échiquier
politique. Dans le buildingque le Parti républicain du peuple (le
parti d’Atatürk) a fait construire dans un quartier d’affaires
flambant neuf qui émerge à pas forcés des prairies boueuses dans la
périphérie d’Ankara, par exemple. Le numéro deux du parti, Onur
Öymen, un ancien diplomate au français impeccable, l’exprime en
termes posés. «Jusqu’à il y a deux ans, la situation était claire: si
nous remplissions les conditions mises à notre adhésion, nous
entrions dans l’Europe. La clé était dans nos mains. Aujourd’hui,
l’Europe doute de sa capacité à absorber la Turquie et elle tient un
autre discours. Elle parle des négociations d’adhésion comme d’un
processus ouvert. A chaque fois que nous remplissons une condition
qu’elle nous a posée, elle nous en pose aussitôt une nouvelle. Et
elle emploie à notre égard un langage menaçant, hostile, qu’aucun
parti responsable ne peut accepter.»

La présence d’une formation islamiste (AKP, Parti de la justice et du
développement) au pouvoir n’arrange rien: «La France, avec 4 à 5
millions de musulmans sur son territoire, a peur d’une Turquie
islamiste.» Sans compter que le gouvernement a alimenté, par la
faiblesse dont il a fait preuve dans la négociation, l’arrogance de
Bruxelles. «Je n’ai jamais cru qu’il voulait sincèrement une Turquie
européenne. A commencer par la laïcité: il ne fait que renforcer
l’influence de la religion partout: dans l’éducation, dans
l’administration, dans l’économie.»

– Le paradoxeislamiste

«Seules trois choses comptent: l’histoire, l’identité, la culture»

C’est un premier paradoxe: le choix des valeurs européennes par
Mustafa Kemal Atatürk – dont le Parti républicain du peuple est
l’héritier certifié – constitue le socle de la Turquie moderne. Mais
c’est un gouvernement islamiste qui négocie sa concrétisation dans un
rapprochement avec l’UE. Et dans le camp laïc, on le soupçonne
d’utiliser le dossier européen pour islamiser l’Etat au bénéfice de
la liberté religieuse, sans viser réellement l’adhésion.

Ce camp a montré sa force et sa frustration en rassemblant le 11
novembre aux funérailles de l’ancien premier ministre socialiste
Bülent Ecevit quelque 200000 personnes qui ont scandé à la face du
gouvernement: «La Turquie est laïque, elle restera laïque.»

Il faut dire que les slaloms qu’effectue le premier ministre, Recep
Tayyip Erdogan, entre liberté de l’islam et diversité religieuse ne
sont pas toujours faciles à suivre. Il ne serrera pas la main du pape
à l’occasion de sa visite en Turquie à la fin du mois. Mais il s’en
est expliqué publiquement – il juge sa présence à un sommet de l’OTAN
plus importante – au cours d’un «congrès des civilisations» auquel il
avait convié à Istanbul, le 13 novembre, Kofi Annan et le premier
ministre espagnol, José Luis Zapatero. A cette occasion, le
secrétaire général de l’ONU s’est chargé de mettre du baume sur les
plaies que l’islamoscepticisme européen a ouvertes dans les
sensibilités turques en prononçant cette phrase, reprise par de
nombreux journaux le lendemain: «La cause des tensions dans le monde
n’est pas la religion, c’est la politique.»

Cela n’empêche pas les questions de religion de jouer un rôle central
dans la situation actuelle, estime Mehmet Dülger, le président AKP de
la Commission des affaires étrangères. «Une députée italienne m’a dit
un jour: «Le processus d’adhésion de la Turquie se joue sur 35
chapitres techniques. Mais seules trois choses comptent: l’histoire,
l’identité, la culture.» Je lui ai répondu: «Pourquoi ne pas y
ajouter le futur?»

Sur le futur, Mehmet Dülger est lyrique: «Si nous arrivons à réaliser
l’intégration en respectant toutes nos différences, ce sera quelque
chose d’extraordinaire, quelque chose pour laquelle il n’y a de
références ni dans votre histoire ni dans la nôtre.»

Mais le présent est moins enthousiasmant: il se résume à la question
de Chypre, sur laquelle l’Europe pose à la Turquie des conditions
«qu’aucun parti au pouvoir ne peut accepter. Ouvrir les ports et les
aéroports turcs aux bateaux et aux avions chypriotes reviendrait à
reconnaître la souveraineté grecque sur l’île et il ne peut en être
question.» Et à une image, qu’évoqueront de nombreux autres
interlocuteurs: «L’Europe est toujours là, avec son index brandi,
jamais contente.»

Les exigences européennes – c’est un autre point sur lequel on
s’accorde dans presque tous les milieux – ont une tendance agaçante à
être à côté de la plaque et à ne pas tenir compte des progrès
accomplis par la Turquie dans les principaux dossiers politiques et
économiques. Sur le premier plan, l’article 301 sera révisé, assure
Mehmet Dülger. Quant à l’économie, c’est le seul domaine où l’UE
donne quelques bons points à Ankara. Les réformes avancent.

– L’optimisme économique

«A la longue, les Européens verront que nous ne sommes pas si
différents d’eux»

Mais ces réformes font leur lot de mécontents: ceux qui sont
bousculés par la concurrence de pays au travail meilleur marché,
comme la Chine. Ou ceux qui, inquiets des bouleversements que le pays
traverse à marche forcée, accusent le gouvernement de brader les
richesses nationales. Mais si l’économie reste fragile, elle
s’affermit, juge l’OCDE. Et la croissance est vigoureuse, visible à
tous les coins de rue. Les Turcs qui en ont les moyens s’asseyent
avec avidité à la table mondialisée désormais dressée dans toutes les
grandes villes du pays.

Pour Yaman Toruner, cette dynamique économique devrait, à la longue,
avoir raison des blocages dans le dialogue européen. Ancien président
de la Banque centrale, il a été député, puis ministre d’Etat du parti
de l’ancien président Suleyman Demire. Il dirige une société
spécialisée dans le consulting commercial et financier. Dans son
bureau, situé dans une tour du quartier d’affaires de Levent à
Istanbul, l’effigie de Mustafa Kemal trône en bonne place.

Blessé, comme tous ses compatriotes, par la méfiance européenne, il
se veut optimiste. «Le fond de commerce de l’islamisme, c’est la
pauvreté. Si l’économie continue d’aller bien, l’islamisme reculera.
De leur côté, les ressortissants des pays européens seront toujours
plus nombreux à venir passer des vacances en Turquie, à faire du
commerce avec nous. Et ils verront que nous ne sommes pas si
différents d’eux. D’ailleurs, l’Europe a besoin de la Turquie pour
concurrencer les Etats-Unis dans la région.»

– Une sécularisation irréversible

«Même le gouvernement islamiste ne laisse pas l’islam dicter ses
décisions politiques»

Tout le monde ne partage pas cet optimisme. Tahsin Yücel est
professeur de littérature française, aujourd’hui à la retraite. Il a
traduit Flaubert, Proust, Gide, Camus, Malraux, Raymond Queneau et
Roland Barthes. Son dernier roman, Gratte-ciel, est situé en 2073,
dans une Istanbul mondialisée où un promoteur immobilier a entrepris
de privatiser la justice. La Turquie n’est toujours pas membre de
l’Union européenne. D’ailleurs, l’Union européenne a cessé d’exister
– un avenir que de nombreux Turcs pronostiquent avec une sombre
satisfaction.

Il me reçoit dans son appartement du vieux quartier bourgeois de
Sisli, où des gratte-ciel en construction défoncent l’asphalte des
trottoirs. Le choix de l’Europe, rappelle-t-il, est ancien en
Turquie: il remonte aux réformes engagées au début du XIXe siècle par
le sultan Abdül Mecit.

Ce choix, aussi culturel que politique – le roman turc lui doit la
vie -, est désormais irréversible: «Nous ne pouvons plus revenir à
l’alphabet arabe.» Même la présence d’un parti islamiste au
gouvernement ne le menace pas: «Il n’est soutenu que par un quart de
la population si l’on tient compte des abstentions. Et il ne laisse
pas l’islam dicter ses décisions politiques.

»Alors, nous sommes déçus de la méfiance européenne et nous ne
comprenons pas. D’autant que nous, les intellectuels turcs, nous
sommes à mon avis moins attachés aux valeurs de l’islam que les
intellectuels européens ne le sont à leurs valeurs religieuses et
nationales.»

– Les ambiguïtés de la laïcité

«L’Europe renvoie aux Turcs une image négative de tout ce qu’ils ont
entrepris pour s’approprier les valeurs occidentales»

C’est le deuxième paradoxe: les solutions institutionnelles que la
Turquie kémaliste a adoptées pour concrétiser son adhésion aux
valeurs occidentales font aujourd’hui figure d’obstacles sur le
chemin de l’Europe.

Directeur du Centre européen de recherche et de documentation à
l’Université de Bahçesehir d’Istanbul, Cengiz Aktar est un passeur.
Longtemps employé du HCR, il est revenu s’installer à Istanbul il y a
quelques années. Il s’est dépensé pour la cause de l’adhésion turque,
publiant notamment un ouvrage collectif, Lettres aux turcosceptiques,
et animant une émission consacrée à l’Europe sur une chaîne de
télévision privée turque. Il craint que le vent ait tourné. Il
n’envisage pas une rupture des négociations, mais un enlisement
débouchant sur un éloignement durable.

«Tout le monde ici avait sa raison personnelle de désirer l’Europe.
L’homme de la rue pensait qu’il irait plus facilement voir son cousin
à Hambourg, l’industriel qu’il aurait de meilleurs débouchés pour ses
produits, les Kurdes attendaient plus de liberté, les islamistes
moins de laïcité, etc. Mais personne n’a pris sur lui d’expliquer
sérieusement ce qu’impliquait l’adhésion. Jamais les fonds mis à
disposition par l’UE pour préparer un pays candidat n’ont été aussi
peu importants. Et le gouvernement n’a pas fait beaucoup d’efforts
non plus.

»Résultat, aujourd’hui que les exigences européennes se multiplient,
pour l’homme de la rue, l’Europe, c’est un bton, un très gros bton,
sans carotte. Il ne voit pas que s’il a des voitures qui
fonctionnent, c’est parce que l’industrie automobile turque a dû
adopter les standards européens, ou que les capitaux qui affluent le
font parce que la perspective de l’adhésion leur donne confiance dans
la stabilité du pays.»

Mais il y a plus grave: «L’Europe tend aux Turcs un miroir qui leur
renvoie une image négative de tout ce qu’ils ont entrepris pour
s’approprier les valeurs occidentales. Ils ont adopté, sur le modèle
français, une laïcité intransigeante mais ambiguë: tout en séparant
l’Etat de la religion, elle institutionnalise la religion dominante,
l’islam sunnite, aux dépens, par exemple, de l’importante minorité
alévie.

»Ils se sont construit un Etat-nation, toujours sur un modèle inspiré
de la France. La nationalité turque est élective. Celui qui se dit
Turc est Turc, quelle que soit son origine ethnique – qu’il vienne
d’Anatolie, des Balkans, de Tchétchénie, peu importe. Mais il faut un
ciment. Et le ciment, c’est l’islam, ce qui pose le problème des
minorités religieuses.

»Aujourd’hui, l’Europe demande à la Turquie de remettre de l’ordre
dans tout ça. Mais ce faisant, on active un autre fantasme: celui du
traité de Sèvres.»

– Les pièges de l’histoire

«La question de Chypre pourrait être réglée en quelques semaines si
la Turquie faisait partie de l’UE. Aujourd’hui, elle est
politiquement insoluble»

Le traité de Sèvres, c’est la part d’histoire sans laquelle on ne
comprend rien aux sentiments qui se lèvent en Turquie lorsqu’on
évoque la question de Chypre ou celle du génocide des Arméniens.
Imposé en 1920 au dernier sultan ottoman, Mehmet VI, il consacre le
démantèlement de l’Empire: la Grèce s’y taille des possessions en
Thrace et autour de Smyrne; Constantinople et les détroits sont
démilitarisés; une République indépendante d’Arménie naît sur la
partie orientale du pays; un territoire autonome des Kurdes est créé
au Sud-Est. En outre, la France, l’Italie et la Grande-Bretagne se
partagent des protectorats qui ne laissent comme Turquie totalement
indépendante qu’un territoire congru autour d’Ankara, sans autre
accès à la mer que la mer Noire.

L’humiliation a été effacée à Lausanne, en 1923, après la reconquête
des territoires occupés par Mustafa Kemal. Le traité de Lausanne
consacre l’existence de la Turquie moderne et, c’est un élément qui a
tout son poids dans le contexte actuel, définit le statut des
minorités. De sorte que lorsque l’UE demande à la Turquie d’améliorer
les droits de ces dernières, certains y voient une intention de s’en
prendre à ce texte sacralisé – et à l’existence de la Turquie
elle-même.

Car la crainte du démembrement demeure vivace. Ce qui débouche sur un
nouveau paradoxe: «L’adhésion serait le moyen pour la Turquie de
garantir une fois pour toutes ses frontières. La question de Chypre,
par exemple, pourrait être réglée en quelques semaines si la Turquie
faisait partie de l’UE. Mais aujourd’hui, cette question est
politiquement insoluble», déplore Cengiz Aktar.

– L’ombre de l’Oncle Sam

«L’Europe nous a attachés à la porte. Cela permet aux Etats-Unis de
nous contrôler»

Une carte du Moyen-Orient qui circule en Turquie ranime les fantômes
de Sèvres. Elle a été publiée au mois de juin dans le journal des
Forces armées américaines et redessine la région sur une base
présentée comme susceptible d’en faire disparaître les principales
sources d’injustice et de conflit.

L’Arabie saoudite y est partagée entre des «territoires saoudiens
indépendants» et un «Etat musulman sacré» autour des lieux saints.
L’Irak y donne le jour à des Etats sunnite et chiite et à un Etat
kurde géant qui s’étend de la mer Noire à Kirkouk, absorbant une
solide partie de la Turquie à l’Est.

C’est Dogu Perinçek qui me la montre. Il a derrière lui un long passé
de militant et plusieurs années de prison pour différents délits
d’opinion. On accède au siège du Parti des travailleurs (IP) qu’il
préside par une obscure impasse derrière l’artère piétonnière à la
mode de Beyoglu, à Istanbul. Au bout d’un long corridor sombre, on
pénètre dans un salon dont les fenêtres donnent sur le célèbre Pera
Palas et sur la Corne d’Or où, au moment de ma visite, se couche un
soleil en technicolor. Au plafond, des amours font des manières entre
les moulures.

«L’Europe n’a jamais voulu de la Turquie, assène-t-il; elle nous a
attachés à la porte. Nous ne pouvons plus ni entrer ni sortir. C’est
ce que veulent les Etats-Unis, qui ont toujours voulu nous contrôler
pour nous empêcher de suivre la voie d’Atatürk.»

Le 6 décembre, Dogu Perinçek comparaîtra devant le Tribunal de police
de Lausanne. Il est accusé de violation de l’article 261 du code
pénal pour avoir nié le génocide des Arméniens lors d’un discours
prononcé en mai 2005. Une autre procédure est ouverte contre lui dans
le canton de Zurich, où il a récidivé au mois de juillet.

Ce combat, qui rencontre un soutien quasi unanime dans la diaspora
turque, est pour lui un combat d’avenir. «En 1915, les Turcs ont
défendu leur Etat. Il y a eu des massacres, des deux côtés. C’était
la guerre. Si nous laissons dire que nous avons commis un génocide,
demain, on nous interdira de le défendre de nouveau. Et regardez
cette carte: il faudra le défendre.»

La question arménienne n’est pas officiellement à l’ordre du jour de
la Commission européenne. Même si elle souhaite que la Turquie
améliore ses relations avec les Etats voisins – dont l’Arménie, pour
qui la reconnaissance du génocide est centrale. Et même si le
Parlement européen semble enclin à se montrer plus exigeant. Mais en
Turquie, dès qu’est abordée la question européenne, c’est celle de la
reconnaissance du génocide des Arméniens qui vient sur le tapis. Dans
un déferlement de sentiments nationalistes qui n’ont rien à envier à
l’engagement antieuropéen de Dogu Perinçek.

– L’Europe, encombrante amie des minorités

«Lorsqu’on parle de reconnaître le génocide des Arméniens, les Turcs
ont l’impression que leur identité peut s’effondrer»

Hrant Dink est journaliste et écrivain. Il dirige l’hebdomadaire
arménien publié à Istanbul Agos, dont la rédaction s’entasse dans un
appartement envahi par les livres et la documentation au premier
étage d’un très bel immeuble modern style de l’ancien quartier
arménien de Pangalti, aujourd’hui envahi par les magasins de mode et
les banques. Sa description du processus d’adhésion fait penser à un
tango.

«Le désir d’Europe en Turquie est fondé sur la peur et
réciproquement. La Turquie se dit: «Si nous n’entrons pas,
qu’arrivera-t-il?» Puis: «Si nous entrons, qu’arrivera-t-il?»
L’Europe se pose les mêmes questions: qu’arrivera-t-il si la Turquie
adhère? et si elle n’adhère pas? De sorte que lorsqu’un partenaire
fait mine de se rapprocher de l’autre, le premier recule. Pour
revenir vers l’autre lorsque c’est celui-ci qui s’éloigne. Dans ce
ballet amoureux, la Turquie est sans doute la plus séduite – et donc
la plus effrayée.»

Parmi les peurs attisées par l’Europe figurent celles liées au statut
des minorités. Sur ce thème, «l’Europe devrait tirer les leçons de
son histoire. Il y a 150 ans, elle a utilisé les droits des minorités
pour faire pression sur le sultan. La majorité musulmane a commencé à
nous voir comme des représentants de l’étranger. Et puis les
puissances nous ont lchés et nous ont laissé faire face seuls à ce
qu’elles avaient déclenché.»

Un siècle plus tard, la question du génocide doit être maniée avec
prudence. «Lorsque la République turque est née, elle a dû se forger
une nouvelle identité et s’inventer une nouvelle histoire. Dans cette
histoire, le génocide des Arméniens n’a pas sa place. Quand on leur
demande de remettre en cause cette histoire, à laquelle ils croient
sincèrement, les Turcs ont l’impression que c’est toute leur identité
qui peut s’effondrer. C’est une peur à laquelle j’accorde de
l’importance.»

Car le nationalisme est un élément central de la vie politique
turque. Un élément qui, pour Hrant Dink, évolue avant tout selon des
critères de politique intérieure. «Le nationalisme est la seule chose
que l’Etat profond contrôle. Et il est toujours au niveau où veut le
voir ce dernier.»

– L’hypothèque nationaliste

«Nous ne sommes pas des mendiants, mais un grand pays qui respecte
ses obligations internationales»

L’Etat profond est un autre fantôme de la Turquie moderne. Gardien
autoproclamé de la nation, lieu géométrique de relations troubles
entre militaires, mafieux, politiques et militants d’extrême droite,
il s’est surtout manifesté dans les années de plomb turques – entre
1970 et la première moitié des années 1980.

Le Parti nationaliste (MHP) a été associé, via les célèbres Loups
gris, aux heures les plus noires de cette période. Aujourd’hui, il a
le vent en poupe et a entrepris de moderniser son image.
Universitaire, femme d’affaires, ancienne ministre de l’Intérieur du
gouvernement de Tansu Ciller, Meral Aksener est un de ses atouts dans
cette opération.

«On a laissé croire à la population que l’adhésion allait résoudre
tous les problèmes. Mais aujourd’hui, les gens ne voient que des
exigences qu’ils ne comprennent pas et ils sont déçus.» Ce désamour
est alimenté par la politique américaine au Moyen-Orient. «A la
télévision, les gens voient des enfants tués en Palestine, des
musulmans qui s’entretuent en Irak. Cela renforce la conscience
islamiste.»

Pour le MHP, la Turquie doit quitter la table des négociations. «Nous
voulons conserver nos liens commerciaux et culturels avec l’Europe.
Et poursuivre sur la voie des réformes mais en les réalisant pour
nous, pas pour l’UE. Nous ne sommes pas des mendiants, mais un grand
pays qui respecte ses obligations internationales. On ne peut pas
nous traiter comme un élève qu’on fait attendre devant la porte du
professeur en se tenant debout sur un seul pied.»

Les plus récents sondages créditent le MHP de 15% à 18% des
intentions de vote. Parmi les pronostics sur le gouvernement qui
pourrait sortir des urnes en novembre 2007, l’hypothèse d’une
coalition entre lui et le Parti islamiste de Recep Tayyip Erdogan
figure en bonne place.

Cet arrangement favoriserait dans ce dernier la ligne la plus dure et
la moins européenne. Et déboucherait sur un dernier paradoxe, contre
lequel Cengiz Aktar met en garde: «Avec la méfiance qu’elle affiche à
l’égard de la Turquie, l’Europe est entrain de créer exactement le
monstre dont elle a peur.»

DATE-CHARGEMENT: 23 novembre 2006

From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress

Azerbaijan state-owned oil Co borrows $175M to refinance EBRD loan

Azerbaijan’s state-owned oil company Socar borrows $175M to refinance
EBRD loan

Last Update: 5:44 AM ET Nov 22, 2006

BAKU, Azerbaijan (MarketWatch) — Azerbaijani state-owned oil company Socar
has organized a $175 million loan from ABN Amro (ABN) and Societe Generale SA
(13080.FR), the company said Wednesday.

The funds will be used to refinance a $170 million loan from the European
Bank of Reconstruction and Development taken out in 2004, the company said.
The funds were originally borrowed to pay for the development of the Shah
Deniz offshore gas field in Azerbaijan’s section of the Caspian Sea, and for
the construction of the South Caucasus gas pipeline from Azerbaijan to Turkey.
SOCAR holds a 10% stake in the Shah Deniz gas development.

The new loan facility carries an annual interest rate of 0.85% above Libor,
while the EBRD loan had a rate of 4% above Libor, the company said.
-Contact: 201-938-5400

Fisk: A French colonial legacy of despair

Robert Fisk: A French colonial legacy of despair
They wanted Lebanon’s ‘independence’ – but they wanted it in France’s favour

The Independent/UK
25 November 2006

I couldn’t help a deep, unhealthy chuckle when I watched the French foreign
minister, Philippe Douste-Blazy arrive outside the wooden doors of Saint
George’s Maronite Cathedral in Beirut this week. A throb of applause drifted
through the tens of thousands of Lebanese who had gathered for the funeral of
murdered industry minister Pierre Gemayel. Here, after all, was the
representative of the nation which had supported the eviction of the Syrian army last
year, whose president had been a friend of the equally murdered ex-prime
minister Rafiq Hariri, whose support in the UN Security Council was helping to set
up the tribunal which will – will it, we ask ourselves in Beirut these days? –
try the killers of both Hariri and Gemayel.

Douste-Blazy was aware of all this, of course, and uttered a statement of
such self-serving exaggeration that even Lord Blair of Kut al-Amara would have
felt jealous. "President Jacques Chirac is the best defender on earth of
Lebanon’s sovereignty," he proclaimed. "France is determined … now more than
ever (to) defend Lebanon’s sovereignty and independence." Now I’m not sure I
would want the man who once embraced Saddam Hussein as a close friend to be my
greatest defender, let alone my greatest defender "on earth" – funny, isn’t
it, how the French can never shake off their Napoleonic self-regard – and like
the doggy poo on Parisian streets, I’d certainly want to tread carefully
around France’s interest in Lebanon’s "independence".

I hasten to add that – compared to the mendacious, utterly false,
repulsively hypocritical and cancerous foreign policy of Dame Beckett of Basra –
Chirac’s dealings with France’s former colonies and mandates are positively
Christ-like in their integrity. But the Lebanon that France was to create after the
First World War was to be based on the sectarian divisions which the infamous
François Georges-Picot had observed earlier as a humble consul in this jewel
of the old Ottoman empire, divided as it was between Shia Muslims and Sunni
Muslims and Druze and Christian Maronites – France’s favourite community and
the faith of the murdered Pierre Gemayel – and the Greek Orthodox and the
Greek Catholics and the Chaldeans and the rest. At that time the Maronites
represented a thin majority, but emigration and their propensity for smaller
families than their Muslim neighbours steadily turned the Christians into a
minority which may now number 29 per cent or less.

But the French wanted the Maronites to run Lebanon and thus after
independence bequeathed them the presidency. Sunni Muslims would hold the prime
ministership and the Shias, who are today the largest community, would be
compensated by holding the speakership of parliament. The French thus wanted Lebanon’s
"independence" – but they wanted it to be in France’s favour.

Two problems immediately presented themselves to the Lebanese. By claiming
the largest area which it was possible to rule with the tiniest majority – the
Maronite religious leader of the time, Patriarch Hayek, was responsible for
this – the Christians ensured that they would soon be outnumbered and thus
rule their country from a position of minority power. After Irish partition, old
James Craig, the founder of Northern Ireland, was a wiser bird than Hayek.
>From the historic province of Ulster, he ruthlessly dispensed with the three
counties of Donegal, Monaghan and Cavan because their Protestant communities
were too small to sustain – and created a new Ulster whose six counties
ensured a Protestant majority for decades to come.
The other Lebanese problem – which the people of Northern Ireland will
immediately spot – is that a sectarian state, where only Maronites can be the
president and where only Sunnis can be the prime minister, cannot be a modern
state. Yet if you take away the sectarianism France created, Lebanon will no
longer be Lebanon. The French realised all this in the same way – I suspect – as
the Americans have now realised the nature of their sectarian monster in
Iraq. Listen to what that great Arab historian, Albert Hourani, wrote about the
experience of being a Levantine in 1946 – and apply it to Iraq. To live in
such a way, Hourani wrote:

"is to live in two worlds or more at once, without belonging to either; to
be able to go through the external forms which indicate the possession of a
certain nationality, religion or culture, without actually possessing it. … It
is to belong to no community and to possess nothing of one’s own. It reveals
itself in lostness, cynicism and despair."

Amid such geopolitical uncertainties, it is easy for westerners to see these
people in the borders and colours in which we have chosen to define them.
Hence all those newspaper maps of Lebanon – Shias at the bottom and on the
right, the Sunnis and Druze in the middle and at the top, and the Christians
uneasily wedged between Beirut and the northern Mediterranean coast. We draw the
same sectarian maps of Iraq – Shias at the bottom, Sunnis in the middle (the
famous "Sunni triangle" though it is not triangular at all) and Kurds at the
top.

The British army adopted the same cynical colonial attitude in its
cartography of Belfast. I still possess their sectarian maps of the 1970s in which
Protestant areas were coloured orange (of course) and Catholic districts were
green (of course) while the mixed, middle-class area around Malone Road
appeared as a dull brown, the colour of a fine, dry sherry. But we do not draw these
maps of our own British or American cities. I could draw a map of Bradford’s
ethnic districts – but we would never print it. I could draw a black-white
ethnic map of Washington – but the Washington Post would never dream of
publishing it.

And thus we divide the "other", while assiduously denying the "other" in
ourself. This is what the French did in Lebanon, what the British did in
Northern Ireland and the Americans are now doing in Iraq. In this way we maintain
our homogenous power. Pierre Gemayel grew up in Bikfaya, firmly in that wedge
of territory north of Beirut. Many Lebanese now fear a conflict between those
who support the "democracy" to which Gemayel belonged and the Shias, the
people – in every sense of the word – at the "bottom". And the French are going
to ensure the country in which all these poor people are trapped remains "i
ndependent".

Quite so. And by the way, when did we ever see an ethnic map of Paris and
its banlieues?

The Return of the KGB

The Return of the KGB
Intelligence: The Return of the KGB

November 25, 2006: The recent opening of a $300 million headquarters for GRU
(Russian military intelligence), was but another demonstration of Russia’s
increased interest in espionage. The 670,000 square foot GRU complex contains
the latest of everything for one of the smallest of Russia’s intelligence
services (the domestic, and foreign, intelligence services are larger). Over the
past five years, the increasing flood of oil revenue has made it possible to
rebuild the intelligence services. After the Soviet Union collapsed in 1991,
there followed a decade of decline for the intelligence services. The feared
KGB became the threadbare SVB, with domestic intelligence taken over by the
FSB. Many Soviet spies defected, and sold their secrets to Western
intelligence agencies.
That’s all changed, party due to the current Russian leader, president
Vladimir Putin, whose previous career was as a KGB officer. But the Russians are
also back to their old Soviet ways, in that most of their espionage appearsto
be directed towards stealing technology. In a way, this doesn’t make a lot of
sense. During the Soviet period, the Russians did not recognize a lot of
foreign patents, did not export their best military technology, and stole
Western technology they needed. For the Soviets, stealing technology was acheap
way of keeping pace, although always behind, with the West. Now Russia has
Western quality manufacturing capabilities and the ability to license mostof
what they need. But there are some military technologies it cannot license. So
whatever tech Russia steals, it can now duplicate more effectively than during
the Soviet period. But it can’t let any stuff, built using stolen
technology, get discovered by foreigners. Otherwise, the lawsuits and trade sanctions
will arrive, and cause more harm than the lack of foreign technologies.
What the Russians are looking for are not so much patented technologies, as
the "trade secrets" that are not filed with the patent office, and given legal
protection from copying. Russia is especially eager to get military
technology, and intel on government and business decision making. But mainly, the
Russians are eager to get ahold of whatever foreign companies or governments do
not want them to see. So, after a ten year hiatus, Russia spies are again
being found everywhere, as they have been for the last 70 years. It’s estimated
that there are at least a hundred Russian spies active in the United States,
with most other industrialized countries having 20-40 of them. Some are
locals, working for the Russians, the others are Russians pretending to be
something else.
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Antelias: His Holiness Aram I condemns the assassination of Minister

PRESS RELEASE
Catholicosate of Cilicia
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Contact: V.Rev.Father Krikor Chiftjian, Communications Officer
Tel: (04) 410001, 410003
Fax: (04) 419724
E-mail: [email protected]
Web:

PO Box 70 317
Antelias-Lebanon

Armenian version:

HISHO LINESS ARAM I CONDEMNS THE ASSASSINATION OF MINISTER PIERRE JEMAYEL

His Holiness Aram I sharply condemned the assassination of Lebanese Industry
Minister Pierre Jemayel as soon as he heard about the heinous crime.

In a statement to the media, the Armenian Catholicos said: "We consider this
crime to have targeted, beyond the minister himself, Lebanon’s sovereignty,
independence and unity." His Holiness then called on all Lebanese to come
together, in order to overcome all the threats and difficulties their
country confronts.

His Holiness also expressed his condolences to the minister’s family and
specially his father, former President Amine Jemayel.

##
The Armenian Catholicosate of Cilicia is one of the two Catholicosates of
the Armenian Orthodox Church. For detailed information about the history and
mission of the Cilician Catholicosate, you may refer to the web page of the
Catholicosate, The Cilician Catholicosate, the
administrative center of the church is located in Antelias, Lebanon.

http://www.cathcil.org/
http://www.cathcil.org/v04/doc/Armenian.htm
http://www.cathcil.org/

Antelias: HH Aram I receives MECC General Secretary Dr. Gerges Saleh

PRESS RELEASE
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Antelias-Lebanon

Armenian version:

THE GENERAL SECRETARY OF MECC
VISITS HIS HOLINESS ARAM I

His Holiness Aram I met with the General Secretary of the Middle East
Council of Churches (MECC), Dr. Gerges Saleh, in Antelias on November 20.

Dr. Saleh briefed the Catholicos on the activities of MECC during the last
few months particularly in the fields of social service and Christian-Muslim
dialogue. He consulted His Holiness on a number of issues and projects
related to the Council.

His Holiness Aram I praised the activities of the MECC. He emphasized,
however, that the Council should not expand its work field and should focus
instead on a number of principal issues directly related to the life of
churches.

His Holiness added that the reorganization of MECC has become an imperative
priority in light of the contemporary challenges and circumstances. He
pointed out that such an initiative requires setting up clear-cut
priorities, reshuffling the administrative structure, decreasing the number
of employees and limiting the budget.

The Catholicos made several remarks in this context based on his own
experience.

##
The Armenian Catholicosate of Cilicia is one of the two Catholicosates of
the Armenian Orthodox Church. For detailed information about the Ecumenical
activities of the Cilician Catholicosate, you may refer to the web page of
the Catholicosate, The Cilician Catholicosate, the
administrative center of the church is located in Antelias, Lebanon.

http://www.cathcil.org/
http://www.cathcil.org/v04/doc/Armenian.htm
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